|
| | [FB] How to save a life, part 2 | |
| <| Message | Auteur | Sujet: [FB] How to save a life, part 2 Jeu 7 Avr - 19:08 | |
| L'action suit indirectement ce RP et celui-ci et se déroule avant le début de la guerre. « Les oiseaux chantent bizarrement, ici », voilà ce que se dit Raku, tandis que derrière elle les marins et les derniers passagers - retardataires - s’affairaient sur le cargo fraîchement débarqué.
A son grand malheur, les derniers passagers – retardataires – se trouvaient aussi être ses deux camarades, qui se trouvaient aussi être ceux pour qui s'affairaient les marins. C'est donc le nez perdu dans la grisaille du ciel qu'elle attendait, plus ou moins patiemment, que les matelots finissent de décharger les affaires plus ou moins utiles du Docteur Heiwajima, qui criait à la mort à chacun des chocs sur ses précieuses caisses.
Il fallut bien un quart d'heure pour débarquer le bordel du Docteur, et, lorsque le chef d'équipage vint réclamer son dû, ce fut au tour de l'encapuchonnée numéro deux de faire valoir son bon droit de prophète du shintoïsme et de convaincre le gros loubard d'accepter la seule monnaie qu'elle avait : ses prières.
Après un énième quart d'heure passé à prier et à chanter, les trois acolytes, à peine débarrassés de leurs obligations, se retrouvèrent sitôt rattrapés par d'autres, plus naturelles cette fois.
Pourtant, Raku, en rigoureuse chef de groupe, décida qu'ils sauteraient systématiquement toutes étapes alimentaire, touristique ou reposante réclamées par ses subalternes et aurait même refusé la pause pipi, si elle l'avait pu. Il était hors de question pour elle de perdre son temps en dîners, découvertes et en sommeils alors qu'ils étaient enfin arrivés au plus prés de leur objectif.
Ainsi ils laissèrent les caisses sous la vigilance des Kami, ce qui ne plut évidemment pas à Oa, qui, totalement insensible à l'argumentation cataclysmique et outrée de la shintoïste, se résigna volontiers dès lors que Raku fit mine de remonter ses manches. Ils se lancèrent ensuite dans une nouvelle pérégrination au travers de la ville, aussi interminable que l'infatigablilité de Raku, qui les entraînait sans demander leur avis d'une rue à l'autre avec une aisance telle qu'elle paraissait toutes les connaître comme sa poche.
C'est comme ça qu'ils sortirent de la ville en vingt minutes de marche intensive, pour se rendre dans la campagne périphérique, presque aussi montagneuse que celle du pays qu'ils venaient de quitter.
Raku ne laissa évidemment pas le temps à ses suivants de s'étonner et d'apprécier le paysage ; elle les mena jusque dans un vallon encore plus verdoyant et extraordinairement fleuri où régnaient en maîtres une seule maison et un Torii gigantesque.
Jetant un regard complice à sa compagne, la grande capuche avança pour pénétrer dans le sanctuaire, devant l'entrée duquel elle marqua néanmoins une pause respectueuse, que recopia l'encapuchonnée numéro deux, tandis que le scientifique avait entrepris de recenser toutes les espèces de fleurs présentent autour de lui.
Dans une atmosphère très solennelle, Raku les emmena derrière la maison où se tenait un vieil étalage de caisses, de pots, de pelles, de bêches et autres rateaux, ainsi qu'un homme, occupé à trier, recouper et asperger les fleurs de la dernière cueillette. Il était de dos mais son kimono raffiné et sa chevelure, longue, soyeuse et proprement rassemblée en queue-de-cheval témoignaient de son sérieux et de son application.
- Te voilà enfin, Raku, fit-il avant de se retourner, dévoilant son visage. Onore-chan, Docteur Heiwajima, j'espère que vous avez fait bon voyage.
- Dai-san... ? S'étonna l'encapuchonnée numéro deux, qui regarda Raku, puis Etsu sans comprendre.
Dernière édition par Daiki Etsu le Mar 19 Avr - 17:15, édité 1 fois |
|  | |  | Sujet: Re: [FB] How to save a life, part 2 Lun 18 Avr - 20:02 | |
| - Je vous admire, docteur, fit Etsu quand il vint à son tour s'asseoir à la table où il avait installé ses invités. Devant lui, Onore et le docteur Heiwajima restaient silencieux, intimidés dans la pénombre ambiante, tandis que Raku était allée se terrer dans le coin le plus sombre de la pièce.
Etsu entreprit de leur servir un thé dont l'odeur chatoyante et évasive, aussi parfumée que les champs qui entouraient la demeure, contrastait avec l'austérité imposée par le calfeutrage des fenêtres.
- Suivre deux parfaits inconnus, seulement parce qu'ils vous le demandent... reprit Etsu, c'est la preuve d'une bonté et d'une humanité rares.
- N'exagérons rien... répondit le docteur dans un sourire mal à l'aise, cachant que Raku l'avait aidé à se montrer charitable.
Finissant de remplir les coupelles, Etsu s'amusa de la fausse modestie du chercheur qu'il savait pingre et avide de notoriété.
- Vous savez, c'est moi qui vous ai fait demander, poursuivit l'hôte. Je connais vôtre réputation et je tenais absolument à vous avoir auprès de moi aujourd'hui. N'en voulez pas à Raku de s'être montrée pressante et... hum... quelque peu agressive, elle n'a fait que son devoir, expliqua-t-il en distribuant les coupelles, proposant la sienne à sa complice cachée qui refusa sans un mot. Etsu but une gorgée parfumée, intimant à ses invités d'en faire de même, avant de continuer : Enfin, tout ça pour dire que vous n'avez aucune raison de vous embarrasser des civilités primitives d'ordinaire de rigueur dans votre profession, je mets toujours un point d'honneur à connaître chacune des pensées de mes collaborateurs et vous êtes ici chez vous, à présent. N'ayez pas peur de vous exprimer, je me ferai un réel plaisir de pouvoir satisfaire vos demandes... pour peu que vous répondiez convenablement aux miennes.
Dans son coin, la jeune Miko, qui avait entrepris de se faire la plus discrète possible, écoutait avec beaucoup d'attention ce que disait celui qui avait été son garde-du-corps1 puis son tuteur, découvrant une facette à la fois calme et polie de sa personnalité qu'elle n'avait jusque là jamais vu. Ne sachant pas réellement ce que cela présageait, elle ferma les yeux et pria, avant de reposer son attention sur Raku, avec qui elle avait voyagé sans même le savoir et qui, remarqua-t-elle, portait la même lueur ocrée dans l'iris que celle pourtant si particulière à l'œil de Etsu.
- Tuez-moi, dit d'ailleurs ce dernier, faisant déglutir de travers ses deux hôtes. Tuez-moi maintenant ! 1 Etsu a dû surveiller Onore lors d'une représentation théâtrale, voir ce RP.
Dernière édition par Daiki Etsu le Mar 12 Juil - 7:20, édité 1 fois |
|  | |  | Sujet: Re: [FB] How to save a life, part 2 Lun 25 Avr - 12:29 | |
| - Vous n'allez pas mieux, Dai-san ?! S'offusqua Onore, après la déclaration de son compagnon shintoïste, mourir ! Vous souhaitez mourir alors que vous avez communié avec le Mont Seisujinken1 !
Etsu la regarda à peine, plus intéressé par la réaction du docteur qui s'était levé d'un bond.
- C'est une blague ! Vous m'avez fait traverser l'océan tout entier pour une euthanasie ! Une banale euthanasie !? Je rêve ! Je savais bien que c'était une grosse perte de temps quand l'autre là... la barjo du couteau m'a parlé de « la mort », s'écria-t-il en montrant Raku, « la mort », y a rien à faire avec la mort !
Il enjamba la prêtresse horrifiée et chercha à retrouver sa veste dans la pénombre, continuant de s'exclamer, sous les regards attentifs de Etsu et Raku, qui ne broncha pas malgré l'insulte.
- Une euthanasie, quelle blague... franchement, monsieur ! Il existe une infinité de façon de crever tranquille sans avoir à embêter les nobles travailleurs comme moi qui n'ont absolument pas le temps de s'intéresser à vos idées absurdes et morbides ! Je n'sais pas, moi... Vous n'avez qu'à vous pendre à votre arche, là ! Ou alors faites-vous faire un Kaishaku2 par cette dégénérée, il montra de nouveau Raku, c'est pas mal aussi, non ? Non. Où est ma veste ?
- Il ne s'agit pas d'une euthanasie, docteur, fit calmement Etsu, s'enfonçant dans son coussin, mais réellement d'un projet médical, même si la notion de « mort » est pour vous restrictive. Nous parlons bien de sauver des vies, dans un futur plus ou moins proche. Votre veste n'est pas ici, écoutez-moi, s'il vous plait.
Oa cessa ses gesticulations et ses allés-retours et plaqua ses mains dans sa chevelure, incrédule. Pour lui, il n'y avait pas de doute, la mort, c'était ce qui sonnait la fin de son intervention, et donc de son travail, et tout ce qui n'était pas « travail » n'était pas intéressant.
- Vous avez découvert une nouvelle maladie, c'est ça ? Une maladie mortelle ? Le nouveau fléau du siècle ?! Essaya-t-il de deviner, avant d'être tenu en haleine par un signe de la main de Etsu, qui se mit à rire.
- J'ai bien mieux encore : la solution au plus grand fléau de l'univers ! Et vous allez m'aider, docteur ! Je l'ai déjà vaincu une fois... et vous allez m'aider à le refaire ! S'enthousiasma un Etsu dément.
- Hein ? Le plus grand flé... Quoi ? Lequel ?
- Eh bien ! Lança Etsu, regroupant toute son excitation dans un rictus carnassier, de quoi parlons-nous depuis le début, docteur... ?
Le docteur cligna des yeux plusieurs fois, idiot, avant de consulter du regard la jeune miko qui ne comprenait pas plus que lui. Etsu entreprit donc de leur expliquer comment il croyait avoir vaincu la mort, lors de son séjour dans le guêpier des Dieux, lorsqu'il s'était fracturé le crâne et qu'il était revenu à la vie, plusieurs années après3. Il prit soin de garder pour lui les raisons qui le poussaient à vouloir de nouveau défier la mort, à y voyager comme on traverse la rue pour aller chercher ses nouilles.
- Impossible, répondit le docteur après s'être rassis, concentré. Excusez-moi mais... Si vous étiez mort, ça se saurait, hein – je le sais, je suis médecin - ... Au pire, vous êtes seulement tombé dans le comas, après un traumas crânien, ce serait logique. Et puis vous vous êtes réveillé quelques années plus tard, c'est une chance, certain ne se réveillent pas du tout ! Alors, hein... profitez de la seconde chance que vos Kami vous ont offerte et... hallelujah !
Et comme s'il s'agissait là de la conclusion de l'affaire, Oa adressa le sourire très conventionnel que sa profession exigeait et se releva, remarquant de nouveau qu'il lui manquait sa veste.
- Oa, s'énerva Etsu, je t'offre la possibilité de sortir les misérables vies légumineuses coincées dans le Takamagahara4 ! Et non Onore, ce n'est pas une chance ! Fit-il en anticipant la réaction de la prêtresse. Ici, pas de directeur, pas de budget limité, pas de rapport, pas de formulaire et surtout... pas d'éthique !
Comme le ronin avait haussé la voix, le docteur s'était de nouveau rassis, par-terre, et jetait un regard apeuré à Raku, comme aberré de se rendre compte qu'il existait plus agressif qu'elle.
- Mais... mais on ne peut pas sortir les gens du comas... Enfin... je veux dire... C'est impossible, on ne contrôle pas, «ça », c'est... c'est pas possible... Vous comprenez... on n'-...
L’œil ocré de Etsu fit une rotation, avant qu'il lance, entre deux gorgées de thé :
- Et n'êtes vous pas justement celui qui cherche, depuis des années et des années, à trouver LA solution de l'impossible, celle qui fera de vous le Prodigieux Docteur Heiwajima ? 1 Rapport à "Toute une éducation à refaire... !" (3). 2 Le Kaishaku est l'acte de décapitation faite par un ami (ou autre Kaishakunin) suite à un Seppuku (suicide par éventrement) 3 Rapport à "Toute une éducation à refaire... !" (3). Etsu croit avoir passé plusieurs années (dans un autre calendrier) sur le Mont Seisujinken. Il n'y a passé qu'un peu plus d'un an, en fait. 4 Le Takamagahara ("La haute plaine du paradis") est, pour les Shinto, l'endroit où vivent les Dieux, entre ciel et terre. Il est fort envisageable que les âmes des morts y passent faire un tour avant de joindre leurs Kami. |
|  | |  | Sujet: Re: [FB] How to save a life, part 2 Mar 10 Mai - 18:16 | |
| Comme Oa Heiwajima ne trouva rien à répondre, que ses ambitions lui venaient d'être rappelées et qu'il faisait partie de ces hommes pour qui elles étaient plus importantes que l'éthique – et même la logique - humaine, il accepta de signer le contrat qui faisait à présent de lui le nouveau chercheur prêt à « tuer la mort ». Évidemment, il n'y avait pas de vrai contrat ni de vrai signature, Etsu n'avait pas plus confiance en un bout de papier qu'en l'espèce humaine, aussi, il se contenta de prendre les prétentions du docteur comme gage de sa bonne foi - l'intérêt l'emportant sur tout - et promit de son côté qu'il enverrait quelqu'un récupérer son équipement, dès demain.
Pour l'heure, il accompagna le docteur jusqu'à sa chambre et l'y enferma à double tours. Il n'avait pas choisi cette pièce par hasard : aucune fenêtre ne s'y trouvait et cette petite clé l'assurait donc de retrouver le médecin le lendemain, et ce même si des réflexions plus poussées l'amenaient à oublier son engagement. Une fois seul, il se frotta les mains, satisfait par la réussite de son plan et par la tournure que prenaient les évènements. Raku le rejoignit rapidement et semblait presque aussi heureuse que lui, si compté qu'elle pouvait l'être et qu'elle exprimait la joie par un regard impassible. Etsu lui remit alors la clé de la chambre sans aucune méfiance, échangea même un regard ocré complice avec elle puis ils disparurent ensemble dans un des recoins de la maison, loin des yeux d'Onore. Celle-ci resta seule sans bouger, hésitante. Elle n'avait absolument rien compris à ce qu'il s'était passé et craignait plus que tout la colère des Kami, qu'elle avait peur de voir planer au-dessus de cette maison.
Aussi, quand Etsu revint, seul, et qu'il lui proposa de l'accompagner marcher dehors, elle accepta volontiers, pensant qu'il s'agirait là d'un parfait moyen de calmer son appréhension.*** Tout deux les mains fourrées dans les manches de leurs kimono respectifs, ils déambulèrent en silence dans les sillons des champs qui bordaient l'habitation. La nuit était tombée et toutes les fleurs s'étaient repliées en même temps que le soleil, les laissant seuls dans une immense mer de verdure sombre, éclairés par une lune qui semblait ici plus grande que celle du pays de la terre.
Onore apprécia de retrouver le Etsu calme et réservé qu'elle avait connu auparavant et qui n'avait rien à voir avec l'être sournois et enflammé qui avait souhaité mourir il y a quelques minutes. Elle allait enfin oser briser la glace qui s'était comme d'ordinaire installée entre eux, quand son camarade et tuteur laissa s'échapper un sourire et arrêta leur promenade : - Je sais ce que tu vas dire, et je sais à quel point c'est dur de se retrouver dans une situation de laquelle on ne comprend rien. Je sais aussi que, même si tu places ton âme toute entière entre les mains des Dieux, au fond de toi, la part égoïste qui s'y trouve se sent trahie, insultée et aimerait avoir des explications. Il planta ses yeux verrons dans ceux grands ouverts de la jeune fille et poursuivit sans lui laisser le temps de l'interrompre : Tu connais Nayu ? - L'ami d'enfance de Toubou-sama, celui duquel il parle tout le temps mais qu'on n'a jamais vu ? Demanda-t-elle, surprise. Etsu pouffa avant de reprendre : - Lui-même, ouais. Et il existe vraiment, si jamais t'en doutais. Nous sommes ici chez lui, c'est son domaine. Toubou m'a conseillé de me rendre ici et m'a dit qu'il me serait d'une grande aide. Et c'est le cas : il m'a offert un logis, un travail... De quoi se refaire une vraie vie après l'enfer de celle de shinobi. Il eut un sourire amère. Mais... ce n'est pas vraiment pour ça que je suis venu. Je nourris un autre projet, un projet bien plus grand. Il fit alors un claquement de langue réprobateur, arrêtant la grimace de sa compagne, oh, non, ne t'inquiète pas, je ne reviendrai pas sur mes vœux 1, fais-moi confiance. C'est d'ailleurs tout ce que je te demanderai : me faire confiance, 'no-chan. J'ai besoin que tu me soutiennes dans tes prières et dans tous les futurs messages que tu enverras aux Dieux. J'ai besoin de toi comme pilier inébranlable dans la foi. Je voudrai que... peu importe ce que j'entreprends, tu continues de prier pour moi et au plus près de moi. C'est pour ça que j'aie accepté de t'emmener 2. La prêtresse ne comprenait pas très bien de quel genre de projet Etsu parlait et constata qu'il voulait continuer à en cultiver le mystère. Elle ne lui demanda donc pas de préciser quels actes elle devait appuyer aussi fervemment devant les Kami et céda facilement à sa demande, qu'aucune miko digne de ce nom n'aurait pu refuser. En plus, du moment que Etsu avait conscience de ce qu'il faisait, il n'y avait pas vraiment de fautes à déclarer, se dit-elle pour finir de se convaincre. Le visage de Etsu s'élargit d'un de ses sourires éphémères lorsqu'elle accepta et il sembla plus à l'aise pour poursuivre les explications : - Bien. Très bien. Pour le reste, il ne faut pas que tu aies peur de Raku. Je sais que tu pensais voyager avec moi jusque là, mais nous avons échangé nos places quand nos sommes arrivés à Iwa. Je ne pouvais évidemment pas y rester trop longtemps 3. C'est d'ailleurs de là-bas que je la connais. Et, oui, elle est ninja. Elle s'est engagée à faire toutes les basses besognes que je me suis interdites en renonçant à mes capacités de ninja 1. Elle est un peu mon « second » moi. - Elle vous ressemble beaucoup, Dai-san... concéda Onore, qui n'en revenait toujours pas de voir qu'ils avaient les mêmes yeux. - Les apparences sont parfois trompeuses, 'no-chan, et encore plus chez les ninja, retiens bien ça. En fait, elles le sont très souvent et chez toute l'espèce humaine, alors méfie-toi-en. J'aimerai t'interdire d'approcher les autres, les gens, les vermines... Mais ça ne correspondrait pas à la vraie vie que tu m'as demandé de te montrer 2, fit-il avec dépit. Aussi, ne t'occupe pas du docteur Heiwajima. Il sera bientôt très pris par ses recherches et il n'est pas nécessaire de lui parler plus que ça. Il n'est pas vraiment intéressant, en tant qu'individu. Il ponctua sa phrase d'un regard suspect vers la maison, où il espérait que le docteur dormait. - Enfin... en ce qui concerne les recherches en question... Eh bien... il se tut quelques secondes. Je crois que tu n'as pas non plus besoin de t'en préoccuper. Le silence se fit de nouveau entre eux, laissant les grillons cri-crisser. - Dai-san... osa Onore, vous ne voulez pas vraiment mourir, hein ?La question fit rire le ronin, surprit de voir quelqu'un attacher de l'importance à sa vie. Il laissa la question en suspend pendant de longues minutes, durant lesquelles il se contenta de rire, les yeux plantés dans la profondeur de la nuit, défiants. - Oh que non, chuchota-t-il alors. 1 Etsu a fait le vœu de renoncer à ses jutsu et capacités ninja, dans "Toute une éducation à refaire... ! (4)" (le rp n'y est pas encore présenté). 2 Etsu et Onore ont convenu de voyager ensemble, dans "Toute une éducation à refaire... ! (4)" (le rp n'y est pas encore présenté). 3 Tout simplement parce qu'il a déserté et qu'il déteste le village et ses habitants. En ce qui concerne Raku, voir ce RP et celui-ci |
|  | |  | Sujet: Re: [FB] How to save a life, part 2 Sam 2 Juil - 4:20 | |
| Le lendemain, Raku reprit la route, avant l'aube et avant même que le docteur, la prêtresse ou encore Etsu ne se réveille. La veille, ce dernier avait promis qu'il enverrait quelqu'un récupérer le matériel laissé au port et c'est tout naturellement que la kunoichi s'était octroyée cette tâche.
Sa capuche sur la tête et avec le même pas conquérant que le jour précédent, elle fila donc à travers les fleurs, accompagnée avec enchantement de sa plus fidèle compagne : la solitude.
Elle n'eut évidemment aucun mal à se rendre jusqu'à la ville, qu'elle apprécia de trouver presque déserte – et c'était exactement pour ne pas louper ce spectacle qu'elle était partie si tôt. « C'est beau, une humanité sans présence humaine », philosopha-t-elle au détour d'une rue vide, encore plus asociale que Etsu lui-même.
Malheureusement pour elle, sa mission la forçait à s'enfoncer dans un nid d'Hommes toujours bruyamment éveillé, qu'importe l'astre qui le surplombait : le dock, où ses infatigables dockers travaillaient au cheminement des caisses comme autant d'abeilles les jours de printemps. Raku se rendit là-bas, non sans serrer les dents à chaque fois qu'un gros balourd sifflait dans son dos, et retrouva ce pour quoi elle était venue.
Le matériel du docteur s'y trouvait en totalité ; Oa avait abusé de beaucoup de leur temps pour marquer les caisses et ce matin Raku appréciait de pouvoir récolter les germes de cet investissement. Elle alla donc rapidement verser la caution du gardiennage et s'en retourna s'asseoir sur son fardeau, en attendant l'arrivée des transporteurs missionnés par Etsu quelques jours auparavant.
Évidemment, la charrette tarda à arriver, bien qu'elle fût tirée par des bêtes expressément réveillées pour l'occasion, et fit son apparition en même temps que l'aube. Raku ne cracha pas sur l'occasion pour râler une fois de plus et n'offrit pas son aide lors du chargement. Elle vola même plusieurs des pommes destinées aux chevaux et jongla avec pour narguer les pauvres travailleurs tirés de leurs lits un jour de repos – quitte à faire chier... .
Elle laissa tomber ses provocations quand elle remarqua qu'une des caisses avait été fracturée. Tout à l'heure elle en avait pourtant fait le tour et n'avait remarqué aucune casse. Aussi, avant même de lâcher ses aboiements sur les transporteurs, elle aperçut deux petites silhouettes jeter un pied de biche, zigzaguer entre les escabeaux et les amarres, filer tout droit au fin fond du dock. Son sang ne fit qu'un tour puis elle se lança à leur poursuite, interdisant au passage au charretier de partir sans elle.
***
Raku galopa longtemps derrière les voleurs, qui s'avéraient n'être que des gamins. Ces deux là étaient non seulement rapides mais aussi petits qu'agiles ; ils se faufilaient sous les jambes et les grosses cargaisons sans problème alors qu'elle se heurtait souvent aux muscles et sourires pervers des matelots.
Ce n'est qu'après les avoir perdus puis retrouvés, puis perdus de nouveau et retrouvés encore qu'elle parvint à les coincer dans un hangar. Évidemment, elle se doutait que s'ils s'étaient engouffrés là-dedans c'était pour mieux ressortir par un trou caché, duquel elle débusqua facilement la sortie sous une taule en faisant le tour de la bâtisse. Dans un excès de sadisme hormonal, elle leur bloqua l'accès à l'extérieur en s'appuyant dessus et attendit avec gourmandise de les entendre frapper puis pleurnicher avant de leur ouvrir. |
|  | |  | Sujet: Re: [FB] How to save a life, part 2 Mar 5 Juil - 4:43 | |
| - Oh-oh... fit le premier gamin à voir le jour, offrant une belle grimasse à Raku qui l'attrapa par le col de son chandail et le tira hors de son trou.
Le deuxième gosse ne fit pas une meilleure tête quand la demoiselle menaça de tuer son copain si jamais il lui prenait l'envie de rebrousser chemin.
Agrippant ce dernier par les cheveux - faute de vêtement – pour l'aider lui aussi à sortir du tunnel, elle se mit ensuite à les secouer sauvagement et insulta les parents amoureux qui s'étaient laissés aller à de pareilles créations. Elle n'eut cependant que le temps de retrouver son calme et d'ouvrir la bouche avant que celui qu'elle tenait par le col ne s'échappe de son habit et file en quatrième vitesse vers le champ de conteneurs.
Raku le regarda se faire la belle, sans y croire et totalement désarçonnée, puis reposa toute sa colère sur l'unique coupable qu'il lui restait, qui gagna de fait un nouveau lot d'insultes et de secousses, plus virulentes. Face à l'impossibilité pour lui de s'enfuir, il subit donc les tirages de cheveux répétitifs en geignant et implora son pardon jusqu'à ce qu'elle se calme, ce qui prit plusieurs minutes, le temps pour elle de piétiner avec rage le pull du fugitif.
Une fois rassérénée et totalement défoulée, Raku demanda enfin où ils avaient planqué leur butin. - Dans le hangar, m'dame, fit le gosse en reniflant, avant de se faire traîner par les cheveux jusqu'à l'entrée dudit bâtiment. Par là-bas, derrière la plaque en béton, désigna-t-il en suite, avant de se faire de nouveau embarquer.
Bien décidée à ne pas lâcher sa dernière proie, Raku l'obligea à se contorsionner lorsqu'elle s'agenouilla pour retrouver ses affaires, évidemment enfoncées trop loin dans le tout petit espace qui séparait le mur du béton, sans doute pour qu'aucun adulte ne puisse s'enticher du trésor. - Bien joué, grogna-t-elle en secouant de nouveau la petite tête. T'as intérêt à ce que je puisse récupérer mes affaires, gaki 1, sinon je te jure que-... - J'peux aller vous les chercher, m'dame ! Promis j'vous rend tout ! Assura-t-il en essuyant ses larmichettes. - Hahaha ! Ja-mais. Si tu crois que je vais me laisser avoir, tu rêves là, ria-t-elle vicieusement en se relevant avant d'invoquer une épée des vents et d'abattre la planche. Elle épousseta ensuite sa cape et tira le gamin jusque dans les décombres où elle put récupérer les quelques câbles et le petit réchaud d'appoint, ainsi que le t-shirt décousu de l'enfant dans lequel ils étaient enroulés.
Elle fit évidemment porter le tout au môme qu'elle reconduisit, toujours par les cheveux, jusqu'au port, où ils étaient presque attendus. Il la suivit sans broncher, la tête basse, à la fois terrorisé à l'idée de se retrouver comme cette planche face à la Kunoichi, c'est-à-dire en poussière, et honteux.- Alors, Zen, tu t'es fait attraper cette fois-ci, lâcha un docker d'une voix désolée, visiblement habitué à le voir cavaler d'un coin à l'autre du port, dépossédant au passage quelques touristes.
Ledit Zen se contenta de hausser les épaules et d'un bref salut de la main en guise d'au revoir, pas sûr de savoir jusqu'où l'emmènerait cette folle qui se pressait dare-dare de rejoindre l'autre côté du port.
Et quelle ne fut pas la surprise de Raku quand, une fois revenue à son point de départ, elle constata que la charrette était partie, sans l'attendre et surtout sans avoir écouter ses ordres, sans suivre son plan. Et s'il y avait une chose que Raku détestait plus que les Hommes au monde, c'était bien ceux qui ne suivaient pas son plan.
Zen en fut donc quitte pour une nouvelle secousse colérique, agrémentée comme il se devait de leur collection d'insultes. Une fois celles-ci passées, le ventre du pauvre enfant se mit à gargouiller et, malgré qu'il essaya de le camoufler, ça n'échappa pas aux oreilles sensibles de la kunoichi, qui jeta sur lui un regard excédé. - Désolé... murmura-t-il aussitôt en serrant son balluchon contre lui. Raku ramassa alors une pomme à moitié écrasée qu'elle avait faite tomber plus tôt et la lui tendit, lui ordonnant de la manger s'il avait faim.
Elle le traîna ensuite jusqu'à un banc où elle s'assit sans le lâcher et souffla longuement. Elle reposa ensuite ses yeux sur le gamin, qui grignotait gentiment. - Tu fais du bruit, aboya-t-elle après quelques secondes. Mâche la bouche fermée ! Zen s'excusa aussitôt. On parle pas la bouche pleine... Bordel ! T'as grandi avec les chiens ou quoi !? - Bein... commença-t-il avant de finir sa bouchée. En fait... Mes parents m'ont abandonné à la naissance et j'ai grandi à l'orphelinat, juste à côté de la fourrière... - Ah... souffla Raku en le regardant. Il était tout maigrelet, noir de crasse, des yeux vitreux, plus petit que son copain et ne devait pas avoir plus de huit ans. En plus il lui manquait des dents pour bien mordre dans sa pomme sans se baver dessus. En sommes, il n'y avait chez lui que son nom qui paraissait vraiment intelligent... Bon... si je comprends bien, ça veut dire que je vais devoir te punir moi-même, reprit Raku en se levant, sa poignée de cheveux et la tête angoissée qui allait avec toujours en main. En route, alors. Et elle l'embarqua avec elle sur le chemin du retour, en prenant soin de passer par les rues les moins peuplées, sachant d'avance que Etsu saurait lui trouver une « occupation » dans son champ de fleur. *** - On est bientôt arrivé ? Fit Zen, pour la vingtième fois au moins depuis dix minutes, piétinant maladroitement derrière Raku.- La ferme ! On avancerait plus vite si tu trébuchais pas sur tes propres pieds, crétin. Zen fit silence et se contenta de marcher docilement, regardant les champs de fleurs qui s'étendaient autour de lui à perte de vue, écoutant les oiseaux gazouiller comme s'il s'agissait de la première fois. Et puis un gargouillement vint interrompre les chants de la nature. - Désolé... fit l'enfant aussitôt, ne voyant pas que, devant lui, Raku avait viré au rouge pivoine. - La ferme... 1 Gaki : Gamin, au sens insultant
Dernière édition par Daiki Etsu le Mar 12 Juil - 23:30, édité 1 fois |
|  | |  | Sujet: Re: [FB] How to save a life, part 2 Mar 12 Juil - 23:22 | |
| La première chose que Raku vit quand elle arriva fut la montagne de caisses qui dépassait de l'arrière de la maison. Et un cheval. Elle fronça à peine les sourcils en reconnaissant la bête et se dépêcha de rejoindre la petite cour, Zen sous le bras, visiblement surpris de voir qu'il existait des gens qui vivaient en dehors de la ville.
Raku avait déjà commencé à gueuler contre les transporteurs qu'elle imaginait toujours présents mais ravala aussitôt ses insultes quand elle tomba nez à nez avec le bordel immense qu'avait mis le Docteur en déballant ses affaires. Elle resta bloquée plusieurs minutes, bouche bée, stupéfaite de constater qu'un homme avait réussi l'exploit de saccager une cour entière à lui tout seul, car Oa était bel et bien seul. - Ils sont déjà partis ? Demanda-t-elle, sans se soucier de savoir si l'invité avait bien dormi.
Le docteur ne lui répondit pas, trop obnubilé qu'il était par sa désorganisation organisée et aussi parce qu'il estimait – sûrement – qu'on ne lui avait pas incombé cette tâche. C'est à peine s'il se retourna pour lui dire : « Il manque un réchaud et des câbles » , ce à quoi Raku répondit en lui balançant le balluchon de Zen. - Raku-san ! Salua Onore, qui venait d'apparaître sur le perron, deux tasses de thé en main. Vous êtes partie bien tôt ce matin. Vous avez déjeuné ? Vous voulez un thé ? Bonjour toi ! Dit-elle à l'intention de Zen, qui lui répondit d'un signe de main. - Moi j'en veux bien un, fit-il doucement, inquiet de ce que pourrait dire Raku, qui avait déjà oublié sa présence. - On s'invite pas comme ça à prendre le thé, yaken 1 ! Bordel, c'est pas possible d'être aussi mal élevé ! S'énerva-t-elle aussitôt alors que le gosse s'excusait, encore. - Ce n'est pas grave, Raku-san, je peux en préparer d'autres, fit Onore dans sa gentillesse habituelle avant de donner sa tasse au petit garçon. D'où viens-tu ? Comment tu t'appelles ? - Il vient de la rue. C'est un sale chapardeur, répondit aussi sec la Kunoichi avant de le lâcher et de le pousser loin d'elle. Donne-lui un bain, il pue et il est sale, et habille-le aussi, elle regarda sa main toute grasse avec dégoût. Et puis nourris-le, j'en ai marre de l'entendre geindre. Je vais voir avec Etsu-sama ce qu'on fait de lui. Et elle prit la direction de la porte, laissant Onore câliner l'enfant et le Docteur vérifier l'état de son réchaud. - Ha... et... que fout cette bête là ? Demanda encore la harpie en désignant le cheval. - Dai-san l'a acheté aux transporteurs, firent les deux adultes en cœur. - Hein ? Pourquoi faire ? Les deux haussèrent les épaules et puis Onore avoua avoir vu chez le ronin une certaine satisfaction à faire tirer la charrette par les villageois. Raku prit exactement le même air que son maître en apprenant la nouvelle, obtenant la vengeance qu'elle n'avait pas pu donner et puis elle partit enfin.
Elle déambula dans les couloirs et alla jusqu'à la chambre de Etsu dans laquelle elle s'immisça sans frapper, certaine de l'y trouver. Elle referma soigneusement derrière elle et entama une discussion secrète qui ne regardait qu'eux. *** C'est Etsu qui rejoignit ses deux acolytes une demi-heure après, à la sortie de sa douche, une serviette sur la tête. Il posa ses yeux vairons immédiatement sur Zen, qui avait entrepris de raconter sa vie à une Onore curieuse qui, elle, avait profité de l'occasion pour lui inculquer quelques bases du shintoïsme – lesquelles estimait-elle plus solides que le bouddhisme. Le ronin vint s'asseoir avec eux et observa le garçon, son torse maigrelet et ses dents en moins, imaginant les quelques mésaventures qu'il avait pu endurer dans son orphelinat. « Rien ne vaut une vraie mère », se disait-il, heureux d'en avoir eu une.
Le garçon le regardait avec curiosité, étonné sans doute par la ressemblance entre Etsu et Raku. - Alors, ça fait longtemps que tu voles ? Se décida enfin à demander le ronin, laissant Onore partir préparer le repas et le bain.
Zen n'osa pas répondre immédiatement, ne sachant pas trop à qui il avait à faire. Il avoua ensuite qu'au début, c'était un jeu auquel il se livrait avec son meilleur copain et puis que ça avait fini en habitude. Ils revendaient leurs butins sur le marché dans le but ultime de pouvoir adopter un chien.- C'est la première fois que tu te fais prendre ? Questionna ensuite l'adulte. - Nan, m'sieur. Mais c'est la première fois qu'on m'embarque aussi loin de la ville. D'habitude les gens ils me relâchent dès qu'ils apprennent que j'ai pas de parents. Ou alors ils m'amènent à la milice. Mais ça sert à rien, ils me relâchent aussi. Etsu demanda ensuite s'il avait déjà eu affaire à des ninjas et s'il y en avait dans ladite milice, ce à quoi Zen répondit négativement. - Vous.. vous êtes ninja ? Interrogea-t-il ensuite. Etsu mentit à peine en lui répondant que non et qu'il n'aimait pas les ninjas. Vous faites quoi... ici ? La dame, elle, elle est ninja, pas vrai ? Elle fait peur. - Moi je fais naître et renaître les fleurs, répondit-il simplement avant de se lever et de libérer ses cheveux longs. Ton acte ne peut pas rester impuni... Du coup, en attendant que tu te fasses pardonner, tu vas rester ici. - Je devrais faire quoi ? Fit le petit Zen, les yeux et les oreilles grands ouverts. - Tu vois le monsieur bizarre là-bas ? Etsu désigna Oa du menton. Tu vas l'aider dans ses recherches. 1 Yaken : chien errant |
|  | |  | | | [FB] How to save a life, part 2 | |
|
Sujets similaires |  |
|
| Page 1 sur 1 | | | Permission de ce forum: | Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
| |
| |
| |