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Sur les traces de son fils

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MessageSujet: Sur les traces de son fils Mar 23 Aoû - 23:15


Papy Sake, Misao Sanzashiet Kiyoshi Keiryuu. Trois personnes ayant participé d’une manière ou d’une autre à l’évolution d’Otoko’. Trois amis qu’il s’était vu obligé d’effacer de sa mémoire, de ce monde. Pourtant, une dernière réminiscence le séparait d’une liberté totale quant à son passé, un souvenir revenu d’entre les morts : Kyo.

Une toute autre quête débutait alors, celle d’un ermite redevenu père(1), un homme suivant les empreintes d’une rumeur tel un marin sans boussole naviguant vers un trésor oublié. Qu’adviendrait-il lorsqu’il le trouverait ? Poursuivrait-il ce qu’il a commencé avec ses trois premières victimes ? Il ressassa ces questions durant tout le voyage jusqu’au pays du Vent. La frontière n’était plus très loin, quelques kilomètres au bout du défilé qu’empruntait actuellement le Noir, mais aucune réponse ne lui paraissait satisfaisante. En gardant son fils, il ajoutait un fardeau supplémentaire à l’accomplissement de son but. « Tu devras toujours faire des sacrifices » lui avait dit Kanshoku, « encore et encore ». Il y avait un code à suivre, des règles qui encadraient le genre d’objectif qu’il s’était fixé et la première d’entre elles était l’abandon de son passé.

- Fils…

Le sifflement d’un kunai extirpa Otoko’ de ses pensées. De dos et focalisé sur Kyo, il était une cible facile, n’importe qui aurait pu le toucher, mais cette attaque n’avait pas pour but de le blesser. L’arme se figea plusieurs mètres plus loin, un petit parchemin attaché à son extrémité. Lorsque le bout de papier se consuma, une épaisse fumée s’en dégagea, plongeant une partie du défilé dans les ténèbres. Une fois enveloppé par ce drap obscur, Otokonohito ferma les yeux et attendit l’assaut, non sans un certain amusement. Les oinin qu’on avait envoyés à ses trousses semblaient manquer d’expérience. « Un fumigène dans un corridor… ». Le vent commençait déjà à dissiper le gaz, offrant un peu plus de visibilité.

Le premier traqueur à s’aventurer dans le nuage en fut éjecté presque immédiatement, inconscient.
- Suivant ! La voix de l’ex-Kage tonna dans le défilé, défiant ses poursuivants, obligeant les plus téméraires à oser. Et ils osèrent. Deux d’entre eux combinèrent leurs forces pour créer un dragon de boue(2) et l’envoyer vers la position du Noir. Le monstre traversa la fumée et acheva de la dissiper, révélant un couloir totalement vide.

- Dans les parois ! Prévint leur jeune chef d’équipe, mais c’était déjà trop tard. Un mur jaillit à l’horizontal et percuta les deux impertinents. Le premier tomba à terre immédiatement, inerte ; quant au second, le bâton d’obsidienne l’assomma alors qu’il tentait de se relever. À présent, il ne restait plus que le Yondaime Tsuchikage et un oinin sentant sa fin proche.

- Pour…pourquoi vo-… vous rejoignez Suna ? Vous a-…attaquez votre propre peuple pour ces tr…traitres ? La question surprit Otoko’ de par son absurdité.
- Imbécile…
- J-… je… non ! S’offusqua le chef d’équipe.
- Suna ne m’intéresse pas.
- Alors pourquoi !? Réussit-il à demander sans bégayer.
- Je dois retrouver mon fils. Après tout, qu’avait-il à perdre à lui révéler ceci ? Réveille tes amis et rentrez chez vous. Vos morts ne m’apporteront rien. Puis il reprit sa route vers le pays du Vent, abandonnant ce jeune shinobi inexpérimenté face à l’échec de sa mission, face aux erreurs dont il tirerait l’enseignement.

La question sur le sort de Kyo lui revint alors à l’esprit mais cette fois-ci, il avait sa réponse. Sa mort ne lui apporterait rien non plus. Le moment venu, il lui transmettrait ce qu’il savait. Pour son fils il jouerait le rôle qui lui incombait, celui du père et non du démon tournant sa colère vers son village.

*
* *

Avant d’arriver trop près de Suna, il changea son apparence en celle d’un blond qu’il eut l’habitude d’arborer par le passé : Shusen ; jeune homme s’étant fait sensei de trois gamins imperméables à toute académie. Les traits fins de celui qui avait perpétuellement vingt-trois ans passèrent la longue entrée de Suna pour se diriger vers l’avenue commerçante, haut lieu des ragots.

Perdu dans la foule, il ne remarqua pas la paire d’yeux rivée sur lui. Une jeune femme l’avait remarqué et le suivait depuis un petit moment déjà. Elle le connaissait, pour sûr, mais un détail clochait : son âge. Cinq années s’étaient écoulées et pourtant, pas une ride, pas une cicatrice supplémentaire, rien. Même ses vêtements restaient inchangés depuis leur dernière rencontre, comme un mirage produit par sa mémoire, le souvenir d’une rencontre passée. Lorsqu’il bifurqua dans une artère moins bondée, elle osa l’interpeller.

- Shusen-sensei ! Mais l’homme ne réagit pas, il poursuivait sa route, sourd. Elle pressa alors le pas, arriva à sa hauteur et lui attrapa le bras.
- Qu… qui êtes-vous !? Questionna-t-elle, peu convaincue d’avoir à faire au vrai Shusen ; et pourtant…
- Fubuki ? Elle avait changé, grandi. Cinq ans déjà et voilà que la jeune fille était devenue une femme, séduisante de surcroît. Il ne s’attendait pas à recroiser un jour l’une de ses anciens élèves, encore moins de la voir fondre en larme et lui sauter dans les bras.
- Vous êtes venu pour nous aider. C’est un miracle !
- Je… no… qu’est-ce qu’il y a ? Alors elle lui expliqua. Tout en le menant jusque dans son appartement, elle raconta ce qu’ils leur étaient arrivés à Hisaka, Yahiko et elle depuis qu’il les avait quittés, les bons moments comme les plus tristes… puis la découverte de cet enfant métis.
- Kyo… le murmure ne passa pas inaperçu et Fubuki le releva immédiatement.
- Vous savez qui il est ? D’où il vient ? Vous connaissez sa famille peut être !? Q…
- Il est mon fils. L’heure des révélations venait de sonner, Otoko’ quitta son Henge et lui révéla son vrai visage. D’un bond, Fubuki se releva de sa chaise et s’éloigna de la table, renversant plusieurs affaires dans l’affolement.
-Qu-… qu…
- Tu m’as toujours connu sous le pseudonyme de Shusen. Mais mon vrai nom est Otokonohito Makkuro, ancien Tsuchikage, je suis ici pour retrouver mon fils.

*
* *

Cela faisait beaucoup de nouvelles pour une seule journée, mais Fubuki finit par comprendre. Mieux, elle cautionna le changement d’identité d’Otoko’, « c’était mieux pour tout le monde » lui avait-elle même dit. Maintenant que Shusen s’était révélé, ce fut au tour de son élève de parler. Où ? Quand ? Pourquoi ? La jeune femme arriva au terme de ces trois questions après de longues heures d’explications. Lui apprenant notamment qu’ils avaient perdu la trace de son fils il y a plusieurs mois de cela et qu’Hisaka et Yahiko étaient parti à sa recherche avant de se faire enfermer dans une prison plus à l’Est dans le désert. Elle lui fournit toutes les informations en sa possession sur ce lieu. Tous ses espoirs reposaient sur les épaules de son sensei à présent, lui seul était capable de leur venir en aide à elle et ses camarades.

- Une dernière chose. Lorsque vous aurez trouvé Hisaka-kun et Yahiko-kun, dites-leur que notre Hasshou(3) est de retour. Ils sauront alors qui vous êtes.



(1)Il était censé avoir perdu son fils.
(2) Technique de groupe Doton + Suiton.
(5) Lit. origine / apparition d’un heureux présage.



Nukenin

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MessageSujet: Re: Sur les traces de son fils Mar 23 Aoû - 23:29

Guidé par les indications de Fubuki, Otoko’ progressa vers l’Est, déterminé à retrouver ses autres anciens élèves. Plus qu’eux, c’était des réponses qu’il cherchait. On lui avait certifié le décès de son fils cinq ans auparavant. Déclaré mort… comment pouvait-on se tromper ainsi !? En quête de vérité sur la survie de Kyo, le Noir supporta les caprices du désert et aperçut à la nuit tombée les lumières de la prison.

« Aucune terre » lui avait-on dit. Seul le sable et l’acier composaient cette forteresse, interdisant tout jutsu Doton en son sein… . Qu’importe les contraintes, il s’avança vers l’entrée, aveuglé par une colère grandissante. Approché par l’un des gardes, il attendit d’être à sa hauteur pour saisir sa tête et lui briser le nez d’un violent coup de coude, l’alerte fut immédiatement donnée par les autres soldats et en un instant Otoko’ fut encerclé. Déchainant sa rage dans chaque coup, il mit à terre cinq autres hommes avant d’être enfin immobilisé puis assommé.

*
* *

Il se réveilla enchainé et complétement nu au milieu d’une petite pièce. Le goût du sang dans la bouche et la désagréable sensation d’avoir la tête coincée dans un étau. La porte s’ouvrit alors pour vomir toute une escouade de gardes.

- J’ignore ce que tu cherchais en nous attaquant, résonna alors une voix derrière la ligne de soldats, et je m’en contrefous ! Le timbre gagna finalement un visage. L’homme, plus assuré et plus âgé que les autres, offrit une expression de joie intense à son nouveau détenu, sache seulement que tu vas rester parmi nous pendant un sacré moment.

Ne tenant aucunement compte de cette menace, Otoko’ lui rendit cette joie en éclatant de rire. « Les ignorants ! » Ils n’imaginaient même pas à quel point ils venaient de lui faciliter la tâche ; tout ce qu’il souhaitait était d’entrer dans la prison et ce geôlier venait de lui confirmer la réussite de son plan. N’appréciant que trop peu cet affront, le superviseur calma le Noir d’un puissant coup de poing dans l’estomac. Quiconque lui manquait de respect se voyait puni, le nouveau prisonnier l’apprendrait bien assez vite. Abandonné, seul dans l’obscurité, il garda tout de même son sourire narquois.

- Profite de ton autorité pendant que tu le peux encore, souffla-t-il alors que son bourreau était déjà parti. Le temps n’était plus important à présent, lorsqu’il sortirait de cette quarantaine il pourrait partir à la recherche de ses élèves.

*
* *

Deux jours d’isolement ! C’était le délai pour tout nouveau prisonnier. Deux jours où la fatigue, le froid et la faim gagnaient du terrain sur le moral du détenu. Otoko’ savait pertinemment à quoi s’attendre pour l’avoir déjà vécu(1) sauf que cette fois, il n’avait strictement plus rien à perdre. Lorsque celui qui s’afficha comme le chef au premier jour entra, l’ancien Kage lui sourit de nouveau.

- Quelques jours de plus te feront peut-être perdre ce foutu sourire, cracha-t-il en refermant la porte derrière lui, non sans molester le détenu au préalable.

Plongé une nouvelle fois dans une profonde solitude, il se contenta de rire de son propre sort. Lui, l’un des plus puissants de son époque(2) se retrouvait humilié dans une cellule au fin fond du désert. Quelle ironie !
- Quelle farce…

Chaque soir, le superviseur lui rendait visite et chaque soir, le Noir le défiait d’une expression amusée, prolongeant d’une journée supplémentaire sa détention en quarantaine. Lorsque la fatigue et la faim le plongèrent dans un quasi comas, le dirigeant de la prison consentit à le soigner et à le placer avec les autres.
- Rares sont ceux qui tiennent aussi longtemps, avait-il déclarait au bout du huitième jour, avant d’ajouter : il finira par courber l’échine, comme tous les autres.

« Comme tous les autres ». Il l’était, derrière son habit simple et son crâne rasé(3). En entrant ici, nulle faveur ne vous était faite, votre passé n’offrait aucun privilège, vous n’étiez qu’un simple numéro, un chiffre ajouté à la longue liste des personnes vous ayant précédées. Bienvenue à Mumei(3), la prison des fantômes oubliés.




(1) Puisqu’il a déjà eu le droit à un petit tour dans l’une des prisons de Kiri. Cf. Sa parole n’est pas d’or.
(2)On trouve toujours plus puissant que soit ^^.
(3) Enfin la justification de la gueule de mon avatar.
(4)Lit :Anonyme, inconnu.



Nukenin

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MessageSujet: Re: Sur les traces de son fils Mar 23 Aoû - 23:39

Il comptait, patiemment. Déjà trois jours qu’Otoko’ prenait ses repères dans cette prison, du moins, dans le quartier auquel il était affecté. Un tournoi très particulier avait lieu en fin d’après-midi dans la salle principale. Il permettait à des volontaires d’affronter des gardiens sans crainte de mourir, pour les uns comme pour les autres. Si le prisonnier remporté le combat, alors il lui était accordé le droit de passer dans le quartier suivant : une zone de privilèges où seuls les plus valeureux -ou les plus rusés- y parvenaient. N’y voyant aucun intérêt pour l’instant, le Noir n’avait pas encore tenté sa chance, il préférait se concentrer sur la recherche de ses élèves.

Ce fut justement lors de ces affrontements qu’il remarqua le visage de Yahiko, accolé aux grilles séparant les spectateurs de la zone de combat. Il se fraya un chemin jusqu’à lui et entre deux hurlements d’encouragements de la foule, lui murmura la phrase que lui avait dicté Fubuki.

- Votre Hasshou est de retour. Le jeune homme fit volt face et dévisagea le Noir. La question « Shusen-sensei ?» pouvait se lire sur son visage alors Otoko’ lui répondit d’un hochement approbateur de la tête. « Oui ! »
- C’est bien le dernier endroit où je m’attendais à vous voir. La remarque fit rigoler l’ancien Iwajin ; ce lieu n’était effectivement pas le plus approprié pour venir prendre des nouvelles, mais c’était le seul où ils se trouvaient à l’heure actuelle, alors bon... .

*
* *

Les deux jours passés en compagnie de Yahiko lui permirent d’en apprendre plus sur son fils, excepté le moyen de le retrouver. Il n’était pas ici, cela, il le savait, mais où ? D’après son élève, Hisaka était le mieux placer pour y répondre. Ce dernier avait poursuivi ses recherches alors qu’il s’était retrouvé emprisonné, questionnant les autres détenus. Malheureusement, les deux jeunes n’eurent pas l’occasion d’échanger les informations collectées avant qu’Hisaka ne se porte volontaire pour un duel.

- Depuis, il est de l’autre côté de la prison. Chez les « élus ».
- Tu n’as jamais tenté ta chance ?
- Si. Plusieurs fois… la mine du jeune s’assombrit subitement. Annoncer ses défaites à son sensei n’avait rien de glorieux, il ne faisait pas honneur à l’enseignement de son aîné. Mais vous, vous pourriez !
- Il n’y a aucune terre que je puisse utiliser. Ce détail n’était en rien un frein pour l’ancien Kage(1). En réalité il ne souhaitait pas se dévoiler devant tout le monde, certains shinobi détenus ici le connaissaient forcément, et les rumeurs auraient vite fait de remonter jusqu’au chef de la prison. Hisaka ne critiqua pas la réponse d’Otoko’ mais au fond de lui, il savait que le seul moyen d’y parvenir était que son sensei y participe. Si le Noir ne souhaitait pas le faire, alors il l’y forcerait, d’une manière ou d’une autre.

- Vous nous avez inculquez beaucoup de valeurs Shusen-sensei. Notamment celle de l’abnégation. Je suis convaincu que certains sacrifices doivent être fait pour que vous et votre fils soyez de nouveau réunis. Sans prévenir, il abandonna son ancien professeur et rejoignit la salle principale. Le gong du rassemblement avait sonné, les duels allaient débuter.

Yahiko se porta volontaire pour le premier duel. Eloigné, Otoko’ ne put que constater l’entrée en piste de son élève.
- Sors de cette arène immédiatement ! Ordonna le Noir, sans succès.
- YAHIKO ! La voix d’Hisaka retentit dans les gradins supérieurs, lieu où les « élus » pouvaient assister aux combats, toujours derrière une grille de protection.
- Shusen est là, on doit l’aider à retrouver son fils ! Hisaka comprenait toujours plus vites que ses camarades et saisit immédiatement les paroles de son ami en apercevant le Noir accroché aux barreaux de la porte. Au fond de lui il avait toujours pressentit que leur Hasshou se dissimulait derrière un Henge, cette révélation ne faisait que confirmer ses pensées.

- Combien d’adversaires ? Demanda l’un des gardes, vraisemblablement relégué au rang d’arbitre ou de juge.
- Cinq ! Un hoquet de stupeur parcourut l’audience. Plus on battait de gardiens et plus on obtenait de privilèges en cas de victoire, mais très rares étaient ceux qui osaient un tel challenge, certainement parce qu’au-delà de quatre, les blessures devenaient trop graves et la mort inéluctable.
- Hisaka, tu diras à Fubuki que je suis désolé.

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Contractant ses poings de toutes ses forces, Otoko’ se savait impuissant, il était comme tous les autres : un simple spectateur inefficace, inutile. Cinq adversaires se présentèrent enfin sur le parquet de la salle, saluèrent Yahiko et se mirent en garde. Lorsque le gong retentit, ils chargèrent de concert.

Très vite, le jeune homme fut débordé. Assaillit de toute part, il s’écroula sous les coups des gardiens.
- ARRÊTEZ !! Hurla le Noir derrière ses barreaux. STOP ! L’indignation laissa place à une rage sans fond lorsque le corps ensanglanté et inerte de l’élève gisait au sol. Il n’avait pas besoin de vérifier pour savoir. Yahiko était mort.
- NOOOON !!! Hisaka venait de le comprendre également.

Otoko’ tenait toujours les barres en fer de la porte, les mains totalement crispées, l’envie de tuer scintillant au fond de ses yeux ; son visage tout entier était déformé par la haine. Pourquoi s’était-il consciemment lancé dans ce combat ? Pourquoi s’être laissé tuer ainsi ? Ce crime ne resterait pas impuni. Non !

Dans un hurlement bestial, le Noir commença à secouer la porte de toutes ses forces. Choquée, la foule autour de lui s’écarta, le laissant seule dans sa furie. Le juge, penché au-dessus du cadavre du jeune, releva la tête pour comprendre ce qui se passait.
- Voyez-vous ça… c’était ton ami ? Un rictus malsain se dessina sur son visage. Mais ils allaient tous payer pour cette monstruosité. Tous ! En commençant par cet enfoiré.

Du chakra s’écoula du corps d’Otoko’, une aura brune l’entourait comme une brume démoniaque. Enragé, il tendit le bras vers le juge et jura de le tuer. Une partie de son chakra se dirigea alors vers l’homme et se matérialisa en terre. Le bloc de roche s’effondra de tout son poids sur le sol, craquant quelques planches du parquet au passage. Ne cherchant pas à analyser cette nouvelle aptitude, Otoko’ la reproduisit à ses pieds et usa de la terre ainsi créée à portée de main pour briser la porte de fer.

Pris de panique, une partie des prisonniers se rua vers les sorties, l’autre portion profita du tumulte pour amplifier le chaos naissant. Quant aux geôliers, ils aboyaient des ordres pour tenter de contenir cette anarchie. L’ancien Iwajin fondit sur le juge tétanisé et lui broya le corps sous un mur. Plusieurs détenus usant du Doton se joignirent alors au Noir pour faire payer à leurs gardiens les actes dégradants qu’ils leurs firent subirent.
Avançant telle une furie sanguinaire, Otokonohito Makkuro créait des blocs de terre et tuer tout surveillant sur son passage ; aucun d’entre eux n’était épargné, la mort devenait leur seul rédemption à présent.



(1) Outre le doton, il s’est depuis toujours axé sur le Taijutsu (cf. deux des cinq techniques d’inscription qui en sont).



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MessageSujet: Re: Sur les traces de son fils Mar 23 Aoû - 23:43

En une soirée, Mumei, la prison des oubliés, tomba. Finalement ses exactions et autres abus de pouvoirs en vinrent à bout sous l’apparence d’un Noir porté par la colère et la haine. Les combats dans l’arène ne tuaient quasiment personne, il suffit pourtant d’un seul écart, d’une seule exception pour que le système s’effondre. Les autres détenus avaient eu raison de la garnison de gardiens puis s’étaient enfuis. Outre le Noir et le jeune, ils ne restaient plus que ruines et cadavres à présent dans ce pénitencier du désert. Hisaka retrouva son sensei agenouillé aux côtés de la dépouille de Yahiko.

- Il savait ce qu’il lui arriverait en attaquant cinq gardes. Il l’a fait pour vous, c’est un héros. D’un bon, Otoko’ agrippa son élève par le col et le porta à sa hauteur, une douleur intense était lisible dans ses yeux.
- Ce sacrifice était inutile ! Qu’est-ce que je vous ai appris ? Ne jamais être un héros. JAMAIS !! Cracha-t-il au visage d’Hisaka avant de le reposer, abattu par cette perte. Jamais… les héros ne gagnent rien hormis la mort… .

Ils offrirent une sépulture descente à leur ami et un dernier hommage avant de quitter ce lieu, à leur tour.

- Tu devrais rejoindre Fubuki. Elle aura besoin de toi pour surmonter cette nouvelle épreuve.
- Je sais. L’ancien Iwajin reprit sa route seul lorsque Hisaka l’interpella. Shusen-sensei ! Je… je suis désolé pour votre fils. J’veux dire… d’avoir perdu sa trace.
- Sais-tu pourquoi il est parti de chez vous ?
- Il… l’élève hésita ; la réponse n’était pas forcément bonne à entendre, il savait que vous le chercheriez, alors il a fui. Kyo vous tient pour responsable de la mort de sa mère… n-.. navré.
- Je vois… la tête baissée, il tourna le dos à Hisaka et continua d’avancer. Merci de l’avoir recueilli pendant ces années.

Puisque son fils ne souhaitait pas le revoir, il ne chercherait pas à l’y forcer. Avec le temps, peut-être comprendra-t-il ce qu’il a fait… . Sa précédente quête pouvait reprendre là où il l’avait laissée, chez « Kanshoku(1)». Il venait tout juste de penser à cet homme qu’une silhouette rachitique se dessina au loin, nul doute sur la personne, il s’agissait du Toucher; à croire qu’il suffisait de penser à une personne pour que celle-ci se matérialise.

- Je t’avais pourtant bien dis que je viendrais te voir lorsque tu serais prêt. Lui fit l’ermite non sans une pointe d’amusement. Tout en retournant vers la frontière, ils discutèrent du projet d’Otoko’.

*
* *

- Tu as les planques ?
- Oui, proches des différents villages cachés. Chacune est dissimulée par un sceau.
- Les fonds pour mener à bien tes ambitions ?
- Egalement. Mais je compte faire gonfler la somme de départ en vendant mes services.
- Et le nom ? Demanda Kanshoku. Otoko’ extirpa un petit papier(2) de sa veste et le tendit au vieillard.
- Yōkai(3).
- Tu as trouvés les autres membres ?
- J’ai ma petite idée sur la question.
- Puisque tu as tout, en quoi puis-je t’être vraiment utile alors ?
- Vous le savez aussi bien que moi. Le moment venu, j’aurai besoin de votre talent.
- Celui de faire exploser les choses à distance ?
- L’autre. L’ermite éclata de rire. Au final, lui aussi était le jouet de cet homme. Son âge et son expérience ne lui permettait rien d’autre que d’être un pion d’Otoko’. Il accepta ce rôle ; après tout, sa méditation avait assez durée, il avait fait son temps dans ce monde.
- Et maintenant ?
- Maintenant ? L’ancien Iwajin extirpa un masque d’oni(4) de son sac et le plaça sur son visage. Que les choses sérieuses commencent.

~ Fin ~




(1) Le dernier membre du Gokan encore en vie.
(2) Image ci-après (clic).
(3) Lit. démon/monstre étrange.
(4) C’est une créature rouge tirée du folklore japonais.




Edit de Gekigami : Locké & Archivé le 26/02/12


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