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Corruption quand tu nous tiens

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MessageSujet: Corruption quand tu nous tiens Dim 3 Oct - 21:04

De doux rayons vinrent caresser délicatement son visage, provoquant ainsi son réveil. Comme chaque jour depuis maintenant plusieurs mois, il se levait avec le soleil, d'un geste mécanique, tel un automate. Il semblait que chacun de ses pas était calculé à l'avance, suivant ainsi la même trajectoire que la veille, ainsi que de l'avant-veille. Ouverture de la fenêtre, toilette, revêtement de ses habits les plus somptueux, fermeture de la fenêtre, pliage des draps. Chaque matin, il s'agissait du même rituel, sans qu'aucun détail ne vienne chambouler toutes ces habitudes. En des moments comme ceux-ci, on pouvait se demander si l'ancien Sû était réellement humain ou s'il ne s'agissait tout simplement pas que d'une simple enveloppe charnelle, dépourvue d'une quelconque âme. Et pourtant, une âme il en avait bien une. Meurtrie, mais c'en était une tout de même...

Il sortit de son modeste appartement, descendit quelques escaliers et arriva rapidement dans une des artères principales du village. À cette heure-ci, elle n'était pas très fréquentée, mais d'ici quelques minutes, elle serait bondée. Ariake profita donc de ce seul moment de répit et se hâta à travers les ruelles presque quasi déserte de cette forteresse encore endormie. Il avait un pas déterminé, il ne faisait nul doute qu'il savait où il se dirigeait. Il semblait connaître le chemin avec une précision déconcertante, se repérant dans des dédales de ruelles sombres avant d'arriver sur une grande place pavée. Celle-ci était cerclée de commerces et d'échoppes en tout genre. Cela allait du simple marchant de fruit, aux stylistes le plus réputé du pays.

C'était donc dans cette étrange mixité qu'il était arrivé, cherchant du regard un endroit bien particulier. Ses yeux se posèrent alors devant une grande bâtisse en forme de dôme. Pour une personne totalement banale, il ne s'agissait que d'un établissement comme un autre, mais pour quelqu'un de plus cultivé, cela signifiait tout autre chose. Il s'agissait en fait d'un restaurant très somptueux, à la décoration luxueuse et dont la clientèle était les plus haut-notables de Suna. D'ailleurs, seuls ceux-ci en avait l'accès, ce qui en faisait un endroit très privé et aussi très prisé. Les banals villageois s'amusaient à raconter des rumeurs, comme quoi les couverts étaient en or et les sièges de marbre. Bien entendu, ceci n'était pas vraiment le cas.

Malgré le caractère privé de cette bâtisse, le militaire y avait ses accès, bien qu'il ne fasse pas partie des haut-dignitaires du village. Il connaissait tout simplement le gérant et avait donc obtenu des passes, avec des méthodes peu orthodoxes. Le plus surprenant, fut que les deux hommes avaient fini par s'entendre, nonobstant la violence de leur première rencontre. Ainsi, ce n'était plus par obligation, mais par une certaine amitié qu'Ariake pouvait ainsi circuler dans un endroit aussi prestigieux. De toute façon, sa prestance naturelle faisait qu'il se fondait parfaitement dans cette masse de personnes importantes.

Il avança jusqu'au bâtiment et s'arrêta sur une dalle qui était un peu en saillie. Celle-ci s'enfonça légèrement sous son poids et les deux grands battants sculptés de scènes d'un autre temps, s'ouvrirent lentement. Ils laissèrent alors entrevoir une immense salle qui n'avait rien à envier à ce qu'en avait fait les rumeurs. Peut-être que les couverts n'étaient pas en or et les sièges en marbre, mais il fallait avouer que la décoration était des plus somptueuses. Au plafond, il pendait de riches lustres sertis de pierres précieuses. Au mur, de magnifiques tableaux, œuvres d'un grand maître, décorés la salle. Au sol, le parquet était d'un bois extrêmement clair, parfaitement lustré, de sorte que nous puissions presque voir notre reflet. Bref, cette salle transpirait de richesses.

L'ancien haut-gradé s'avança alors vers le patron et lui serra la main de façon viril. Ils échangèrent rapidement quelques mots et l'homme tout de blanc vêtu s'assit à une table, dans un coin de la pièce, à l'abri de toutes personnes qui seraient un peu trop curieuses. Mis à part le patron et lui, il n'y avait encore personne. Il était encore un peu trop tôt, mais Ariake avait préféré venir en avance, de sorte qu'il puisse avoir cette place précise. S'il était ici, ce n'était pas pour rien. Il avait quelque chose à accomplir et n'allait certainement pas tarder à le faire. Il était sûr de lui, sûr de ne pas faillir dans cette tâche. Comme à chaque fois, il avait un plan derrière la tête et s'il le suivait scrupuleusement, il ne pourrait que réussir. Telles en avaient été les choses jusqu'à présent.

Après quelques heures, l'endroit ne fut pas plein, mais un bon tiers fut occupé par des personnes importantes et richement vêtus. Il s'agissait là de riches bourgeois ou de politiques influents. Tous étaient réunis pour discuter de sujets divers et variés, mais qui étaient d'un « niveau intellectuel supérieur », comme ils aimaient si bien dire. L'ancien Sû les méprisait quelque peu, sachant parfaitement que si on leur retirait toute leurs richesses, ils ne seraient strictement plus rien. Il en aurait presque éprouvé de la pitié, mais de telles personnes ne le méritaient pas.

Le temps s'écoulait lentement, au rythme du bruit ambiant de la pièce, quand soudain un homme à l'air grave s'approcha et vint s'assoir en face de lui. Il arborait une riche parure blanche, ouvragée dans de la soie et agrémentée de riches broderies argentées. Il était plutôt grand et avait un maintient bien droit, lui donnant ainsi un certain charisme. Ses cheveux mi-longs et d'une lueur grisâtre, encadraient un visage rude, tiraillé par quelques rides. Il semblait soucieux et à la fois curieux de savoir ce que lui voulait l'ancien haut-gradé.

« Bien le bonjour, cher conseiller Midara.
– Nous connaissons-nous ?
– Je vous connais très bien, mais on ne peut pas dire que cela soit réciproque.
– Mais qui êtes-vous et, que voulez-vous ?
– Qui je suis n'a aucun intérêt, ce que je veux en a déjà plus. »

Les deux hommes se dévisagèrent l'un l'autre, dans un silence pesant et oppressant. Tandis que le visage d'Ariake restait impassible, celui de Midara semblait se décomposer un peu plus à chaque seconde, redoutant ce que son interlocuteur lui voulait. Il déglutit bruyamment et osa reprendre la parole.

« Bien, je vous écoute. Si vous m'avez fait venir à cette table, ce n'est pas pour rien je suppose.
– Bien... Je ne sais pas si vous êtes au courant, mais il m'a semblé entendre que vous aimiez bien les jeunes femmes, qui plus ait, celle que l'on a pas besoin de séduire. Pour un père de fam...
– Comment savez-vous cela !
– Laissez-moi finir je vous prie. Je disais donc que pour un père de famille et un conseiller du village, ce n'était pas ce qu'il y avait de plus élogieux... Qui plus ait, vous avez peut-être entendu qu'un certain Yoshimi, un grand homme sans aucun doute, commençait à se faire connaître. Tandis que Sanada, lui et restait assez inactif, même en ces périodes de troubles... Si vous voyez ce que je veux dire...
– C'est du chantage que vous me faîtes ?!
– Du chantage ? Pas exactement... »

Après ces mots, il laissa planer un seconde silence, beaucoup plus court cette fois-ci. Il chercha à l'intérieur de son vêtement et en sortit alors une bourse et une petite carte dorée. Lorsqu'il posa la bourse sur la table, celle-ci émit un petit tintement reconnaissable. Ariake put alors voir une étincelle dans les yeux de ce politicien véreux...

« Inutile de vous préciser ce qui se trouve dans cette bourse... Quant à cette petite carte, il s'agit en fait d'un pass privé vous donnant un accès gratuit et spécial à des établissements comme le Shogun ou encore l'Akiwagaya, que vous devez déjà connaitre. Vous comprendrez donc que le terme de chantage n'est pas très approprié. Parlons plutôt d'un échange de bons précédés.
– Je vois, je ferais mon possible.
– Cela ne fait aucun doute, je connais vos talents d'orateur. De toute façon, vous n'avez pas le choix, vous savez parfaitement ce qui pourrait vous arriver...
– Oui oui ! Vous pouvez compter sur moi !
– Dans ce cas, au revoir conseiller Midara. Je ne vous connais pas et vous non plus... »

L'ancien Sû se leva et se dirigea alors vers la sortie, laissant derrière le politicien qui soupesait la bourse et admirait la carte. Visiblement, il semblait le plus comblé des hommes. Ariake soupira. Cela s'était passé comme il l'avait prévu, au moindre détails prêts. Il était sûr que l'homme ferait son nécessaire, sans faillir à sa tâche. Pour cela, il ne lui avait fallu que d'une petite menace et de quelques offrandes. Décidément, le militaire commençait à perdre tout espoir dans les êtres-humains...

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MessageSujet: Re: Corruption quand tu nous tiens Sam 6 Nov - 21:35

Locké et archivé [06/11/2010]

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