Kaname déambulait dans les rues du village, tel une âme en peine. Il marchait machinalement de rue en rue, n'ayant vraisemblablement rien de mieux à faire. Voilà près d'une heure qu'il était parti de la maison, prétextant à sa mère qu'il allait demander une mission. En réalité il n'en était rien, ce dernier préférant vagabonder et s'aérer l'esprit suite aux récents évènements qui l'avaient profondément marqué.
Ce jeune homme qui jusqu'à présent rayonnait par sa joie de vivre et qui arborait un visage angélique, affichait désormais une mine meurtrie par les conflits. En effet, cela en était fini, cette guerre l'avait profondément changé aussi bien au niveau physique que psychologique. À présent, il était devenu un jeune homme, qui connut très tôt, malheureusement, la guerre et son lot de pertes et de souffrances.
Pour sa part, il n'était pas de ceux qui chaque jour pleurent leurs amis ou les membres de leur famille... Heureusement pourrait-on dire, néanmoins un profond chagrin emplissait un peu plus son être, à chaque goutte versée par une personne lorsqu'elle apprenait le décès d'un être cher. Kaname était sorti pour se libérer l'esprit tentant quelque peu d'oublier ce traumatisme, cependant c'était encore bien pire dans ce village en deuil pour un bon bout de temps...
« Décidément je n'arriverai jamais à m'y faire! » Dit-il à haute voix, en contemplant une mère essayant de consoler son enfant en train de pleurer, du fait qu'il ne reverrait jamais son papa...
« Malheureusement c'est la vie d'un ninja! » Dit une voix, qui poussa Kaname à se retourner pour connaitre l'auteur de ces paroles.
Kaname s'apprêtait à répondre de manière virulente, mais il se ravisa quand il reconnut la personne qui venait de proférer ces paroles. Ne sachant que très vaguement à qui il avait à faire, il resta quelques secondes sans voix, tentant de se souvenir où il l'avait rencontré.
« Mais oui! Vous êtes l'homme qui m'a soigné avant la bataille! »
« Ben dis donc, tu te souviens de choses qui m'étaient complètement sorties de la tête! » Dit-il avec un sourire prononcé.
Kaname était bien plus sérieux que son interlocuteur. Cet enfant lui rappelait son enfance, n'ayant jamais connu son père, n'ayant reçu que "l'amour" d'une mère qui durant des années, tenta de combler le vide engendré par un homme qui lui était inconnu.
« Aucun enfant ne devrait supporter l'absence d'un parent! » Dit-il le regard plein de rancoeur...
« Tu sais, je n'ai jamais connu ma mère... Quant à mon père, il est mort lorsque j'étais encore très jeune... Pour autant j'ai appris à vivre avec et j'ai réussi à surmonter cette douleur grâce à ce que nous autres les Konohajins appellons la flamme de la volonté! »
« La flamme de la volonté? C'est quoi? » Demanda Kaname l'air ignorant...
« Ahahaha tu me fais bien rire, on dirait moi à ton âge! C'est le lien qui nous relie aux parents, à nos frères, nos amis, aux camarades du village: en somme les personnes que l'on affectionne, ceux en qui nous avons confiance, que nous aidons et qui nous aident depuis que nous sommes nés. Plus le temps passe et plus ce lien devient épais et résistant. Nous sommes similaires à un arbre, où nous représentons les feuilles qui vont et viennent au grès du vent, l'arbre représentant notre village, qui malgré la tempête se relève toujours plus fort. En clair, nous formons un tout, une grande famille que les seuls liens du sang ne suffisent pas à expliquer...
« Je crois que j'ai compris! Cet enfant ne sera jamais seul, il n'aura jamais à craindre la perte de son père du fait que les habitants du village seront toujours présents pour le soutenir! » Fit-il un grand sourire aux lèvres...
« Ah je te préfère comme ça! Bon c'est pas tout ça, mais parler ça m'a ouvert l'appétit, on va chez Ichiraku? Je t'offre volontier les ramens! »
« Youpi! » Fit Kaname le bras levé pour montrer sa joie.
Sans se faire prier Kaname accepta l'invitation de cet homme fort sympathique. Peut-être que d'ici peu, ces deux-là deviendraient amis, qui sait. En tout cas pour le moment, ils se dirigeaient vers le restaurant du vieil Ichiraku pour se remplir le gosier...
*Rp se situant peu après le retour de la guerre.