C’était une fin d’après midi très tranquille, je me baladais dans les rues du village caché de la feuille, en repensant aux évènements dont j’avais été l’acteur. Tout d’abord la guerre opposant Konoha/ Iwa d’un côté et Kiri/ Suna de l’autre. Durant cette guerre, j’ai vite comprit qu’un seul homme ne peut pas faire la différence à lui seul, je me bordais d’illusion en imaginant que moi simple Genin je parviendrais à tout changer. J’avais beau dégager de l’assurance et un sang froid total, j’étais naïf et ça malheureusement à cette époque ça ne m’a pas rendu service. Les premières heures de ce conflit avaient été affreuses. Je n’avais aucun repère, aucun automatisme, prit entre la peur de mourir et la peur d’être un lâche, j’étais tiraillé par mon instinct qui me disait de survivre et ma conscience qui me disait d’aller aux fronts. Au final, grâce à différents concours de circonstances, je me suis sortit d’un sacré pétrin… Et venue ensuite mon combat contre le shinobi de Kiri, là encore, même si je dégageais une certaine sérénité, j’étais terrifié à l’idée de voir la mort m’embrasser. Finalement, on a beau être conditionné à ne pas craindre la mort à l’entrainement, lorsqu’on est en situation réelle on devient nerveux. C’est humain comme sentiment non ? D’un côté il y a l’entrainement où la mort est un jeu, de l’autre le quotidien où la mort est omni présente. J’avais beau manquer d’expérience, j’étais sortis victorieux de ce combat… bon avec quelques côtes en moins, des courbatures et autres blessures. Ce shinobi cognait fort, heureusement il ne m’a touché qu’une fois. Avec cette blessure, qui a sans doute était la plus grave depuis que je suis ninja, je n’ai pas été capable de rentrer, c’est une escouade de Konoha qui est venu me chercher, les premiers soins ont été prodigués rapidement ce qui m’a permit de reprendre du service quelques semaines plus tard. Quand on résume ce conflit, on peut dire que je m’en suis vachement bien sortit…
J’arrivais à un coin de rue où se trouvait un vendeur de nouilles, son nom était « Ichiraku » apparemment très connu et très populaire dans le village. Je décidais d’y faire un tour histoire de goûter ces plats succulents aux dires des villageois. Prenant place, je commandais un bol de ramen au poulet accompagné d’un thé glacé. C’est en dégustant ce délicieux repas que je me remémorais mes différentes missions pour la plupart aux environs du village. A commencer par la chasse aux sangliers où je m’étais bastonné avec 2 brigands, rien de bien méchants, il faut bien le reconnaître. J’avais permis à un restaurant de présenter sa nouvelle carte à base de sanglier. Oui, dis comme ça, j’ai l’air ringard mais le sentiment du devoir accompli lorsqu’on boucle sa première mission en tant que Genin est immense. Je l’ai toujours caché, tous mes sentiments, ce que je suis en clair, j’ai toujours cherché à être un robot n’exprimant rien. J’agissais comme mon maitre me l’avait enseigné, ne pas tisser de liens avec les autres, ne pas s’offrir de distraction, juste agir aux ordres sans le moindre scrupule. Le profil de l’assassin type que mon maitre m’avait dressé dès mon plus jeune âge. Aujourd’hui, je trouve ce concept en total opposition avec ce que je suis…
Avalant mon thé d’une traite, je réglais l’adition puis partit mains dans les poches comme j’étais venu. Plusieurs minutes plus tard, je stoppais ma marche sans fin devant les portes du village. Je les ai souvent traversé, et ça ne fait que commencer. Sentant la brise du vent caresser ma peau, je fermais les yeux un instant me rappelant de ma première mission en coopération avec Hachiko. A l’époque, je détestais les missions à plusieurs, j’estimais que compter sur une personne équivalait à mettre sa propre vie en danger. Je ne donne pas ma confiance aux gens, c’est dommage mais en même temps je me protège. Cela reste dans le style de vie d’un assassin, il doit être solitaire pour prendre la bonne décision en toute impartialité. De cette solitude découle une hausse de ma crédibilité vis à vis des hauts dirigeants mais aussi vis à vis des shinobis qui m’entoure. Lorsqu’on reconnaît quelqu’un comme « impartiale », il est facile de suivre la décision qu’il va prendre, car il est rationnel et objectif, tout simplement. En y repensant, cette mission m’a fait du bien, j’ai ouvert mon esprit a une vision différente du monde ninja, j’en ai appris des choses au cour de ces missions. Cependant, ma préférence penche toujours pour une mission en solitaire, je suis plus efficace seul. Ma dernière mission le prouve à elle seul.
Quittant les lieux une nouvelle fois, je rentrais chez moi et m’allongeais dans le divan. Soupirant profondément, je visionnais à nouveau la scène où la jeune kunoïchi Yuki Misawa avait été la première victime de mon jutsu Tsuki Soshaku, sauf que cette fois je ne l’avais pas achevé. D’ailleurs, quand on y songe, j’ai agis bizarrement. C’était une ennemie, elle avait beau connaître nombre d’informations à mon sujet, j’aurai pu la tuer après qu’elle m’est raconté ce qui m’intéressé, mais non. C’est incroyable comment j’ai pus changer en plusieurs mois ici. Est ce l’effet Konoha ? Me serais-je ramollit ? Ce qui est sur c’est que depuis que j’ai appris que mon maitre était un malade, je vois la vie différemment. Toutes ses consignes ont été ré-interprété, désormais j’agirais selon le code Kotaro Fuma.
« Monsieur Fuma, vous êtes convoqué à la tour du Hokage immédiatement » dit une voix au pat de ma porte d’entrée.
La tour du Hokage ? Je n’ai jamais été convoqué là bas, pourquoi si tard ? Et surtout pourquoi maintenant ? Me relevant rapidement, je sortis à grande enjambée et me hâtais comme si une vie en dépendait. J’étais curieux et en même temps songeur, pourquoi me convoquer. Tout m’intriguer, l’heure de la convocation, la contexte, la manière dont le message avait été transmit. Ce n’était pas habituel, tout ceci caché forcement quelque chose, pourvu que ce n’est pas une mauvaise nouvelle du type « on a était attaqué par votre maitre et son armée d’assassin totalement malades dont vous faisiez partit à une époque »…
J'entrais dans le bâtiment assez méfiant,me torturant l'esprit sur ce qui allait suivre. Arrivant à une sorte d'accueil, je m'appuyais sur le rebord du bureau, puis toussotant légèrement je dis:
"Bonjour, je suis convoqué apparemment..."
La jeune femme regardait ma dégaine puis d'un ricanement assez blessant retournait à ses occupations. Rééditant ma demande tout en essayant de rester courtois, je me redressais pour être plus présentable et reprit me faisant de suite couper la parole par l'hotesse d'accueil:
"On ne convoque pas à cette heure-ci, il faut vous le dire comment ?
- Un messager m'a dit de venir, donc me voilà, ne me dites pas que c'est une erreur.
- Votre nom, on sera vite fixé même si je ne vois pas l'intérêt de vérifier quoi que...
- Kotaro Fuma."
Un léger silence parcourus la pièce, puis sans explications, la demoiselle parut nettement plus agréable. Elle reprit avec un sourire en mode "banane".
"Monsieur Fuma, vous voilà enfin, vous auriez du me dire que c'était vous. Je vous imaginais plus...
- Grand et musclé, ouai je sais.
- Oh vous savez il n'y a pas que ça qui compte, on vous attends salle 3 au 4e étage, merci de vous y rendre de suite."
Tu parles, tout le monde imagine le jeune assassin de Konoha comme un mec super musclé, bah c'est raté... Montant les marches une à une, je ne parvenais pas à expliquer le changement de comportement aussi soudain de la jeune femme. Mon nom n'est pas encore très connu dans le village, je n'ai pas encore une réputation d'assassin de premier ordre. Pourtant, c'est en entendant mon nom qu'elle est devenu très calme. Oui je me pose beaucoup de questions même pour pas grand chose. Arrivé devant une grande porte en bois teinté de rouge bordeaux et ornés de reliures dorées, j'inspirais profondément puis entrait. La lumière était vive, ma vue mis quelques secondes à s'habituer, lorsque ce fit le cas, je vis plusieurs hauts dirigeants du village à l'exception de l'Hokage Ookami et plusieurs Juunin que j'avais rencontré pendant la guerre. Un des dirigeants, sans doute le leader de toute cette assemblée prit la parole.
"Monsieur Fuma, avancez je vous prie, nous allons énoncer les faits qui vous concerne"
Les faits ? Je n'ai pas commis de crime envers Konoha, si ça se trouve c'est l'escouade de mon maître qui a fait des dégâts, ne me dites pas que je vais prendre pour leurs méfaits. Va vraiment falloir que j'élimine ces types en vitesse, ils vont me causer énormément de problème, si ça continu...
"Monsieur Fuma, confirmez mes dires. Vous avez participé à la grande guerre opposant notre noble village ainsi que le village caché des roches à nos ennemi Kiri et traitre Suna.
- Oui, c'est vrai.
- Durant ce conflit, vous avez éliminé différents ennemis malgré votre manque d'expérience et votre incompétence en matière de conflit guerrier. Après avoir survécu à l'assaut initial sur les mers, territoire de combat de Kiri, vous êtes partis avec un coéquipier du nom de Kaname Fushigi aux côtés du Tsushikage pour prévenir notre honorable Hokage. Durant cette expédition, vous avez affronté un Kiri-Jin et êtes ressorti victorieux, dans un état laborieux correct ?
- Oui c'est exact mais je ne comprend p...
- Confirmez seulement mes propos. Au cour de ce conflit malgré vos nombreuses lacunes, vous avez démontré que les Genins de Konoha peuvent potentiellement devenir la futur force de frappe du village. Vous avez mis en avant vos qualités pour vaincre, c'est tout à votre honneur. Après examen de votre dossier psychologique, il apparait clairement que vous avez mit de côté certains de vos principes aux bénéfices d'un groupe. Pour quelqu'un de solitaire, vous avez été assez altruiste.
- Merci mais ...
- Ainsi après étude de votre dossier et des faits de guerre accomplis, je vous décerne au nom des hauts dignitaires du village, le titre de Chuunin de Konoha. Félicitation."
A cet instant je ne savais plus trop où j’habitais. Je montais en grade, ça ve dire que mes compétences sont reconnus ! Je ne pus m’empêcher de dévoiler un léger sourire malgré ma forte envie de le masquer. Un juunin se levait alors et prit à son tour la parole.
« En vertu de votre nouveau rôle, nous nous voyons obliger de vous remettre un symbole. Un symbole qui nous permettra de vous caractériser. Vous vous faites appeler le Tsuki Ryuu alors voici pour vous… »
Un dirigeant vint vers moi, tenant entre ses mains un katana dans son fourreau. Il me le tendit fièrement. Je le pris après un instant d’hésitation. Même dans son fourreau, ce sabre était relativement léger. La garde quand à elle symbolisait un dragon recroquevillé sur lui même, il était en or, sa couleur brillait, les ornements du manche teinté de noir et de lisérés dorés, tout était fluide. Sortant la lame de son fourreau, je fus illuminé par son éclat, la lame était parfaite, à croire que grâce à mon profil et aux informations qu’avaient ces hommes, ils ont put me confectionner une arme me correspondant totalement.
J’étais flatté, désormais le dragon lunaire de Konaha aura son arme favorite à son image, tranchante et efficace. M’inclinant face à tous ces dirigeants, je sortis fièrement en me disant que je m’étais inquiété pour rien. Une nouvelle étape commencée, après les débuts en tant que Genin, je passais au stade supérieur avec l’objectif de viser encore plus haut ! En ce début de soirée, un nouveau chuunin était né, c’était sans doute le début de beaucoup de choses…