Sujet: [Background de Sojiro] Jeu 17 Déc - 16:46 | |
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Mon plus beau cauchemar est devant moi
La pointe rougissante s'extirpait de la chaire lentement. La victime tomba à terre dans un vacarme sourd... La lumière crépitait et inondait le souterrain de ses flashs aveugles. Les quelques secondes d'éclairage révélées chaque fois la vue sanguinolente des membres dispatchés partout dans les lieux... Plus rien n'était en vie sinon trépassant... Tous mort ou presque.
*Qu'est ce que cela signifiait ? Grelotant... Que se passait-il ? ...Avançant... Qui avait commis ces atrocités ?* Reculant et grelotant de nouveau.
Autant de question que mon esprit se posait. Aucune réponse m'était possible... Je ne savais rien, on ne sait jamais rien... La vue du sang me fit gémir de dégout, je n'aurais pas cru cela possible et pourtant... Je ne m'entendait plus parler, aucun son qui sortait de ma bouche ne me paraissait écouté et je ne pouvais pas les percevoir... Seulement m'entendre penser.
Portant ma main au visage, à moi qui pensait pleurer, je ne sentis ni eau salé dégoulinant de mes orbites ni once de distorsion des muscles de mon visage... Au contraire, celui-ci restait ferme... Loin de l'image que je me faisais de moi même à cet instant, je n'étais assurément pas en train de pleurer ni même choqué par le carnage devant moi... Baissant mon regard, je vis cette même main passer au dessus de moi sans en garder le contrôle et pourtant celle-ci était bien à hauteur de hanche, décontractée, prenant appui sur mon fourreau... Comment expliquer ?
Un nouveau flash de lumière éclaira l'endroit. Je pu voir, encore. L'envie de vomir se faisait ressentir au plus profond de moi... Je m'avançais sans me décider à m'enfuir comme si cela m'était refusé... J'avançais encore, encore et encore... Aussi loin que mon regards se portait, il n'y avait que des victimes... Victimes après victimes, j'enjambais en hurlant... Je pensais courir, je voulais courir, mais rien, j'étais paisiblement en train de marcher dans ces sous-sols...
*Où étais-je ? Essoufflé... Où allais-je ? ...Endolorie... Que faire ?* Passif.
Je ne savais rien de l'endroit où j'étais, je ne savais rien de l'endroit où j'allais, je ne faisais rien de ce que je voulais faire... Je ne pouvais pas agir comme je l'entendais... Et encore, c'est à peine si j'entendais, ou plutôt non, je ne m'entendais pas... J'étais ailleurs et mon corps ici. Comme si tout l'espace était scindé et mes yeux l'unique lien entre moi et moi même... Incompréhensible.
A penser le lieu je devenais fou... A me penser moi même je l'étais probablement déjà. Je suais sans sentir cette eau salit se répandre sur mon visage. Je marchais perdant la raison. Le noir s'installa de nouveau des les lieux mais je continuais à marcher. Je me serais planté ma lame par vingts fois pour reprendre la raison... Mais rien ni faisait... Je marcher dans un éternel froid et sombre.
Très rapidement, la lumière valsa pour éclairer de nouveau. Je me tenais face à un miroir en éclat. Je me brisais... Des longues traces de sang troublaient ma vue sur toute sa surface... Je pu néanmoins m'apercevoir. Moi, tenant une lame retirée de son fourreau et tachetée de sang face à moi accablé et répugné par l'horreur. Je me regardais de long en large, de haut en bas. Je me retrouvais enfin dans ce lieu et je savais que j'y étais.
Défiguré et pleurant, je me voyais ferme et redressé dans le miroir. M'apitoyant et désirant me soumettre à la mort, je me voyais sérieux et respectueux dans le miroir. Et je m'entendis enfin... Le miroir me parlait, ou plutôt non, mon reflet dans ce miroir me parlait.
*Vois-tu ? Calme... ...Tu as tué... ...Souriant avec malice... Tu t'ai tué !* ...Défiguré par le vice.
Le miroir se brisa sans bruit et la lumière s'éclipsa de nouveau. Les éclats de verre firent projetés sur moi avec vitesse et sans entendre mes hurlements de douleur je fis projeté avec violence contre le mur derrière moi. Traversé par ces longues pointes de verre je ne bougeais plus de ce mur. Je restais là à attendre. J'étais dans ce souterrain au milieu des morts.
Sans savoir si moi même j'étais en vie ou non je me demandais si cela n'était qu'un rêve. Mais la douleur je la ressentais, elle était à la fois celle de mon corps, éprouvé par l'épreuve du verre, et à la fois celle de mon esprit, perturbé par le souterrain... Et maintenant ?
Je me sens faillir, je ne ressent plus de douleur, je suis ailleurs... Une pointe de verre me fendait le crâne. A crâne ouvert je pensais... Je pensais à moi et à ce que j'étais. Mise en scène ? Machination ? Drogué ? Une part de mon esprit cherchait encore une nuance réaliste dans l'évènement mais je savais moi ce qu'il m'arrivait. J'étais devenu soumis, soumis à mes démons par un mal inconnu, un mal capable d'épouser mes désirs et mes tendances en les repoussants au delà des limites possibles et imaginables. Je n'étais surement plus moi, j'étais un autre... Un autre qui était moi. Et après ?
La réelle question je l'évitais, je ne me la posais pas, trop d'incertitudes, trop de mal déjà pour y songer. J'avais encore une chose à préserver, une dernière preuve de mon humanité. Cette preuve qui vous rend homme avant que vous ne le sachiez, cette preuve qui vous dissuade parfois d'agir ou de refuser d'agir... Ma pensée.
Soudain, ma main changeante se fit sentir. Elle daignait bouger. Lentement à l'épreuve du verre, elle acceptait de se mouvoir. Elle gonfler de vie petit à petit. Elle ne tenait plus mon arme mais un bout de verre, elle l'avait arraché à mon crâne. La sensation de goût me revient avec une secrétions plus qu'anormalement abondante et enfin mon autre main qui saisissait morceau de verre après morceau de verre pour me défaire de ma prison vient elle aussi à s'émanciper. Je gonflais tout entier sentant de ma bouche, l'air entrer pour ressortir et cumuler la salive. Est-ce cela ? Mon crâne ouvert se rehaussait et de longue contractions à hauteur du cous me désorientèrent. Je redressais la tête et ouvris les yeux. Le processus s'accéléra et je ressentais bientôt toute une gamme de liquide m'investir. De la salive à mon sang, jusqu'au liquide de mon encéphale... Et ?
Je tombais au sol après avoir prélevé le dernier bout de verre qui me fendait le bassin. Je tombais au sol entier, le crâne fermé tout comme mes plaies. Je me relevais au moment même où la lumière réapparue. Je me reconnaissais agir. Je me reconnaissais battre du cœur, c'était là mon unique moi. Sans battre des yeux pour perdre à nouveau la réalité j'avançais sans plus aucune douleur... Je me retrouvais dès lors à suivre un chemin dans ce souterrain, l'unique chemin qui m'étais proposé. J'arrivai devant une porte. Une porte titanesque qui s'ouvrit lentement sans que je n'eus besoin de l'y aider. Un parfum... Un parfum de toutes saveurs et de toutes pensées... J'avançais songeant sur odeur. Odeur après odeur je comptais mes pas... une issue ?
Une lumière inconnue m'enlaçait et me soutirait à l'endroit. Je n'y étais plus, je n'étais plus dans ce sous-sol, j'étais fin loin des morts. J'étais là, tout prêt. Je pouvais même m'observer. Enfin ! Il ne restait plus qu'un vent glaçant qui me parcourait. J'étais revenu. Ce port s'interposa comme le rappel de mon âme et je pu échapper à mon démon. J'y croyais, j'avais tord... Réapparu de nul part j'étais à présent dans ce port, les mains tachés de sang tout comme mes vêtements. Ça n'était plus réjouissant du tout mais troublant... A cette réalité je me reconnu changé, je n'étais plus moi, ou sinon non, j'étais un moi rayé, orienté par des maux... Un moi frappé par ses désirs et tendances à se soumettre au mal. Et après ?
Pour l'instant rien d'autre que ce vent glaçant qui persistait à obscurcir mon vieux rock par son harmonie chétive et malsaine...
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