Sujet: Douce mélancolie Mer 4 Aoû - 23:40 | |
| La pièce, bien que grande, ne possédait que quelques éclairages positionnés à trois endroits stratégiques : le comptoir, le canapé en cuir noir et la table de jeu. Hormis ces trois endroits, le reste était envahi par une obscurité pesante, presque oppressante. Tout cela agrémenté par un parfum d'alcool, de cigarettes, du reste du repas du midi et d'eaux de toilette trop fortes. Ce mélange nauséeux englobait toute la pièce, où que l'on soit. Visiblement les personnes ici ne s'en préoccupaient pas, préférant boire, jouer aux cartes et gouter au plaisir de la chair. Voilà pourquoi Ariake n'aimait pas ce lieu de débauche et de perversion où femmes, jeux et alcools se côtoyaient dans un mélange malsain. Pourtant, beaucoup d'hommes rêveraient d'être à sa place, profitant simplement des plaisirs qu'on pouvait leur offrir. Prendre du bon temps sans se soucier du reste. Oubliant la monotonie de la vie quotidienne, cet endroit se ventait de proposer un moment d'évasion, mais pour combien de temps ? Il avait déjà goûté à ces plaisirs et au fur et à mesure qu'on en profite, on ne peut s'en passer. Après tout, pourquoi chercher une vie faite de maux et de malheurs si on pouvait bêtement profiter de la vie ? Un lieu idéal pour tous ceux qui avaient peur d'affronter la réalité en face. Tout cela, Ariake en avait pris conscience un peu trop tard lors de la période qui précédait son emprisonnement. Après tout, peut-être même que ce lieu avait été une des causes de sa déchéance... Quoi qu'il en soit, il ne pouvait plus supporter ce lieu, il fallait qu'il sorte à tout pris.
Il se dirigea en hâte vers la sortie, bousculant au passage un homme qui lui adressa un regard noir, dont il ne fit même pas attention. Il poussa la lourde porte avant de se retrouver dans une ruelle étroite, plongée dans la pénombre. Un vent glacial le fit frissonner. Il avait presque oublié à quel point les nuits pouvaient être fraiches ici. Sans se soucier plus que cela, il s'assit dans la ruelle, dos au mur. Il avait vraiment une allure pitoyable, s'il n'avait pas été habillé de ces élégants vêtements blancs, on aurait pu le prendre pour un poivrot en train de cuver dans son coin. Bien évidemment, en temps normal il ne se serait jamais permis que quelqu'un puisse le voir dans cet état-là. Cependant, il n'était pas dans son état habituel, il était d'humeur morose. C'est comme si quelque chose empoignait son cœur et le serrer, jusqu'à ce qu'il n'en reste plus rien. Le silence nocturne se brisa lorsque le lourd battant de cette porte émit un son strident. Iwata apparut dans la ruelle et vint se mettre à côté de lui.
« Ben Ke-chan, qu'est-ce que tu fiches ici ? Je t'ai invité ici pour fêter ta libération, certes un peu tard, mais bon... Dans mes souvenirs tu aimais plutôt ce lieu, non ? – C'est gentil de ta part, mais je ne supporte plus ce lieux... Rien que l'idée de partager me donne la nausée... – Si ce n'est que cela, il y a une salle avec un lit, à l'arrière. Tu en choisis une qui te plait et puis vous faites ce que vous avez à faire. – Tu ne comprends pas... Retourne là-bas, je veux pas t'empêcher de profiter... – ... Elle te manque c'est cela ? – dit-il en regard le médaillon entre ses mains – – Terriblement... – Tu sais, ce n'est pas de ta faute ce qui est arrivé, tu n'aurais rien pu faire. – Bien sûr que si ! Quand j'y repense... »
Il frappa le mur du poing et un son sourd se répercuta dans la ruelle. Une légère fissure s'était formée là où il avait frappé. Quand il regarda sa main, il se rendit compte qu'elle était ensanglantée, mais il ne sembla pas s'en soucier plus que cela. Il soupira et se releva soudainement, fixant droit dans les yeux Iwata.
« Je crois qu'il est l'heure pour moi de rentrer. – Tu es sûr que ça va aller ? Je peux appeler quelqu'un pour te raccompagner tu sais. – Non je vais me débrouiller. Je te remercie, mais j'apprécie le geste. »
Iwata ne semblait pas très convaincu, mais son ami avait déjà pris le chemin du retour. Rares furent les fois où il le vit comme cela, montrant ses sentiments à autrui. Pour dire vrai, avec cette fois-ci, cela faisait la troisième... Il s'inquiéta pendant quelques minutes, avant que le froid ne décida de le faire rentrer. Une fois à l'intérieur, il constata avec un certain plaisir que rien n'avait changé. Il se précipita avec hâte vers la table, ne faisait languir plus longtemps ses camarades de jeu. Dès lors qu'il avait de nouveau pénétré dans la pièce, il oublia le reste, y compris son inquiétude pour Ariake...
« Si seulement tu étais encore là... »
Vêtu entièrement de blanc, il parcourait les ruelles sans but précis, tel un fantôme. De vieux souvenirs lui revenaient en tête, n'ayant que pour seul effet d'amplifier sa tristesse. Il repensait à son sourire, à son visage... Il maudissait le Sort qui l'avait fait partir trop vite. Pourquoi fallait-il qu'il s'acharne sur lui ? Qu'avait-il fait pour mériter une telle punition ? Pourquoi... Son existence était-elle vouée à la souffrance ? Dans ce cas là, pourquoi avait-il vu le jour ? Pourquoi ne pas lui avoir épargner tant de malheurs... Pourquoi ? Ces questions résonnaient inlassablement dans sa tête, sans qu'il ne puisse trouver une quelconque réponse. Il ne savait pas... Il ne savais plus... Il n'avait jamais su. S'il avait eu le courage, il aurait quitté ce maudit monde bien plutôt... mais il avait une promesse à tenir. C'était cette promesse, ce maigre espoir qui le faisait vivre, ou plutôt survivre... C'est pour cela qu'il mettait tant d'ardeur dans ses travaux. Il avait un but à atteindre et, quoi qu'il arrive, il y parviendrait ! Qu'importe les sacrifices. Qu'importe les cadavres qui joncheront son chemin. Il y parviendrait ! [hrp : voilà voilà, petit rp solo qui peut être locké maintenant ;)] |
|  
Nombre de messages: 372 Nindô: Qu'importe que le chat soit noir ou blanc, du moment qu'il attrape la souris.
 |
Sujet: Re: Douce mélancolie Lun 20 Sep - 21:29 | |
| Locké et archivé. [20/09/2010] |
|  
Nombre de messages: 372 Nindô: Qu'importe que le chat soit noir ou blanc, du moment qu'il attrape la souris.
 |