|
| <| Message | Auteur | Sujet: Lueur nocturne Dim 5 Sep - 18:16 | |
| La lune, dans sa parfaite rondeur, arborait une lueur saturnienne, voilée par quelques nuages éparses dans un ciel sombre. Les étoiles essayaient de se frayer un chemin à travers ces masses cotonneuses, mais ne réussirent à montrer leur éclat que par intermittence. Soudain, une d'entre elle s'éteignit dans le noir de la voute céleste, dans le plus parfaite anonymat. Elle ne scintillait plus et ne scintillerait plus jamais. Un bien triste augure pour la personne qui était rattachée à cet astre, symbole d'une fin proche et imminente. Dans cette nuit profonde, un silence macabre s'était abattue. Seul le hululement d'un rapace nocturne vint déchirer la sérénité du moment.
À travers une ruelle, on put entendre le chuchotement intense de quatre hommes. Leurs pas étaient étouffés par le sable et des éclairages défaillants projetaient leur silhouette sur le mur. Les ombres se mouvaient dans une danse sinistre, reflétant alors des contours difformes, provenant de créatures infernales. La première, qui semblait guider les autres, était en réalité un homme d'une grande stature, entièrement drapé de blanc. Une étrange expression parcourait son visage, à peine remarquable. Les autres, étaient de tailles plus modestes, mais semblaient néanmoins plus costauds, arborant une musculature saillante. Tous quatre s'échangeaient quelques plaisanteries salaces et bon enfant, tâchant de dissimuler au mieux des rires hétérogènes.
Un geste de main froid et solennel, et tous se turent, retrouvant leur sérieux. Le premier homme les avait interrompus, une fois arrivé devant une bâtisse imposante. Chacun l'observait attentivement dans cette pénombre. L'architecte avait fait un magnifique travail, liant à la fois symétrie et fantaisie dans un ensemble des plus somptueux. Les traits nets et rectilignes cohabitaient ainsi avec de larges courbes somptueuses. Si l'endroit avait été mieux éclairé, ils auraient pu distinguer la couleur ocre et jaune sable du bâtiment. Il y avait donc non seulement une harmonie dans les formes, mais aussi dans les teintes. En somme, l'homme qui avait fait construire cette maison n'avait rien d'un citoyen lambda. Ce fut d'ailleurs pour cela que ces quatre ombres dans la nuit étaient là...
« C'est ici Ariake-sama ? – Visiblement il a les moyens... – C'est le moins que l'on puisse dire. – En effet, c'est bien là... Wataru, l'homme qui nous intéresse et certainement le restaurateur le plus fortuné de Suna. Néanmoins, il semble éprouver quelques réticences à payer, malgré les menaces d'Iwata-san... »
En réalité, l'homme drapé de blanc n'était autre qu'Ariake, accompagné de certains des sbires de son ami. Ceux-ci s'appelaient respectivement : Usaji, Takao et Norifumi. Bien que ces trois-là ne fussent pas jumeaux, ils étaient en tous points comparables. Ils avaient la même carrure imposante et des muscles non dissimulés, ne faisant que refléter leur caractère robuste et bagarreur. En somme, la caricature parfaite de l'homme de main obéissant et dont la capacité à réfléchir intelligemment restait à prouver. Seuls leur visage et leur chevelure permettaient de les distinguer. Usaji avait les cheveux courts et une longue balafre parcourait son visage. Takao lui, était chauve et avait un faciès rude, mais néanmoins banal. Le seul qui semblait être le plus raffiné, fut Norifumi. Celui-ci avait de longs cheveux bruns, qu'il attachait en une longue natte descendant le long de son dos. Son visage aux traits fins et délicats, contrastait beaucoup avec son corps musculeux. En réalité, il n'était guère plus intelligent que les autres, bien que l'ancien Sû avait déjà pu constater sa justesse d'esprit dans certaine occasion. En somme, il était le compagnon idéal pour une tâche comme celle qu'ils allaient effectuer.
En effet, Wataru tenait une grande chaîne de restaurants et le temps où il n'était qu'un simple cuisinier était révolu. Aujourd'hui, il était surtout le patron d'une entreprise florissante. Seulement, cet essor avait un coup. L'homme avait commencé à implanter plusieurs restaurants dans une zone particulière du village, la zone de contrôle d'Iwata. Tous les commerçants qui se trouvaient dans cet endroit particulier devaient lui payer une taxe, sous peine de représailles. Au début, Wataru s'était plié sans broncher et payer régulièrement le mafieux, selon les termes de leur accord oral. Seulement, le succès et l'argent lui montèrent à la tête, ce fut à ce moment qu'il ne versa plus le moindre riyo. Il ne voyait pas pourquoi il devait se plier à un petit chef mafieux qui menait quelques malfrats à la baguette. Cet affront fut la première erreur. Mais ce petit chef mafieux décida de lui accorder une seconde chance, lui rappelant qu'il pourrait très bien se retrouver dans une situation fâcheuse s'il ne coopérait pas. Il refusa. Ce fut alors son ultime et dernier affront. À cela, Iwata ne mit pas longtemps à réagir et ce fut ce qui expliquait la présence de ces quatre hommes.
Ariake n'aimait pas trop faire les sales besognes, mais il n'avait pas le choix. Il s'était d'ailleurs porté volontaire pour cette mission et ne pouvait donc plus faire marche arrière, même si le cœur y était. Il avait eu du mal à supporter ces trois lourdauds à l'humour potache. Leur présence l'exécrait au plus haut point et à chacun de leurs mots, il aurait voulu mettre ses mains autour de leur cou et serrer aussi fort qu'il put. Plus que tout, il avait dû participer à leur conversation des plus inintéressantes... Il avait dû se rabaisser à leur niveau et rien qu'à cette idée, une haine profonde l'envahissait. Bien évidemment, il ne faisait pas cela par charité, il avait de tous autres desseins derrière la tête, bien plus ambitieux. Tout cela faisait partie de son plan et rien ne pourrait lui empêcher, pas même ces trois balourds...
Dernière édition par Ariake le Mer 8 Sep - 22:30, édité 1 fois |
|  
 Nombre de messages: 372 Age: 17 Nindô: Qu'importe que le chat soit noir ou blanc, du moment qu'il attrape la souris. Date d'inscription: 10/06/2010
| |  | Sujet: Re: Lueur nocturne Mer 8 Sep - 22:29 | |
| L'imposante porte, pourtant solide, vola à l'intérieur de la bâtisse avec une facilité remarquable. Elle s'abattit quelques mètres plus loin dans un craquement sourd. À cette heure-ci, aucun voisin ne risquait d'apercevoir la scène et, même si cela était le cas, Usaji resté à l'extérieur, dissuaderait n'importe quel badaud. Étant suffisamment rassuré, les trois autres hommes disparurent à l'intérieur de la bâtisse, sans prendre de précaution particulière. Une fois qu'ils eurent passés le hall, ils pénétrèrent dans une autre salle, largement plus vaste que la précédente. Elle était entièrement plongée dans le noir, la lumière des éclairages extérieurs ne réussissant pas à pénétrer jusque là. Un petit bruit se fit entendre. L'instant suivant, de nombreux néons s'éclairèrent, envahissant l'endroit d'une lumière blanche aveuglante. Les trois individus, s'adaptant peu à peu à cette soudaine lumière, crurent voir quelque chose qui les laissa sans voix...
Cela aurait pu être un effet d'optique, ou bien tout simplement une hallucination collective, mais ce qui se trouvait devant leurs yeux n'était que le fruit de la réalité. Au milieu de la pièce, telle une statue, un homme gigantesque était positionné là, les bras croisés. Il était grand, très grand... trop grand. Même l'ancien Sû, qui avait l'habitude que la plupart des hommes soient plus petits que lui, n'arrivait même pas à la poitrine de l'individu. Il était colossal, un vrai géant. Tous trois doutèrent du caractère naturelle de cet individu. Étant normalement proportionné, ses cuisses et ses bras ressemblaient plutôt au tronc d'un arbre plusieurs fois centenaires. Son torse dépourvu de quelconque habit, laissait alors apercevoir des muscles pectoraux stupéfiants. Tous ses membres semblaient être faits de roche, tel un golem. Jamais il n'avait été donné à Ariake de voir pareil individu. Malheureusement, ils devraient l'affronter. Tel Cerbère gardant les Enfers, ce géant préservait Wataru d'éventuelles visites.
Soudain, Takao et Norifumi se lancèrent d'un commun accord sur cette montagne de muscles. L'ancien haut-gradé ne put alors que se lamenter sur la stupidité de ses deux acolytes. Tous deux furent saisi avant qu'ils ne tentent quoi que ce soit, chacun prisonnier dans une main géante. Quelques secondes plus tard, ils s'écrasèrent sur le mur du fond, dans un fracas sourd mêlé de plaintes. Ayant entendu ce bruit, le balafré qui montait la garde, se jeta dans la pièce. Voyant ses deux amis à terre et cet être imposant au milieu de la pièce, il comprit vite la situation. Il s'élança sur cette brute et subit alors le même sort que ses compagnons, si ce n'est qu'il atterrit violemment sur une table, qui céda sous son poids. Il n'y en avait décidément aucun pour rattraper l'autre se dit Ariake. Apparemment, il n'avait guère le choix que de se frotter seul à ce colosse. Soit. Il en serait ainsi. Le seul inconvénient, c'est qu'il ne devrait le combattre qu'au corps à corps, ne pouvant montrer une de ses techniques à ces trois pseudos mafieux...
« Usaji, Takao, Norifumi, restez à l'écart ! Je vais m'en occuper. Ce géant ne me fait pas plus peur qu'une pucelle le soir d'une fête estivale. »
En voyant les trois hommes à terre, il ne put avoir que de la pitié, mais il prit soin de s'adresser à eux avec un ton affectueux et rassurant. Il ne pouvait se permettre d'être méprisant, cela ne serait pas en accord avec le rôle qu'il avait joué jusque là. De plus, cette nuit semblait être l'occasion rêvée de leur montrer sa suprématie. Il s'était déjà fait bien voir par plusieurs hommes d'Iwata, mais n'avait pu bénéficier d'une telle aubaine, que celle qui se présentait à l'instant. Ils le tiendraient en respect et raconteraient certainement cette anecdote aux autres. Au fil du temps, Ariake avait compris comment ces individus fonctionnaient et ce n'en était devenu que plus simple de les manipuler. Il savourait déjà cette minime gloire. Il se voyait, refusant certains compliments avec une certaine modestie, favorisant encore son image. Oui, tout était prévu. Le dispositif était lancé et plus rien ne pourrait l'arrêter... ou presque.
En effet, il avait crié victoire un peu trop vite. Visiblement son adversaire avait un minimum d'intelligence et n'avait pas beaucoup apprécié la comparaison précédente. Il grogna, montrant alors une mâchoire démesurée et une dentition étrangement soignée. Il n'attendit pas plus longtemps et s'élança sur l'homme drapé de blanc, en de puissantes enjambées qui firent vibrer le sol. Arrivant rapidement vers sa cible, il lui décocha un coup de poing titanesque dans l'abdomen. À ce contact qu'il n'avait pu empêcher, Ariake cracha une gerbe de sang, avant d'être projeter plusieurs mètres plus loin. L'immense main s'était abattue sur lui tel un jugement divin, implacable et soudain. Sa respiration était courte et une innommable douleur le plia en deux. Des rides de souffrance froissaient son élégant visage. Il n'avait fallu que d'un seul et unique coup pour le mettre dans un état pareil. La suite des évènements risquaient de fortement compromettre ses plans... [hrp : à suivre] |
|  
 Nombre de messages: 372 Age: 17 Nindô: Qu'importe que le chat soit noir ou blanc, du moment qu'il attrape la souris. Date d'inscription: 10/06/2010
| |  | Sujet: Re: Lueur nocturne Sam 11 Sep - 23:29 | |
| Le colosse ne lui laissa pas même quelques secondes pour récupérer de ce coup violent, il chargea tout aussi puissamment, dans une détermination bestiale. Cette fois-ci, malgré sa douleur, Ariake put éviter à temps le poing de son adversaire, qui se fracassa contre le sol, laissant un profond impact. Il ne pourrait encaisser plus de deux coups, le troisième lui serait fatal à coup sûr. La situation était à son désavantage, mais il ne se laisserait pas faire. Il tentait de rassembler ses esprits, tâchant de trouver un moyen de se débarrasser de ce monstre, malgré le mal qui le tiraillait. Il cracha quelques gerbes de sang par terre, l'assombrissant d'une teinte écarlate. Il fallait qu'il ruse et il avait bien une idée derrière la tête, cependant celle-ci nécessitait des conditions qui n'étaient pas encore rassemblées en ce moment. Il fallait absolument qu'il résiste aux assauts de son adversaire jusqu'à ce que le moment opportun se présente.
La douleur se dissipait peu à peu, laissant tout de même derrière-elle des séquelles non négligeables. L'ancien Sû se trouvait devant le géant, à quelques mètres de lui. Il ne suffirait qu'une seule enjambée de ce dernier pour l'atteindre et lui asséner un autre coup mortel. Ariake se ravisa et fit un petit bond en arrière, de sorte qu'il puisse anticiper la prochaine tentative adverse. Il évita d'ailleurs juste à temps un coup de genoux qui, s'il ne l'avait pas éviter, lui aurait certainement briser la cage thoracique. À chaque coup, il esquivait et se positionnait à une distance adéquate pour éviter de nouveau. Il joua à ce petit jeu pendant plusieurs minutes, essayant ainsi de fatiguer ce colosse, mais rien dans son attitude ne transcrivait une quelconque fatigue. L'ironie du sort, fut que ce petit stratagème l'éreintait lui, plus que son adversaire. Cela ne menait à rien et ne lui vaudrait certainement pas le respect des trois hommes qui regardaient ce combat avec attention. Non. Décidément, il fallait que les choses aillent plus vites.
Après avoir évité un puissant coup de pied, il fit une roulade et se retrouva à trois grandes enjambées de son adversaire. Le temps suffisant pour se préparer correctement. Il ôta sa cape et la jeta soigneusement derrière lui, dans un somptueux mouvement. Vêtu désormais de son unique tunique blanche, il pourrait se mouvoir avec un peu plus d'aisance, symbole même qu'il n'allait plus se contenter d'adopter une posture défensive. Cela pouvait paraître risible, mais il était décidé à attaquer cette masse de muscles. Alors qu'il s'élançait tout droit vers lui, il put remarquer un regard surpris de la part des trois spectateurs. D'ailleurs, ce ne fut pas les seuls à être surpris, son adversaire l'étant tout aussi, ne fit aucun geste pour bloquer l'assaut. Ariake, utilisa alors ses jambes comme des ressorts, prit une impulsion et dirigea son poing vers le menton du colosse. Contre un homme normal, ce coup aurait pu être fatal, mais son adversaire ne cilla même pas une seconde. Un sourire carnassier se dessina alors sur ses lèvres, montrant tout son sadisme.
Saisi par le cou, il ne put rien faire d'autre que de gigoter comme un ver, à l'intérieur de la paume puissante de l'homme. Ariake, de ses deux mains minuscules, saisit plusieurs doigts et avec stupéfaction, réussit à les retourner difficilement. Libre, il tomba violemment au sol, il massa de ses doigts langoureux l'endroit où avait opéré la strangulation. Encore une fois, il avait frôlé la mort, mais cette volonté qui l'animait le rendait plus fort. Il ne pouvait se permettre de périr à un moment pareil. Ce monde n'attendait que lui pour être régi. Il avait encore beaucoup trop de choses à faire avant de périr. Toutes ces heures, tous ces jours, où il avait pris soin d'organiser scrupuleusement le déroulement de son plan, ne pouvaient être vains. Il ne pouvait mourir avant d'avoir atteint ce qui lui était promis.
Son adversaire, après un cri rauque tenta de le saisir de nouveau, en vain. L'ancien haut-gradé le narguait, effectuant devant lui une danse martiale. Évitant les coups et en assénant avec une grâce sans nom. Le but n'était pas de causer une quelconque blessure à ce géant. Il ne pouvait franchir cette barrière de muscle qui se dressait à chacun de ses assauts. Non. Ce qu'il cherchait plus que tout, c'était à désordonné le colosse. À vrai dire, cela fonctionnait plutôt bien. Ses gestes devenaient confus, brouillons, mais aussi plus imprévisibles. Ce dernier point était en soi un danger, mais il prenait le risque, tâchant d'éviter les coups.
On ne pouvait s'en rendre compte si l'on se plaçait au niveau des deux belligérants, mais les spectateurs purent voir que ceux-ci reculaient à chaque fois de quelques pas. Ariake menait la danse et dirigeait tout droit son adversaire vers un endroit précis. Finalement, il avait décidé de lui même provoquer les circonstances nécessaires à l'application de son stratagème. Il n'avait alors rien trouvé de mieux que de mener ce jeu dangereux, rendant de plus en plus furieux le colosse. L'intensité de ses coups allaient en croissant et ne pas en éviter, ne serait-ce qu'un seul, serait synonyme de mort. Dans sa poitrine son cœur battait à folle allure, rythmant cette danse périlleuse. Plus il approchait du but, plus l'excitation se faisait sentir. Il y était presque. Encore quelques mètres et il enverrait ce monstre dans l'au-delà.
Soudain, alors que son adversaire frappa le sol au niveau d'une tache de couleur brune, un sourire non dissimulé se dessina sur le visage de l'ancien Sû. Les pieds du géant, étaient eux aussi positionnés à l'endroit où se trouvait une auréole sombre et il ne semblait plus pouvoir bouger. En réalité, ces taches étaient du sang d'Ariake, qu'il avait précédemment craché suite au violent impact qu'il avait reçu dans l'abdomen. Subtilement, il en avait profité pour y mêler la matière visqueuse qui lui servait à créer ses toiles. En somme, son adversaire se retrouvait dans une posture étrange, ne pouvant offrir que son bras gauche comme seule défense. Il était piégé et ne pouvait plus se défaire.
Le genin profita alors du tremplin offert par le bras invalide du géant, pour atterrir sur ses épaules démesurées. Saisissant fermement de ses jambes la tête de son adversaire, tel un étau, il pivota vers la gauche et un petit craquement se fit entendre. L'action s'était passée rapidement et les spectateurs ne se rendraient jamais compte qu'il avait finalement usé de ses techniques pour le vaincre. Le colosse s'effondra lourdement au sol, sans vie, et des acclamations se firent entendre. Ariake n'en tint pas compte immédiatement, observant le regard vide de ce qui fut jadis son adversaire. Il avait été vaillant et ne serait-ce que pour cela, il méritait un profond respect. L'ancien Sû passa alors délicatement sa main sur son visage, abaissant ses paupières, puis alla chercher sa cape pour recouvrir partiellement son corps... inerte.
Il ressentait quelque chose d'étrange qu'il ne pourrait décrire. Était-ce du remord ? Peut-être. Il n'en savait rien. Il aurait pu paraître heureux de s'être débarrassé de cet obstacle, mais il ne le fut pas. La méthode qu'il avait utilisé pour le vaincre n'était pas digne. Un tel combattant ne méritait pas une mort aussi funeste et pourtant... La vie était faite d'injustices et on s'en accommodait pourtant si bien. Soit ! Il en serait ainsi. Une flamme ardente se réveilla en lui, domptant alors son sentiment de malaise. Quelque chose de fort émanait en lui. Ses projets aboutiraient en quelque chose de noble, mais pour cela, il ne pouvait s'attardait sur les victimes qu'il ferait...
« Bravo Ariake-sama, vous avez été splendide ! – Depuis le début vous jouiez avec lui pour le tromper et lui asséner ce coup décisif ! – En effet, vous avez été remarquable ! – Merci à vous, mais cessons là ces flatteries. Nous n'avons pas encore eu ce que nous étions venus chercher. – C'est vrai. Allons trouver ce chacal de Wataru ! » [hrp : suite et fin au prochain post] |
|  
 Nombre de messages: 372 Age: 17 Nindô: Qu'importe que le chat soit noir ou blanc, du moment qu'il attrape la souris. Date d'inscription: 10/06/2010
| |  | Sujet: Re: Lueur nocturne Mer 15 Sep - 22:38 | |
| Après avoir grimpés un escalier d'un bois massif et d'une teinte étrangement clair, les quatre hommes arrivèrent à l'étage. Entendant des gémissements venant d'une porte située à leur droite, ils ne se firent pas prier et débarquèrent alors dans une vaste pièce, richement décorée. Tout ici évoquait le luxe, que ce soit les meubles, les tapisseries ou bien encore les somptueux lustres qui ornaient le plafond. Pourtant, la personne qui possédait tous ces biens ne méritait pas une telle opulence. Cette personne n'était autre que Wataru et ce dernier s'était blotti dans un coin de la pièce, pleurnichant et prononçant des mots complètements inaudibles. Il tremblait de tout son être, comme si la Mort était elle-même venue le chercher. Cette comparaison n'était en réalité, pas si fausse que cela. Chacun des hommes avançaient lentement et leurs pas résonnaient lourdement sur la paquet, leur rythme rappelant celui d'une horloge. Oui, le temps était compté pour ce gros homme, qui aurait certainement voulu revenir plusieurs jours en arrière. Hélas, on ne pouvait modifier le passé...
Usaji, aidé de Norifumi, le saisirent par le bras et l'emmenèrent dans une pièce adjacente qui s'avérait être la salle de bain. Cette dernière était encore plus luxueuse que le reste de la maison, mélangeant habilement l'ivoire et l'or. Les quatre hommes n'avaient jamais rien vu de plus somptueux, mais ils ne s'attardèrent pas sur ces quelques détails. Takao sorti deux bassines et l'ancien Sû se chargea de les remplir, l'une avec de l'eau bouillante et l'autre avec de l'eau glacée. Les jambes du restaurateur ne réussirent bientôt plus à le maintenir debout, redoutant ce qu'il allait lui arriver. La peur qui l'envahissait aurait pu simplement suffire comme punition. Seulement, on ne s'élevait pas contre le clan mafieux le plus influant du village. Cela, il allait s'en rendre compte bien assez tôt.
Tandis que le chauve et le balafré s'occupaient de maintenir Wataru, Norifumi lui maintenait la main dans l'eau bouillante, alors qu'Ariake lui plongeait la tête dans l'eau glacée. Le gros homme gémissait, mais ses plaintes se noyaient en quelques bulles qui remontaient à la surface. Il gesticulait, essayant d'échapper à cette torture, mais c'était peine perdu. L'ancien Sû lui sortit la tête de l'eau, lui laissant reprendre son souffle pendant quelques petites secondes, avant de le noyer de nouveau. Cela dura une bonne dizaine de minutes, sans discontinuité, répétant inlassablement ce même supplice. Pour le gros homme, cela avait du paraître une éternité, pensant à chaque instant que la mort viendrait arracher son âme. Au fond de lui, il avait prié mille fois pour que ce calvaire s'arrête, malheureusement il n'y avait plus aucun dieu pour l'écouter...
Une fois cette torture terminée, cet homme qui jadis fut imposant et empli d'assurance, n'était plus rien d'autre qu'une larve se trainant au sol. On lui avait retiré sa dignité et son honneur. C'était certainement la chose la plus horrible qu'on pusse faire. Il s'agissait de son châtiment pour ne pas avoir suivi les règles qui régissaient dans ce milieu. Ce monde était ainsi fait et personne ne pouvait bafouer ce règlement en restant impuni. Wataru en avait fait les frais et il s'en rappellerait à jamais. Ariake se pencha vers lui et celui-ci eut un frisson à cet approche brutale. L'ancien Sû le gifla pour qu'il se ressaisisse, puis il le fit s'assoir dos au mur et trempa sa main mutilée dans l'eau encore glacée. Une fois ceci fait, il teint la tête de cet homme entre ses mains, le fixa droit dans les yeux et déclara doucement :
« J'espère que cela t'aura servi de leçon. Maintenant, tu sais à quoi t'en tenir et tu sais ce qu'il te restera à faire. Sur ce, nous allons te laisser et te souhaiter une douce nuit... »
Puis les quatre hommes s'en allèrent, laissant le restaurateur complétement abattu, le regard vide. Ils descendirent les escaliers dans un silence morne, ne produisant aucun son. Ce fut une fois sortis de la grande bâtisse, que les trois sbires prirent la parole pratiquement à l'unisson pour féliciter de nouveau Ariake, qui avait réussi à terrasser ce terrible colosse. De la même manière, il refusa tous ces honneurs, mais les hommes n'en démentirent pas et relatèrent chacun les moments du combat qui les avaient marqué. Ils s'extasièrent alors de nouveau devant la grâce et la virtuosité avec laquelle il avait mené sa dernière danse. Lui, se lassa au bout d'un moment et se contenta de sourire, veillant tout de même à ce que son attitude ne soit ni hautaine ni suffisante.
Tous quatre avancèrent ainsi dans cette nuit fraiche et sombre, les nuages voilant la rondeur de l'astre lunaire. Quand les masses cotonneuses laissèrent entrevoir la lune, on put alors voir que celle-ci avait pris une teinte légèrement rosée. L'ancien haut-gradé, en observant cela, fut soudain pris d'une violente secousse au niveau de l'abdomen, à l'endroit même où on l'avait frappé. Il faillit tressaillir, mais il essaya de se contenir, se mordant la lèvre de douleur. Il serra le poing et au bout d'un petit moment, cela s'apaisa peu à peu. Il cessa soudain de marcher, stoppant ainsi les trois hommes qui marchaient à côté de lui. Il fit un pas et se tourna devant eux. Il put alors remarquer avec une certaine surprise, que des étincelles brillaient dans leurs yeux, symbole du respect et de l'admiration qu'ils lui vouaient. Il avait parfaitement réussi sa mission. Il sourit chaleureusement et prit la parole d'un ton rassurant :
« Arrêtons-nous à ce bar. Nous allons boire quelque chose, pour célébrer la réussite de notre mission. Et c'est moi qui offre ! »
Ils voulurent omettre une objection, ne voulant le laisser payer pour eux, mais il les fit taire. Ils étaient tout aussi méritants que lui et il tenait à leur montrer, en leur offrant leurs consommations. À cela, les trois hommes rougirent quelque peu, chacun protestant sur le fait qu'il n'avait pas fait grand chose, mais ils se soumirent finalement à Ariake. Les quatre hommes disparurent alors à l'intérieur de l'enceinte... Décidément, l'ancien Sû avait rondement mené son affaire. La première phase de son plan avait été une réussite totale et tout fonctionnait comme il l'avait prévu. La machine était en marche et on ne pourrait plus l'arrêter. [hrp : Fin] |
|  
 Nombre de messages: 372 Age: 17 Nindô: Qu'importe que le chat soit noir ou blanc, du moment qu'il attrape la souris. Date d'inscription: 10/06/2010
| |  | Sujet: Re: Lueur nocturne Sam 6 Nov - 21:33 | |
| Locké et archivé [06/11/2010] |
|  
 Nombre de messages: 372 Age: 17 Nindô: Qu'importe que le chat soit noir ou blanc, du moment qu'il attrape la souris. Date d'inscription: 10/06/2010
| |  | |
Sujets similaires |  |
|
| Page 1 sur 1 | | | Permission de ce forum: | Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
| |
| |
| |