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Égarée.

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MessageSujet: Égarée. Lun 12 Sep - 20:10

Citation:
« Le sage attends et la sagesse arrive. »
Gandals le Gris.


Rappel Important:
 


Un vieil homme était assis dans une vieille chaise en bois grinçante. Son visage était plongé dans l'ombre, mais il s'éclairait lorsque le tabac incandescent de sa pipe s'enflammait alors qu'il inspirait une bouffée de fumée. Il se balançait lentement d'arrière en avant et vice versa. Il était seul et demeurait dans un profond silence. La voûte céleste était parsemée d'étoiles dansants au rythme de la musique de l'univers. Un croissant de lune surplombait le paysage et baignait la vallée de ses puissants rayons. On entendait les grillons qui, dans les hautes herbes, semblaient s’affairer vigoureusement à quelques affaires d'insectes.

Alors que l'homme expirait, un cercle dE fumée s'envola de sa bouche pour se disperser au gré du vent nocturne. Les deux yeux profondément bleus du vieillard brillait d'une lumière vive et puissante. Son âme semblait jeune et vivace, son être semblait serein et grand. Au loin, les lumières de la ville scintillaient faiblement laissant toutefois deviner une importante activité. L'été arrivait lentement à son terme. Les récoltes s'achevaient, et le monde allait bientôt mourir peu à peu, avant de renaître plus tard.

Derrière le vieil homme en méditation, une cabane en bois se dressait, discrète, entre les petits arbres endormis. Le bruissement de leur feuillage accompagnait harmonieusement la symphonie de la nuit. En contrebas de la colline, un cerf marchait lentement vers la forêt. Ses bois, épanouis, semblaient à la fois puissants et mystiques. Ses deux yeux noirs scrutaient les alentours avec attention. Le vieil homme fronça les sourcils et ne put s'empêcher de sourire alors que la silhouette du cerf se dessinait peu à peu. L'animal s'approchait silencieusement de la demeure du vieillard qui fumait toujours.

Soudain, la porte de la cabane s'ouvrit et un jeune homme d'un peu moins de trente ans en sortit. Il était torse nu, et portait autour du coup un collier au bout duquel pendait une clé. Ses yeux étaient noirs, tout comme sa chevelure mi-long. Il s'approcha de l'homme.

« Shikatsuchi ? » demanda-t-il.

Le vieil homme se contenta d'acquiescer tandis que son sourire, peinture d'une joie sincère, s'élargissait. Les plis qui se formaient aux coins de ses yeux témoignait de la profondeur de la joie que retranscrivait ce sourire, tableau étrange et difficile à transmettre ici et en ces mots. Quoi qu'il en soit, il se leva lentement et se racla la gorge en faisant un signe de menton au jeune homme. Ce dernier, après avoir brièvement lâché un « ah oui », retourna dans la cabane et alluma quelques bougies. En parallèle, le cerf et le vieil homme se fixèrent un long moment, immobile.

L'autre homme revint après quelques minutes d'absences. Il tenait dans ses mains une carte et une fiole, tandis qu'il portait sur son dos un sac chargé. Avant de sortir, il avait pris soin d'éteindre les bougies. Ils se mirent à marcher en direction des bois, le vieil homme, le cerf et lui.

« Dîtes moi, Gandalf1, on va vraiment la chercher ? Vous pensez qu'elle est venue ? s'enquit le plus jeune des deux hommes.
- À vrai dire, je n'en sais rien, mais tu ressens comme moi la plénitude qui émane de ce cerf. Il prit une longue inspiration. Hirō, que te dis ton cœur ? demanda-t-il alors qu'il connaissait la réponse.
- Qu'il est temps, murmura simplement Hirō »

Alors le vieil homme ne dit guère mot de plus, et se contenta de sourire de plus belle. Faisant un large signe de bras pour signifiait qu'il fallait il y allait, le trio silencieux s'enfonça dans l'ombre de la forêt, de l'autre côté de laquelle les lumières de la ville brillaient en silence.

1| Je me suis permise d'utiliser le sunom Gandalf pour ce vieux personnage, ce n'est pas son vrai prénom, pas d'affolement, il ne s'agit que d'un surnom, uniquement utilisé ici, dans cet étrange univers qui sers de décors à l'action. (Nous sommes dans un Setonaikai).


Dernière édition par Mei Fong le Lun 12 Sep - 22:52, édité 3 fois


Iwa

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MessageSujet: Re: Égarée. Lun 12 Sep - 22:23

Citation:
« L'égarement le plus obscur et celui du cœur et de la raison. »
Gandalf le Gris.


Égarée. Elle se réveilla lentement. D'abord, elle clignait des yeux de manière irrégulière. Un monde flou et vide sens l'entourait. Mais alors qu'elle émergeait des tréfonds du sommeil, alors qu'elle sentait l'étreinte des bras de Morphée se relâcher, tout commença à devenir plus clair et ordonné. Les premières sensations furent celles de la fraîcheur du matin et de l'humidité de la rosée. Un ciel bleu et rose surplombait le monde. Il était tôt ce matin. La jeune fille était allongée sur une tapis de mousse, au pied d'un arbre au branchage étrangement orienté vers le nord. Elle agrippa le tronc pour prendre appui et se redresser pour se retrouver en position assise.

Elle voyait. Et bien vite elle conjectura qu'elle se trouvait dans on For Intérieur, son Univers Imaginaire, Son Océan Spirituel : son Setonaikai. Comme c'était étrange. Elle se souvenait de s'être couchée, comme d'habitude, en ce soir de pleine lune. Puis elle savait s'être réveillée... au bazar d'Iwa, en pleine nuit ! Oui... Elle avait encore été somnambule. Puis la transe l'avait mené ici.

Un déclic.

Elle se souvenait enfin des évènements qui avait précédé son réveil. Une fois arrivée sur les rives de la baie. L'homme de la barque lui avait expliqué qu'il lui était impossible de gagner le temple sacré à effigie de la femme de la même manière que la dernière fois si la lune n'était pas pleine. Alors il l'avait fait monté sur sa chaloupe et ils avaient traversé l'océan jusqu'à de lointaines et reculées contrées.

Puis, rien. Et voilà qu'elle se réveillait ici, avec pour seule souvenir la barque qui s'engouffrait dans une haute vague de tempête, emportée dans les froides abysses de l'océan.

La voilà qu'elle se réveillait donc dans cette campagne verdoyante. Seule au milieu d'un vaste champ d'émeraude, avec pour seul compagnon cet arbre solitaire et ce sentier de terre désert. Elle se leva et scruta les environs -car elle avait la vue, ici, dans son imagination- et constata que le sentier serpentait entre les collines vers le nord, alors elle le suivit.

Un cours instant plus tard, une charrette tirée par un cheval noir arriva à son niveau et ralenti. Un homme étonnant s'y tenait assis. Il fixait Mei d'un air amusé et intrigué.

« Eh bien jeune fille, que faîtes vous seule dans les environs ? s'exclama-t-il.
- Je... Je cherche... ma route. murmura-t-elle, incertaine.
- Il y a bien des routes par ici, vous devez bien avoir une destination ?
- Alors, si vous l'acceptez, la vôtre sera la mienne. déclara-t-elle, écoutant son instinct. »

L'homme ne put s'empêcher de sourire. Puis il laissa échapper un rire chaleureux, il tendit sa main à Mei pour l'aider à monter dans le véhicule de bois, puis il lui tapota l'épaule. Il fit repartir les chevaux en direction du nord.

Mei ne savait pas où elle allait, mais si il elle savait quelque chose, c'est qu'il était temps.


« Il est temps. murmura un homme encapuchonné dans une large cape brunâtre qui observait le village d'Iwa depuis une hauteur voisine. »


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MessageSujet: Re: Égarée. Dim 18 Sep - 15:25

Citation:
« Tomorrow's another Day. »
A. R.


L'air était bon et agréable. Le vent caressait tranquillement les joues légèrement rosées de la jeune fille. Un soleil puissant et magnifique surplombait le monde, et Mei s'en délectait alors que le véhicule en bois avançait sur le sentier sinueux. Les roux en bois frappait quelques fois un léger rocher qui déformait la route et cela faisait sursauter la jeune fille qui se perdait dans ses pensées. L'homme qui conduisait le véhicule lançait un regard curieux à la jeune fille, de temps à autres. Celle-ci l'avait remarqué -car ici elle n'était pas aveugle- mais elle n'y prêtait pas attention, elle se laissait aller. Les pieds trainant en dehors de la charrette, elle ferma les yeux et tenta de percevoir la mélodie harmonieuse qui peignait cette endroit de paix et de sérénité. De vaste champs dorés s'étendaient à perte de vue, et le blé semblait danser au rythme de la brise d'été.

L'on croisait un bosquet de temps en temps, silencieux, au abords du chemin terreux. Et quelque fois, l'on partageait la route avec un fleuve aventureux qui se faufilait entre rochers et tronc d'arbres. On ne pouvait penser qu'il existait le malheur en un tel endroit. Tout était si beau et si parfait.

Brisant le long silence qui maintenant durait une bonne heure, l'homme s'intéressa à la fille.

« Alors dîtes-moi, comment vous appelez vous ? commença-t-il.
- Je me nomme Mei, tutoyez moi s'il vous plait ! répondit Mei, charmée par la beauté des lieux.
- Très bien Mei, moi c'est le Voyageur, c'est mon nom, je n'en ai guère d'autre. s'exclama-t-il.
- Surprenant. commenta la Kunoichi. »

Il était étonnant que cet homme puisse lui parler sans savoir qui elle était. Était-elle vraiment dans son Setonaikai, les gens qui le peuplaient n'étaient-ils pas censés être une part d'elle-même ? La complexité de la personnification des phases du For Intérieur, voilà quelque chose qu'elle avait du mal à saisir. Il y avait toujours quelque chose de nouveau, d'étrange et de mystérieux. Et toutes ces choses, elle apprenait par elle-même et d'elle-même. C'est comme si elle les savait sans les savoir et qu'elle se les enseignait. Illogique, dénué de sens et incompréhensible. Mais vrai.

« Le monde est si beau, n'est-ce pas, Mei ? reprit le Voyageur.
- Certes, et si étrange. compléta Mei.
- Ah, vraiment ? Moi c'est toi que je trouve étrange. Il laissa un cours instant de silence pendant lequel il toisa la jeune fille d'un air suspicieux, puis il se mit à rire de très bon cœur. Je plaisante ne t'inquiète pas. Nous sommes tous étrange !
- Voyageur... Où allons nous, au juste ? s'enquit alors la jeune fille.
- Ce qui est merveilleux, c'est que je n'en sais rien ! Il se mit à sourire et regarda droit devant lui avant de reprendre. Ce monde est bien plus vaste que tu ne l'imagines. Ton esprit est grand et ton imagination est sans limite ma belle, crois moi. Il fit partir le cheval au triple galop ce qui fit sursauter Mei. Alors allons où le vent nous porteras et nous verrons bien quels lieux nous découvrirons, quelles gens nous rencontrerons, et quel destin sera le notre ! Toute la magie de la vie repose en cela ! »

Alors qu'il s'écriait, la charrette prenait de la vitesse et dans la folie de l'enthousiasme, ils continuèrent leur route vers un lieu dont ils ignoraient tout encore.


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