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[Mission] Ni vu ni connu... !

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MessageSujet: [Mission] Ni vu ni connu... ! Jeu 5 Fév - 16:50

Citation:
Descriptif :
Suite à l'annihilation de l'occupation d'akakaminari Iwa se reconstruit peu à peu. Pourtant certains des responsables ennemis sont enfermés dans les prisons d'Iwa. Pour cette mission tu es chargé d'escorter l'un de ses shinobis du nom de Kyouhai, un criminel qui a tué un grand nombre d'iwajins. L'objectif et qu'il arrive vivant jusqu'à la prison spéciale où il sera "interrogé" pour ses agissements barbares. Des villageois et ninjas tenteront sûrement d'attenter à sa vie, et Kyouhai n'aspire qu'à s'évader, mes ses informations sont précieuses. Cruel dilemme !

Détails / Obligations :
- Kyouhai est un As du Katon, ses mains sont liés ainsi que sa bouche pour qu'il ne tente rien (mais ses pieds ne le sont pas...)
- Tu es accompagné d'un garde de la prison
- La rencontre avec des civils est inéluctable, à toi de gérer la situation
- Kyouhai doit rester vivant

Délivrée par Hokuto par MP

Invité




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MessageSujet: Re: [Mission] Ni vu ni connu... ! Jeu 5 Fév - 16:52

Il faisait beau, peut-être même chaud, et l’après midi venait de commencer. Etsu était assis sur les marches d’une maison en pierre abandonnée depuis l’anéantissement du règne d’Akakaminari sur Iwa. Plusieurs habitations s’étaient vues ainsi désertées et restaient vides de toute vie, gardant toute fois en elles l’odeur encore fraîche de l’oppression.
C’était donc ainsi que tout un quartier se retrouvait vide et délaissé, et personne ne semblait vouloir y remédier. La preuve même de cet accablement était que la zone toute entière était devenue un lieu dit de « transition » pour des transferts de captifs et autres énergumènes. C’était exactement pour cela que le jeune homme se trouvait là, il n’y aurait pénétré pour autres affaires.

Cela faisait un quart d’heure qu’il attendait assis dans la poussière des fantômes Akakaminarijins et de son passé de pro-oppresseur, et il sentait déjà l’impatience et l’ennuis l‘envahir. Non pas qu’il fut excité à l’idée de servir à la reconstruction politique de son village, mais il avait une folle envie de rentrer chez lui, de fermer la porte à double tour et de ne jamais plus sortir, quitte à subir les railleries de son meublé, quitte à s’enfoncer encore plus dans sa psychose; au moins il n‘aurait pas à essuyer les regards pointant son ignominie.
Dans le silence le plus profond, il avait lourdement posé son menton sur sa main droite tandis que son bras gauche altéré reposait sur sa cuisse gauche. Son visage placide fixait le sol granuleux sans intérêt quelconque, ses yeux clairs blanchis par la luminosité du ciel qu’il dénigrait voyaient encore leur reflet dans la vitre du magasin, aussi clairement que la première fois. Il n’arrivait pas à oublier cette image et toutes ses sous-jacentes.

« Alors que ces visions subtiles de cette journée effroyable remontaient nébuleusement, Etsu se laissait inconsciemment envoûter par les chants de l’horreur et de l’aversion, sombrant dans l’instant précis d’après acte; au moment où il s’était hasardeusement vu couvert d’une traînée de sang. Il se voyait dans un flou béant, sombrement coloré, parsemé de murmures aériens, devant un miroir aux apparences cadavériques, aux reflets néfastes, au teint pâle… Une doublure absolue à la ressemblance impitoyable apparut devant lui. C’était lui. C’était lui l’homme dans ce miroir, cet homme dégueulasse, cette atrocité vivante. C’était lui l’horreur dans ce miroir, cette abjecte chose qui tremblait d’excitation. « Non, impossible! Je ne peux pas être devenu ça, c’est impossible! C’est pas moi! » étaient les pensées qui affluaient maintenant. Les yeux toujours ouverts dans son quartier vide, l’air plus absent que jamais, il fixait la rue comme si elle était son cauchemar, d’un air plus tourmenté que jamais.
C’est lorsqu’il atteignait le summum de l’horreur que des sandales apparurent dans son champ de vision et le ramenèrent à la réalité:
… alors ?
Etsu se redressa et posa ses yeux blêmes sur la silhouette à contre-jour qui se présentait à lui.
Pardon ?
Daiki Etsu, c’est ça ? C’est pour la mission rédigée par Hokuto-sama, au sujet du transfert de Kyouhai ?
Le jeune ninja le regarda avec stupéfaction et gêne. Se pouvait-il qu’il l’ait reconnu ? Qu’il ait remarqué son trouble ? Il hésitait à répondre et le regardait avec une méfiance injustifiable.
C’est bien moi… fit-il après un petit moment. Vous êtes?
Une forme étrange se déplaça dans l’ombre du soleil et se dirigea vers lui. Ses pupilles se rétractèrent et il se leva d’un coup spontané, grimpant à demi sur la marche derrière lui. Ses yeux, plus clairs que jamais, ne quittèrent pas cette forme qui s’était avancée jusqu’à ce qu’il constate qu’il ne s’agissait que d’une main… Une simple main tendue en guise de salut. Le sourcil relevé, Etsu attrapa la main droite de l’homme avec sa propre main droite; ce qui lui valu d’être regardé avec surprise et suspicion.
D’accord… Je vois… vous avez bu quelque chose avant de venir?
Voyant l’air déconfit du jeune homme, le garde jugea bon de ne pas s’attarder sur le sujet. Il reprit:
Bref… j’espère que vous êtes assez sobre pour ne pas nuire à la mission. Allons chercher Kyouhai.
Il marqua une pause, hésitant à prendre les devants et attendant surtout qu’Etsu descende de son perchoir et adopte une posture plus courtoise.

Ils avancèrent longtemps dans la rue déserte, sans parler. Le jeune homme restait derrière, l’esprit inondé de question. Il observait le garde des yeux, sans jamais le quitter, un trait de soupçon sur son visage amer. Malgré qu’il se trouvait derrière lui, il ne pouvait s’empêcher de sentir son regard ignoble et sa critique acerbe et muette. « Il le sait. Il sait ce que j’ai fait pour l’occupation. Il sait tout. ». C’est sur ces pensées paranoïaques que le garde s’arrêta, au plaisir de son angoisse.
… ?
Le garde fit face à une maisonnette qui était bien loin de se distinguer des autres. A sa plus grande surprise, la porte s’ouvrit dans un grincement aiguë; deux hommes masqués en sortirent dans un silence des plus austères, suivis peu après par un homme sale, le visage caché, les mains liées. On le vit trébucher, tomber lourdement à genoux dans la terre. Dans un élan de surprise, Etsu fit un pas en avant et rencontra le bras ferme de son compagnon.
Ne t’approche pas. Kyouhai maîtrise le Katon avec autant d’aise qu’on brûle du papier. Ton boulot c’est de faire en sorte que ni lui, ni personne n’attente à sa vie. Et ce, jusqu’à son arrivée au centre de détention. Kyouhai nous a filé entre les doigts plusieurs fois. Aujourd’hui nous l’avons et nous n’acc-…
Je ne sais pourquoi Hokuto tenait à ce qu’un cadet participe à cette mission. L’homme qui coupa le premier garde venait d’apparaître de derrière Kyouhai. Visiblement, c’était lui qui l’avait poussé. Sa voix était froide et détestable, Etsu se retrouva étrangement attentif. Dans tous les cas, il est hors de question que tu poursuives seul, que tu foutes en l’air l’aboutissement de plusieurs mois d’investigation ou même que tu penses tirer vers toi les bénéfices de cette mission… Malgré le fait qu’il semble peu probable qu’un incapable dans ton genre parvienne à réussir.
Ikko te prendra en charge. Tu te contenteras de suivre et d’exécuter ses ordres. A partir de maintenant tu es en dessous de l’insignifiant. Une attaque subvient ? Tu te sacrifieras pour cette énergumène de Kyouhai. Pourquoi ? Parce que ta carcasse vaut cent fois moins qu’un de ses mots.
L’homme fixa le génin d’un regard provocateur; ce qui excita la curiosité du jeune homme piqué jusque dans le plus profond de son ego délirant. Ses yeux plombés se mirent à brillé d’excitation. Il passa sous le bras de celui qui l’avait accompagné et commença à se diriger vers la grand‘gueule au centre. Il fût cependant ramené aux côtés de son compagnon qui l’avait reprit par le bras.
Je crains que tu n’es pas saisi la frugalité de ton état. Asaki, lâchez cet insecte pitoyable et veuillez faire avertir le second du lancement de la mission « Ni vue, ni connue ». Ikko, relevez cet agitateur et veillez à l’allégeance de ce jeune… incapable. A partir de maintenant, tout repose sur vos épaules, très cher. Bonne chance.
Il salua l’homme masqué qui se trouvait sur sa gauche d’une poignée de main chaleureuse, quasi-amicale, et se retourna d’un demi-tour, tout en jetant un regard séditieux à Etsu qui arracha son bras à l’étreinte d’Asaki pour suivre l’impitoyable de son regard assoiffé et haineux.
C’est quoi son problème ? » Fit-il à haute voix comme pour lui-même.
Ikko venait de s’approcher et tenait fermement Kyouhai par le bras. Le jeune génin le regarda suspicieusement, attendant peut-être d’entendre enfin une voix amicale derrière ce masque peu chaleureux. Comme Ikko ne répondait pas, Etsu soupira et plongea sa main droite dans la poche de son bermuda noir. « Su-per… pensa t-il en se mettant à marcher en même temps que ses deux nouveaux compagnons, ça promet. J’aurai franchement dû rester chez moi. Mais qu’est ce qui m’a prit de sortir? Qu’est ce qui m’a prit? Je savais qu’il fallait pas que j’me lève aujourd’hui, j’le savais ! » Comme d’ordinaire le jeune Etsu, un peu croyant dans son esprit, regretta d’avoir négligé les quelques signes avants-coureurs du désastre de cette journée. Ces signes étaient aussi bêtes que de ne plus avoir d’eau chaude pour se laver le jour d’un rencard attendu depuis toujours, perdre une sandale alors que le temps presse, ou encore, se cogner à tous les coins de meuble en se levant.

Comme ils sortaient du quartier abandonné, Etsu oublia rapidement ses idées absurdes et scruta les toits, la foule, les détours sombres, la foule… Cette foule qui l’affolait. Cette même foule qui devait lui en vouloir d’avoir participé à l’occupation, d’avoir affirmé son titre de pro-oppresseur et de s’être finalement écrasé comme un couard lors de la réussite de la résistance. « Ah ! Tu croyais pas en la résistance hein? », « T’es du genre à te mettre du côté des plus forts toi, non ? », « Pauvre lâche ! » étaient les mots qu’il lisait sur les visages éphémères qu’il entrapercevait. Il baissa les yeux, s’enfermant intérieurement dans une gène psychédélique, dans un vide abyssal dont le trouble ressassait ses actions... Il se souvint de cet homme, ce chef de mission, celui qui l’avait amené à tuer… Il ne souhaitait repenser à son nom, à son visage, à sa grandeur, à son inhumanité… Il avait disparu, lynché par la résistance.
Ses yeux clairs remontèrent sur le corps martyrisé de Kyouhai, sur ses mains liées, sur son visage caché par un sac sale… Il se disait qu’ils étaient pareils, tous deux des traîtres…. Etsu ne se sentit pas bien du tout, il voulut se laisser tomber à genoux et hurler tout son désespoir; injurier sa vie et ses croyances, cracher sur ses décisions trop de fois regrettablement mauvaises. Il voulut se jeter au sol et ne plus jamais se relever, ne plus voir ces visages qui ne voyaient que ses erreurs, qui ne montraient qu’elles. Il le voulut sincèrement, son corps le voulait aussi. Lui-même ne voulait plus être lié à cette conscience trop torturée, emmêlée dans un nœud de confusion et de débilité qui l’amené petit à petit à la déchéance la plus incongrue. Ses épaules s’étaient relâchées, ses genoux avaient fléchis et il avait retiré sa main droite de sa poche. Il fixait le néant devant lui. Son genou gauche fût le premier à céder à la tentation, à se plier, entraînant son bras mutilé avec lui. Ses yeux remontèrent vers la foule en même temps que la lourdeur de son flanc gauche le tirait vers le sol. Il ne distinguait plus alors les têtes des corps; tout n’était plus que bruits ignobles et murmures déments.
Alors qu'il sombrait encore dans son aliénation, une voix étrange et proche se distingua des autres;
nette et pure. Etsu ne la comprit cependant pas. Le temps qu’il tourne les yeux vers elle, un choc violent lui transperça le bras, un souffle lui balaya la jambe gauche et il chuta sur le côté droit, sans délicatesse, sans envoûtement. Il n’atterrit pas dans ce chaos magnétisant aux ondes fascinantes mais sur la dureté du sol et de sa poussière. Les yeux fermés, son premier réflexe fut de se prendre le membre gauche et de hurler de douleur. L’élancement du coup frappait sa chair nue de toute part, noyant son épaule osseuse sous un bloc massif de mal et d’affliction. Il se recroquevilla sur lui-même, tenta de plier son bras qui brûlait intérieurement avec tant d’ardeur, avec tant de rage que toute son échine et son torse s’en trouvaient confusément consumés.

Quelques minutes passèrent entre les sifflements et les protestations de douleurs; de longues et interminables minutes sans qu’il n’ouvrit les yeux et qu’il ne sentit autre chose que sa douleur.
La première chose qu’il aperçut quand il reprit conscience du monde fut qu’il était seul allongé par-terre, pas l’ombre d’Ikko, pas même l’odeur nauséabonde de Kyouhai.
« Merde! » fit-il entre deux souffles courts. Et comme il ne parvint à en dire plus, il se laissa désespérément et lourdement sombrer dans son état valétudinaire. »

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MessageSujet: Re: [Mission] Ni vu ni connu... ! Jeu 5 Fév - 16:54

Un son, des paroles, des mots se firent encore entendre. Etsu réouvrit de nouveau les yeux sur le ciel bleu, nez à nez avec un morceau de nuage et le rebord d’un toit. Il porta son bras droit devant son visage d’éveillé éblouit par le soleil radieux et se redressa avec difficulté, fermant les paupières. Il essuya machinalement — et sans s’en rendre compte — la bave qui avait à demi séché au coin de sa bouche, et posa ses deux bras sur ses genoux, marquant ainsi la fin de son sommeil. C’est lorsqu’il réouvrit à moitié qu’il quitta définitivement son état léthargique: devant lui, sur la poussière granuleuse, reposaient des pieds habillés de sandales de ninjas…. Les yeux du garçon ne s’écarquillèrent que plus lorsque son regard remonta jusqu’au visage de ces pieds: c’était exactement l’homme qui était venu le chercher pour partir en mission, celui qui l’avait conduit jusqu’à Kyouhai, jusqu’à la grand’gueule, Ikko et les autres ninjas masqués. Tout de suite — après être resté un long moment bouche bée — il se dit alors qu’il revivait sa journée (c’est souvent l’idée la plus insensée qui nous vient la première à l’esprit). Etsu dévisagea longtemps l’homme devant lui, qui, cette fois, n’était pas à contre jour, qui avait posé ses mains sur ses hanches et qui l‘observait d‘un air moqueur:
«
Harassante cette chaleur, n’est ce pas ?
Le génin se décomposa sur place: ce n’était pas cette phrase là qu’avait prononcé ce type la première fois, et ce n’était pas non plus sa voix. Il avait l’air plus… sympas?
L’homme s’assit à côté de lui, sur la marche de l’escalier en pierre de la maison vide. Il observa le quartier et fit en essuyant la transpiration qui perlait sur son front:
Je sors d’un repas de famille, avec les gosses et tout… J’avais complètement oublié cette mission… Ca fait pas trop longtemps que tu attends j’espère ?
Voyant qu’Etsu ne l’avait strictement pas écouté et avait préféré tâter son bras gauche qui semblait tout à fait normal, l’homme pouffa amicalement avant de tendre sa main en guise de salut à son camarade:
J’m’appelle Goichi. C’est avec moi que tu vas amener Kyouhai en prison. »
Etsu avait abandonné l’expertise de son bras gauche qui n’était pas plus anormal qu’ordinaire, et avait reporté toute son attention sur ce certain Goichi qui lui sembla alors sortir tout droit d’un rêve - ce qui était un peu le cas. Ils échangèrent une poignée de main, (Etsu l’observait très attentivement, prévenant une nouvelle hallucination et ne s’expliquant toujours pas ce qui s’était passé précédemment.) et, sans que le jeune homme ne le sollicite, Goichi lui fit avec un peu de gène:
« Par contre, si ça ne te dérange pas trop, j’aimerai aller me chercher quelque chose à boire en route. J’ai la gorge sèche et… enfin… »

Etsu n’écouta pas la suite de ses fausses excuses. Il comprit très bien que Goichi était tout simplement assoiffé, comme n’importe quel homme dans le pays du saké, et qu’il n’avait pas pu étancher sa soif lors de son « repas de famille ». Ce discours lui parût tellement correct - pathétique - et digne d'un Iwajin qu’il ne douta plus d’être dans un de ses rêves.



***



« On devrait peut-être allez chercher Kyouhai maintenant, non? Demanda Etsu en posant sa bouteille de saké sur le comptoir.
Goichi, qui ne tarda pas à terminer la sienne, expira de bonheur par la bouche et retint un rôt avant de répondre en posant sa grosse main sur l’épaule gauche du jeune homme:
Tout à fait d’accord. Heureusement que tu es là, pas vrai? Et il éclata d’un rire faussement naturel.
Etsu se leva et aida son compagnon à descendre de son tabouret il avait toujours sa main sur son épaule, ce qui ne tarda pas à le contrarier.
Goichi, vous pourriez peut-être enlever votre main maintenant… ?
Ah? Oui, oui, pardon! Je l’avais oublié! Et il repartit dans un fou rire totalement hors propos.

Ils sortirent du bar dans lequel le garde était venu « chercher quelque chose à boire » et où ils avaient passé plus d’une heure à chercher ce « quelque chose à boire », avant de se retrouver dans le quartier le plus chic et le plus peuplé d’Iwa.
Kyouhai est sous surveillance dans le quartier Sud-Est. Passons par là. (Et il montre une ruelle tracée entre deux grandes maisons.) Ce sera toujours plus rapide et plus discret qu’escalader des toits. Il se remit à rire, pas longtemps.
Ils marchèrent un petit moment sans parler, sans se regarder. Ils passèrent d’une rue à une ruelle, d’une ruelle à une rue, sans attirer l’attention des marchands et des gens, sans inquiéter la foule. Etsu repensa à son rêve, à l’angoisse qu’il avait eu en voyant cette vague de gens, ces visages omniprésents. Un frisson l’ébranla. Il venait de sentir quelque chose tirer sa veste. Il se retourna rapidement, à la surprise de Goichi qui, bien sûr, éclata de rire.
Etsu fût surpris de voir cette petite chose toute tremblante et habillée d’une toile rose se présenter à lui: c’était une fillette. Elle le regardait avec ses grands yeux bruns, semblant tout aussi surprise que lui. Il abandonna la position défensive qu’il avait prit par habitude et observa la gamine qui lui marmonna quelque chose d’incompréhensible. Le jeune homme regarda Goichi, espérant qu’il l’aide. Pour toute réponse, il n’eut qu’un haussement d’épaule peu convainquant.
Qu’est ce qui t’arrive… pe-… fi-…
Je suis pas une petite fille! J’ai sept ans.
Etsu, plus que gêné et angoissant, leva les yeux au ciel, le maudissant à moitié, et se mit à genoux devant la gamine.
Je… j’ai pas comprit ce que tu m’as demandé. Tu peux répéter?
Elle sourit:
Voui… (et elle marmonne à nouveau)
… les… quoi…?
LES GENS ! »
Le génin se redressa, ne quittant pas des yeux l’enfants qui, finalement, le fit douter de son état. Il n’osa pas lui demander de se répéter à nouveaux, de peur de passer pour un abrutit fini et surtout, parce qu’il n’en voyait pas vraiment l’intérêt.
Il la quitta alors des yeux, se retourna et reprit son chemin, sentant bien le regard mouillé de la gamine le suivre.
De son côté, Goichi, embarrassé devant tant d’inhumanité, attrapa la petite par le bras et rattrapa Etsu.
«
Arrêtes toi (Il ne s’arrêta pas) Arrêtes toi j’te dis !
Voyant bien que le jeune homme n’était pas prêt à coopérer et ne l’écoutait pas, il lui attrapa fermement le creux de l’épaule gauche et bougea ses doigts de telle façon à provoquer chez lui une douleur à peine plus grande que celle qu’il supportait d’ordinaire. Le garçon s’écroula par terre en tenant son épaule et en criant.
Ca te gênerait tant que ça d’obéir quand on te parles ?
Merde! Pourquoi t’as fait ça?! …
Eh, eh, eh ! Ca va, c’est pas la mort. Je t’ai juste pincer l’épaule.Etsu le dévisagea gravement, l’insultant en silence. Au fond, Goichi n’y était pour rien, il ne savait pas ce que ce bras et cette épaule avaient vécu et ce qu’il en était aujourd’hui.
Il se releva, tenant toujours son épaule, ne disant rien. Le garde lui mit une claque légère là où il avait exactement mal, éclata de rire en voyant que son compagnon s’était décidé à coopérer.
Tu vois que c’était rien! Il se tourne vers la petite fille qui était toujours là, oui, et qui n’avait pas manqué d’éclater de rire lorsqu’Etsu était tombé. Bon alors petit bout, si tu me disais exactement quel est ton problème ?
Le garçon leva de nouveau les yeux au ciel, le temps d’incliner la tête, exaspéré par le comportement de Goichi.
Je suis pas un petit bout, je suis une jeune fille. Et j’ai sept ans.
Goichi ne put se retenir de rire à nouveau.
D’accord, d’accord, pas de soucis, c’est comprit. Alors, de quoi tu nous parles, jeune fille de sept ans? »
Et la discussion se poursuivit sans qu’Etsu n’y prêta réelle attention. Il regardait les gens qui allaient deçà, delà, souriant ou non. Certains se tenaient la main, d’autres s’évitaient, mais tous, ou presque, se mouvaient dans un magnifique ballet humain, passant d’une échoppe à une autre, échangeant des regards aussi brillant de vie que leurs pièces de monnaies.
Ses yeux retombèrent sur Goichi et la gamine, et sur lui qui ne participait pas à cet élan d’entrain. Il regarda son épaule cachée sous son haut gris qui lui collait à la peau de son membre. Il plongea sa main droite sous son sweat, la remonta le long de son ventre, de ses côtes, effleura son épaule et sentit que sa peau était collante, poisseuse.
Il retira bien vite sa main, constatant que ses doigts étaient peints d’un peu de rouge. Voyant que le garde était toujours occupé à se marrer avec la gamine, il enfonça sa main dans sa poche droite et en sortit une palette de pilule. Il en avala une, ni vu ni connu.
« Tu devrais allez retrouver ta mère maintenant, petite. Fit Etsu après un petit moment.
Je suis pas petite, j’ai sept ans! Je te l’ai déjà dis en plus! Et elle le dévisagea en grimaçant.
Goichi lui ébouriffa les cheveux avant de lui murmurer quelque chose à l’oreille. Elle acquieça, sourit, et commença à s’en aller.
Le garde se redressa et, observant la gamine rejoindre la foule, fit d’une voix grave:
Si tu avais été attentif, tu aurais su que sa mère n’est plus de ce monde. Tu aurais pu redonner un peu d’espoir à un enfant naïf brisé par l’Occupation…
Etsu n’écouta rien de la suite. C’était exactement ce genre de reproche qui le poursuivait depuis plusieurs jours déjà. Les réflexions que se permettait de faire celui qui ne le connaissait pas ne l’intéressaient pas et n’avaient, pour lui, aucun sens et aucun droit d’être. A vrai dire, il le prit très mal. Pour lui, l’Occupation n’avait pas été totalement négative. D’un point de vue purement égoïste, elle lui avait enseigné beaucoup de chose sur la vie. Etsu pensait que ça avait été le cas de tout le monde. Les Iwajins avaient pu voir une nouvelle facette de la vie et avaient pu s’en remettre s’ils n’avaient su apprécier. Le seul hic dans toute cette histoire, c’était que le peuple ne savait voir que ce qui les arrangeait, et rien d’autre. Si le changement passait par des choses cruelles, alors il était cruel de changer. En revanche, s’il ne passait que par des avantages, alors il était génial.
Le jeune homme soupira de dégoût avant de rappeler à Goichi qu’ils avaient une mission. Ils se mirent en marche, le garde continuant sa thèse sur les affres de la vie, écœurant Etsu au plus profond de son être.

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MessageSujet: Re: [Mission] Ni vu ni connu... ! Ven 13 Fév - 17:44

« Je dois l’avouer Goichi, sans vouloir vous offenser, vos théories sur la politique et la vie, votre raisonnement, votre…. Permettez moi un peu de du-
Bien entendu! Vas-y! Lâches toi Etsu, dis ce que tu penses! De toute évidence, personne ne pourra me faire changer d’avis. Peu importe la façon dont il parle, je suis à cent pour cent sûr de ce que j’avances. Je t’écoute. Il sourit avant de faire signe au génin de poursuivre.
Etsu baissa ses yeux fatigués par la tirade interminable du garde et réfléchit à la façon la moins choquante et la plus courte de dire qu’il n’adhérait pas du tout à sa théorie, de couper court à tout débat et d’anéantir toutes nouvelles réflexions possibles.
Bon… Eh bien… Je dirai tout simplement que vous êtes complètement naïf de penser que n’importe quoi dans ce monde peut rendre un dépressif heureux, et qu’il suffit juste d’être attentif à ce qui nous entoure pour nous en accommoder….
En voyant que Goichi s’était arrêté lorsqu’il avait prononcé le mot « naïf », Etsu comprit qu’il avait mit les pieds dans un conflit qui allait durer des heures et des heures et dont il ne se sortirait pas aussi facilement….
Le jeune homme grimaça en voyant la mine sombre de son coéquipier se décomposer tandis qu’il semblait chercher de nouveau argument.
… Goichi…? (Pas de réponse) Goichi…?
Les épaules massives du garde se mirent à trembler, comme s’il était pris d’une émotion forte. Etsu se sentit très mal à l’aise et se demanda s’il n’y était pas allé un peu fort.
V-… vous pleurez pas quand même…? Vous savez, moi j’ai pas vraiment d’idée là dessus, en réalité, je m’en contre fiche totalement! Oui, oui, je m’en moque éperdument! La politique, la vie, le bonheur, tout ça, je m’en f-
Tais toi donc, petit impudent! Comment peux-tu oser dire que je suis NAÏF ?! Tu sais tout ce que j’ai fait pour ce village?! Non, môssieur, je ne suis pas naïf! Est-on naïf parce qu’on croit au Changement? Est-on naïf parce qu’on aime voir les enfants sourire? Est-ce qu‘on est naïf quand on sert les causes qui nous semble les plus justes? Alors ? Ha! Qu’est ce que tu trouves à répondre à ça, môssieur l’incrédule?! »
Et il se pointa devant lui, les poings sur les hanches, fier d’avoir longtemps réfléchis à son discours. Etsu en tomba des nues, surprit par tant d’énergie utilisée inutilement et déjà lassé par la suite de leur échange. Il tourna les talons, fit signe à Goichi de laisser tomber, ce qu’il ne fit pas et préféra plutôt continuer à argumenter seul, face au génin qui n’avait même plus la force d’hocher la tête pour le faire taire.


« … Je ne comprends vraiment pas comment on peut se moquer du bonheur, de la vie et de la politique, qui, entre nous, rythme tout le reste. Franchement, Etsu, écoutes moi. Et il l’attrapa par les épaules, le fixant devant lui et le regardant dans le blanc de ses yeux mis-clos. Dis moi franchement, l’Occupation t’a fait du mal, pas vrai? Tu ne peux pas être indifférent au passé d’Iwa, personne ne peut l’être. Dans ce cas, tu n’es pas indifférent à la politique, tu n’avais pas rien à faire de ta vie sous cette politique, tu cherchais bien à être heureux, à amoindrir ton malheur durant ce cycle de chaos, non? J’ai pas raison? Dis moi que j’ai raison, s’il te plait, dis le moi!
Comme le garçon se contenta d’hausser les épaules, n’osant pas confier son passé à son coéquipier, ce fut autour de Goichi de se sentir mal à l’aise et de lâcher son camarade, remettant ses habits en place et prenant conscience de son élan d’enthousiasme excessif. Ses yeux se mirent à briller, et sa voix roque prit des tons plus doux…:
Je vois petit… t’as été profondément touché… tu penses que tu n’as plus droit au bonheur, que ta place n’est plus dans cette vie, tu n’as plus foi en la politique et en…
Stop, stop, stop! Mieux vaut arrêter les débats maintenant, non? Vous voulez tout savoir? D’accord, d’accord… Prenant un faux air compréhensif, Etsu, excédé par tous ces bavardages futiles, lui offrit un large sourire forcé et lâcha un gros mensonge qui pourrait résoudre tout ses problèmes: …Je suis pour le bonheur et pour la vie, j’aimes aussi voir les gosses sourire, j’aime la nature, j’ai foi en la politique de nos supérieurs et j’aimes beaucoup votre façon de concevoir ce monde. Si je ne l’ai pas dit jusque là, c’est parce que… parce que… parce que vous sembl-
Ah, Goichi-san, vous voilà enfin! Fit une voix libératrice tel un gong qui annoncerait la fin d’un round serré… Un ninja venait de jaillir de nulle part, à bout de souffle. Il étonna le garde qui n’attendait qu’une chose: l’excuse bidon de son compagnon, qui, quant à lui, était soulagé de cette intervention fortuite.
Qu’est ce qui vous arrive Ishi?
C’est Kyouhai, il s’est enfuit. »
Les deux jeunes philosophes s’écrièrent en cœur à cette nouvelle.
«
Oui, reprit Ishi, mais le pire dans tout ça, c’est que le groupe de ninja qui était de garde a disparu.
Quel suspense… S’il n’avait pas été aussi inhumain, Etsu aurait vu trente-six chandelles s’allumer devant ses yeux en un instant…. Sa déduction aurait eu vite fait de les souffler:
Vous avez admit la thèse du kidnapping? On m’a prévenu que des ninjas voulaient attenter à sa v-…»
Le jeune génin se coupa. Il se mit soudain à hésiter, ne sachant plus qui l’avait averti… Il releva ses yeux clairs sur Ishi et Goichi qui le regardaient bizarrement, attendant la suite. Il les vit se parler, sans entendre, se plongeant dans le silence de son esprit, essayant de se remémorer sa matinée… Il revit un visage sombre, une voix quelque peu arrogante qui l’avait beaucoup touché dans son ego… Voilà… c’était lui, dans ce rêve… Ce fameux rêve qui l’avait tant troublé et qui avait paru si réaliste…
Etsu ne bougeait plus, il était, comme dirait l’autre, « déconnecté du monde », et n’entendait rien des signes de bouche que lui faisait Goichi. Etait-ce un simple rêve ou était-ce plus complexe que ça? La question se posait vraiment, et même les réponses les plus logiques paraissaient compliquées et voilées.




***




« Tout à l’heure aussi, Kyouhaï a disparu… C’est quand même assez bizarre que je me sois endormi en pleine journée, surtout que je me rappelles pas m’être couché tard… Bon… Admettons, j’étais fatigué, sans m’en rendre compte, c’est possible… Avec tous ces médoc’… et toutes ces voix… Il s’arrêta de marcher, attentif à son environnement, aux toitures, aux maisons, aux poubelles et aux autres objets qui, d’ordinaire, s’adressaient à lui pour lui rappeler à quel point il était abject. Je… je ne les ai pas entendu depuis mon réveil… »
Etsu s’immobilisa totalement au milieu de la rue, les yeux écarquillés, le visage pâle. Ses pupilles claires fixaient l’horizon immatériel, les gens qui n’existaient pas vraiment, le bruit superficiel de la vie qui, peu à peu, n‘avait plus aucun sens à ses oreilles.
Il ouvrit doucement la bouche, et dans un souffle illusoire pour tout aveu, prononça le piètre mot de la révélation:
« Merde… »
Les yeux toujours ouverts, l’illusion ne s’évapora pas immédiatement, comme pour essayer de le faire douter une nouvelle fois.
Une voix familière siffla à côté de lui, comme pour enfoncer le clou dans la planche du rêve, ne faisant finalement que grossir la chimère, la rendant plus probante.
« Alors Etsu, qu’est ce que tu fais? C’est pas comme ça qu’on va retrouver Kyouhai! On a pas le temps d-
Ca sert à rien.
Pardon?
Il se tourna vers le garde, plongeant son regard vide dans le sien, le visage stoïque et accentuant chacun des derniers mots de cette tromperie:
Ca ne sert à rien de parler avec toi, tu n’existes pas. Rien n’existe ici.
Et, se tournant vers la rue, ouvrant ses bras au genjutsu, l’air fou, les murmures lui revenant doucement, il se mit à crier plus fort que rien n’existait ici. Plus les chuchotements dans sa tête étaient perceptibles, plus il sentait la vérité s‘approchait. Elle allait apparaître, il le sentait, derrière ces flots noirs qui inondaient maintenant le fond de l’horizon, derrière ces vagues titanesques qui noieraient même le morceau le plus dérisoire de cet infini mensonge, qui submergerai la poussière de la plus infime bribe de simulacre, qui, enfin, purifierai l’esprit du jeune homme et ravalerait la totalité de ce genjutsu.
La mer révélatrice arrivait déjà sur lui. Il savait qu’elle allait le ramener dans la réalité, qu’il ne serait plus berné par l’intellect d’un salopard qui avait dû bien jouir de son anémie.


« Rah putain...
Il a réussi à contrer ton genjutsu?
Tu te fous de moi là? Il aurait pas comprit même si j’y avais mit un serpent avec des oreilles d’éléphant!
Bah alors? Pourquoi tu t’arrêtes?
J’ai plus de chakra… »
L’un des types se leva, attrapa un seau plein de flotte et le jeta sur une silhouette attachée à une chaise. Etsu ouvrit immédiatement les yeux, revenant dans le monde réel, aussi horrible fut la première impression qu’il eut en voyant la tache sombre qui formait son ravisseur.
« Merde… fit-il en ressentant les convulsions douloureuses de son bras gauche qui lui rappelait ce qu’il s’était passé avant qu’il ne s’évanouisse.
Un rire aigre résonna dans l’obscurité nébuleuse de la pièce dans laquelle se détachaient des ombres pointues qui laissaient libre court à toute forme de perspective....
Tu l’as dit p’tit. »

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MessageSujet: Re: [Mission] Ni vu ni connu... ! Mar 17 Fév - 17:32

La réalité, aussi véritable soit-elle, pouvait apparemment être plus noire que n’importe quel rêve. Etsu s’en rendait encore une fois compte, à son plus grand désespoir. Visiblement, la fatalité des choses et les rudiments de la vie prenaient un malin plaisir à lui faire découvrir — et redécouvrir — les côtés les plus complexes et saugrenus de son existence qu’il voyait, petit à petit, de plus en plus insignifiante.
C’est assis sur ce qui pouvait être une chaise en bois très peu confortable qu’il reprit conscience de son état de « moins que rien » et d’incapable, comme ce fut le cas lors de sa première vraie mission. Épouvante et catastrophe, voilà dans quoi il nageait depuis son retour dans le véritable monde. Il gardait péniblement ses yeux clairs ouverts sur le nuage ténébreux qui subsistait devant lui, cherchant à s’habituer le plus rapidement possible à cette pénombre vivante.
Un gloussement enjoué et surexcité se fit entendre, suivit peu après par un petit rire sournois qui partait dans le aigu. Des tâches plus sombres que la nuit dominante se déplacèrent soudain, provocant dans leur danse des bruits de frottement, le tintement de petit carillon, le grincement d’une masse lourde…. Tous ces sons fusèrent en même temps, de partout, de nulle part, pour se mélanger dans une seule oreille attentive à tous, un esprit à l’écoute, inquiet et concentré.
Etsu, même s’il ne voyait rien, ne put s’empêcher de plisser les yeux pour essayer de mieux discerner la silhouette mouvante de l‘obscurité. Il fixait intensément la tâche, crispant tous ses muscles comme si cela allait lui permettre de voir cet être qui l’avait berné.
Deux poids conséquents se posèrent derrière lui, empoignant les barreaux de la chaise et le secouant un peu.
« Alors Etsu, tu vas faire quoi pour sauver ce minable de Kyouhai? Hein? Dis moi? Ces liens sont plutôt serrés… Pourquoi ne pas te laisser tenter par le spectacle de son exécution? Sans risquer autre chose que l’échec d’une mission sans intérêt… Sans risquer de te faire attraper par les fidèles chiens du Tsuchikage… Sans risquer, au final, de quitter cette maison sans avoir la grande satisfaction d’avoir vu cet assassin puni par le jugement sans faille de la vengeance. Ca ne te dis pas de voir pendre cet assassin Akakaminarijin, celui qui a, sans doute, livré et tué plusieurs de tes proches? Celui qui va, aujourd’hui, payer avant tous les autres et pour tous les autres… Oui, c’est celui là même qui t’obliges à l’amener dans un lieu sûr, c’est celui là même qui a craché sur les cadavres de tes proches et qui, aujourd’hui, t’obliges à le respecter alors que son grand règne est fini. Tu veux le voir payer, n’est ce pas?
Le poids s’était penché vers lui et l’avait obligé à écouter ses lamentations désolantes et ses rêves navrants de rédemption. Ce que cette tâche ne savait pas, c’était qu’elle avait murmuré à la mauvaise oreille. Elle n’avait éveillé aucune émotion refoulée, aucun sentiment étouffé. La seule chose que ces murmures étaient parvenus à faire, c’était l’agacer. N’étant pas du tout en accord avec cette vision là de l’Oppression, Etsu avait eu vite fait d’être horripilé par ces fausses prétentions, d’autant plus horripilantes qu’elles étaient prétendues vraies et qu'elles étaient totalement fausses.
Sentant toujours la lourdeur de son ravisseur appuyé sur le dossier de sa chaise, le génin comprima un peu de chakra dans ses pieds et projeta son poids d’homme sur les deux pieds arrière de son siège qui ne tarda pas à basculer dans le vide. Un gros ramdam se fit entendre alors qu’il se retrouvait à l’envers sur sa chaise, à genoux sur l’esprit vengeur qu’il bloqua avec le rebord en bois du siège.
Je n’sais pas qui vous êtes exactement, mais je tiens à vous dire que vous devriez cesser d’être aussi prétentieux.
La lumière Ikko, la lumière! Vite bordel! Il m’écrase! »
Le temps d’un petit craquement de plancher, d’un claquement électrique, d’un coup de coude dans les cotes, la lumière fut, et la douleur aussi.


« Mais t’es de quel côté bordel? fit l’homme au visage dur qui venait d’apparaître. Il se tenait le poignet tout en secouant la main, les sourcils froncés.
Etsu avait récupéré une position normale et fixait ces deux êtres assis devant lui. Ils se trouvaient dans une petite pièce de maison, les meubles étaient recouverts de draps blancs, sans doute qu’ils étaient dans une des habitations à l'abandon, dans le quartier vide d’Iwa. Il était dur de se situer exactement: il n’y avait aucune fenêtre.
Etsu grimaça. Lors de son « jetage arrière suicidaire », son bras gauche avait violemment percuté le carrelage, ce qui avait sans aucun doute accentué la plaie qu’il devait avoir.
Kyouhai était là aussi, sous un crochet, la corde au cou. Le jeune homme comprit alors pourquoi il était excessivement calme et pourquoi il ne bougeait pas d’un poil.
Pas du votre en tout cas. Si j’ai accepté de faire cette mission, bien que je n’en eu pas totalement le choix, c’est avant tout parce que j’ai été, durant l’occupation, un membre à part entière de l’oppression. Oui, oui, exactement, j’étais avec Akakaminari. J’ai tué vos proches, et tout le reste! Il marqua une légère pause, le temps de calmer les voix en peines qui criaient dans sa tête qu’il était un être abominablement cruel. Je ne regrette rien!
Voyant les regards stupéfaits de ces deux ravisseurs à présent ravis à leur tour dans leur logique enthousiaste, Etsu sentit qu’il avait dit le mot de trop, et que cela compliquerait la suite des évènements. Kyouhai avait légèrement relevé la tête, visiblement attentif aux propos de son gardien.
Ey ! Faut le pendre lui alors! Moi je vous ai dit que je regrettais tout ce que j’avais pu faire! » fit-il tout en brisant le silence pesant.
Le jeune homme n’en cru pas ses yeux. Ce type n’était pas seulement sans gène, il était aussi sans honneur. Son regard effaré se posa sur les deux hommes libres qui le fixaient toujours. Sans les quitter des yeux, les provocants à peine dans leur assourdissement, il commença à concentrer, non sans peine, son chakra du Futon dans sa main gauche, ce qui, petit à petit, ne tarda pas à se faire douloureusement sentir tout le long de son membre. « Merde, fit-il pour lui même, faut que j’arrive à couper ces cordes avec mon chakra… » L’affinité le lui permettant, il donna une forme sinueuse à l’énergie dans ses doigts, joua d’un peu de son agilité manuelle, appuya quelques uns de ses doigts sur la ficelle qui le retenait, et, après quelques grimaces de douleur, quelques positions affligeantes, une crampe musculaire, parvint à suffisamment effiler la cordelette pour pouvoir l’arracher de ses poings en voulant bien souffrir et forcer encore un peu.
Pendant qu’il essayait d’arracher ses liens, les deux ravisseurs étaient partis discuter dans la salle à côté. Le plus costaud des deux s’était énervé sur Ikko, et lui avait hurlé de trouver ce qui était le mieux à faire. Le retournement de situation avait été le bienvenu puisqu’il avait semé le trouble dans le rang adverse. Tuer un Akakaminarijin recherché, c’était acceptable. Tuer un jeune ninja de sa patrie, c’était inadmissible et impensable. « Comme quoi, avoir la langue bien pendue, ça peut servir ». Un petit sourire se dessina sur son visage lorsqu’il sentit la corde céder sous ses poignets lacérés. Il conserva sa position de détenu le temps de s’assurer que les deux types ne revenaient pas, et se glissa finalement hors de sa chaise, à genoux, et fila prés du mur, sous les yeux de Kyouhai.
« Tu vas pas me laisser là p’tit, hein?
Etsu le regarda furtivement d’un air ennuyé avant de se redresser et d’aller vers lui. Il lui attrapa la mâchoire de sa main gauche qui tremblait, appuya ses doigts dans les creux de sa bouche et lui murmura ces quelques directives:
Je vois que malgré la situation critique dans laquelle tu te trouves, tu gardes toujours ta mentalité d’Akakaminarijin. Tu sais qu’un jour ça te coûtera cher? Non, en réalité, ça te coûte déjà très cher. Aujourd’hui, je t’amène dans cette prison. Pas parce que c’est ma mission, parce que c’est le choix le plus dégueulasse que je puisse faire pour toi. J’aurai pu me taire et les laisser te pendre, mais je ne l’ai pas fait... Pas parce que je suis toujours dans l’age de l’Occupation, pas parce que je suis co-patriote, mais parce que vous m’avez bousillé à l’intérieur en me faisant faire des choses horribles. Vous avez prit les Iwajins pour vos larbins, vous les avez laissé faire le sal boulot à votre place. C’est très certainement justifié et justifiable, tout comme ce que tu vas subir dans cette prison. On va dire que c’est le juste retour des choses, pas vrai? »
Et, il retira ses doigts pour plonger son autre main dans le petit sac accroché à sa ceinture. Il en sortit un petit sachet de pilule entamé. Doucement, très doucement, il fit sortir une gélule rouge, qui brillait presque sous la lumière, et, quand il allait la porter à sa bouche, une voix étrangement familière lui parvint. Il ne quittait pas son médicament des yeux:
« Bravo Etsu! Tu l’as retrouvé! Maintenant, faut sortir d’ici avant qu’ils reviennent. T’as vu une fenêtre, quelque chose?
Merde… répondit-il sans lever les yeux. C’est vraiment grave ce qui m’arrive.
Il était littéralement aspirer par sa gélule qui lui parlait encore. Elle avait la voix de Goichi, c’est peut-être ce qui l’empêcha de l’avaler immédiatement. Kyouhai le regardait bizarrement, mais le jeune homme n’y prêta pas attention. Son cachet lui parlait, il lui parlait avec une voix qu’il connaissait, et il n’arrivait pas à le quitter des yeux.
Détaches Kyouhai maintenant, vite, vite. Allez Etsu, bouges toi!
Tu l’entends toi aussi? Demanda t-il sans bouger.
De quoi tu parles?
Quoi?
Goichi. Tu l’entends?
Mais bien sûr qu’il m’entend! Allez, détaches le et on s’en va! Je vais chercher une sortie! »
Kyouhai ne répondit pas, ou du moins, Etsu ne l’entendit pas répondre. Il avala sa gélule, rapidement suivit d’une autre qu’il prit par crainte de revoir son coéquipier inexistant. Il détacha le morceau de corde accroché au crochet, la passa autour des poignets de Kyouhai, et resserra le nœud autour de son cou. Il accrocha le reste de la corde autour de sa taille, et, en silence, avança vers l‘autre pièce dans laquelle il trouva une fenêtre. Ils sortirent sans histoire, Kyouhai coopérant à merveille.

Ils firent le reste du chemin sur les toits, après avoir quitté le quartier abandonné dans l’ombre, à l’abris de la foule qu’ils craignaient tout deux. L’un parce qu’elle en voulait à sa vie, l’autre parce qu’elle lui rappelait sa vie. Ils marchèrent en silence, s’éloignant de la folie pour l’un et se rapprochant de la fin pour l’autre. La corde se tendit, retenant le buste d’Etsu qui fut forcé de s’arrêter. Kyouhai, qui avait provoqué cet arrêt, manqua de s’étouffer lorsque la corde étrangla son cou. Le jeune homme le regarda sans trop d’intérêt et lui fit signe de se remettre à marcher.
« C’est qui Goichi? »
Etsu ne répondit pas, il tira sur la corde, ce qui fit inéluctablement avancer Kyouhai.

Au bout de quelques minutes, le génin qui regardait l’horizon sans trop l’apprécier, se mit à murmurer des paroles que Kyouhai ne comprit pas:
« C’est grave de n’avoir eu pour seule véritable bonne journée une journée illusoire…
Il n’eut pas le temps de développer, ils étaient déjà encerclé par des gardes de la prison, devant les portes de celle-ci. On vint détacher la corde, Etsu ne dit rien. On vint lui parler, il ne dit rien non plus. Alors que Kyouhai allait être amené derrière ces portes qu’il ne retraverserait sûrement pas, Etsu s’approcha de lui et lui fit dans un souffle de fatigue:
Quand j’ai parlé des larbins et du sal boulot, c’était pas le cas de tous les Akakaminarijins. Certains d’entre vous n’étaient pas si horribles que ça, et c’est bien parce que ces gens là ont participé à l’Occupation qu’elle n’est pas entièrement regrettable.
Kyouhai éclata de rire à cette remarque, ce qui étonna le jeune homme:
Tout ce que ces gens là ont fait, c’était pour leur patrie à eux, et sûrement pas pour toi ou pour Iwa. La preuve? Regardes toi, t’entends des voix qui, à la base, n’existent même pas. Ton bras est complètement pourri et tu prends des pilules pour vivre… Il suffit de te regarder pour voir qu’Akakaminari à bien de perdre. Sans ça, on serait tous comme toi, de pauvre fou. »
Et ces derniers mots confirmèrent que cet abrutit de Kyouhai n’avait aucun sens de l’honneur et que la décision qu’avait prit Etsu n’était, encore une fois, pas la plus appropriée à son équilibre mental. Cette fois peut-être, il aurait peut-être eu mieux fait de décapiter sa cible.
Invité




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MessageSujet: Re: [Mission] Ni vu ni connu... ! Jeu 30 Juil - 13:31

Verrouillé et archivé le 30/07/09.


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