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|Background| La Nuit et l'Aube.

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MessageAuteur
MessageSujet: |Background| La Nuit et l'Aube. Jeu 21 Juil - 14:03

Background

« Il y a de la Lumière en toutes choses. La véritable force est de la percevoir, même dans la plus obscure des pénombres. Et cette force, mon ami, réside en chacun de nous. »
Gandalf le Gris.

Les mises à jour sont effectuées fréquemment et sont signalées en rouge.
Dernière mise à jour effectuée le Mardi 30 août 2011 à 22h30.

Informations


    Nom : Fong.
    Prénom : Mei.
    Âge actuel : Seize années.
    Pays : Tsuchi no Kuni, le Pays de la Terre.
    Village natal : Iwa, le Village Caché de la Roche. (actuel)

    ♦ Pour consulter la Fiche de Mei, c'est par ici !
    ♦ Pour voir son Historique, c'est par là !
    ♦ Pour en savoir plus sur ses techniques, suivez-moi !


Sommaire





Merci à Kaneko, qui m'a permise d'utiliser la même mise en page que l'Almanach !


Dernière édition par Mei Fong le Mer 31 Aoû - 17:57, édité 38 fois


Iwa

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MessageSujet: Les Personnages. Mar 30 Aoû - 22:11

Liste des Personnages.


« Une histoire sans personnages, c'est un peu comme un échiquier sans pions, comme une forêt sans arbres, une rivière sans poissons ou un ciel sans étoiles... C'est comme un livre sans mots, une mélodie sans notes. »
Lucy

Nom : Shan.
Prénom : Lao.
Age : 64 ans.
Village d’origine : Iwa.
Métier : Maître de Mei, Maître du Temple Fong.
Lien : ami de Mei.

Caractère :
Calme - Juste - Serein - Sage.
Histoire : Le passé de la Vieille Montagne est encore assez flou. Certains disent qu'il est marqué de sombres évènements, et que ces derniers font de lui l'homme sage que l'on connait aujourd'hui. Depuis toujours très proche de la famille Fong, Lao Shan s'est tout de suite pris d'affection pour la jeune Mei. C'est pourquoi il l'aide depuis toute petite à trouver sans repère dans l'ombre éternelle dans laquelle elle vit. C'est notamment grâce à lui qu'elle est capable de se déplacer seule, de ressentir les choses et de les comprendre, sans les voir. Lao Shan aurait survécu à ses propres enfants, mais personne n'est certain de cela. Seuls Kaoru et Rōju, le père de Mei et le patriarche de la Branche Jiē'Fong, savent exactement ce qui arriva à Lao Shan dans son passé, ils en gardent néanmoins le secret.

Nom : Inconnu.
Prénom : Zatoichi.
Age : 51 ans.
Village d’origine : Iwa.
Métier : Maître de Mei, masseur ambulant.
Lien : ami de Mei.

Caractère :
Serein - Mystérieux - Secret - Déductif.
Histoire : On ne sait quasiment rien de Zatoichi. Il était autrefois un Shinobi au service du village d'Iwa. Il se retira de la vie de ninja lorsqu'il perdit la vue lors d'une mission. Il affina alors sa maîtrise du Katana et devint Samourai ambulant, malgré sa cécité. Il parcourt le monde en quête de réponse et de nouveauté. Il propose également ses talents de masseur à qui est intéressé. Cependant, Mei le soupçonne de veiller à la sécurité du clan Fong et d'enquêter perpétuellement sur des choses dont elle ignore l'essence même.

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Dernière édition par Mei Fong le Mar 30 Aoû - 22:38, édité 2 fois


Iwa

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MessageSujet: Chapitre Premier : De la Maison des Fong. Mar 30 Aoû - 22:11

Chapitre Premier : De la Maison des Fong.


« La plus grande Vertu de l'homme est la reconnaissance et le respect de l'Art, c'est du moins ce que je pense et si toute chose est éphémère, l'art, lui, est éternel. Il ne connait pas de limite, il ne connait pas de fin. Mais il est également passager et transitoire, et la beauté repose dans ce paradoxe. »
Lao shan


Il est une chose qu'on ne pourra jamais démentir. La famille Fong est une des famille les plus reconnue à travers tout le pays de la Terre, pour son art et sa culture. Depuis maintes générations, ce clan perpétue d'anciennes traditions qui, en d'autres lieux, sont depuis longtemps oubliées. Les Fong affectionne toutes les sortes d'art, ou du moins la plupart. Quand certains d'entre eux excellent dans la sculpture, d'autres se démarque par leur talent en peinture, nombre d'entre eux composèrent de mélodieuses symphonies, tandis que d'autre se plaisaient à rédiger de poétiques écrits. Parmi tous ces arts, celui de la bienséance est peut-être le plus apprécié au sein de la famille Fong. En effet, de nombreux Fong passèrent leur vie à prendre soin de leur image. L'amour du respect et de l'image, l'amour des choses bien faites, tel est la philosophie des Fong. Mais l'un des amour les plus grands qui soit au sein de cette maison, c'est celui du thé. Partant de la menthe au jasmin en passant par les fruits rouges des contrées boisées, l'art du thé est un art de haut rang au sein de cette maison.

Il existe de nombreuses choses à savoir à propos de cet illustre clan, toutes les détailler serait trop long, c'est pourquoi je m'efforce, tout au long de ce portrait, de m'avérer plus ou moins bref. L'un des choses les plus importantes à savoir est la suivante : comme de nombreux clan, celui des Fong est divisé en plusieurs branches.

La première, celle des Tiàn'Fong (天芳), dite la Branche du Ciel, constitue la branche principale de la famille. C'est au sein de cette branche que la bienséance est la plus appréciée et la plus respectée. La plupart des Tiàn'Fong sont de nature calme et généreuse et l'on leur attribue généralement la vertu de leur ancêtre que l'on pense être les oiseaux et plus particulièrement les paons. Profondément doué dans l'art de la méditation et du chant, les Tiàn'Fong apprécie la sagesse et le recul des hommes. C'est à cette branche qu'appartient Kuro, un des moine du Temple de Dàniǎo.

La seconde, celle des Jiē'Fong (接芳), dite, la Branche de la Terre, constitue la branche secondaire de la famille. Mei appartient à cette partie du clan. Les hommes de la famille Jiē'Fong ont toujours été fort et ont développé un puissant rapport avec la Terre et le sol. La sculpture et la Peinture sont les points forts de cette branche, laquelle a également développé une culture très poussée du respect. Les membres de cette famille se démarquent par leur sérénité et leur force mentale. La plupart d'entre eux mènent une vie de Shinobi ou bien, au contraire, ils aiment à travailler la Terre et développent l'amour des choses qui poussent. Fervent danseurs, les Jiē'Fong adoptent un style de combat et de danse anciens qui se basent sur des positions fortes et stables. On dit que les ancêtres de cette famille serait les Cerfs.

La troisième, celle des Hǎi'Fong (海芳), dite la Branche de l'Océan, constitue la branche tertiaire et la dernière. Particulièrement doué dans l'art de l'écriture, du chant, et du théâtre, les membres de cette partie du clan ont développé une grande habileté et une agilité d'esprit hors du commun. D'une grande souplesse et d'une audace reconnue, les Hǎi'Fong connaissent les limites de la raison et sont, pour cela, de très grands philosophes. Auteurs de grands poèmes, ils sont également capable de danser avec sensualité. On leur attribue la vertu de la patience et de la sagesse, celle qui caractérisait leurs ancêtres que l'on pense être les dragons de mer et les baleines.


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Dernière édition par Mei Fong le Mar 30 Aoû - 22:32, édité 2 fois


Iwa

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MessageSujet: Chapitre Second : La Grande Danse. Mar 30 Aoû - 22:12

Chapitre Second : La Grande Danse.


« Grande est la Puissance des Mots. Mais je ne connais pas plus fort et plus intense que l'expression par le corps. Le corps est l'instrument d'une idée, la plume d'une pensée et la plus belle toile que puisse peindre la musique. »
Roka "Sawi" Hai'Fong


Née avec un terrible fardeau, la jeune Mei fut éduquée, non seulement par deux parents aimants, mais aussi par un vieux maître de la Terre, depuis longtemps lié à la famille. Il se nommait Lao Shan. Dès les cinq ans de la petite fille, il la prit sous son aile pour l'aider à se repérer dans le monde. Il sensibilisa son ouïe et ses pieds, lui apprit également de nombreuses choses sur sa famille et sur les arts du monde. Nous parlerons dans un prochain chapitre de ce vieil homme qui est un grand mystère à lui tout seul. Pendant plusieurs années, la jeune fille grandissait dans un milieu où elle était aimée et encouragée. Elle n'eut pas de sœur ou de frère, mais ne s'en plaignit pas pour autant. Et alors qu'elle approchait de son quinzième anniversaire, la jeune fille entra dans une profonde et dangereuse dépression.

Il faut dire qu'elle était très avancée pour son âge. Dotée d'une maturité plus ou moins hors du commun pour un enfant de son âge, elle se mit à penser à de nombreuses choses et notamment à son handicap. Le fait de savoir qu'elle ne verrait jamais vraiment le ciel, qu'elle ne contemplera jamais un couché de soleil derrière les montagnes ou qu'elle ne saurait jamais vraiment ce qu'est le bleu, le rouge ou le vert, lui fit perdre sa joie de vivre pendant la longue semaine qui précéda le jour de ses quinze ans. Les Fong aimaient organiser de grandes fêtes pour les grandes occasions, et avoir quinze ans chez les Fong, cela sous-entendait devenir un adulte. C'est pourquoi une grande fête était prévue pour cette soirée d'été. Les meilleurs batteurs de la branche de la Terre s'étaient unis aux chanteurs de la Brande de l'Océan pour l'ambiance musicale de la soirée. Et l'on fit un grand feu au centre de la cours de la Demeure Principale des Fong. Mais alors que tous s'amusaient la jeune aveugle restait assise, sur une marque, vers l'entrée.

C'est alors que Roka, dit "Sawi" Hai'Fong, vint à sa rencontre. Roka était un homme spécial. Âgé d'une quarantaine d'année, il était passé maître dans l'art de la Musique et de la Danse au sein de la Branche de l'Océan, les Hai'Fong. Mais ce n'était pas là le plus grand trait de cet homme. Inventeur du Mukai, instrument à corde produisant un son aigu et long, il vivait avec une étrange philosophie. Fervent adepte de la culture des plantes, il croyait en la force de la lune sur l'âme des gens, et fumait avec le plus grand plaisir ce qu'il aimait à appeler "Le Thé des Penseurs". Il avait fondé une troupe de musicien qui unissait des Hai'Fong et des Jie'Fong, c'était d'ailleurs cette même troupe qui assurait la musique de la soirée. Bref revenons en à nous moutons. Roka vint aux côtés de Mei.

« Yaaooo, Mei-chaaaaaaan. T'en es où là ? T'es en mode fin de soirée ou Qwaaaa ? Atta atta ! Viens voir un peu, c'est quoi ces yeux tristes là ? Hey ! T'es la perle de cette fête, qu'es'tu fous ? Les Vibes de la lune sont mauvaises pour toi ?
- Non Roka-san. Tu ne peux pas comprendre, tu n'es pas aveugle toi.
- Yooo mais t'as tout fauuux ! On est tous aveugle dans ce bas monde. Tiens moi, mon truc c'est le Thé des Penseurs, ça ouvre les yeux grave ! T'es un peu jeune pour ça, on a qu'à te trouver ton propre "Thé des Penseurs" ! J'ai une grave idée pour toi !
- Sawiii, s'il te plait, oublies ce... »

Roka, dit 'Sawi' l'interrompit en lui posant le doigt sur la bouche. Il prit son Mukai et se mit à jouer de la musique. Un mélange de son aigu et rythmé qui entrainait à la danse. Un air à la fois entrainant et planant, quelque chose d'indescriptible dans le domaine des Fong. D'ailleurs le genre musical de Roka était plus ou moins pris à la rigolade au sein de la famille. Les batteurs s'accordèrent à la nouvelle mélodie, et la musique devint soudainement entrainante et pleinement planante.

« La danse ma fille ! La danse ! Voilà ton "Thé des Penseurs" ! Allez lève toi et Danse ! Waaay ! Let's Go Ladyyyyyy ! »

La jeune Mei (-_-) ne voulut pas bouger d'un pouce, puis Roka lui saisit les mains et l'entraina là où les autres Fong dansaient (Les Fong, malgré leur amour de la bienséance, étaient de très bons danseurs lors de grandes fêtes où l'on oubliait les règles de bonnes conduites primaires), c'est à dire près du grand feu.

Elle resta d'abord debout, immobile, au milieu des autres. Puis, sentant les vibrations de la musique, elle ne put s'empêcher de suivre le rythme avec son pied. Cela fut tout pour un instant, mais alors même qu'elle se laissait aller à l'enivrante possession du son, elle commençait à se mouvoir sans vraiment savoir ce qu'elle faisait. Elle qui ne voyait rien, ne se rendait pas compte de que faisait vraiment son corps, mais on put voir sur les visages des autres qu'elle se débrouillait rudement bien. Dans l'habituel noir complet dans lequel elle vivait, elle commençait à voir quelques étincelles, puis des cascades. Et au fil de la musique elle sentit venir en elle une certaine ivresse, l'ivresse de la musique et de la danse. Alors elle vit des myriades de couleurs dans son esprit. De grandes flammes bleues formaient de grandes ondulations, desquelles s'écoulaient des perles rougeoyantes où elle voyait se dessiner des reflets d'or et d'argent. Un véritable spectacle naissait au sein de son imagination au fur et à mesure qu'elle se mouvait en rythme sur l'entrainante musique, et ce, à tel point qu'elle entra dans un état de transe.

Roka, jouant toujours de son instrument, s'approcha de la jeune fille et l'accompagna dans son danse. Il voulut s'écriait, exprimer sa joie de voir la jeune fille se déhancher avec bonheur, mais il pensa que la force de l'expression du corps était plus forte et il se tut, devant l'intensité de la scène. Mei sublima les visions colorées qu'elle avait et se mit à danser de plus belle, entrainée par l'enivrante atmosphère planante qui se propageait dans la cour des Fong. Mais ce n'était pas une atmosphère de débauche, au contraire, l'ivresse était subtile et sensuelle, la danse n'était pas provocatrice, elle était artistique et muette, douce et violente pour l'esprit, mais forte en émotion et brulante de désir d'expression. Mei venait de trouver son thé des penseurs, la danse était son nouveau moyen d'expression.


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Dernière édition par Mei Fong le Mar 30 Aoû - 22:32, édité 2 fois


Iwa

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MessageSujet: Chapitre Troisième : Le Nomade Aveugle. Mar 30 Aoû - 22:12

Chapitre Troisième : Le Nomade Aveugle.


« Même avec les yeux grands ouverts, je n'y vois rien. »
Zatoichi


La semaine qui suivit la grande fête donnée en l'honneur du quinzième anniversaire de Mei, il y eut beaucoup d'agitation dans la maison Fong. C'était un soir orageux, la journée fut grise et très peu ensoleillé, et le tonnerre s'était mis à gronder vers la fin de l'après midi. Il ne se mit à pleuvoir que lorsque la nuit était tombée. La lune était bien haute dans le ciel, lorsqu’une silhouette, appuyée sur une canne en bois rougeâtre, apparut derrière les deux imposants battants qui formaient la porte d'entrée. Cette dernière donnait sur une grande cour intérieur, au centre de laquelle se tenait Rōju, la patriarche de la famille Jiē'Fong en compagnie de Kaoru, le père de Mei. Cette dernière se tenait d'ailleurs en retrait, à l'abri sous une avancée de toit. Lorsque l'étranger fut arrivé à la hauteur des deux hommes qui l’attendaient, ils échangèrent quelques mots, que Mei réussit à entendre.

« Bienvenue étranger, vous êtes ici dans la maison des Fong. Je suis Kaoru Jiē'Fong et voici le vénérable Rōju, patriarche de la Branche de la Terre. expliqua le père de Mei.
- Je suis honoré de vous rencontrer, noble Rōju, ainsi que vous Kaoru-san. Je me nomme Zatoichi. Je fus surpris par la pluie alors que je me dirigeais vers le village, expliqua l'étranger.
- Vous êtes naturellement le bienvenue dans notre demeure, veuillez accepter notre hospitalité, dit Rōju, grande figure de sagesse et de générosité du clan. »

Les trois hommes regagnèrent ainsi l'intérieur de la maison où les attendaient d'autres curieux et curieuses. L'on comprit, en voyant les traits de l'étranger se dessiner à la lumière des bougies, qu'il était aveugle, en effet, ses yeux étaient fermés. Sa canne acheva de confirmer cette impression. Mei se présenta et se retira pour préparer du thé. Lorsqu'elle eut finit d'en faire, elle regagna la grande salle où quelques hommes s'étaient joint au patriarche et à l'inconnu pour discuter. Mei servit du thé à tout le monde et lorsqu'elle fut proche de Zatoichi, elle sentit une étrange aura se dégager de sa canne, comprenant aussitôt, elle se tut. La jeune aveugle regagna sa place. Rōju posa quelques questions à l'inconnu qui lui répondit.

« Vous êtes donc un masseur ambulant... reprenait la patriarche
- Pourquoi dissimulez-vous une lame dans votre canne ? Interrompit Mei. »

Zatoichi se mit à sourire, puis il laissa finalement échapper un léger rire jovial. Bien que ses yeux furent fermés, il se tourna vers la jeune fille et lui fit un signe de tête, lequel il était sûr qu'elle percevrait, au fond d'elle.

« Malgré ta cécité, tu es une jeune fille pleine de talent. Il se tourna vers le patriarche avant de poursuivre. Autrefois j'étais un Shinobi au service du village d'Iwa. C'est lorsque je perdit la vue au cours d'un combat que je décidai de mettre un terme à ma vie de combattant. Il mentait, Mei le savait, mais elle ignorait à propos de quoi. Aujourd'hui je parcours le monde de manière hasardeuse et offre mes dons de masseurs à qui est intéressé.
- Peut-être pourriez vous enseigner quelques aspects du monde Shinobi à notre enfant, proposa Kaoru. Elle souhaiterais devenir une grande Kunoichi et s'entraîne déjà à la maîtrise de la Terre. Restez donc un peu ici, vous êtes le bienvenue.

Bien que fort alléchante, cette proposition laissa de marbre l'individu. Il se tut un instant et but une gorgée de thé à la menthe avant de répondre à son interlocuteur, qui ne l'avait pas quitté des yeux.

« Eh bien après tout, pourquoi pas ? Je pourrais t'enseigner quelques manières de ne jamais se perdre ou bien je pourrais t'aider à voir le monde à travers toi même. »

Mei trépigna à l'idée d'apprendre de nouvelles choses et remercia l'ancien Shinobi d'avoir accepter l'invitation. Lorsque le thé fut terminé et que la nuit était avancée, on alla se coucher et Zatoichi alla prendre l'air dans le jardin des Fong. La pluie avait cessé et les nuages se dégageaient lentement, laissant apparaître quelques étoiles et de temps en temps, un rayon de lune parvenait à éclairer le monde de sa blanchâtre lueur. L'étranger aveugle, s'aidant de sa canne, se dirigea vers un petit abri au milieu du jardin, où il alluma de l'encens avec une bougie. Mei l'y rejoignit.

« As-tu déjà entendu parlé du Setonaikai, jeune Mei ? S'enquit Zatoichi.
- Non jamais, de quoi s'agit-il ?Demanda la jeune fille.
- Il s'agit d'un monde imaginaire, que seuls ceux qui sont privés de la vue peuvent concevoir. Il s'agit d'un univers dont toi seul fonde les lois, c'est un univers dans lequel ceux qui sont aveugle, sont capable de voir les choses. C'est grâce à cet univers que tu peux voir les choses qui t’entourent et les comprendre.
- Je crois que je comprends, mais comment peut-on accéder à cet univers ? Et comment peut-on y voir les choses que l'on ne voit pas vraiment ?
- Tu te déplaces sans problèmes, tu n'utilises ni canne, ni rien d'autre, comment fais-tu ? Lança Zatoichi.
- Maître Lao Shan m'a appris à me repérer dans le monde grâce aux vibrations qu'il émet, qu'elles soient sonores ou terrestres, expliqua la jeune fille.
- Exactement, repris l'épéiste sans vue, La création de ton univers dépends de ta force d'imagination, il te suffit d'entrer au plus profond de ton esprit et d'y créer un espace modulable par ta seule volonté. Un monde qui ne dépends que de ce que tu souhaite. On appelle cela la Mer Intérieure, le Setonaikai. Une fois que ton Setonaikai est créé, il te permet de visionner les choses qui t'entourent. Pour cela tu dois te concentrer, pour voir à quoi je ressemble, il faut que tu te concentres sur les vibrations émises par ma voix et par mes gestes. Il faut que ton ouïe et ton touché soient à leur paroxysme. »

Mei ne prononça pas un mot. Elle cherchait au plus profond d'elle même, elle cherchait cette parcelle d'esprit modulable, cette partie d'elle même encore libre de toutes les chaînes du monde. Ce fut le silence, Zatoichi s'était assis sur le plancher lisse du petit abri de jardin. Il attendait. La jeune fille, lorsqu'elle réussit à oublier où elle se trouvait, fut enfin perdu dans les méandres de son for intérieur. Là elle trouva cette part d'elle même et y entra. Alors elle se sentit ébranlée, secouée et même foudroyée, comme si elle perdait le contrôle de son 'elle-même'. Alors une voix grave retentit dans son esprit, c'était celle de Zatoichi, qui avait deviné qu'elle avait trouvé son Setonaikai.

« Le monde libre souhaite le rester, bien que ce soit une part de toi-même, elle te résiste et refuse que tu l'enchaine à une réalité. Tu dois réussir à la saisir, à la maîtriser à lui imposer la réalité qui fait de toi ce que tu es. Mais tu dois oublier tout ce que tu sais du monde, tu dois établir tes propres lois. »

Entendant ces mots résonner dans sa tête, la jeune Mei, pourtant immobile dans le monde réel, se dressa de toutes ses forces contre la tempête spirituelle qui agitait son âme. Dans un grand effort, elle réussit à maîtriser cette partie farouche d'elle même, cette partie instinctive et tellement pure, libre de toutes les lois du monde réel. Et elle se retrouva, debout, devant une énorme étendue d'eau qui joignait le ciel très loin, à l'horizon. De petites vagues venait mourir sur la plage de sable, et Mei les voyait tout à fait distinctement. Elle n'était plus aveugle, elle était dans son Setonaikai. Devant-elle se trouvait une silhouette sombre, agenouillé sur le sable. Elle entendit sa voix et sentit les vibrations de son corps dans le vrai monde, et pu ainsi le voir dans son Setonaikai. Il s'agissait de Zatoichi.
Citation:

Zatoichi apparait sur la plage du Setonaikai de Mei.


Il était vêtu de noir et avait son sabre dégainé, comme si son fort intérieur était mis à nu dans les profondeurs de l'âme de Mei. Il se redressa et rengaina son sabre en fixant Mei de ses yeux clos. Puis il s'avança vers la jeune fille.

« En temps normal, personne ne peut voir ton Setonaikai. Même les personnes que tu y visualise n'y voit rien, ils ne sont que des images. Seuls ceux qui partage ton fardeau peuvent voir ton Setonaikai. C'est pourquoi je peux te parler ici. »

Mei, éblouie par la lumière du soleil, réalisait qu'ici, elle avait retrouvé la vue. Ici, elle n'était plus aveugle elle voyait très bien. Elle se trouvait sur une plage qui donnait sur une grande baie, presque fermée par deux bras de terre rocheux, laissant une ouverture sur le reste de l'océan. Il n'y avait rien d'autre sur la plage qu'elle même et Zatoichi.

« Au fur et à mesure que tu imagineras des objets, ils apparaitront dans ton univers et y demeureront. »

Mei ressortit de son univers et retourna dans l'ombre de sa cécité mêlée à celle de la nuit. Épuisée par le combat qu'elle avait mené contre elle-même, elle tomba à la renverse et s'endormit. Zatoichi la conduisit dans sa chambre et l'y laissa prendre du repos.

Lorsque le jour se leva, le lendemain. Mei se précipita dans la grande salle pour raconter ce qu'elle avait vu à ses parents. Ils furent éblouis et remercièrent mille fois l'épéiste aveugle. La jeune fille put alors voir à quoi ressemblait ses parents et tous ses proches dans son univers intérieur. Après le thé du matin, le nomade aveugle annonça son départ.

« Vous n'êtes pas obligé de partir, Zatoichi-san. Nous ne vous remercierons jamais assez pour le don que vous avait fait à notre fille, je ne puis vous retenir de suivre votre chemin, mais sachez que les portes de la maison des Fong vous seront à jamais ouvertes, expliqua le père de Mei.
- C'est moi qui vous remercie, Kaoru-san, pour l'hospitalité que votre clan et vous m'avez offerte. Peut-être un jour mon chemin recroisera-t-il celui de votre famille. Il se pencha en avant pour parler à Mei. Même les yeux ouverts, je n'y vois rien. »

Il s'en retourna et disparut comme il était arrivé, laissant derrière lui une Mei fascinée, mais intriguée.


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Dernière édition par Mei Fong le Mer 31 Aoû - 17:53, édité 1 fois


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MessageSujet: Chapitre Quatrième : Le Mont Nagoyaka. Mer 31 Aoû - 17:52

Chapitre Quatrième : Le Mont Nagoyaka.


« Toutes choses a ses origines, sa source. Seuls le temps et la vie différencient une chose de sa source... »
Rôju Jie'Fong.


Il était de coutume, au sein de la famille Fong, de se rendre sur les San Seichi, les trois lieux sacrés du clan une fois par an, le trente et un juillet. Chaque branche avait son propre temple, puisque selon la légende, chaque branche descendait d'ancêtre liés, mais différents. Les Tiàn'Fong (天芳), la branche du ciel qui descendait des oiseaux et surtout des paons, se rendait à la Forêt de Kyouyou (きょうよう), la Forêt de la culture et du raffinement. Les Hǎi'Fong (海芳), la branche de l'océan qui descendait des dragons de mer et des baleines, se rendaient à la Baie de Ongaku (おんがく), la Baie de la Musique. Quant aux Jiē'Fong (接芳), la branche de la terre qui descendait des cerfs et des pandas, se rendaient au Mont Nagoyaka (なごやか), le mont de la paix, de la tranquillité et de la sérénité. Dans ce chapitre nous ne détaillerons que les évènement qui ont lieu lors de la visite des Jiē'Fong au village et au mont Nagoyaka.

Le vingt neuf juillet était le jour de départ de la caravane de la branche de la terre. Escortée par des shinobi de cette même famille, la caravane était composée de plusieurs chariots et de nombreux marcheurs. Le Mont Nagoyaka se trouvait au nord-ouest du Pays de la Terre, et le voyage durait une journée entière lorsque l'allure était accélérée. Nous ne prendrons pas la peine de décrire ce voyage puisqu'il ne s'y déroule rien de notable. C'est pourquoi nous allons dès à présent parler du village et du mont Nagoyaka.

Citation:

Le Village Nagoyaka demeure sur la flanc du mont du même nom. C'est un lieu sacré où toutes sortes de violences sont bannies. Ce lieu reclu et isolé du reste du monde est entouré de pentes escarpées et d'arbres, il y coule de multiple cascade qui forment des sources d'eau pure.


Le chef spirituel du village Nagoyaka, connu sous le nom de Kazuhito Kewashiyama1 était un homme sage et juste. Il était l'un des plus grand -sinon l'unique- représentant de l'antique et oubliée croyance en la religion du Yamasei, l'esprit de la Montagne. Selon les anciennes croyances aujourd'hui uniquement connue de la famille Fong, le monde prendrait son origine au pied du mont Nagoyaka. Cependant l’ascension du Shintoïsme fit de l'ombre aux croyances des Yamaseïstes. C'est pourquoi cette religion fut recalée au rang de simple folklore et seule la branche de la terre du clan Fong continue de croire en ces dieux.

La légende contée par les grands Yamaseïstes concernant la Légende des Jiē'Fong est la suivante.

Citation:
Un vieux moine a écrit sur un parchemin retrouvé dans une bibliothèque poussiéreuse :
Autrefois, quand les nuits étaient noires et sans lumières, le mont Nagoyaka était habité par les enfants des Esprits de la Montagnes, les Yamabushi, les Guerriers de la Montagne. Leur chef, Shikatsuchi Jiē'Fong, était aussi le plus plus fort d'entre eux. Un jour, il perdit sa femme dans la montagne et il la chercha des jours entiers. Mais un Esprit vint à sa rencontre et lui annonça qu'il ne la retrouverait que s'il cherchait la nuit. Alors, n'écoutant que son amour, l'homme ne chercha que lorsque le soleil était couché mais il ne voyait rien, alors il rassembla toutes les forces qui le composaient, il invoqua les esprits de la montagne et les supplia de l'aider. Ces derniers lui firent dont d'une puissance mystique : le Chakra. Alors son amour, sa force spirituelle et son Chakra s'unirent et il fit se soulever une énorme montagne voisine à laquelle il donna la forme d'une boule qu'il envoya dans le ciel. Il l'appela Tsuki, la Lune. Depuis ce jour, la lune éclaire les nuits, et grâce à elle, il put retrouver sa femme.


Mei était fascinée par ce genre d'histoire. Éduquée comme elle l'avait été, elle y croyait, plus ou moins. Disons qu'elle appréciait la richesse culturelle de son clan. De plus, elle adorait le Mont Nagoyaka, non seulement pour ce qu'il représentait pour sa famille, mais aussi pour l'ambiance qui en émanait lorsqu'elle s'y rendait. Bien que la méditation était la raison première de la venu des Fong en ce lieu, les soirées n'en étaient pas moins animées. Diverses parades se tenaient, riches en couleurs et en artifices. Certains soirs, l'on dansait ou l'on jouait de la musique, d'autre fois, l'on mettait en scène des parties du Yamabushi Mukashibanashi, Le Recueil de légende des Guerriers de la Montagne. Et Mei appréciait tout particulièrement ces soirées théâtrales, bien qu'elle n'y voyait rien. Entendre le public pleurer, rire, s'émouvoir, applaudir. Cela lui permettait de rêver, de s'évader. Et elle imaginait grâce aux vibrations, elle avait toujours ça... Son Setonaikai. Le séjour au mont Nagoyaka durait quinze jours. On y célébrait toutes les croyances et traditions que la famille Jie'Fong perpétrait. C'était une période de l'année culturellement et émotionnellement très riche, c'était pourquoi Mei l'appréciait particulièrement...


1| Kewashiyama : montagne escarpée, abrupte.


Iwa

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