Le retour de Kiri fut difficile. Et ce, pour la simple et bonne raison que le Furukage décida de ne pas passer par le tunnel reliant les contrées de l'eau et de la pluie. Bon nombre de brigants sur des routes interminables, un temps qui mit le Furukage à rude épreuve, mais surtout, surtout : la longueur. C'en était fatiguant, toujours la même chose : marcher, marcher et encore marcher... Les jours passèrent, puis un mois, puis deux. L'homme aux cheveux blancs pensait à Amegakure, se demandant si son larbin de Suitsu avait accompli son travail là-bas. Il avait plutôt intérêt ou c'est sa vie qui lui en coûterait. Beaucoup de temps passa, mais il avait certaines affaires à régler un peu partout sur son chemin avant de rentrer, Amegakure n'avait qu'à attendre.
Le beau temps fit place à une douce et fine pluie en arrivant à la contrée pluvieuse. Tsukishi leva la tête doucement, ferma les yeux et huma l'air emplit d'une légère brume suave. Il poussa un profond soupir et ouvrit les paupières. Il était enfin arrivé. Le Furukage était sale, sa longue veste noire était désormais devenue grisâtre par la poussière et le bas ternit par la boue séchée. Des traces de sang semblaient avoir giclées dessus, laissant de grandes traînées se confondant presqu'avec le noir du manteau. Ses affaires l'avaient un peu trop retenu. Ses cheveux prenaient eux aussi la couleur grisâtre au lieu du blanc neige qu'il possédait, ses mains étaient crasseuses tout comme ses bottes. Il avait vraiment l'air de quelqu'un qui avait fait un long voyage éprouvant. Mais Tsukishi n'en avait cure.
Il avançait de son long pas sur la terre gadouilleuse d'Ame. L'air tout autour de lui semblait... Geler. C'était certes infime, mais les fines gouttes de pluie qui le frôlait tombait cristalisées au sol. Peut-être cette sensation de froideur et insensibilité émanant de cet homme venait en partie de cet imperceptible air glacial qui provenait de lui. Quoiqu'il en soit, c'était quelque chose de naturel chez le Furukage. Il traversa les forêts et quelques marais pour arriver au dernier bois à traverser. Une fois cela fait, il reprendrait les choses en mains dans la citadelle. SA citadelle. Il sentait les gardes postés un peu partout, dispersés, prêts à attaquer si le moment s'en présentait, mais Tsukishi était maître des lieux et le dernier trajet se fit sans encombres.
La pluie tombait beaucoup plus fort lorsqu'il fut à l'orée du bois. Il aperçut d'ici-là le village d'Ame. De longues forteresses se dressaient ornées de pics, en lourd métal, infranchissables, et au milieu : deux tours. L'une qui semblait vouloir détrôner le ciel en hauteur : celle du Furukage, et une autre haute de dizaines de mètres mais tout du moins plus petite : la grande tour de métal.
Les shinobis embusqués dans la forêt l'avaient renseignés sur l'état actuel du village : rien de particulier à signaler. Il marcha encore quelques centaines de mètres, affichant bien sa personne pour ne pas se faire prendre pour un autre -ce qui semblait impossible pour lui, et approcha des grandes murailles. On lui ouvrit les lourdes portes, et les ninjas s'agenouillèrent devant lui. L'homme aux cheveux blancs (devenus gris par la poussière du voyage), ne fit pas attention et partis d'un trait vers les ruelles sombres de la ville où règnait la pauvreté. Mais pas n'importe quelle ruelle. Il marcha d'un pas vif sur les dalles grises, jusqu'à une petite bicoque qui n'inspirait que peu confiance. Il inspira et cogna à la porte. Sa voix rauque résonna, glacée.
_ Meigetsu, ouvre cette porte immédiatement.