«
On devrait y aller... murmura Fuyuki
1 sur un ton pressé, scrutant les alentours avec inquiétude, au fur et à mesure que l'ombre grandissait dans le bois enneigé et silencieux.
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Patience Fu', répondit Hirō
2,
chaque seconde nous est précieuse. Les mots sortaient de sa bouche comme des morsures glacées dans la nuit aux oreilles de Fuyuki qui grelotait d'impatience. Le vent du soir qui soufflait dans les branchages sans vie de la forêt faisait baisser la température très rapidement.
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Hirō, si on rentre bredouille, Masamune-san ne va pas être content, on ferait mieux d'y aller maintenant ! insistait l'homme frigorifié qui, toujours d'un œil vif, vérifiait que personne ne l'observait, son compagnon et lui. »
Quand le crépuscule eut finit d’inonder le bosquet dans lequel les deux hommes semblaient se cacher, un troisième homme, plus chaudement habillé, surgit de quelque taillis non loin de là. Il portait une fourrure brunâtre et recouvrait son crâne par une capuche de même couleur. À mesure qu'il avançait vers le duo, l'on pouvait entendre ses pieds s'enfoncer dans la neige. Fuyuki se tourna et fit signe à Hirō d'en faire autant.
«
Mais où t'étais passé, Matsu ? le questionna Fuyuki.
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Personne ne nous as suivit, se contenta-t-il de rétorquer.
Du mouvement, Hirō ?-
Non, tout s'est calmé en fin d'après-midi, ceux qui ne méditent pas sont endormis.-
Très bien, c'est le moment alors. »
Il n'y avait pas, ou très peu, de nuages dans le ciel. Ainsi les premières étoiles apparurent assez rapidement tandis que la toile obscure s'étendait du nord au sud et de l'est à l'ouest. C'était un soir de pleine lune, et le trio le savait. Ils avaient tout calculé pour arriver au bon moment, et au bon endroit, afin de récupérer ce qu'ils cherchaient depuis maintes années maintenant.
Ce fut l'homme encapuchonné qui, le premier, s'élança en avant tel un félin dans la nuit, sans bruit. À sa suite, ses deux compagnons étaient vifs comme le vent, discrets comme la nuit et souples comme l'air. Lorsqu'ils parvinrent en contrebas de la haute colline qui leur avait tantôt servit d'observatoire, ils se glissèrent en silence le long du mur d'enceinte de la demeure de la famille Fong. Nul ne les avait encore remarqué, et ils en furent bienheureux, car l'échec était synonyme de retard dans leur plan, et pas n'importe lequel, un retard considérable de dix ans.
Le meneur de la petite troupe fit signe aux autres de s'arrêter.
«
La petite que nous cherchons doit maintenant avoir environ sept à huit ans. Elle est aveugle et a des cheveux noirs, elle réponds au nom de Mei, expliqua-t-il.
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Mei ? Je croyais qu'elle s'appelait Yomichi ?-
C'est compliqué, reprit Hirō,
Masamune-san souhaite qu'on la capture saine et sauve, pas une égratinure, compris ?-
Et pour les autres ? s'enquit Fuyuki.
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L'objectif est primordial, s'il est nécessaire de tuer pour y parvenir, alors soit. fut la réponse du meneur, Matsu. »
Une étrange grimace déchira le visage de Hirō alors que Matsu prononçait cette réponse. Il s'en suivit d'un pincement au cœur, mais ses deux équipiers ne remarquèrent rien. Ils se remirent en route et escaladèrent dans la plus grande des discrétion le haut mur d'enceinte. Ils atterrirent simultanément dans la cour intérieur et se faufilèrent jusque la première porte qu'ils aperçurent. Dialoguant leurs idées grâce au langage des signes, ils se séparèrent et s'infiltrèrent donc dans la demeure endormie.
~ ~ Fuyuki ~ ~
Fuyuki fut le premier à entrer dans le couloir, il fut cependant brutalement stoppé par une lumière orangée qui brillait dans une pièce adjacente et dont la porte était grande ouverte. Après un long moment d'attente durant lequel l'homme sua beaucoup tant la pression était à son comble, une silhouette apparut dans le couloir. C'était un vieil homme grisonnant, aux cheveux et à la barbe longue. Il trainait ses pieds, tenant dans ses mains quelque ouvrage et une bougie maintenue par un socle métallique. Il disparut à l'angle du couloir sans remarquer Fuyuki qui avait usé de sa précision dans l'art du camouflage. Certain de ne pas avoir été vu, il rompit sa technique et continua son aventure dans l'ombre de la nuit.
~ ~ Hirō ~ ~
En parallèle, Hirō était entré en même que Matsu dans un autre couloir, mais ils s'étaient ensuite séparés lorsqu’un carrefour s'était présenté à eux. La maison du clan Fong était énorme, en effet, il s'agissait d'une famille nombreuse divisée en branches, chacune possédait l'équivalent d'un domaine, ce qui constituait une vaste demeure, les recherches promettaient ainsi d'être longues. Étrangement, cela ne sembla pas déranger Hirō qui, soucieux du sort de cette famille, semblait oublier peu à peu son véritable objectif, comme s'il jouait deux jeux. Il redoubla cependant d'effort, dans l'intime espoir de trouver la petite fille en premier.
~ ~ Matsu ~ ~
Lorsque Matsu quitta Hirō des yeux, il se concentra sur l'objectif de la mission. Après tout, Masamune-san l'avait nommé chef de cette expédition. Cela témoignait à la fois de la confiance qu'il avait en lui, mais aussi du besoin éternel de mettre à l'épreuve ses hommes de mains. Ravalant sa fierté, l'homme se mit à raser les murs, tentant d'être le plus silencieux possible. S'il trouvait la fille, tout le mérite lui reviendrait et il prouvait à son ami et maître qu'il valait bien sa confiance. Il s'arrêta soudainement lorsqu'un vieil homme débarqua soudainement au bout du couloir, bougie en main. Matsu s'empressa de se cacher dans la pièce la plus proche, laissant l'homme passer. Une fois le danger écarté, il retourna dans le couloir et regarda le plan qu'il avait dans ses mains. À en croire les indications, il n'était plus très loin.
~ ~ ~ ~ ~
La jeune mei dormait paisiblement dans son petit lit. Soudain, une main jaillit de l'obscurité de sa chambre et se plaqua brutalement sur sa bouche, l'empêchant d'émettre le moindre cri de surprise ou de protestation. Mais lorsqu'elle se retourna pour tenter de comprendre -malgré sa cécité- ce qu'il se passait, l'homme qui la tenait fermement dans ses bras lui murmura à l'oreille :
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Du calme petite ! Des personnes qui te veulent du mal se sont infiltrés dans ta maison, il faut que tu me suives pour être en sécurité, tu comprends ? Alors qu'il s'expliquait, Hirō vérifiait machinalement qu'il n'avait pas été pas démasqué par ses camarades ou par un membre de la famille en tendant l'oreille et en jetant des coups d’œil répétitifs par dessus son épaule.
Écoute, tu es vraiment en danger ici, il faut que nous sortions pour trouver un lieu plus sûr, moi aussi je suis en danger s'ils me trouvent alors tu peux me faire confiance, murmura-t-il encore une fois. Alors, serrant la fille par la main, il la traina hors de sa chambre et, discrètement, tenta de l'emmener loin de ses pseudo-coéquipiers et loin du danger. Elle, ne comprenait rien à la situation, déboussolée et perdue, elle ne put que suivre cet homme dont elle ignorait tout, terrifiée.