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| | Daiki Etsu, mais appelez moi Etsu. | |
| <| Message | Auteur | Sujet: Daiki Etsu, mais appelez moi Etsu. Jeu 30 Oct - 11:20 | |
| Mon nom est Daiki (Grand espoir). Quant à mon prénom, c'est Etsu. Pour la définition, vous vous débrouillerez seul, je ne voudrai pas paraître... vulgaire... Je vous signalerai, au passage et puisqu’il s’agit exactement des choses les plus intéressantes à mon sujet, que mon affinité primaire est le Doton. Je me suis donc permit, et je m’y suis entraîné depuis mon plus jeune age, d’acquérir exactement trois techniques de ce type. En voici la liste et bien entendu, une explication rapide de leurs effets :-Doton, Doroku Gaeshi Pour réaliser cette technique, il me suffit de poser mes mains au sol. Chose qui peut paraître simple dans un premier temps mais qui, si la situation est critique, n’est pas une mince affaire. La prise d’un tel risque se compense donc par le fait qu’un mur de pierre s’élève devant moi, pour me protéger.-Doton, Kekkaï Doroutoumu Cette technique est ma préférée. Dans deux minutes, vous me comprendrez mieux. Grâce à un enchaînement de signes, que j’arrive à exécuter avec une facilité déconcertante depuis quelques mois, je crée un dôme de terre entourant mon ou mes adversaires (je ne me suis jamais essayé à dépasser le nombre de 2 adversaires dans un dôme, la perte de chakra étant considérable). Si cela vous paraît simple et sans intérêt, c’est que vous ne m’avez pas laissé le temps de vous expliquer la subtilité de cette technique : L’adversaire, une fois emprisonné et par conséquent immobilisé, voit son chakra absorber. Même si cela nécessite une concentration extrême et un sacrifice considérable d’énergie, je pense qu’il s’agit là de ma technique la plus redoutable.-Doton, Bunshin no Jutsu Simple et efficace, le nom de cette technique vous inspire sa définition. Il s’agit bien sûr de créer un ou plusieurs clones de boue, partageant et usant de mon chakra comme je le ferai.
Certes ceux-là, j’ai découvert récemment mon affinité secondaire. Et même s’il m’est encore difficile de trouver technique à mon pied, le Fûuton est pour moi un véritable souffle de nouveauté. Je vous signale donc que je ne maîtrise pas totalement ces deux techniques. - Futon : Kazekiri no jutsu Après un enchaînement de signe, il m’est normalement possible de créer un filet de vent tranchant, semblable à une lame de jet. Pour être franc, je ne pense pas être un bon lanceur. Il m’est rarement arrivé d’atteindre ma cible volontairement.- Futon : Kaze no Yaiba (Kazeken) Voilà ma plus grosse difficulté… En concentrant une forte dose de chakra, il m’est possible de créer une épée de vent consistante et tranchante… Je n’y suis parvenu qu’une fois, et mes doigts s’en souviennent encore. Je dois avouer que je n’ai pas vraiment confiance en moi lorsque j’exécute cette technique, ce qui me fait complètement déraper et gaspiller mon chakra.| Citation: | VERSION 1 DE L'HISTOIRE
| Spoiler: | | | Voilà donc l’ensemble de mes capacités. Je suis assez agile lorsqu’il s’agit d’esquiver. Ca peut paraître ridicule mais… mes parents me considèrent comme un ninja défensif et sans peur… Pourquoi ridicule ? Parce que je n’ai pas l’impression de défendre quoique ce soi et que nous avons tous des peurs. M’enfin… ils pensent ce qu’ils veulent, au fond, je sais qu’ils ne me connaissent pas réellement. Pourquoi je dis ça ? Hum… Comme la plus part des gens, mes rôles sociaux se différencient par des comportements biens marqués. Aussi paraîtrai-je timide en compagnie de membre de ma famille, voire… comment dire… sur la défensive ? Ouais… on me dit souvent que je réagis au quart de tour… Est-ce réellement de ma faute si le regard rabaissant de ce vieillard sénile que j’ai pour paternel m’horripile au plus haut point ? Pfft… Je préfère ne pas parler de lui. Le peu de chose que je viens d’en dire me mettent sur les nerfs… excusez moi. Ma mère elle… Non pas quelle soit gentille ou méchante… je dirai qu’elle est plutôt… bof. Je me permets de critiquer sa façon de vivre car aujourd’hui, ça fait exactement deux ans que j’ai un regard extérieur et résonné sur elle. Je vois très bien qu’elle est sous l’influence de ce salopa-… Hum… Pardon. Je vais me contenter de parler de moi [efface un sourire].
J’ai donc 20 ans dans quelques mois et je suis assez… excité. Pour moi, avoir quitté le nid familial me fait revivre. J’ai l’impression de ne plus être le même et de pouvoir enfin… m’exprimer, ce que je ne manque jamais de faire lorsque l’occasion se présente. Je suis du genre… nerveux. Je peux paraître physiquement calme et placide, ce que je suis la plus part du temps, mais mentalement… Je m’énerve assez vite, sans véritable raison. Je privilégie pourtant la parole aux actes, même si je pense que celle-ci doit toujours et constamment être suivie en conséquence d’actions, ce qui est, et vous serez d‘accord avec moi, la base de tout développement…
Ce qui m’énerve le plus ? Vous voulez vr-… ? Bien, bien… c’est la fatalité. La fatalité… hum… Je veux dire, tout ce qui est inévitable, tout ce qui ne peut pas être changé… La fatalité quoi. Voyez vous… comment voulez vous atteindre l’épanouissement si les trois quart des choses sur cette planète sont inévitables? Hein? Non, franchement ! Comment voulez vous vivre dans un monde rythmé par les ‘de toute façon’, ‘c’est comme ça’ et les autres ‘c’est la vie !’ , ‘on n’peut rien y faire’ patati, patata… Ca me désole, vraiment… Moi, je pars du principe que tout, mais vraiment tout, peut être changé. Ne me regardez pas de cette façon, je ne vous demande pas de me comprendre, j’ai ma propre philosophie et celle-ci me suffit largement. En parlant d’elle… [rire énervé] j’ai horreur des petits suiveurs merdiques qui acquiescent et copient vos idéaux. Tous ces idiots qui, parce qu’ils vous regardent avec leurs yeux humides de gamins sans identités, s’approprient vos mots comme vos gestes, parlent en votre nom comme vous le feriez seul… Ces personnes n’existent pas. Ce sont des ombres, ce sont des abrutis, des laissé-pour-compte. Ils ne valent rien. Ils sont sacrifiables…
Je vois que vous commencez un peu à cerner ma personne… Vous voulez toujours connaître mon passé ? Hmm ? Puisqu’il le faut… Je suis né à Iwa. Ce que je pense de l’occupation? [petit sourire] Je trouve que c’est une bonne chose, certes, pas sur tous les points, mais c’est une bonne chose. D’ailleurs, je suis un membre à part entière de l’occupation… Je sais, ça peut surprendre [rire], surtout après tout ce que j’ai pu vous dire sur la Fatalité tout ça… Sachez qu’entre ma philosophie et mes actions il y a un grand, grand, grand gouffre.
[Se tait quelque seconde] Je ne pense pas être un ninja spécial, un de ceux qui incarnent la détermination de leur village ou qui en font sa fierté… Je suis certain que je devrais être comme tous ces résistants [petit sourire] qui courent dans tout les sens, toute la nuit… Ils essaient de faire avancer les choses, en mal ou en bien… Je pense que pour que les choses changent vraiment, il faut être sûr de ce qu'on veut et de ce qu'on fait pour y parvenir… [prend un air rêveur]
J’ai eu une enfance simple. Je n’ai jamais été ni excellent ni mauvais. Je me suis toujours contenté de faire ce qu’on me demandait, ni plus, ni moins. Je dois avouer que j’ai toujours eut plus de facilité à évoluer dans un milieu stable, aux demandes précises…
Quoi? Je ne semble pas être ce que je suis? [prend un petit sourire triste] C‘est plutôt une bonne chose, non? Bref… Où en étais-je? Ah oui… Mon enfance fût donc normale, longue et fatigante, comme toutes les enfances.
Pardon? Le moment le plus beau de…? Mon enfance? Ha… Pour être franc, je ne m’en souviens plus trop… Désolé. En fait, il faut que je vous dise que je n’accorde pas grande importance au passé. Pour moi… il n’apporte que des regrets…
Ce que je regrette ? [surprit] Je… là, de but en blanc, je ne saurais vous dire, mais je sais que j’ai commit des erreurs , que j’en commettrai d’autre et ainsi de suite… le regret est là. Il faut l’accepter sans forcément l’intégrer à soi…[rire] Oui, oui… je suis un grand philosophe. Ca vous gène ? |
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| Citation: | VERSION 2 DE L'HISTOIRE
| Spoiler: | | | Daiki Etsu grandit dans une petite maison en périphérie du centre ville d'Iwa, comme beaucoup d'enfants de son époque.
Fils de Harada, père nerveux aux baffes faciles, et Daarin, mère poule et soumise, rien ne le prédestine à devenir ninja, et surtout pas ses parents. Quant à lui, il espère devenir un riche entrepreneur et acquérir une maison dans le quartier le plus riche du village.
De fait, et n'ayant aucune parenté ninjesque, Etsu commence d'abord une éducation banale, dans une école civile et publique où bêtises et punitions riment avec devoirs et éducation.
Très vite lassé de recevoir des convocations et des réprimandes, le père de Etsu, voyant bien que ses roustes et ses coups de pieds ne suffisent pas à calmer la bête sauvage qui lui sert de fils unique, prend le terrible choix de le placer dans ce qu'il espère être une école de redressement : l'académie ninja. Il espère par-là briser la fierté et l'insolence de son gamin turbulent qu'une mère trop aimante a trop choyé.
Débute alors pour Etsu un combat impossible contre ses gènes mal fichus.
Pour apprendre à mieux ressentir son chakra, que tous les fils de ninja ont plus de facilité à percevoir, il doit prendre des cours de rattrapage avec un certain Saida, maître laxiste, nullement intéressé par autre chose que la reconstitution d'un sous-bois en sculpture de chêne.
Etsu apprend néanmoins à se débrouiller avec deux, trois trucs et astuces que lui enseigne son maître pour pallier à ses limites physiques d'autant plus grandes que la pluie de coup que son père fait pleuvoir sur lui ne s'arrête pas.
Etsu réussira son examen genin sur le fils du rasoir, avec un bras directeur cassé, qu'il sur-sollicitera malgré tout, ce qui marquera à jamais sa faiblesse au côté gauche.
Jusqu'à ce que l'occupation s'impose, Etsu continuera à vivre sous le même toit que son père et prendra de plus en plus conscience de la tyrannie qui opère dans cette maison.
Mettant sa rage et sa haine à contribution dans ses différentes missions en équipe sous les ordres de Saida, Etsu fait preuve d'une énergie et d'une soif de réussite que ses deux camarades n'ont pas forcément.
Il s'impose comme leader de la petite équipe et entraîne ses compagnons aux quatre coins du village et de son pourtour, sa joie, son impatience et son impulsivité toujours aux poings.
Lorsque la guerre éclate, Etsu perd contact avec son équipe et choisit de participer à l'occupation, préférant agir de l'intérieur plutôt que de l'extérieur et essayer de pallier, alléger et modifier les méthodes des akakajin.
Vivant désormais dans la résidence de ses rêves et renié par ses parents, il est placé sous les ordres du juunin Rosarigaï, qui n'est pas sans lui rappeler un certain Saida, et convainc ses deux camarades Tankeru et Semiguri de l'aider dans sa quête d'humanité. |
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Dernière édition par Daiki Etsu le Lun 16 Mai - 5:08, édité 7 fois |
|  | |  | Sujet: Corde à linge [BackGround] Mer 15 Juil - 1:02 | |
| - Oh ! Oh !!! OH !!!! Saida-sama ! Saida-samaaa !!! Ça y est ! Ça y est !!!
Accourant vers la cible de l'autre côté du terrain, le jeune iwajin suintant la transpiration hurlait le nom de son sensei à gorge déployée. Ce dernier, qui était plus reconnu pour son talent d'artiste-sculpteur que pour son job d'enseignant, leva à peine le nez de son bout de bois.
- Ne ? Ne me fais pas venir pour rien, Etsu-kun !Si c'est pour me montrer que t'as réussi à érafler la cible, c'est pas la peine !
Ce type était incorrigible. Dès lors qu'il entamait la création d'une de ses babioles, qu'il rangeait finalement dans une armoire chez lui - chose pour la moins stupide puisqu'il mettait entre parenthèse l'entraînement de son élève pour un machin qui finirait caché et poussiéreux dans son salon -, il était impossible de l'en sortir. Ralentissant finalement sa course, l'adolescent finit nonchalamment par s'arrêter, les bras mous, le dos rond, les yeux plissés pour mieux voir la marque qu'il avait faite.
- Eh ! Et si c'est un peu plus gros qu'une éraflure, et un peu plus petit qu'une griffure, c'est bon ?!
Voilà qui ferait râler Saida, à la plus grande joie d'Etsu. C'était vrai, ça faisait deux heures qu'il s'éreintait le chackra à essayer de toucher cette cible, qui, en plus, se trouvait bien trop loin pour qu'il arrive à discerner les zones blanches des cercles noirs, et son sensei ne se donnait même pas la peine de le regarder. Du coup, Etsu se retrouvait à devoir lui hurler les évènements – inintéressants – de son entraînement, et se plaisait à se foutre généreusement de sa poire. Revenant vers lui, balançant ses bras d'avant en arrière, il lâcha sarcastiquement :
- Eeeeh ! Vous êtes encore en train de faire vos figurines pour shouni ? Ça craint... Vous comptez les vendre un de ces jours au moins ? J'suis sûr que vous vous ferez plein d'argent avec vos trucs ! C'est pas moche en plus...
Enfin, là, tout de suite, son bout de bois ne ressemblait pas à grand chose, si ce n'est à un bout de bois pelé. Le jeune homme s'appuya sur les genoux de son maître, essayant de le déconcentrer encore un peu, histoire de montrer qu'il existait et qu'au fond, il était son élève et il attendait qu'il lui enseigne comment utiliser le Kaze no Yaiba.
- Sa-i-da-san. Sa-i-da-san. Sa-i-da-san, sa-i-da-san, Saida-san ! Allez ! Arrêtez avec vos machins là ! Allez voir ce que j'ai réussi à faire et dites-moi ce qui va pas ! En plus j'ai mal au bras à chaque fois... alors si c'est pour que vous...
Un soufflement et un coup de pied proche des parties intimes du jeune homme - lequel coup inattendu esquiva t-il de peu - le coupèrent dans sa scène d'emmerdeur. Le message était clair: Saida ne l'aiderait pas, et il était prêt à le castrer pour pouvoir découper tranquillement ses statuettes.
- Fait chier... J'espère qu'un jour vous vous couperez un doigt avec vos créations stupides ! Lâcha t-il simplement en retournant face à la cible.
Shootant rageusement dans un pauvre cailloux qui n'avait rien demandé jusqu'alors – après tout, qu'est-ce qu'il venait faire sur sa route, celui-là ? -, Etsu s'arrêta devant le panneau à peine fissuré. Un juron fila entre ses dents en même temps que son pied qui s'écrasa douloureusement contre le premier truc qui se trouva devant lui: le socle sur lequel reposait sa cible. Le tout tomba dans un « pouf » poussiéreux, suivit de prés par un « iiiiiiite » et un « merde ! » plus qu'audibles. Là-bas, sous son arbre, Saida souriait malicieusement, continuant d'éplucher son morceau de bois qui ne ressemblait toujours à rien. Pourquoi diable préférait-il toujours découper ses tronçons de bois plutôt que l'aider à contrôler sa deuxième affinité ? En plus, c'était lui-même qui lui avait fait découvrir son chackra fûuton, et maintenant, il le laissait se démerder avec une technique plus que merdique. A quoi bon lui faire s'apercevoir de chose dont il n'avait pas spécialement besoin si c'était pour ne lui apprendre que des débuts d'enseignements après... ? Etsu soupira malgré le poids moyennement lourd de la cible stupidement écrasée sur lui. C'était compliqué de comprendre les gens... et puis, il faisait bien trop beau pour qu'il ne continu à se prendre la tête sur les mauvaises raisons qui poussaient son sensei à ne pas lui enseigner ce qu'il devait lui enseigner... Et puis non, il devait comprendre, il n'y avait pas de quoi: c'était son job après tout.
- SAIDA-SAMA ! Je peux pas me relever là ! J'ai besoin de votre aide ! S'il vous plaiiiiit !
Non, la pitié ne marcherait pas, mais il ne perdait rien à essayer. N'attendant même pas la réaction inexistante de son sensei, Etsu envoya balader sa charge un peu plus loin, se redressant pour se rallonger aussitôt, désespéré par le silence. Il faisait beau mais le jeune homme s'emmerdait à mourir. Certes, il aurait été plus sérieux de continuer à s'entraîner au fûuton, mais l'adolescent savait que c'était une cause perdue d'avance. Ses parents n'étaient pas des ninjas, ses grands-parents non plus, ses arrières-grands-parents, non, ses arrière-arrières-grands-parents, encore moins, ses arrières-arrières-arrières-grands-parents... bref, personnes ne s'étaient lancés dans l'aventure militaire avant lui, alors forcément, au bout d'un certain temps, ça bloquait. Passant ses bras derrière sa tête, s'étendant de tout son long, il se plut à regarder les petits nuages cotonneux défiler en troupe au rythme du vent, s'imaginant être à l'origine de ces déplacements massifs. Est-ce qu'on pouvait déplacer les nuages avec du chackra fûuton ? Aucune idée. Peut-être que Saida-san le savait, mais il ne lui répondrait pas. Qui pourrait savoir ? Et qui pourrait lui apprendre à utiliser les lames de vents ? Sûrement personne d'assez généreux pour perdre son temps avec un gamin comme lui ; un gamin qui sommes toutes n'avait aucun héritage ninjesque de la part de ses prédécesseurs. C'était ça le plus gros problème: son corps avait des limites, et visiblement, l'utilisation du fûuton se trouvait être en dehors de ses capacités. C'était dommage, et rageant, et vraiment dommage, et puis très très rageant. Etsu soupira, c'est vrai que c'était dommage – et rageant -, mais qu'est-ce qu'il pouvait y faire ? C'était pas de sa faute après tout si son père n'avait pas été capable de donner un gosse « entièrement ninja » ou « entièrement autre chose » à sa mère. Lui, il avait fourni un petit « moyennement ninja et autre », et c'était tout. Et c'était déjà pas mal ; du moins, c'est ce qu'Etsu se forçait à penser jusque là. Non, parce que s'il commençait à se dire qu'il était fini avant même de commencer, il était réellement fini avant même de commencer. Normal. Il devrait persévérer pour faire entrer les Daiki dans l'histoire ninja, mais c'était mal parti avec un sensei sculpteur qui vivait dans un petit monde fait de petites figurines en bois. Nouveau soupir. C'était vraiment chiant d'être là. Combien de temps Saida mettrait-il encore à se rendre compte qu'il était par terre ? Des lustres, sûrement, et encore: il était possible qu'il ne le voie jamais.
- Said-... s'apprêta t-il à crier lorsqu'une tête vint cacher le beau nuage en forme d'escargot qui passait.
- Qu'est-ce que tu fais encore par terre ? A chaque fois que je viens te voir, tu es allongé, en train de faire je ne sais quoi...
- Neee ?! Ça fait une heure que je vous attend ! Vous croyez pas que je vais rester debout cent an à vous regarder peler votre bout de bois !
Tournant sur le côté, l'adolescent se redressa, ne quittant pas des yeux son sensei à l'air malicieux. Ah oui, il avait vraiment un air espiègle cette fois ; il cachait quelque chose.
- Pourquoi vous me regardez comme ça... ? J'arrive pas à faire votre technique, alors forcément ça m'a énervé. En plus, vous vous en foutez complètement de mes efforts, alors ça m'énerve encore plus. Allez ! Arrêtez ça ! Qu'est-ce que vous prévoyez là ?
Il avait dit ça avec une voix boudeuse, laquelle il avait l'habitude de servir avec des froncements de sourcils et un jeu de lèvre sans pareil. Enfin, Saida n'avait pas l'air d'apprécier ce jeu d'acteur plus que réussi puisqu'il le complimenta d'une tape sur l'arrière du crâne.
- Mais ! Une autre. Mais ! Encore une. Mais arr-, encore une autre.
Entourant sa tête avec ses bras, Etsu se recroquevilla sur lui-même en fermant les yeux, lâchant des « mais » en rafale, prêt à subir les claques de son sensei. Étrangement, ce dernier ne le frappa pas, ce qui obligea le gosse à se redresser et à redescendre ses bras, restant toute fois en retrait, au cas où.
- T'as fini ? Je peux parler maintenant ? Sinon je retourne à mon hibou.
Un hibou ? Il était moins important à ses yeux qu'un hibou en bois ?!
- Pourquoi un hibou... ?
Cette question lui valut une ultime tape sur la tête, laquelle lui fit retenir un cris de douleur.
- Parce que je fais une reconstitution, baka. Mais peu importe. Il va vraiment falloir que t'apprennes à te tenir en société. Le respect, la prestance, tout ça, ça te dis rien ? Un jour tu vas t'en prendre une avec ton insolence. Bon, arrête de grimacer, je t'ai pas fait mal. Mais t'as rien ! Arrêtes ça ! T'es vraiment chiant à la fin, t'es parents t'ont pas éduqué ou quoi ? Pose tes mains là, là, et ne bouge plus.
Saida s'était accroupi à côté de lui et lui montrait maintenant son morceau de bois, qui ne ressemblait sommes toutes pas du tout à un quelconque hibou – à moins qu'il s'agisse d'art très, très abstrait.
- Regarde, ces machins, comme tu dis, je les fais avec mon propre chackra. Ça t'étonne ? Ça devrait pas. Le fûuton est un élément précieux, au même titre, voire plus encore, que les autres. Pourquoi ? Mais peu importe pourquoi ! Je te dis qu'il l'est ! Tu peux tout faire avec: découper, trancher, déchirer, scier, sculpter... Euh oui, te faire du vent aussi, mais peu importe. Ce que je veux dire, c'est qu'il faut que tu t'appropries le matériel, tu vois ? Non ? Tu vois pas ? Bon, dis toi alors que ton chackra fûuton est un ciseau... Ça te parle ? Tu vois où je veux en venir ? Non ? Bon...
Etsu le regardait attentivement farfouiller dans ses poches pour finalement sortir un fil bizarre.
- … Imagine que ça, c'est un... fil. Oui, bon, c'est une corde à linge, mais imagines que c'est le prolongement de ton chackra. Avec ça, tu peux... étendre le linge ? Oui, tu dois pouvoir en y mettant assez de chackra, m'enfin... j'en vois pas l'utilité immédiate. Bref... Avec ce fil, tu peux toucher tout et n'importe quoi. C'est un peu comme un bras plus long, d'accord ? Oui, c'est un fil à linge, mais peu importe ! Je te dis que tu peux, en faisant circuler ton chackra dans ce misérable fil, toucher tout ce qui est à portée... Mais, je sais que tu peux le faire avec ton bras ! Mais avec ce fil, tu vas plus loin, d'accord ? Et t'as pas besoin de bouger, OK ? Oui, ce serait être flemmard, mais alors ? De toute façon, quand tu auras réussi à faire circuler ton chackra là-dedans, tu pourras le rendre tranchant sans trop de soucis.
- Tranchant ?! Tranchant, comme... comme quoi ? Comme un couteau ? Ou tranchant comme... comme autre chose de moins tranchant qu'un couteau ?
Ah oui, il fallait s'en douter: il était difficile d'imaginer cette petite corde à linge aussi tranchante qu'un couteau. Saida ne tarda pas à lui faire une démonstration du « tranchant comme un couteau », qui s'avérait être en fait plus tranchant qu'un couteau tranchant... Enfin, maintenant, il était certain qu'il devrait aller trouver une autre cible à son élève, celle-ci était réduite en lambeau.
- Oh ! Vous allez pouvoir faire des hiboux et des cerfs avec les morceaux de la cible maintenant ! C'est super ! Donnez-le moi ! Donnez-le moi ! Je vais essayer !
Récupérant la précieuse cordelette qui avait reprit ses aspects lambdas, Etsu se mit en position d'attaque, empoignant des deux mains son fil qui pendouillait tristement devant lui. Saida l'avait recoupé histoire que son élève ne se pende pas malencontreusement lors d'une fausse manœuvre.
- Je pense que cet exercice t'aidera à gérer les flux de fûuton. Mais bon: ne te repose pas que sur ça. Ce n'est qu'un fil après tout, fit le maître avant de retourner à sa sculpture. Il ajouta pourtant la chose suivante : Ah, et, sois un peu plus patient, d'accord ? Tu te mets trop de stress, je crois que c'est ça qui te bloque. Lâche-toi un peu, relax ! Ça servira à rien de t'énerver sur ce fil, OK ? De toute façon, il comprend pas ce que tu dis, à moins que tu ne le fasses avec ton chackra...
Il lui fit un sourire et un signe de la main avant de tourner les talons et de retourner au pied de son arbre. Parler avec le chackra ? Qu'est-ce qu'il voulait dire ? Ça parlait le chackra ? Enfin, quoi qu'il en soit, le sculpteur était reparti à son hibou et le laissait là avec son fil à linge qu'il trouva ridicule. Il se trouva ridicule, lui et son misérable fil. Mais enfin de compte, peut-être que Saida venait de trouver la solution à son problème de « limite », alors pourquoi pas ? Qui ne tente rien n'a rien. - Oh ! Oh !!! OH !!!! Saida-sama ! Saida-samaaa !!! Ça y est ! Ça y est !!! Il a bougé ! Il a bougé !!!
Tombant lourdement à genoux, le jeune iwajin suintait la transpiration et n'avait plus guère assez de force pour hurler le nom de son sensei encore une fois. La misérable corde à linge avait redressé faiblement la tête et avait aussitôt piquée du nez. Certes Etsu avait – très - mal aux bras, mais au moins, il avait réussi à faire trembloter son instrument. C'était le principal ; c'était le début d'un long et pénible entraînement qui lui vaudrait bien plus que quelques courbatures musculaires. Mais peu importe: il avait réussi, et cela suffisait à le rendre heureux, pour l'instant. |
|  | |  | Sujet: Un agneau parmi les loups Ven 2 Oct - 14:28 | |
| « Je replaçais timidement la baguette de manière à ce qu'elle soit parfaitement parallèle à sa jumelle et que leurs dessins concordent au mieux. Ce n'était pas vraiment par minutie, ou par besoins incontrôlables, ou par quelconque autre signe de trouble obsessionnel, mais plus par gêne et anxiété. J'en avais fait autant avec le bol et l'assiette, histoire qu'ils respectent les lignes de la table, table que je n'osais plus quitter des yeux. Je venais très certainement de faire la plus grosse connerie de ma vie, et sans aucun doute le regretterais-je dans quelques minutes.
Harada – que j'avais arrêté de nommer « papa » depuis bien des années – avait quitté la table sans rien dire, pipe et bouteille de saké en main. Il avait regagné sa place fétiche dans le salon, me tournant volontairement le dos, abandonnant ses restes de soba.
- Tu vois daarin, j'te l'avais bien dit: les ninjas n'servent à rien. Ton fils est pas capable de suivre les cours de l'école civile, tu l'envoi à l'école militaire et il t'en ressort plus con qu'à l'origine.
Ma mère avait eu la politesse de rester à table, même si elle s'était enfermée dans son monde tout beau tout gentil, les yeux perdus sur ses cuisses et les mains cachées dans les manches de son kimono. Elle connaissait Harada et était sans doute la seule personne à pouvoir l'aimer – du moins, aimais-je le penser – ; elle savait que lui répondre lorsqu'il était dans cet état relevait du suicide moral. Je le savais également et me taisais, mais j'allais en prendre pour mon grade, comme à chaque fois que je venais leur rendre visite. Ce repas resterait cependant le plus important – grave – de tous les repas de famille auxquels j'étais forcé de me rendre malgré mon émancipation.
- J'ai toujours, toujours, tou-jours pensé que ce Saida était louche ! C'est lui qui lui a mit ces idées dans la tête, j'en suis sûr ! Ce mec mériterait d'être pendu sur la place publique !
Saida: mon senseï. Il m'avait initié aux arts ninja sans trop se plaindre de mon comportement orgueilleux, de mon impatience ou même de mes lacunes. Mes parents n'étant ni ninja ni fils de ninja ni même arrière-petit-fils de ninja, il avait été bien dur de m'enseigner l'utilisation du chakra. J'avais bénéficié de « cours particuliers », en quelque sorte, ce qui n'avait pas spécialement plu à Harada qui était dès lors persuadé de mon incapacité, et donc de mon idiotie, et donc de mon inutilité. Il avait longtemps répété qu'il regrettait de n'avoir eu qu'un fils – comme moi -, et ce que je venais de lui apprendre achevait très certainement de détruire le peu de considération qu'il avait pour moi.
- Y a vraiment que les incapables pour faire ce genre de chose ! Combien de bon ninja d'iwa ont choisi de prendre part à l'occupation ? Hein ? Aucun, au-cun. Ah, si, juste lui, ce crétin ! Évidemment, il en faut bien un qui aille à contre sens, sinon c'est pas drôle. Et tu crois qu'il a réfléchis aux répercutions que ça aurait sur nous cet abrutis ? Nooon, absolument pas, bien sûr. Et son « Saida-sama » machin là, il fait quoi lui ? J'te parie qu'il l'a convaincu d'aller se faire pendre avec les occupants, je le sens gros comme ça !
Ce que le vieux ne savait pas, c'était que ce choix de participer à l'Occupation, je l'avais pris seul et l'assumait complètement à ce moment là. Saida ne m'y avait absolument pas forcé, d'ailleurs nous avions arrêté de nous voir depuis que la guerre avait éclatée. Je ne savais même pas s'il était encore vivant.
Levant les yeux sur ma mère, et voyant qu'elle s'amusait à compter les carreaux de son kimono, je décidais qu'il était temps pour moi de partir, et que j'en avais eu assez pour la soirée. J'appuyais mes mains sur la table pour me relever malgré les fourmillement de mes genoux, ce qui suffit à attirer son attention. C'est à ce moment précis que je compris ce que je perdais. Plus que le soutient d'une mère aimante, l'amour maternel lui-même. Le regard qu'elle me jeta, humide et incompréhensif, me frappa de plein fouet ; je restais paralysé devant elle et ses yeux brillants d'incompréhension ; j'avais l'impression d'être plus mauvais que mon père.
Je voulus aller vers elle et lui dire ô combien tout ceci n'était qu'une mauvaise blague et aller déchirer mon contrat sur-le-champ, mais dès lors que je fus sur mes deux jambes engourdies, le ventre noué et la gorge sèche, une grosse main m'attrapa l'épaule et me tira en arrière sans que je ne puisse rien faire, hypnotisé par ma mère. La seconde d'après, j'étais dehors et la porte était fermée à clé.
C'est à ce moment là, lorsque j'étais seul dans la rue vide et sombre, que paradoxalement ma vie vint à prendre un nouveau sens. Cette grosse main haineuse qui m'avait jeté dehors et ce regard – surtout - suffirent à me faire prendre conscience de tout ce que je détestais : l'impuissance. L'impuissance face à la main de Harada, l'impuissance devant le regard de ma mère, l'impuissance devant le destin. Je pressentais un peu mon avenir au sein de l'occupation: des jours longs, troubles, faits d'actions que tout le monde ne comprendrait pas, mais j'étais aussi sûr d'une chose: que je ne voulais plus avoir à faire à un regard incompréhensif et déçu. C'est pour quoi je décidais de ne pas agir en tant qu'occupant pour l'occupation, mais d'agir pour la population en tant qu'occupant. »
Dernière édition par Daiki Etsu le Lun 18 Avr - 17:30, édité 1 fois |
|  | |  | Sujet: Un agneau parmi les loups Ven 11 Juin - 18:10 | |
| La scène se passe au début de l'occupation et suit le RP au-dessus. - Bon... eh bien... Vous pouvez rejoindre vos appartements. Reposez-vous bien, la nuit sera longue ! Fit le juunin en chef, dans un sourire sournois avant de disparaître.
L'assemblée se dispersa dans un brouhaha confus, mêlant grognements, rires démoniaques et bruits de bagages qu'on traîne lourdement. Le chapiteau de toile monté pour l'occasion avait pris une importance et un rôle fondamental du fait du nombre de ninja entassés sous lui et retrouva bien assez vite, après deux heures de meeting, ses vieilles qualités de chapiteau sale sous lequel reposaient quelques caisses. Plus tard il serait transformé en écurie de fortune, du moins le temps que l'une des maisons voisines ne soit correctement aménagée.
Etsu s'extirpa de la foule qui partait dans tous les sens, histoire de ne pas être dérangé par quelques coups d'épaules le temps de se repérer. Il sortit le parchemin qu'on lui avait donné quelques jours plus tôt pour y relire les indications suivantes : | Citation: | Le désigné « Daiki E. », Iwajin ; Assigné au : Quartier fleuri ; Résidence 7 du Seito Kizuna ; Ext. 2 Soumis à : Rosarigaï J. Est prié de se présenter muni de la présente convocation aux lieux et personnes susmentionnés aux date et heure qui lui ont été données lors de la Commission des Saisies des Titres et des Fonctions. Aucun effet personnel ne sera autorisé aux Iwajin. |
Le quartier fleuri. Depuis tout petit il rêvait d'y habiter. Combien de fois avait-il embêté sa mère en répétant à tue tête: « Je serai riche et célèbre et j'aurai une maison dans le quartier fleuri. Une grosse maison. Une maison célèbre de riche ». Et aujourd'hui, non seulement il se trouvait dans ledit célèbre quartier mais il allait aussi habiter l'une de ses résidences tout aussi fameuses1. Certes, le cheminement qui l'y avait conduit était un peu différent de celui qu'il avait prévu, mais le résultat n'en était pas moins le même.
Il bondit sur un tas de caisses pour essayer de trouver la résidence 7. Bien qu'il était ici chez-lui, - du moins, plus chez lui que les certains autres ninjas qui l'entouraient -, il ne connaissait pas vraiment cette partie là de la ville. Ce n'était pourtant pas l'envie de la découvrir qui lui avait manqué, mais, jusque là, le quartier avait été très bien gardé par une société indépendante et privée spécialisée dans la garde et la surveillance (Etsu le savait très bien, c'était un des employés qui le lui avait dit lorsqu'il avait essayé d'entrer).
Lorsqu'il repéra la hampe de la résidence sur laquelle était marquée « Seito Kizuna », il sauta à terre et s'y dirigea, sourire aux lèvres.
De tous les habitants de Tsuchi à cette époque, Etsu fût certainement le seul à sourire ce jour là, parce que ce jour marquait très exactement l'échec total des iwajin contre les akajin. Lesquels avaient envahi tout le village et siégeaient déjà au pouvoir. Et Etsu, étant iwajin pure souche, n'aurait pas dû échappé à la honte et à la désolation générale, seulement, lui, il avait signé un petit papier. Exactement. Et ce petit papier, qui était soigneusement rangé dans la poche intérieure de son haori2, était précisément à l'origine de l'engouement qui l'habitait. Pour la petite histoire, ce papier était une copie du contrat qu'il avait signé à la Commission des Saisies des Titres et des Fonctions et il lui octroyait, entre autres restrictions, à peu près les mêmes droits que les akajin. En gros, il avait soigneusement retourné sa veste et abandonné sa nation d'origine. Plus tard, on l'insulterait dans la rue, on lui jetterait des cailloux et l'un des Sages d'Iwa ira même jusqu'à le qualifier de nihiliste, de vermine et de plein d'autres choses. Plus tard, Etsu souffrirait de ce choix et tout son futur, toute sa vie en serait sévèrement marquée ; il deviendrait fou et regretterait tout jusqu'à sa naissance.
Mais pour le moment, il souriait. C'était certainement l'un de ses derniers sourires avant de connaître les horreurs qui l'attendaient. Pour lui l'occupation était une chance de faire ses preuves ninjesquement parlant ; de montrer qu'à défaut d'être devenu un riche entrepreneur il deviendrait un bon et sage homme. N'allez cependant pas croire qu'il faisait ça pour sa gloire personnelle, absolument pas. Certes le chemin dans lequel il s'était lancé n'était pas le plus simple et le plus convoité ; il aurait mieux fait d'aller se cacher avec d'autres ninjas d'iwa dans un sous-sol pour aider à monter la rébellion, mais Etsu avait sérieusement envie de croire qu'une répression bien faite, douce et humaine, valait mieux pour tout le monde que des conflits sanguinaires. Il avait eu tort, mais tout le monde faisait des erreurs, après tout.
Sur le chemin, il croisa beaucoup de ninja affairés à s'installer dans leurs résidences respectives. Il n'en connaissait aucun mais, sans doute à cause des fleurs et de leurs doux parfums omniprésents, il ne put s'empêcher de tous les saluer, de tous leur sourire. Pour quelqu'un qui n'avait jamais vraiment été un adepte des politesses, c'était une première. Dommage que ceux à qui il souriait n'aient vraiment pas eu de têtes à échanger des courtoisies – si ce n'est avec une arme. Aussi, il repensa à sa petite maman qu'il avait quitté quelques jours plus tôt et qui lui disait souvent que s'il n'était pas poli, un Oni3 viendrait le manger. Ce à quoi il répondait généralement que c'était lui qui le mangerait si jamais l'Oni n'était pas poli lorsqu'il viendrait. Sans suivaient souvent rires et chatouilles. Bref. S'il repensa à sa mère c'est parce que tous ces ninja avaient des têtes à manger de l'Oni tous les jours. Il renifla et accéléra le pas, bien décidé à rendre sa mère fière de ses actions.
Il arriva devant l'arche sur laquelle les gravures « Seito Kizuna » resplendissaient, et avec elles une odeur forte et pas très agréable. Il salua un autre homme au visage aussi dévasté qu'un champ de bataille après bataille appuyé à la murette en pierre, lequel lui demanda ce qu'il venait foutre ici. - Vu le temps et le lieu... je dirai que j'me promène. Et vous ? Répondit-il, sarcastique.- Vu le temps et le lieu, je dirai que je m'apprête à tuer quelqu'un, fit l'autre avec un jeu de regards très explicite. - Bien, bien... Vous êtes … ? - Plutôt énervé. - … Énervé ? Je vous demandais votre nom. - J'te demande le tiens, moi ? Etsu fronça un sourcil avant de dévisager la brute devant lui. Visiblement, il n'y avait pas que son visage de dévasté. Il préféra ne pas s'attarder et avança pour passer l'arche. - Oh ! Tu vas où là, au juste ? - La question est sérieuse ou... ? Nouveau regard très explicite. Je viens vois le Général Rosarigaï, j'suis une recrue. - T'as pas la gueule d'une recrue. Montre la convoc', ordonna la brute.
Etsu la lui montra et, après une – très - brève réflexion accompagnée d'un petit rire, la brute la déchira puis la brûla avec un katon.- Ah. C'est toi l'Iwajin. Je comprend mieux. T'as des effets sur toi ? Etsu hocha négativement la tête. Il avait gardé la main tendue pour récupérer son papier et il resta comme ça quelques secondes, sans trop comprendre pourquoi on le lui avait brûlé.- Quoi ? Ça veut dire que c'est bon, tu peux entrer. Alors dégage. Le jeune homme souffla un « Ah » , surprit par la barbarie du poinçon. Mais bon, après tout, chaque administration avait ses petites particularités. Il avança.
Les formalités avec le dénommé Général Rosarigaï ne durèrent pas plus de cinq minutes, entre autres parce qu'il était en train de faire une sieste sous le porche de la maison principale et que le rêve duquel le tira Etsu était bien plus intéressant que les usages. Il avait quand même eut la gentillesse de lui montrer du menton la direction de l'extension 2 dans laquelle Etsu avait ses quartiers et de l'informer de dessous la serviette humide sur son visage qu'ils se retrouveraient à l'heure du repas dans la salle principale.
Etsu se dirigea donc vers ses appartements, longeant d'un pas rapide le promenoir le plus à l'Est. L'odeur horrible était encore plus forte qu'à l'arrivée et elle commençait à lui donner de sérieuses nausées, aussi, il se dépêcha d'entrer puis de refermer derrière lui. - IRASSHAIMASE 4 !!!! Deux types venaient de bondir devant lui et de lui crier dessus. Etsu, en bon ninja, avait sauté sur le côté, roulé-boulé par terre puis s'était remis sur ses pieds, prêt à tout. - Du calme, du calme ! Fit l'un d'eux, le plus grand. On est tes coéquipiers, Daiki-san, c'est ça ? Moi c'est Tankeru et lui c'est Semiguri. Le Semiguri en question s'approcha et lui colla d'un geste vif et souple un post-it sur le front. - T'es le dernier arrivé, tu dois porter ça toute la soirée. Disons que c'est ton gage, d'après Rosarigaï-sama, expliqua-t-il en haussant les épaules. La prochaine fois, ce sera le cosplay de canard. Etsu cligna plusieurs fois des yeux, sans bouger, hébété. Après quelques minutes passées dans une dimension parallèle à essayer de comprendre, il se redressa et, décrétant qu'il avait passé l'age de porter des post-it sur le front, voulut enlever le papier. Hélas ! Semiguri lui saisit le poignet vivement au vol, visiblement pas très d'accord. - Tu dois le garder, c'est comme ça, 'fallait arriver avant, fit-il sévèrement, avec le plus grand sérieux du monde. Derrière lui, le dénommé Tankeru acquiesçait.
Etsu les dévisagea et, en bon anticonformiste, voulut utiliser son autre main pour enlever quand même ce maudit post-it. Il se produisit la meme chose que précédemment.
D'un geste brusque, l'iwajin délivra ses bras de la prise de Semiguri et recula de deux pas. Là, il réessaya d'enlever le papier, et il se retrouva de nouveau les poignets pris. Le petit sourire de l'akajin commençait doucement à lui taper sur les nerfs. - Bon, sérieux, vous avez quel âge, là ? Lâcha-t-il sèchement en se libérant. - Vingt. - Vingt-et-un. Garde le post-it, il en démordra pas. C'est mieux pour tout le monde. Etsu toisa Tankeru qui venait de parler, puis demanda : - 'Y a marqué quoi dessus, au juste ? - T'aimerai pas savoir, fit Semiguri.
- « Je suis une fillette », traduisit l'autre.
Aussitôt, Etsu esquissa une grimace et porta ses mains à son front pour retirer cette horreur qu'il ne voulait définitivement pas garder. Aussitôt, Semiguri lui bondit dessus pour l'en empêcher. 1 Voir une petite description de l'histoire du quartier ici2C'est une veste courte 3C'est l'équivalent d'un démon 4"BIENVENUE !!!" |
|  | |  | Sujet: Un agneau parmi les loups Mar 19 Avr - 1:23 | |
| L'action se passe quelques semaines après le RP précédent. - Encore de corvée de jardinage, Dai-san, remarqua le Général Rosarigaï, à peine sorti de sa sieste. Les cartes n'ont pas été en ta faveur hier-soir non plus, apparemment.
Le jeune homme acquiesça sans lui accorder plus d'attention, tout occupé à retourner les bordures des promenoirs.
- T'as fait l'arrière-cour ? J'ai vu qu'y avait des pousses entre les tatamis l'autre jour, signala le vieillard, tout en s'étirant, fatigué.
- Je dirai à Semiguri de le faire, la prochaine fois qu'il perdra.
- Semiguri a déjà perdu au Hiki-Kabu1 ? Oh... je pensais qu'il trichait mieux que ça, s'étonna le chef, choquant Etsu qui jeta sa bêche, comprenant enfin de quel genre « d'atout » se vantait le rouquin.
- Je vais lui péter la gueule... grogna l'iwajin en arrachant ses gants et son tablier, qui l'efféminaient plus qu'ils ne le protégeaient.
Alors qu'il le rejoignait pour rentrer dans la maison principale, où il envisageait déjà de préparer la « petite » surprise qui accueillerait son camarade à son retour de mission, le Général Rosarigaï le stoppa net dans son élan et le regarda sévèrement par-dessus ses lunettes.
- Avant de te laisser te lancer dans la conception d'un piège possiblement mortel duquel je nierai toute responsabilité et toute connaissance de cause au retour de tes chers petits copains et lors de l'enquête qui suivra... J'aimerai assez que tu coupes les branches de cet affreux arbre qui pue. Il commence sérieusement à me donner des nausées et.. enfin... ça fait plusieurs jours que j'ai la chi-2...
- Je veux pas savoir, le coupa Etsu avant de revenir sur ses pas pour analyser l'étendue de l'arbre.
L'arbre en question était un camphrier à la miniaturisation ratée, qui avait visiblement déjà subi plusieurs tailles, ligatures et coupes et qui s'était malgré tout obstiné à pousser et à se déployer le plus haut et le plus loin possible ; il ne dépassait cependant pas les six mètres de haut et ses feuilles, extraordinairement vertes, semblaient ne demander qu'une chose : être tripotées pour pouvoir se vider de tout leur soûl parfumé.
Se remémorant les quelques livres de botaniques desquels sa mère lui avait fait l'apologie avec passion des heures et des jours durant, Etsu tenta d'expliquer à son maître pourquoi recouper les branches du camphrier n'arrangerait rien, et comment il serait plus intéressant pour eux de le « vider », d'en distiller l'essence pour en faire des onguents, des huiles et autres poudres susceptibles de leur être utiles.
Le Général Rosarigaï l'écouta et l'observa avec beaucoup de sérieux et attendit qu'il eût terminé pour lui annoncer, posément, qu'il était à présent sûr que Etsu était passé à côté d'une formidable carrière de Bonne-femme et qu'il aurait fait une excellente ménagère. Etsu le somma d'aller se faire voir avec ses troubles digestifs et retourna dans sa cuisine, en boudant.
- Aaah ! Ne le prend pas mal 'Tsu-chan ! C'est rassurant de savoir qu'on a une femme dans cette maison, tu sais !
- Ne m'appelez pas 'Tsu-chan !! hurla l'iwajin de l'intérieur de la maison, avant de voir débarquer son supérieur, fuyant l'extérieur sur la pointe des pieds, esquivant les fenêtres et lui faisant le signe du « si on me demande, je suis pas là ».
Etsu souffla et rangea la collection de couteaux qu'il s'apprêtait à emmener dans le dortoir de son futur-ex-coéquipier et alla voir ce qui avait réussi à faire déguerpir le Général de sa chaise fétiche.
Dehors, derrière l'arche de pierre, se tenait un blondinet maigrichon à la mine fatiguée, mal rasé, mal coiffé, une blouse blanche sur le dos, une mallette à ses pieds. Il consultait un parchemin, un crayon à la main et, visiblement dégoûté d'avoir à faire une telle tâche, s'avança sans entrain et vint à la rencontre de Etsu pour se présenter :
- Docteur Heiwajima, (itinérant de la recherche médicale... refoulé par un directeur incapable et obligé de se taper ce put... d'inventaire général), enchanté. J'ai été missionné par la Commission des Répartitions des Usufruits et des Armements suite à l'absence d'un accusé de réception après la commande d'une grande quantité de médicaments contre la diarr... Oh non... ils se foutent vraiment de moi... Bref, vous voulez bien me montrer où vous planquez votre pharmacie ? 1 Le Hiki-Kabu est la version japonaise du Blackjack. Il se joue avec les cartes du Kabufuda. 2 La respiration de trop de camphre peut provoquer des nausées, étourdissements, diarrhées et même des convulsions. |
|  | |  | | | Daiki Etsu, mais appelez moi Etsu. | |
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