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| <| Message | Auteur | Sujet: Une nuit à chats. Mer 17 Aoû - 15:40 | |
| Une Nuit à Chats...
Ce RP est la suite directe de ce rp ci (vent estival), mais se situe, chronologiquement parlant, avant celui ci (une assistante trop étouffante ?). La porte claqua violemment. Puis plus un son. Le Taishou avait disparu dans l'ombre de son appartement et les quelques chats qui étaient restés à l'extérieur fixaient Mei dans un profond silence. L'un d'entre eux, noir et tâché de blanc, s'avança et se mit à humer l'air, comme pour sentir l'odeur de Mei. La jeune fille ne bougeait pas, quand soudain le chat se retourna et d'un pas léger, se dirigea vers les escaliers. Il remuait sa queue dans l'air comme pour faire signe à Mei de la suivre, mais celle-ci n'en vit rien.
"Quel étrange aura", pensa la jeune Fong en posant sa main sur le mur. Il y avait ici une force mystique à l’œuvre, elle le sentait et elle était plutôt douée pour ressentir ce genre de chose. Ce n'était pas une force sois disant surnaturelle, il s'agissait plutôt d'une activité spirituelle intense. Elle suivit le chat jusqu'au bas de l'escalier, où elle s'assit. Elle se concentra, la nuit était presque à son paroxysme lorsqu'elle compris que la lune était pleine. Les étoiles brillaient d'un éclat intense, mais silencieux et toute la beauté de l'instant reposait en cette harmonie. Le chat resta assis devant Mei pendant qu'elle essayait de visualiser son environnement, ce qu'elle faisait dans son Setonaikai.
Elle se releva finalement, dans une très profonde transe. Totalement immergée dans son Setonaikai, elle ouvrit les yeux et vit. Le ciel était d'un bleu marine magnifique, et au centre de cette magnifique toile céleste, trônait la Lune, une entité spirituelle très importante au sein de la famille Fong. Face à Mei jusqu'à l'horizon s'étendait une mer d'huile, silencieuse et lisse. Le sable était frais.
Un chat se tenait sur le rivage, observant Mei avec attention.
« Tu as une imagination riche en ressource, fit-il, devant la surprise de la jeune fille. - Un chat qui parle, enchaina-t-elle. - Pas un chat. Le Chat. Je suis Tetsuya1. Et toi tu es Mei. - Je sais qui je suis, reprit-elle. - Ah oui ? Tu es sûre ? Car je n'en ait pas l'impression, lança le chat. - Pourquoi dis-tu cela ? Que sais-tu de moi et où veux-tu en venir ? »
Le chat ne répondit guère. Il se contenta de faire un signe de tête vers l'océan, calme. Mei regarda au loin et, bien qu'elle ne le remarqua pas immédiatement, elle fut surprise de voir la lune, pleine, s'élever juste au dessus de la ligne d'horizon. Un instant plus tôt, elle trônait au milieu du ciel, bien au dessus de sa tête, c'était étrange.
« T'es-tu déjà réveillée après avoir fait un étrange rêve ? Je parle d'un rêve plus étrange que tous les autres, dénué de sens, mais pourtant si familier. - Oui, assez fréquemment, mais je... Le chat l'interrompit. - Eh bien il ne s'agissait pas seulement d'un rêve, mais de ton Setonaikai. - Mon Setonaikai ? reprit-elle. - Exactement, – à cet instant, Mei crut reconnaître l'intonation avec laquelle le chat avait dit le mot "exactement" – Les nuits de pleine lune, ton Setonaikai est beaucoup plus réactif et modulable que le reste du temps. Car c'est par une nuit de pleine lune que tu es venue au monde. - Attendez je ne comprends pas tout. Qui êtes vous ? Comment savez vous qui je suis... Tetsuya-san ? s'enquit-elle. - Je ne puis rien te dire pour l'heure, n'oublie pas que tu es dans ton imagination. Observe la lune, voilà tout, alors qu'il finissait sa phrase, il se retourna et se dirigea vers l'eau, avant de disparaître, il murmura; C'est pourquoi je les garde toujours clos.
Il disparut dans l'océan, laissant derrière lui une Mei intriguée et confuse. 1 Tetsuya : litt. Nuit blanche, veillée.
Dernière édition par Mei Fong le Mer 17 Aoû - 18:55, édité 1 fois |
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 | |  | Sujet: Re: Une nuit à chats. Mer 17 Aoû - 17:22 | |
| (Les passages en italique se déroulent dans le Setonaikai de Mei, c'est à dire son imagination)
Mei suivit les instructions de Tetsuya et fixa la lune pendant un long moment. Rien ne se passa, Mei crut alors une bonne farce, mais alors pourquoi tout ceci ? Cette aura... ce chat. Tout à coups, la lune entra en contact avec la ligne d'horizon et l'eau s'agita lentement. Puis, elle s'agita d'avantage jusqu'à ce que de grandes vagues n'apparaissent. L'océan se réveillait et quelque chose semblait vouloir en sortir.
Dans un fracas soudain, une énorme masse sembla s'élever au milieu de l'océan comme si elle dormait en son ventre depuis des décennies. Mei, surprise, recula instinctivement de quelques pas avant de s'apercevoir que la masse n'était pas vivante. Il s'agissait d'une petite île rocheuse sur laquelle s'élevait une tour surmontée d'une enseigne, le mot Kōdō (坑道)1 y était inscrit. Mei resta un long moment immobile, dans le silence, observant cet étrange lieu, avant de décider de s'y rendre, après tout que risquait-elle, dans sa propre imagination ? Alors que le sentiment de détermination naissait en elle, un barque en bois s'approcha du rivage, avec à son bord, un homme au visage sombre. Mei ne vit ni ses yeux, ni son nez, ni sa bouche. Elle ne voyait que son chapeau et sa silhouette. L'homme lui fit signe de monter dans la barque, ce qu'elle ft après un instant d'appréhension. Puis ils quittèrent le rivage pour se rendre sur l'île.
Le bruit de l'eau, le bois grinçant, la rame qui allait et venait lentement à la surface de l'océan redevenu calme et c'était tout, pour un instant, ce fut tout. L'homme arrêta de pagayer alors qu'ils n'étaient qu'à mi-chemin de l'île. Mei l'interrogea du regard mais il ne dit rien, alors elle soupira.
« Pourquoi nous sommes nous arrêtés ? Et, elle s'interrompit, trop de questions se bousculaient au sein de son esprit. »
L'homme fit un signe de tête vers le fond de l'océan. Mais Mei ne sut pas quoi comprendre aux premiers abords.
« Je dois continuer à la nage, c'est cela ? demanda-t-elle. »
L'homme tourna la tête en signe de négation et désigna le fond de l'océan du bout de son doigt une nouvelle fois, cette fois-ci avec insistance.
« Je dois aller au fond de l'eau ? – l'homme hocha la tête, pour confirmer. Pour trouver quelque chose ? »
L'homme hocha une nouvelle fois la tête, et il croisa les bras, comme pour montrer qu'il attendrait ici. Mei déglutit, l'idée de se jeter dans cette sombre et glacée ne lui plaisait pas trop et elle se demanda alors pourquoi les choses étaient si compliquées. Alors, elle se leva, faisant bouger la barque de droite à gauche. Elle riva ses yeux vers la lune, immobile et grandiose, puis elle redirigea son attention sur l'eau.
Elle plongea. 1| Kōdō (坑道) : litt. "Passage souterrain, tunnel". |
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 | |  | Sujet: Re: Une nuit à chats. Mer 17 Aoû - 20:14 | |
| Mei fut entrainée dans un tourbillon d'eau et de ténèbres. Les vagues, glacées et sombre, s'élevaient au dessus d'elle comme de grandes gueules béantes prêtes à l'engloutir. Quand l'une de ces vagues s'abattit sur elle, elle s'enfonça davantage dans les entrailles de l'océan. C'était comme si l'océan s'était réveillé lorsqu'elle avait plongé. Plus elle se débattait pour regagner la surface plus elle s'engouffrait dans l'obscurité immuable des tréfonds marins.
Puis plus rien. L'atmosphère se réchauffa et Mei ne voyait plus.
« Content de te revoir parmi nous, Mei-chan, c'était la voix de Lao Shan, que l'on appelait aussi vieille montagne. - Lao-senseï ? Je suis donc revenue à la maison, conclut Mei. - De toute évidence. Tu était silencieuse jusqu'à maintenant, tu marchais alors que tu étais dans ton Setonaikai si je comprends bien. Il versa un liquide dans une tasse, du thé, déduisit la jeune fille en humant les vapeurs. Lao se mit à caresser sa barbe avant de tendre la tasse à Mei, puis il reprit : Sais-tu où tu te trouves, Mei-chan ? - Non, je me trouvais dans la rue quand je suis entrée dans le Setonaikai, mais... elle ne put finir sa phrase. - Tu te trouves dans le Sanctuaire des Ancêtres de la Famille Fong. La surprise de la jeune fille se lisait sur son visage. Ne crains rien, tu n'as offencé aucun esprit par ta présence... Ce temple est calme et une énergie sereine en émane. Les Fong sont des gens si admirables, et tu fais partit de ce clan. - Où voulez vous en venir, Lao-sensei ? s'enquit Mei. - Pourquoi es-tu ici, à ton avis ? - Je l'ignore... répondit-elle. - Je ne pense pas que le hasard ait guidé tes pas. Tu as fait la rencontre de Tetsuya-san, n'est-ce pas ? Et il t'a parlé de la Lune... c'est cela ? »
Le jeune Fong acquiesça après avoir fini sa tasse thé. Lao, quant à lui, cessa de boire de manière subite, et posa sa boisson. Il se leva et, les bras croisés dans le dos, s'approcha d'un autel. Il alluma de l'encens avant de murmurer quelques chose d'incompréhensible.
« Que se passe-t-il ? Qu'est ce que cela veut dire ? s'inquiéta Mei. - Les temps changent, mon enfant, et je veux que tu sois prête à comprendre les choses avant de les savoir. Une lueur étrange apparut dans les yeux du vieux Lao. Il y a... certaines choses... que tu ignores... et que tu viendras à savoir. Il se retourna vers elle. Sais-tu quelle est la situation actuelle des relations entre les pays de ce monde ? - Oui, nous sommes en guerre. - De toute évidence, oui, mais sais-tu pourquoi ? - Je crois que non, la raison m'échappe. - Certains accusent d'autres d'avoir commis quelque acte qui, ma foi, me semble plus ou moins flou. Mais là ne repose pas la véritable raison, ceci n'est qu'une étincelle qui a enflammer le brasier de haine qui subsiste entre les nations et les peuples. - Je vois. - Et la haine existe également à une échelle moins... grande. Il se tut un instant, inspira une grande bouffée d'air et, Qu'es-tu venue chercher, Mei-chan ? - Je... je l'ignore, il y a cet homme sur la barque et... - Qu'es-tu venue chercher ? - Je ne sais... - Pourquoi es-tu ici ? fit-il, en élevant la voix. »
Mei se tut, elle ne sut que répondre, face à l'insistance du vieil homme. Sa respiration s'emballa tout comme son cœur, la situation était inhabituelle, Lao était un homme serein. L'homme aussi respirait fortement. Il chercha le calme et se resservit une tasse de thé qu'il engloutit en quelques gorgées.
« Toute chose prends un jour fin. Il en est de même pour la vie... Il soupira longuement. Il est temps pour toi de comprendre les choses, il est temps pour toi de découvrir qui tu es. Voilà ce que tu cherches, j'espérais que tu n'en ais jamais besoin. »
Le vieil homme tendit la main à la jeune fille. Il tenait entre ses doigts une clef. Lorsqu'elle saisit l'objet, le monde qui l'entourait s'écroula et elle se réveilla soudainement sur la barque, au milieu de l'océan, l'homme était toujours là, il l'attendait, comme il l'avait signifié avant qu'elle ne parte. Lorsqu'il vit la clef, il se remit à ramer, en direction de l'île et de la tour. Mei, secouée, espérait y découvrir des réponses. |
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 | |  | Sujet: Re: Une nuit à chats. Jeu 18 Aoû - 14:19 | |
| Après avoir posé pied à terre, Mei observa la barque s'éloigner dans la nuit. Qui était-il donc cet homme silencieux ? Sachant qu'elle ne trouverait pas de réponse à cette question dans l'immédiat, elle fit volte-face et se dirigea vers l'entrée de la tour surmontée du mot Kōdō et s'arrêta à quelques pas de la porte. Elle serrait la clef que lui avait donné Lao dans la réalité. C'était une autre chose qu'elle ne comprenait pas. Comment un objet de la réalité pouvait-il se matérialiser dans son esprit. Peut-être n'était-ce en fait que le concept de la clef qui importait, et pas la clef en elle-même. Cette hypothèse se vérifia lorsqu'elle tenta d'introduire l'objet dans la serrure, il lui fut impossible de tourner la clef pour déverrouiller la porte.
**Très bien ! Me voilà tout de même coincée !** pensa-t-elle, énervée.
Avant de continuer, elle ferma les yeux et prit une grande inspiration. S'il s'agissait du concept de la clef, alors peut-être devait-elle oublier l'objet et simplement ne faire qu'un avec l'utilité de ce même objet. Ainsi elle tenta de ressentir en elle-même la force de franchir cette porte, la force que représentait la clef. Et alors qu'elle se concentrait, elle rouvrit les yeux. La clef avait disparut, mais la porte s'ouvrit. L'intérieur du bâtiment était plongé dans la plus obscure des pénombres. Mei fit un pas en avant, puis un autre, puis elle sentit le sol se dérober sous ses pieds et elle entama une chute dans l'ombre et le silence. Elle perdit connaissance. ~ ~ ~ ~ ~ Lao Shan vit Mei entrer dans une nouvelle transe, signe qu'elle rejoignait son Setonaikai une nouvelle fois, elle s'était immobilisée, le vieil homme la porta jusqu'à sa chambre où il la couche. Puis il regagna le rez de chaussée où il prit la direction de l'ancienne bibliothèque, lieu calme et poussiéreux où se mêlent une odeur de vieux parchemin et de cire et où une ambiance mystique règne en maîtresse.
Avec pour seul éclairage une bougie qu'il emmenait à chacun de ses mouvements, Lao Shan consulta divers manuscrits qui traitait de l'histoire du pays de la Terre ou encore de celle de la famille Fong. Lorsqu'il découvrit ce qu'il cherchait, il releva la tête et sembla comprendre quelque chose d'impalpable.
« Annei... murmura-t-il. » ~ ~ ~ ~ ~ Mei était allongée dans une herbe verte et humide lorsqu'elle se réveilla. Tout lui paru flou, mais lorsqu'elle émergea de sa torpeur, elle constata qu'elle voyait très bien, signe qui lui prouvait qu'elle était encore dans son Setonaikai. Pourtant, songea-t-elle, elle ne reconnaissait pas le lieu. Il n'y avait pas de plage, pas de mer, pas de lune. Il y avait une étendue verte, parsemée d'arbres et de plantes en tout genre. Et alors qu'elle se redressait, Mei vit au loin, cette grande femme taillée dans la pierre, les mains jointes et qui semblait être la façade d'un temple dont l'entrée se situait au cœur de la poitrine.
Ébahie, Mei observait les alentours pendant de longues minutes, une petite cascade s'écoulait un peu en contre bas, formant une marre de laquelle s'échappait un ruisseau. Un cerf et une biche se désaltérait paisiblement alors qu'une nuée d'oiseau volait tranquillement.
| Citation: |  Une femme taillée dans la roche se dresse dans une nature épanouie. |
Soudain une voix retentit derrière la jeune fille.
« Bienvenue dans ton Naishi1, ton for intérieur, fit-elle. Je suis Myubyōsha2. - Mon for intérieur ? Je suis dans un niveau plus profond du Setonaikai, c'est exact ? - On peut dire ça oui, expliqua-t-elle. Ton for intérieur a pris la forme de cet endroit quand tu était petite. Cette nature... mais surtout ce temple... la femme, sais-tu qui c'est ? - Non, je l'ignore. répondit Mei. - Dommage, j'espérais que tu le saurais, je me pose cette question depuis des années. Elle pointa Mei du doigt, puis mis sa main sur son cœur. Je suis une partie de toi, j'ignore laquelle, mais nous ne sommes qu'un. Ici nous pouvons parler, c'est un concept intéressant, que j'avoue ne pas saisir entièrement, mais bon, je suis comme toi, sauf que moi, c'est ici que je vis. »
Myubyōsha lui fit signe de la suivre, et il s'engouffrèrent dans le temple. Peut-être allait-elle enfin découvrir quelque chose de concret. Quelque chose d'important, mais alors qu'elle disparaissait dans la pénombre du temple en compagnie de l'autre jeune fille. Une ombre se glissait derrière les arbres, silencieusement. 1| Naishi (内心) : litt. "For Intérieur" 2| Myubyōsha (夢遊病者) : litt. "Somnambule". |
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 | |  | Sujet: Re: Une nuit à chats. Jeu 18 Aoû - 23:54 | |
| Il fallut un long moment avant que la vue de Mei ne s'habitue à l'obscurité des lieux. Les murs étaient recouverts d'antiques fresques représentant différentes scènes à laquelle Mei ne comprenait rien. Quelques torches enflammées étaient accrochées au mur, baignant l'endroit dans une atmosphère de crépuscule. La lueur orangée qui émanait des flammes faisait danser diverses ombres sur le sol. Myubyosha, que l'on appellera occasionnellement Myu, se mit à fournir des explications.
« J'appelle cet endroit Le Temple, je lui donnerais volontiers un autre nom, si je savais qui était la femme qui était sculptée sur la façade. Ces fresques que tu vois content des histoires que Maman... je veux dire... que ta mère te racontait quand tu était petite. - Vraiment ? Je ne m'en souviens pas... - Tu était petite, et moi aussi, mais comme je fais partie de ta conscience, je m'en souviens, et au fur et à mesure qu'elle te racontait ces histoires, ces fresques se dessinaient lentement sur les murs. »
Alors que le duo continuait d'avancer, ils arrivèrent à un escalier, devant lequel se tenait une petite forme noire et blanche qui se... léchait les pattes ? Il s'agissait d'un chat, enfin, il s'agissait de : Le Chat, Tetsuya, celui qui lui avait parlé de la Lune.
« Tetsuya-san ? s'exclama la jeune fille. - Il semblerait oui... murmura ironiquement Le Chat. Suivez-moi, toutes les deux., elles obéirent et lui emboitèrent le pas vers le bas des escaliers. Savais-tu Mei, que tous les membres de la Famille Fong possédait un signe spirituel ? expliqua le chat, alors qu'ils avançaient lentement vers les sous-sols du temple. - Oui je le sais, mon signe est La Lune. - Exactement., encore une fois, le "exactement" du chat parut familier à la jeune fille. Mais savais-tu que ce même signe se divise en quatre signe spirituels ? Un pour chaque saison de l'année. - On m'a un jour dit que mon signe estival était le Cerf, comme les ancêtres des Jie'Fong. - Tout à fait exact. Et ces quatre signes spirituels forment un tout que tu dois apprendre à maîtriser. - Plusieurs choses me tracassent... Avant tout, quels sont mes trois autres signes spirituels ? Et puis, comment ma propre imagination, puisque c'est là que nous sommes, peut-elle m'enseigner des chose que je ne sais pas ? - Il y a de nombreuses choses qui nous échappent encore à nous, simples mortels conditionnés dans notre petit monde que nous appelons réalité. Mais voir au delà de ceci n'est guère donné à tout le monde. Être aveugle empêche à une personne de s'enchaîner aux lois de la réalité et en cela, son imagination n'en est que plus forte. Et ainsi il est donné aux personnes sans vue de voir plus loin que ceux qui voient. J'ignore si tu arrives à suivre ma logique. - Je pense que je comprends, mais où voulez vous en venir, Tatsuya-san ? - Il existe quelque chose, au plus profond de toi même, qui te permet de transcender ta propre imagination. Cette chose... Il se tut le temps de montrer du bout de son museau une porte en bois. Cette chose se cache derrière cette porte. - Et... j'imagine qu'il faut une clef... une énigme ou encore un secret pour la franchir ? soupira Mei. - Non, il te suffit d'appuyer sur la poignée et de pousser la porte -_-. »
Mei ne put s'empêcher de sourire, tout était si étrange dans sa propre imagination, qu'elle ne cherchait plus à comprendre ce qu'il se passait vraiment et se contenter de faire ce qui semblait devoir être fait. Ainsi, elle s'approcha de la porte, suivie de près par Le Chat et par Myu. Ils débouchèrent sur une nouvelle pièce, plus petite et davantage décorée, au centre de laquelle il y avait un piédestal, où trônait un coffre, fermé. Un homme était assis sur une marche à côté du coffre, il avait les yeux clos et tenais une canne en bois rougeâtre dans sa main droite. Mei le reconnut aussitôt.
« Za... Zatoichi-sensei ?! s'exclama Mei, surprise, alors que l'homme riait de bons coeur. Mais... comment est-ce possible ? - Je suis arrivé à la demeure Fong en fin d'après-midi, et lorsque Lao-san est venu me dire que tu étais revenue et que tu sondais ton Setonaikai, je me suis dit que je te rendrais visite. - Mais êtes-vous vraiment là ? Où est-ce encore le fruit de mon imagination ? - Peut-être qu'il y a un peu des deux. Il se mit à sourire alors qu'il disait cela. Puis il posa sa main sur le coffre qui demeurait tout près de lui. Ce coffre contient quelque chose de très important, il contient un secret, un choix, une marche vers demain. Mais il ne peut être ouvert comme cela. J'ai ce même coffre dans mon propre Setonaikai, mais je n'ai pas encore réussit à l'ouvrir. Pour tout te dire, Mei-chan, ce coffre contient une chose personnelle, qui varie en fonction de la personne qui l'ouvre. Je ne puis te dire ce qui se trouve dans le tien, mais je sais que nombreux sont ceux qui souhaiterais l'ouvrir. Un Jutsu ultime, la vérité, ou peut-être beaucoup d'argent, ou l'amour, ou encore un objet inestimable que l'on souhaiterais posséder. La chose que tu désire le plus se trouve dans ce coffre. Du moins je pense. Mais il faut percer le mystère qui fait du Setonaikai ce qu'il est pour savoir comment l'ouvrir. »
Mei, fascinée et intriguée, écoutait avec attention les paroles de son maître aveugle, cet homme qui partageait le fardeau de la jeune fille et duquel se dégageait une aura sacrément mystérieuse.
« Merci Tetsuya-san, d'avoir porter mon message à la jeune Mei, je crois que tu avais à faire, je me trompe ? fit le bretteur aveugle. - C'est exact. J'ai une affaire à régler dans une de ces tavernes douteuses d'Iwa dans laquelle j'ai, ma foi, vécu une longue histoire... Et aussi mystérieusement qu'il était venu à Mei, il disparut dans un nuage de fumée noire. - Quant à toi Myubyosha, je suis honoré de faire enfin ta rencontre, Mei aura besoin de toi dans les jours à venir, la Pleine lune est descendu vite, cela ne présage rien de bon, quelque chose va bientôt arriver... Il se tourna vers Mei. Lao a découvert quelque chose, il est temps pour toi de le rejoindre. Quant à moi je m'en irais demain et pour quelques jours, j'ai à faire au nord. Il s'approcha de l'oreille de Mei : N'oublies pas que même les yeux ouverts je n'y vois rien, c'est pourquoi je les garde clos.
Suite à ces mots, il disparut à son tour et le Naishi de Mei s'effondra. Elle se réveilla dans son lit. Le matin se levait lentement sur le pays de la Terre. |
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