|
| | How to save a life, part 1 | |
| <| Message | Auteur | Sujet: How to save a life, part 1 Jeu 11 Nov - 0:21 | |
| L'action se déroule quelques jours après ce rp. Les portes de l'hôpital s'ouvrirent sur deux silhouettes encapuchonnées.
Les deux secrétaires toisèrent le duo qui entrait dans leur univers blanc et, toutes deux d'ordinaire très portées sur les ragots et les niaiseries et ayant malgré tout l'habitude de rencontrer des cas sociaux, se trouvèrent un instant hébétées devant ces tailles sombres comme sorties d'un cauchemar. « Je déteste faire ce boulot » se dit l'une ; « Qu'est-ce qui va nous tomber dessus, encore ? » se dit l'autre avant de replonger son nez dans son vernissage d'ongles.
Les deux sœurs de l'ombre s'étaient quant à elles immobilisées devant l'entrée et attendaient. Sous la capuche de l'une d'elles, deux pupilles s'agitaient de droite à gauche et enregistraient toutes les têtes et tous les éléments présents tandis que l'autre gardait volontairement les yeux posés sur ses pieds.
La plus grande silhouette – celle qui scannait le hall d'entrée – se détachait nettement comme leader du couple, non pas parce qu'elle se tenait plus droite que l'autre ou parce que sa taille seule semblait vouloir défier tout le multi-univers, mais plutôt parce qu'on sentait, malgré la noirceur sur son visage, qu'un nuage de projets obscurs traînait dans le fond de ses yeux. Elle dégageait quelque chose, contrairement à l'autre qui s'écrasait. - Va dans la salle d'attente s'il-te-plait, murmura la première capuche. Ne découvre jamais ton visage et ne parle à personne. Ne dis jamais ton nom, ni d'où tu viens ni pourquoi t'es là. Si on te le demande, dis simplement que tu attends quelqu'un. Si dans une heure et vingt minutes je ne suis pas revenu, pars. Va dans la quatrième rue, la douzième porte. Demande Daarin et dis : « je mangerai les Oni ». La deuxième capuche releva la tête avec surprise, ayant peur de comprendre que maintenant elle se retrouverait seule. - Fais attention, conclut la voix avant d'avancer vers le guichet. *** Quelques minutes après, la silhouette encapuchonnée se faisait guider au travers des multiples couloirs et escaliers de l'hôpital, en direction du centre de recherche. L'infirmière ne chercha pas à nouer le dialogue avec elle ; elle avait très bien compris que son invitée n'était pas du genre à discuter de la pluie et du beau temps avec les sous-fifres des médecins ; d'ailleurs, le nom de celui qu'elle avait demandé à voir avait suffi à lui couper toute empathie.
Le petit voyage se fit donc en silence jusqu'à ce que l'infirmière s'arrête devant la porte du docteur Heiwajima1.
Après une tocade, un petit sourire forcé et une engueulade avec l'autre infirmière attitrée au sujet des plannings mal accordés, la capuche fut invitée à entrer et fut accueillie par une grimace énervée, le genre que produit un imprévu auquel on ne peut pas échapper. La silhouette s'y était attendue, mentir à l'administration ne se faisait pas sans perturbations du système et sans stress et elle comptait bien jouir de cette situation. - Bonjour, je suis Kobato, l'assistante du docteur Heiwajima. Je suis absolument navrée mais l'administration ne m'a pas fait part de votre visite. Pouvez-vous me rappeler votre nom, s'il-vous-plait ? Demanda l'infirmière attitrée de derrière son bureau, le tout dans un sourire presque aussi faux que sa poitrine. La silhouette n'eut alors d'autre choix que de faire tomber sa capuche, laissant découvrir une longue chevelure noire rassemblée dans une natte, un visage fin, des lèvres pulpeuses et rosées, une cicatrice au coin de la joue, mais surtout deux iris vairons dont l'une des couleurs semblait vivre à l'intérieur même de la pupille et laissait apercevoir un monde des plus ineffables. - Raku, répondit simplement la jeune femme qui venait de se découvrir. - 'connais pas. Vous êtes qui, pour Heiwajima-sama, au juste ? - Disons que je suis une patiente des premières heures... Cette fois-ci, Raku agrémenta sa réponse d'un sourire malicieux, lequel suffit à ébouillanter les hormones femelles de l'amante en face d'elle, laquelle eût soudain l'impression de ne pas avoir été informée de toutes les petites aventures de son patron et compagnon. - Hmm... je vois, fit-elle finalement après avoir réfléchi à un stratagème pour tuer son petit ami sans attirer la foule, je vais le prévenir de votre arrivée tout de suite. 1 CF l'Almanach, liste des PNJ récurant.
Dernière édition par Daiki Etsu le Mar 5 Avr - 15:59, édité 3 fois |
|  | |  | Sujet: Re: How to save a life, part 1 Jeu 11 Nov - 16:10 | |
| Raku attendit patiemment, n'essayant pas de cacher sa joie quand elle entendit les premiers verres fuser dans le laboratoire. Heureusement pour elle, la jalousie de l'assistante était plus ardente et plus brûlante que sa curiosité ; un mensonge de moins ça faisait toujours un emmerdement de moins - pour elle, en tout cas.
La main fourrée dans un gant de cuir, elle tripota les bibelots sur le bureau de Kobato, les photos d'une grande, belle et heureuse famille, d'une fillette qui riait et se faisait lécher le visage par un gros chien. « Ça doit pas être désagréable, ça » se dit-elle, légèrement amère avant de reposer le cadre et de se diriger vers la fenêtre où elle s'appuya et observa le parc en contrebas. Malgré l'automne et les feuilles volantes, le domaine restait agréable à voir et surement à vivre. Raku s'autorisa un instant à se souvenir des temps où elle séjournait dans l'hôpital et, malgré ses nombreuses nuits passées ici, elle ne se rappelait pas avoir un jour pris le temps d'aller se promener dans le jardin. « Tant pis, ce sera peut-être pour une prochaine fois ».
Quelques minutes et plusieurs vols de béchers et autres éprouvettes plus tard, une Kobato rouge de colère revint dans le bureau, un escarpin à la main. Elle souffla, remit ses lunettes et sa chaussure en place puis sortit du bureau sans rien dire, le visage tendu. Peu après apparut un blondinet maigrelet, le visage tout aussi rouge mais marqué par la giflée qu'il venait de prendre. Il se tenait arqué, avait un air d'extra-terrestre, une barbe de cinq jours et ne comprenait visiblement rien à ce qu'il venait de se passer. Pas de doute, c'était bien Heiwajima. - Drôle de dame, rigola Raku du fond de la pièce.
Oa sursauta de surprise en la remarquant avant d'approuver de sa voix criarde et de se mettre à râler à cause des dégâts occasionnés. - Ne vous inquiétez pas, Oa-san, elle le paiera, assura la jeune femme. Son œil ocré braqué sur le jardin dans lequel l'assistante était allée se réfugier pour fumer semblait vouloir en dire long sur les différentes façons dont Kobato paierait. Elle le paiera très vite, même. - Ah ? Bon, tant mieux alors. Hors-de-question que j'aille dans le bureau de cet imbécile de directeur pour aller mendier des coupelles. J'ai du boulot, moi ! Et il repartit dans son laboratoire, ignorant totalement la présence d'une inconnue dans son bureau. Raku le regarda partir, bête, n'y croyant qu'à moitié. « Il est pas vraiment repartis là, hein ? » se demanda-t-elle, atterrée, avant de courir à sa suite. - Hey ! Oa ! Je suis pas venue pour m'occuper de ça, moi ! *** - Hey ! Hey !! HEY !! Oa ! Relevez la tête, c'est par ici que ça se passe ! Fit Raku pour la cinquième fois depuis qu'elle avait entamé sa discussion – monologue – avec le médecin.
Sa patience était mise à rude épreuve et, pour l'instant, elle arrivait plutôt bien à se contenter de devoir claquer des doigts devant le nez de Heiwajima pour reprendre son attention.- Arrêtez de lire ce putain de livre et écoutez moi, bordel ! - Quoi ? Quoiiii ?! Quoi encore ?! Vous êtes là pour quoi, déjà ? Raku se pinça l'arrête du nez et essaya d'étouffer son exaspération avant de ré-expliquer la chose le plus simplement possible, histoire de garder un minimum l'attention de cet idiot sur elle :- La mort. J'ai un projet pour vous, sur la mort. - La... mort ? Répéta-t-il, les yeux absorbés par les iris bicolores de la jeune femme. |
|  | |  | Sujet: Re: How to save a life, part 1 Sam 13 Nov - 19:11 | |
| De son côté, la deuxième capuche faisait exactement ce qu'on lui avait demandé, soit : attendre.
Cela faisait déjà vingt minutes qu'elle se retrouvait abandonné dans cette salle sinistre où se mêlaient toutes les âmes en peine de ce monde, toutes les familles qui priaient dans l'angoisse de savoir dans quels états elles retrouveraient leurs proches, si jamais elles les retrouvaient.
N'étant pas très habitué à ce genre de situation, la capuche avait choisi de s'asseoir dans un recoin de la salle d'attente, tout au fond, sur une banquette rouge, entre deux murs creux. Sa place lui offrait le double avantage d'être plutôt isolée et de se trouver pile en face de l'horloge murale. De fait, elle n'avait qu'à lever les yeux pour lire l'heure, sans avoir à montrer son visage. Elle espéra que sa camarade capuche serait fière de cette initiative, même si ce n'était jamais qu'un choix de siège, c'était avant tout un bon choix.
Finalement, devoir garder sa capuche était un exercice plus difficile que ce qu'il paraissait. Sous cette toile noire, la petite silhouette, toujours aussi ratatinée sur elle-même, commençait à avoir sérieusement chaud. Le stress était évidemment de la partie et ne lui facilitait pas la tâche. En fait, l'encapuchonnée numéro deux était tellement stressée qu'elle se tordait mécaniquement les doigts, à défaut de pouvoir évacuer son angoisse en parlant – ce qu'elle avait l'habitude de faire. Les contorsions violentes et presque démentes de ses mains attirèrent d'autant plus l'attention que la personne qui les remarqua ne pouvait pas lire l'expression de son visage.
Compatissant, et le cœur sur la main, on s'approcha de la capuche anxieuse et posa une main sur son épaule.
- Sssa vvva bien ?
Dans l'ombre de la toile, les deux yeux de la silhouette étaient sortis de leurs orbites et des gouttelettes de sueur étaient immédiatement nées dans tous les recoins de son corps bouillant. « Ne parle à personne », avait ordonné sa complice, mais elle ne se sentait décidément pas capable d'ignorer cette main sur son épaule. Elle n'était pas comme ça, elle ; elle n'était pas forte, elle ne pouvait pas faire abstraction des gens ; elle ne se méfiait pas des autres.
- J-je... j'attends quelqu'un... murmura-t-elle en s'enfonçant dans son siège, espérant timidement qu'on ne lui parle plus.
- Ah 'ui ? Moi ausss'i ! Répondit le petit garçon qui était venu s'asseoir sur le coussin voisin. Z'attend mon père ! Il ssse ffffait enlever des boutons aux ffffessses. Moi je me sssuis fffait enlever une dent, tu vvveux vvvoir ?
Et sans attendre de réponse, il se pencha devant la capuche et lui montra une bouche grande ouverte sur sa dentition.
- Ch'est ch'elle-là ! T'as vvvu ? T'attends qui, toi ? Demanda-t-il en reprenant sa place.
Tétanisée par la peur d'avoir été vue, et malgré tout contente de pouvoir se détendre dans une discussion des plus futiles, l'encapuchonnée numéro 2, pleine de grâce et d'insouciance, se rassura en se disant qu'un enfant ne pouvait décidément pas mettre en danger sa mission et encore moins celle de sa complice ; après tout, cette dernière exagérait toujours beaucoup trop les choses et puis, si ce gamin avait vu son visage en se penchant, il y avait toujours de grandes chances qu'il ne s'en souvienne plus dans une heure. Au pire, il n'avait pas assez de vocabulaire pour faire une description précise de ce qu'il avait vu.
- J'attends un ami.
- Il ssse fffait enlevvver kek'sssoz' ausssi ?
- Pas vraiment, non... chuchota-t-elle en jeta un coup d'œil sur l'horloge. |
|  | |  | Sujet: Re: How to save a life, part 1 Mer 22 Déc - 5:22 | |
| Une heure s'écoula facilement sans que l'encapuchonnée numéro deux ne remarque rien ; la conversation avait réussi à lui faire totalement oublier l'angoisse et l'horloge lorsque, il y a de ça une bonne demie-heure, le chapitre sur les danses folkloriques avait été abordé et que tous les impatients de la salle s'étaient joints à la discussion pour chacun y apporter son petit délire perso'.
Bien évidemment, Raku pèterait un câble en apprenant que sa tête-en-l'air de comparse n'était pas partie à l'heure demandée et avait attiré toutes les attentions ; qu'elle n'avait pas suivi le plan, et Raku avait une sainte horreur des idiots qui ne suivaient pas les plans. Mais ce petit couac entre les deux capuches ne serait jamais rien de grave ; Raku ne disjoncterait vraiment que lorsqu'elle découvrirait que l'incapable qui lui servait de camarade avait révélé un élément clé de son identité, une erreur irréparable, susceptible de faire foirer leur effort d'anonymat et avec lui le plan tout entier.
L'encapuchonnée numéro deux avait donc de sérieux soucis à se faire ; une punition irrémédiablement horrible planait au-dessus de sa tête, invisible, occultée par l'enthousiasme de la conversation.
- Et donc, chez moi, au village de Bokkoushou, pas très loin d'Iwa, nous avons différentes sortes de danses et de chants. On aime bien danser et chanter en même temps ; on le fait souvent pour les Kami. Je crois qu'ils aiment bien ça aussi, c'est gaie, c'est vivant, c'est...
- C'est chouette ? demandèrent en coeur les quatre parties de la discussion.
- Oui, voilà, c'est très chouette ! Tu sais ce que c'est un Kami ? Demanda l'insouciante au garçon à ses côtés, le premier avec qui elle avait parlé.
- Non.
- Ton papa ne t'en as jamais parlé ?
- Non.
- Et ta maman, elle t'en a parlé ?
- Non.
Elle demanda aux deux adultes et à l'adolescent présents si eux avaient quelques notions shintoïstes. Hélas les réponses ne furent pas très claires, voire même carrément gênées, et déçurent complètement la capuche jusque là persuadée que sa religion était partout et par tous avérée.
- Oh... Eh bien... Je vais vous expliquer ce que sont les Kami, dans ce cas, sourit-elle aimablement.
- Non, je crois pas, non, les interrompit une voix sombre juste à côté d'eux, éclairée par deux pupilles embrasées sous la noirceur d'une haute capuche.
D'un coup, les folklores et les Kami n'étaient plus aux goûts du jour de la salle d'attente de l'hôpital ; il n'y avait plus que cette silhouette noire et l'impitoyable trotteuse qui tic-taquait sourdement au-dessus d'eux tous. |
|  | |  | | | How to save a life, part 1 | |
|
Sujets similaires |  |
|
| Page 1 sur 1 | | | Permission de ce forum: | Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
| |
| |
| |