Niveau chronologie, cela se passe juste après l’entraînement avec Raimei, cf > ce topic-ci <
Alors qu’Otoko’ sortait de l’hôpital, un homme de petite carrure, le buste tenant sur deux allumettes frêles et tremblotantes, l’interpella. Ses tempes s’incurvaient à l’extrême dans son crâne. Il paraissait anxieux et perturbé… . Le Kage avait déjà croisé des personnes dépendantes comme lui, une dépendance dévastatrice, réduisant la victime à une seule consommation, celle qui s’injecte dans les veines jour après jour.
_À votre regard j’en conclus que vous connaissez mon problème… pouvez vous m’aider ? Le voulez vous ?
_Tout dépend de l’aide que tu me demanderas.
_M’empêcher de consommer ! Je veux que vous m’en empêchiez en gardant mes doses.
Il avait le mérite d’être franc, directe dans ses propos. L’homme savait ce qu’il souhaitait et un regard de désespoir soutenait sa franchise.
_Pourquoi ne pas les abandonner tout simplement.
_Les abandonner ici ? Pour que quelqu’un d’autre souffre de cette dépendance ?
Le drogué marquait un point. Et puis ça ne coûterait rien à Otoko’ de prendre et de ejter ce sac pour lui.
_Bien, donne moi ce sac. Et à l’avenir, dépense ton argent dans des repas consistants.
_Merci Tsuchikage-sama… ça m’a fait plaisir de vous avoir rencontré au moins une fois.
L’inconnu se retira de la place, l’air encore plus dépité qu’à son arrivé. Dans un premier temps, Otoko’ estima que sa déprime venait de son choix d’abandonner ces drogues. Mais très vite, sa dernière phrase lui revint en tête. *Rencontré au moins une fois !?* Une fois avant quoi ? Comme s’ils n’allaient plus se recroiser dans l’avenir… *Le sac !!* D’un bref coup d’œil, il aperçut une multitude de notes explosives et de morceaux de ferrailles disposaient dans le sac. Le jetant à terre, il plaqua ses mains sur ses côtés et créa un dôme au dessus de la bombe, mais avant que la technique ne soit terminée, la détonation retentit…
Des flashs lumineux lui firent reprendre conscience, les lumières du plafond défilées au dessus de lui. Que faisait-il allongé ? Que c’était-il passé ? Tentant de se redresser pour discerner ce qui se passait autour de lui, une douleur atroce lui déforma le visage et un goût de sang enveloppa sa bouche. La tête d’un médecin apparut au dessus de la sienne :
_Ne bougez pas Tsuchikage-sama ! Nous allons vous opérer le plus rapidement possible mais surtout, ne bougez pas !
Qu’avait-il à lui répéter de ne pas bouger. Il savait qu’il avait mal, une peine provoquée par… provoquée par quoi ?
_Que… que s’est-il passé déjà ?
_Un attentat. Le soldat qui vous a récupéré nous a indiqué qu’une explosion vous a projeté contre la façade de l’hôpital. La distance avec cette foutue bombe… c’est un miracle que vous puissiez encore ouvrir les yeux Kage-sama !
Une bouffé de chaleur l’enveloppa quelques secondes puis le froid, uniquement le froid. Toute sa chaleur l’avait quitté et il ne lui restait plus qu’une fraîcheur étrangement apaisante. Ses paupières oscillèrent puis se touchèrent enfin… quel soulagement, la douleur ? Ah oui, ces petits picotements ? Ils n’étaient plus aussi insoutenables qu’à l’origine. Non. En réalité ils n’existaient même plus.
[…]
Une voix tira Otoko’ des profondeurs. Avec difficulté il émergea de son sommeil pour apercevoir une assemblée très hétéroclite : soldats, médecins, sages, lapins blancs (oO ?).
_Kage-sama ? Kage-sama !
_Oui oui, voilà c’est moi… . Tiens, vous avez fait partir la douleur… oO
Un silence s’imposa dans la pièce. Le médecin hésita encore un peu avant d’expliquer au Kage les problèmes survenus dans l’opération. L’explosion projeta de multiples fragments de métaux dans le corps d’Otoko, notamment de son épaule gauche jusqu’à son genou. L’un des fragments, un peu plus gros que les autres, lui avait salement entaillé le bras. Et malgré les efforts des médecin…
_[…]il y a peu de chance de pouvoir le mouvoir comme par le passé. Nous sommes navrés Kage-sama.
De nouveau un silence s’installa, mais cette fois le Noir y participa consciemment. Il ne sentait plus la douleur pour la simple et bonne raison qu’il ne sentait plus son bras. D’après les médecins ça ne serait pas permanent, mais cette blessure ne se refermera jamais vraiment… . Tant sur un point de vue physique que moral. Il n’avait pas fauté, n’avait pas souhaité plonger le peuple dans une nouvelle guerre de vengeance, il laissa le temps aux villageois de profiter de chaque instant, pourquoi lui ? Pourquoi vouloir l’éliminer alors même qu’il tentait de faire prospérer le peuple ? Il n’en savait rien et ne connaîtrait probablement jamais le but de ces terroristes.
_Le soldat qui m’a ramené… qui est-il ?
_C’est Kiyoshi-san, le chef des Ombres.
_Faites savoir autour de vous qu’il m’a sauvé la vie. Il est trop humble pour le faire lui-même.
_Ca sera fait Kage-sama.
À présent, la seule chose qu’il souhaitait était d’être seul.
_Merci de m’avoir soigné et d’avoir fait ce que vous avait pu, c’est déjà beaucoup. Mais maintenant, si ce n’est pas trop vous demander, je souhaiterai que vous quittiez la pièce, tous. Histoire de rester un moment tout seul.
Les membres présents acquiescèrent de concert (même les lapins blancs °_°) puis quittèrent la salle. Laissant le Kage dans son repos… dans ses pensées.
[…]
24 heures après l’attentat, Otoko’ pouvait sortir de l’hôpital et ce, malgré un bras paralysé. En bonne forme ? C’est ce qu’il essayait de laisser paraître. Mais l’attentat avait tué une partie de lui (outre son bras gauche ><) : sa désinvolture. L’avis des autres n’était en rien un critère pour ses choix par le passé, mais rien n’était moins sur à présent.
Arrivé à l’angle de la rue qu’il arpentait, le Kage se figea, sentant une présence familière.
_Kiyoshi !
Un homme du même âge que notre ninja apparut dans son dos. Kiyoshi -ou Shunu-sama comme les Ombres l’appellent- s’assurait de la sécurité d’Otoko’, à l’insu de ce dernier.
_Pas aussi discret que je ne l’aurais cru. L’ironie eu le mérite de faire sourire le Kage.
_Je souhaite te remercier pour ce que tu as fait pour moi.
_Me remercier de te suivre ? Quelle drôle d’idée… .
_Bwarf… tu sais ce dont je parle mon ami. Je te suis redevable et si tu as besoin de quoique ce soit, n’hésite pas à me demander.
_Vraiment n’importe quoi ?
_Oui, une vie n’a aucun pr…
_Un autographe !
_Pardon ?
_Je souhaite un autographe !
_Sérieusement ?
Sourire agrafé sur le visage, Kiyoshi tendit un bout de papier et un crayon au Kage. Ce dernier s’exécuta non sans rire.
_Tu sais, ne baisse pas les bras. Quoiqu’il arrive garde à l’esprit que tu peux changer Iwa. En bien. Tu es une fenêtre ouverte vers l’avenir du village. Ne te referme pas au premier coup de vent. Et puis… si un jour ça ne va vraiment pas, dis toi que dans un monde parallèle, tu as réussi !
Pour le coup, Otoko’ eut du mal à retenir ses éclats de rire.
_Je vais être franc avec toi, tu es l’une des rares personnes en qui je peux avoir confiance.
_Franc, certes, mais surtout inconscient de penser une telle chose. Aller, je crois que ta petite famille attends de tes nouvelles mon ami. Merci pour l’autographe.
Un salut, une accolade et Otoko’ reprenait sa marche vers son appartement, tandis que Kiyoshi, lui, retournait dans l’ombre du village… . Notre ninja appréciait vraiment cet homme, et à présent, il lui devait la vie.