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Contacter la Rebellion

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MessageSujet: Contacter la Rebellion Lun 15 Aoû - 14:24

Couvert de plusieurs bandages tachés des restes de sang qui recouvraient ma peau et coulaient encore de mes quelques blessures, j’avançais entre les arbres, au milieu du chemin large qui menait, plus loin, à la mer. Je croisais le regard et la silhouette de plusieurs soldats et ninjas exténués, revenant directement du front, avec l’impossibilité d’y rester du fait de leur grande fatigue ou de leur incapacité à combattre plus longtemps. On me soufflait parfois des mises en garde, parfois des encouragements, mais j’étais à peine apte à les recevoir tant mon esprit ressassait les derniers évènements et tentait d’imaginer les suites de cette bataille. Kiri et Suna nous avaient clairement vaincus sur cette plage, et j’étais au moins certain qu’ils n’allaient pas s’arrêter là. Je n’avais pas eu vent des agissements d’Ookami, ni de son plan pour l’avenir, mais il devait être quelque part à agir pour le bien de Konoha, d’une façon ou d’une autre, j’aurai tôt fait d’en apprendre plus sur lui une fois que j’aurai rejoins notre arrière-garde. A ces pensées, un jeune homme, dans les dix-huit années, passa sur un brancard devant mes yeux, ses deux bras avaient été sectionnés au niveau des coudes, aucun doute qu’il ne pourrait plus jamais combattre. Son visage contracté par sa profonde volonté me fit penser à tous les ninja qui combattaient pour le protection de notre village, et malgré le désespoir affligeant qui se dégageait de la scène que je parcourais, la certitude que Konoha n’allait pas tomber persistait. Tous les villages que j’avais servis, que ce fut en tant que genin ou alors Kage, avaient disparus, mais ça n’allait pas être le cas de celui que je servais alors avec la plus grande ferveur.

Plusieurs de mes connaissances jounin s’étaient réunis et protégeaient la zone de toute intrusion, établissant des plans pour telle ou telle situation. Ils s’activaient mais on sentait la fatigue rien qu’à la sueur perlant le long de leur visage et leurs multiples coupures suintant sous la couche de carbone marquant leurs joues. Ils avaient bravé le feu et les lames pour rester en vie, et en sauver d’autres, et ils n’avaient pas fini de résister, ma venue fut perçue comme un soulagement de le part de ceux qui me connaissaient. D’après eux, l’action s’était arrêté et on vivait dès à présent une sorte de trêve, pendant laquelle chacun des deux camps reprenait des forces. Je n’avais qu’une seule envie, foncer droit devant et les anéantir alors qu’ils se reposaient sur leurs lauriers, mais être ninja n’est pas une question d’envie, je le savais bien, et céder à mon tempérament violent n’aurait, une fois de plus, pas arrangé les choses.

« Ces salauds de Suna ! » cracha furieusement un de mes camarades, serrant les dents alors qu’il scrutait le bois, comme tentant de déceler la moindre présence ennemi et sauter sur l’occasion afin d’assouvir son besoin meurtrier. Je connaissais bien cette sensation et c’est avec compréhension que je posai ma main sur son épaule. Nous n’avions que des rapports professionnel, en quelques sortes, mais parfois il naissait de notre profession des liens puissants du fait des malheurs que nous partagions. J’avais perdue une très chère amie sur la plage, peut-être quelqu’un de sa connaissance avait-il succombé lui aussi, et je ne partageais qu’avec plus de compassion à sa douleur. De toute façon, chaque Konohajin mort était un frère tombé au combat, et nous ne pouvions qu’accepter ces morts avec la ferme croyance qu’ils ne sont pas tombé en vain. Dans le monde ninja, les morts dictent les actes, ce sont souvent des histoires de vengeance qui nous mènent à affronter tel ou tel ennemi, alors que l’académie continue de prôner l’impassibilité face aux émotions, ce sont bien elles qui font naître les plus grandes batailles. Pour des parents assassinés, des sœurs tuées, un homme est capable de merveilles comme autant d’horreurs.

Nous étions environ cinq à scruter la brume qui avait envahi les bois, élément naturel ? Nous en doutions fortement, aucun de nous n’avait vu jusqu’ici une telle chose, et même moi, originaire d’une région plus froide et humide, n’avait jamais été témoin d’un tel brouillard. Il s’immisçait entre les troncs comme un animal traquant sa proie, prodiguant à nos ennemis une couverture telle qu’il était impossible de prévoir une quelconque arrivée massive. La paranoïa était présente et il était impossible de se reposer, sous l’ombre étouffante des arbres et accroupis dans l’herbe humide. Nous étions tous plus inquiétés par le fait que l’ennemi puisse passer plutôt qu’il puisse nous tuer. Nous attendions ainsi deux heures, avec seulement quelques chuchotements qui, parfois, brisaient le silence de mort établi. Finalement, le brouillard eu raison de moi et mes paupières couvrirent mes yeux sans que je ne m’en rende compte.

Mon rêve ne différa pas de ceux habituels, ma malédiction continuait. Encore une fois, je revoyais les cadavres des innocents que j’avais tués. La plupart brûlaient et rampait vers moi, leurs yeux étaient la seule chose de vivant encore discernable, car leurs corps, meurtris par ma main, n’étaient que quelques lambeaux de chair grisâtres s’accrochant désespéramment aux os qui les soutenaient. Ils avançaient avec la plus grande peine du monde vers ma personne, acculée au bord d’une mer noire et agitée, n’osant plus reculer. Ils geignaient, appelaient leurs parents, car la plupart étaient des enfants, et les seuls adultes présents m’insultaient avec véhémence, tendant leurs mains décharnées, se servant de leurs dernières forces dans l’ultime espoir de me tordre le cou. Je hurlais, leur demandais d’arrêter, mais leur démarche cadavérique ne s’arrêta pas pour autant. Et alors que l’eau me montait jusqu’au genoux, leurs corps s’écroulèrent en poussières, qu’une soudaine bourrasque balaya. Mes jambes s’enfoncèrent dans l’eau et bientôt, il me fut impossible d’en sortir. Derrière moi, des bras de mer s’élevèrent pour finalement s’abattre sur moi avec une violence inouïe. Je disparu dans cette mer ténébreuse.

Mes paupières se relevèrent avec brutalité, alors que mon corps resta immobile. Mes camarades n’avaient pas bougé, toujours à scruter les alentours avec la plus extrême attention. Je m’étonnais d’avoir sombré si facilement dans le sommeil et m’en voulais également. Une main se posa sur mon épaule, je me crispais le temps de comprendre qu’il s’agissait d’un de mes pairs. Je me retournai vers lui, son visage était harassé et son teint blafard, mais un sourire réchauffa la froideur qui l’animait bien malgré lui.

« Tu ferais mieux de retourner au village, nos ennemis ne semblent pas s’aventurer plus loin pour aujourd’hui, et il ne fait aucun doute que nous aurons besoin de toi plus tard. Nous autres étions dans la forêt quand la bataille a commencé, tu étais sur la plage, va te reposer. » me dit-il, avec comme un ton amical, quelque chose que seuls des amis auraient pu partager, sauf que nous ne nous connaissions que de vue. De telles réactions ne pouvaient qu’être possible ici, à ce moment, et pas autre part. Faisant abstraction de mon avis sur la situation, je décidais de l’écouter et rebroussais chemin vers le village, sans doute plus abattu par les paroles de mon camarade que par mon rêve, toujours aussi troublant même après des nuits passées à l’avoir vécu. Leurs yeux ne me suivirent pas lorsque je quittais l’endroit, mon regard toujours égaré, endormi, ma conscience encore présente là-bas, parmi les morts.

En avançant, je retrouvais la familiarité des premiers arbres entourant notre village et la présence de plus en plus de personnes, soldats et ninja, ainsi qu’infirmiers. J’avançais tel un fantôme parmi l’agitation de ces derniers et gagnais l’entrée du village, posant mon main sur l’une des portes afin de me soutenir alors que l’autre me servait à me gratter les yeux, j’étais exténué, une heure ou deux de sommeil en plus me feraient le plus grand bien, et c’est avec la ferme attention de revenir à la charge après une pause que je rejoignais mon appartement.

Je n’avais pas perdu une seconde, je m’étais étalé sur mon lit et m’étais endormi d’un seul coup. Cette fois, mes cauchemars m’avaient laissé en paix, et je n’avais pu me réconforter de cette tranquillité qu’une fois que mes yeux s’étaient ouverts de nouveau. Le jour n’avait pas frappé mes paupières, c’était une ombre qui m’avait réveillé, celle d’un homme me fixant, j’avais de suite remarqué son bandeau et calmais donc la tension que mes muscles venaient instinctivement d’accumuler, prêts à se tendre ou se contracter afin de frapper. J’avais laissé baie vitrée ouverte, comme toujours, puisque je ne passais jamais par la porte, malgré que mon appartement se trouvait au troisième étage.

« Un nouvel assaut ? » demandais-je dans la crainte d’avoir manqué l’offensive Kirijin.

« Non, ils ne semblent pas vouloir avancer plus pour l’instant. C’est pour une mission plus urgente encore que je suis là » m’annonça-t-il, un ton solennel accompagnant ses paroles. De suite, je reconnaissais sa voix, il s’agissait d’un de mes collègues Anbu, qui violait le règlement en se présentant ainsi à moi, sans masque. Apparemment, les règles avaient changé depuis peu, et seule la protection du village comptait, l’emportant sur presque toutes les règles établies pendant des années.

Je me redressais, le fixant avec plus d’intensité que quelques secondes auparavant, interrogateur.

« Nous avons appris qu’il existait un groupuscule de kirijin au pays des vagues, luttant contre leur village. Il s’agit de résistants qui pourraient bien avoir un impact considérable sur l’avenir de cette guerre. Néanmoins, nous ne possédons aucune information supplémentaire, leur cache est restée secrète. Vous allez devoir vous débrouiller. » expliqua-t-il, cachant du mieux qu’il pouvait le peu de chances que j’avais de trouver rapidement ce groupe de résistants. Il me faudrait une chance assez exceptionnelle pour que je les trouve avant la prochaine vague d’assaut sur notre village. Rien que le voyage représenterait une étape bien trop longue dans une situation comme celle-ci, il était hors de question que je parte.

« Et Konoha ? Ookami me demande de quitter le village pour partir à la recherche d‘une soi-disant organisation alors que Kiri est sur nos terres ? » répondais-je, sentant déjà le chakra bouillir sous ma peau brûlante à la simple évocation de cette idée.

« C’est cela même. Peut-être cette décision se révélera-t-elle décisive par la suite. » dit-il, sans rien dans le ton qu’il employait qui ne puisse me laisser deviner ses pensées.

J’étais jounin de Konoha, qui plus est Anbu, ainsi que bras-droit du Hokage. Notre village était sous la menace d’une alliance ennemie de dernière minute, plus que jamais je devais faire preuve de sagesse et ne pas laisser mon tempérament l’emporter sur ma raison. Je me grattais les yeux de ma main droite, secouant les quelques mèches qui se baladaient devant eux.

« Quoi d’autre ? » m’informais-je alors qu’il s’était rapproché de la fenêtre, prêt à partir.

« Nara Shikamaru et Hatake Kaname vous accompagneront. Bonne chance. » m’annonça-t-il avant de disparaître sur le toit, alors que le soleil déclinait à l’horizon.

J’enfilais une tenue plus sobre que celles que je portais d’habitude, et pour cause. Je l’avais trouvé dans le meuble à mon arrivée dans le village, je ne savais pas à qui elle appartenait, mais elle m’allait parfaitement. Presque entièrement noire, seul un point rouge ornait le dos, entre les omoplates. Je n’avais rien d’autre, et cela allait suffire.
~ ~ ~


Il commençait à faire nuit alors que je me trouvais aux pieds de la tour, celle qui surplombait le village et où résidait notre Kage. Notre équipe, pour cette mission, avait reçu pour ordre de s’y rejoindre, au milieu des soldats et ninja en effervescence après les évènements sur la plage. Beaucoup d’interrogations voyaient le jour quant à l’avenir de Konoha, pour ma part, il était hors de question que je vois une fois de plus mon village sombrer, voilà pourquoi j’étais prêt à tous les sacrifices. Même si cette mission me paraissait une pure folie compte tenu des circonstances, je devais croire dans le raisonnement de mon Kage qui nous demandait de la remplir avec succès. Au fond de moi, j’étais certain que je n’étais pas le mieux placé pour aller à la rencontre de Kirijin, même résistants et hostiles au nouveau régime. J’avais beau être le bras-droit d’Ookami, je n’en restais pas moins un ancien d’Oto qui avait assassiné plusieurs Kirijin, et la mission risquait fortement d’être compromise si l’un de ceux que j’allais rencontrer venait à me reconnaitre.

Mes deux coéquipiers étaient tous deux Chuunin, je connaissais Shikamaru, très bien puisqu’il reposait maintenant sous ma protection, mais l’autre m’était étranger. Néanmoins, son nom ne m’était pas inconnu. Hatake avait été un de nos Kage, et je n’avais jamais entendu parler de fils. De ce nom, je m’en fichais. S’il était Chuunin, c’est qu’il avait fait ses preuves, et je comptais sur lui comme n’importe lequel de mes camarades, bien qu’on pouvait très peu parler de confiance dans mon cas. Shikamaru était quelqu’un en qui j’avais placé ma confiance, mais ce genre de personne était bien rare dans notre village. Mes années de service à Akakaminari m’avaient définitivement forgé un caractère très méfiant, et même l’amour de Konoha n’y pouvait rien changer.

Je saluais Kaname et Shikamaru, le plus simplement du monde. Je n’avais pas envie de faire un long discours, chacun était maintenant assez expérimenté pour savoir quels risques nous encourions. Au moins, je me devais de me présenter à Kaname, tout comme il avait à se présenter. Je supposais que Shikamaru et lui avaient déjà fait les présentations puisque j’étais arrivé le dernier. On ne pouvait pas parler de retard. Dans une guerre, on est toujours en retard.

« Nous allons foncer vers le Nord le plus vite possible, aucun arrêt ne sera permis. On sait que des résistants se cachent à Iwa ainsi qu’au pays de la cascade. C’est ce dernier sur lequel nous allons situer nos recherches. A vrai dire, on ne sait rien de plus. Donc il va falloir interroger, et peut-être moins finement que d’habitude, le temps presse. Nous sommes en guerre, et l’avenir du village est plus important que votre éthique personnelle. » leur expliquais-je assez crûment, tentant de leur faire comprendre que si nous ne trouvions rien, il allait falloir passer dans chaque maison, interroger tout ceux à notre portée. Si l’information nous était parvenu aussi rapidement, c’est que quelqu’un devait bien savoir où se cachait cette résistance. « Rangez dès à présent vos bandeaux dans vos sacoches, nous ne les porterons qu’une fois en contact avec la résistance ».

Les choses étaient posées, claires et précises. Dès lors, nous quittions le village en direction du Nord, ne nous souciant plus des Kirijin et des Sunajin au Sud. Je menais la marche, ou plutôt la course, car déjà nous filions.


Konoha

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Nindô: Les petits poissons peuvent en devenir des gros.


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