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| | Les yeux de la trahison [Pv Ookami] | |
| <| Message | Auteur | Sujet: Les yeux de la trahison [Pv Ookami] Mar 20 Juil - 16:56 | |
| Ce matin, ça bruine. Voilà la première chose que je constate, au lever de mon lit. Ce matin, ça bruine. Le corps chaud dans les draps noirs ouvre des yeux complètement endormis. Bouche pâteuse, l'air de sortir d'un four. Les cheveux emmêlés, complètement décoiffés. D'habitude courts, et ébouriffés. Recherche de calme dans une présentation sobre. La vitre reflète cette matinée dont le soleil ne fait pas partie intégrante. Il est là, dissimulé entre quelques nuages, sobrement et pudiquement caché à mes beaux yeux. Quelque chose va se passer, certainement, mais pour l'heure je m'en fous. Cacher sa misère à travers un grognement endormi. Il y a du bruit mais j'arrive pas à savoir quoi. Un coup d'oeil sur le réveil de ma table de chevêt m'indique qu'il est dix heures du matin. Tiens, je suis bien matinale. Je ne travaille pas aujourd'hui, je devrais me réveiller à midi minimum. Logique imperturbable. Il y a forcément quelque chose qui m'a réveillé. Quelque chose d'accord. Mais quoi ? Chercher la solution par des calculs illogiques. Houla. Ce matin, je ne suis pas en forme. Ah ça y est j'ai compris. On sonne à ma porte. La sonnerie, ce timbre continu. Ce petit malin continue à sonner alors que je ne réponds pas. Il pourrait pas repasser non ? Vague torpeur, une main paresseuse attrape un pan de drap lascivement, et le retire. Nuisette noire. Des jambes élégamment galbées remontent en position foetale sur mon corps blanc. ça devrait être puni par la loi. Réveiller ainsi des gens tôt le matin... Créature fine, la femme-serpent sort de son lit. Bon, allez, allons répondre à cet impertinent.
Descente maladroite des escaliers. Avancer un petit pas après l'autre, grattement de la tête familier. Les yeux penchés vers le vide, ouverture de porte. Agacée, balancer un "ouais, quoi, keskya ?" en direction du jeune homme patientant devant la porte, le doigt encore sur la sonnette. Et comme d'habitude, ça ne rate pas. Bond en arrière, cheveux hérissés, le jeune homme semble me fixer comme si je sortais d'un film d'horreur. Mais je ne relève pas. Ce n'est pas à cause de ma tête du matin. C'est à cause de ma tête tout court. Attendant que le type reprenne ses esprits, croiser les doigts d'un air contrarié. Grimace amusée sur mon visage, faux amusement. Sympa mec, sympa de ta part, comme toi et tous ces crétins du village, de me rappeler chaque jour que je suis la fille d'un monstre. Sympa de faire comme tes compères, bondir en arrière avec peur et terreur, grimace étonnée, surprise on dissimuler. Ils si flippants que ça mes yeux ? Un jour j'en ris, un jour j'en pleure. Pas de pitié pour les voleurs. Bon alors, quoi ? Si t'as quelque chose à me dire, crache le morceau. Ou va-t-en. Mais tu regretteras alors de m'avoir dérangée pour rien. Ouverture de bouche. Oh oui, crache donc tes saintes paroles. Besoin restrictif, impulsif, réactif, corrosif. J'ai envie de te mettre un coup de poing. L'annonce vient, finalement, voix tremblante. L'Hokage veut me voir, dans les plus brefs délais. Tiens tiens tiens. Qu'est-ce qu'il me veut ? Je n'ai jamais croisé cet homme. Enfin, si. Disons que c'est lui qui ne m'a jamais croisée. Mais cela, sans doute est-ce trop compliqué à comprendre. Affirmation, hochement de tête. Message bien reçu. Le jeune lièvre détale. Et moi je claque la porte, contrariée. Après tout, ya de quoi, nan ?
Pénétrer dans la cuisine, l'info en pleine tête. L'Hokage veut me voir. Sans doute pour me donner une mission, mais d'habitude c'est plutôt un autre jounin qui me donne l'ordre. Ces derniers temps j'ai été assez inactive. Va-t-il me le reprocher ? A moins que les rumeurs soient toujours d'actualité, à Konoha. Je suis une vraie bête de foire. Heureusement, il n'y a pas que moi. La tête ne avant, le café qui chauffe, qui glougloute allègrement. L'odeur se diffuse dans la pièce, ramène ces effluves agréables et caféinées jusqu'à mon nez fin. Je me rappelle encore. C'était maman, qui faisait chauffer son café, le matin. A cette odeur douce-amère s'ajoutait celle, envoûtante, du lait mélangé au chocolat qu'elle nous faisait chauffer avant de partir travailler. Elle n'a jamais été aimée, maman, et je le regrette. Ces odeurs de café font toujours remonter les mêmes souvenirs, en moi. Cette odeur est précieuse, faste. Elle me donne envie d'affronter ma journée. En souvenir de ma mère. De sa tendresse et de sa douceur. Maman, c'était une femme courageuse. Mais parfois le courage s'estompe. Et c'est ainsi qu'elle est morte. Petit déjeuner avalé à la va-vite. On ne fait pas attendre le chef du village n'est-ce pas ? Allons. Se lever. Prendre une douche rapide, les cheveux coiffés, enfin coiffés, si on veut. Ébouriffés, comme j'aime à les porter. Tentation. Masquer ces marques violettes, mais je n'y arrive pas. Énervement total. Comme tous les matins. Je hais ces marques. J'aime mes yeux, mais je hais ces marques. Tant pis pour moi. On choisit pas sa famille hein ? En l'occurrence, la mienne n'en est plus une. Je suis seule dans cette grande maison. Je suis seule, dans cette maison que j'ai hérité de ma mère. Fushi est parti. Mais je ne le regrette plus. Puisse-t-il avoir une vie heureuse, mon nukenin à moi.
S'habiller à la hâte, enfiler une robe rapidement, noire, comme à mon habitude. Rangers montantes jusqu'à mi-cuisses au menu, rien d'autre. Je ne suis pas un modèle de féminité, mais peu importe. Je ne suis pas là pour être une femme. Je sers mon village, ce village qui ne me reconnaît malheureusement pas à ma juste valeur. Sortir en claquant la porte. Oui, cette matinée est encore brumeuse. Etrange. Marcher dans les rues sans prêter attention aux regards. Vingt ans que je les affronte, je commence à avoir l'habitude. Entre les agréables appellations de l'Académie et la confiance inexistante de mon équipe, je commence à savoir pourquoi les gens ne m'aiment pas. L'injustice ne me frappe plus comme un poignard. Elle ne fait que me picoter. Il faut savoir s'adapter. Je me suis depuis longtemps habituée à l'évidence sombre. Je suis la fille d'un monstre. Et cela me colle à la peau, au premier sens du terme. Blanche comme la nacre la plus pure. Mes yeux de serpent, pupille effilée le regard de mon père. Si je pouvais changer je le ferais. Sauf peut-être pour mes cheveux de ce noir corbeau. Je les aime bien. Avancer, sans regarder, sans observer. Les gens diront ce qu'ils veulent. Me montreront du doigt s'ils veulent. Je sers leur village. Qu'ils le veulent ou non. Le bâtiment est à quelques pas de ma maison. Monter les escaliers mécaniquement. Autant d'exercice un jour de repos. Non, vraiment, c'est indécent à la fin.
La porte du bureau est entrouverte. J'ai pris mon temps pour être décente. A ton tour de me montrer si tu es à la hauteur de mes espérances. Trahie. Rejetée. En conflit. Mais toujours présente. Montre moi que je peux te faire confiance. Franchir la porte, d'un pas légèrement hésitant. Ce bureau, je ne m'y suis encore jamais rendue. Allons, allons voir de quoi il s'agit à présent. Qu'allons nous découvrir de nous deux, respectivement? Pour moi, seras-tu à la hauteur ? Assis à ton bureau, le regard dans le vague, comme attendant quelque chose. J'avance de quelques pas. Ma voix s'élève, légèrement éraillée par la matinée pas assez avancée à mon goût.
"Vous avez demandé à me voir, Hokage-sama. Que puis-je faire pour vous ?" |
|  | |  | Sujet: Re: Les yeux de la trahison [Pv Ookami] Mar 20 Juil - 19:01 | |
| Aujourd'hui était une journée relativement belle et tout ce qu'il y a de plus calme. Le village de Konoha s'activait et se montrait ainsi à l'apogée de sa beauté. Une cité n'est belle qu'une fois éveillée... Le Hokage se plaîsait à répéter cela à quiconque lui posait la question fatidique: Qu'est-ce qui vous plaît le plus à Konoha? Bien évidemment, il ne s'agissait pas là de la seule chose qui eut pu ravir le chef du village de la Feuille. Fort heureusement, l'ambiance, la compassion, la détermination, telles étaient les choses qu'Ookami aimait plus que tous dans ce village si bon et généreux. Malgré sa bonne humeur légendaire, il se devait de conserver son sérieux. Pour lui c'était tous sauf une journée de repos! Ses obligations l'appellaient encore et toujours... Une fois de plus il se retrouvait cloîtré dans son bureau non pas hideux ou encore déprimant, néanmoins la simple pensée du travail titanesque qu'il allait devoir encore accomplir avait de quoi faire frémir les hommes les plus féroces.
Comme à l'accoutumé, il devait dresser le profil des nouvelles unités du village de la Feuille. "Comme à l'accoutumé", car c'est cette tâche qui revenait le plus souvent sur le tapis et qui n'en finissait plus d'hanter le Hokage et ce même la nuit. Il s'efforçait donc et malgré un temps magnifique au dehors de rester concentrer sur son travail. Les heures passaient et les fiches n'en finissaient plus de pleuvoir. C'était véritablement déprimant... Un instant il posa ce qu'il avait en main et se tourna assis sur son siège le plus confortable qui soit et regarda un instant la vue panoramique qui s'offrait à lui du haut de sa tour. Les rayons du soleil vinrent éclairer son visage, il se surprit à fermer les yeux un moment et même à s'assoupir. Même assoupi, ses pensées travaillaient à sa place:
*J'ai encore tellement de travail...*
Si bien que ces quelques minutes à se reposer n'eurent pas l'effet escompté. Se réveillant en sursaut il se remit immédiatement à sa place et reprit le travail de plus belle. De sa gaucherie habituelle, il finit par renverser un nombre incalculable de feuilles sur le sol, peut-être parce qu'il n'était tout simplement pas bien réveillé. Médisant, il se mit en quête de les ramasser toutes. En les ramassant et sans vraiment s'en rendre compte, il finissait toujours par lire les informations couchées sur le papier. Puis vint un moment où un dossier vraiment particulier retint son attention. Il le regarda quelques longues minutes avant de laisser tomber le ramassage des feuilles et se concentrer exclusivement à ce document. Il avait beau le tourner dans tous les sens, il était presque vierge. Ce qui était d'ailleurs anormal étant donné que les dossiers fournis par l'Académie sont des plus précis. Il n'y avait que son nom et prénom, ses jutsus et ses notes à l'examen final, sinon rien. Quelqu'un aurait-il mal fait son boulot? Cela aurait été bien la première fois depuis qu'Ookami était au poste de Hokage. Aucune photo n'était par ailleurs disponible de la jeune kunoichi se nommant Hebi. Trouvant que quelque chose clochait il cria d'une vive voix:
"Yuna! Viens ici j'ai quelque chose à te demander!"
Une ravissante demoiselle d'une vingtaine d'années poussa la porte et se présenta aimablement en saluant son Hokage. C'était la secrètaire d'Ookami, personne n'était plus forte qu'elle à ce poste, mais c'est avant tout une excellente shinobi. Si des informations supplémentaires le Hokage devait avoir, celle-ci serait forcément au courant de quelque chose. Ne sachant pas vraiment pourquoi il la demandait, Ookami demanda bientôt:
"Tu peux me dire pourquoi le dossier d'Hebi Metsugo est pratiquement vierge?"
La Kunoichi parut embarassée, Ookami le comprit, mais ne dit rien de plus, il attendait une vraie réponse de sa part. Finalement elle lâcha d'une petite voix:
"Mais maître vous savez bien qui elle est..." Baissant encore d'un ton: "La fille d'Orochimaru..."
Le Hokage eut comme qui dirait le déclic! Bien évidemment il se souvenait à présent. Bien entendu il avait eu vent au début de son mandat de la naissance quelques années plus tôt d'une gamine dont le père n'était autre que le vile renégat et immonde serpent du nom d'Orochimaru... Ce déserteur n'était plus que de l'histoire ancienne et Dieu seul sait ce qu'il était advenu de lui. En revanche et faisant appel à ses souvenirs, du temps où la nouvelle se propagea, elle n'était qu'une enfant. Voilà maintenant qu'elle suivait les pas de son père en devenant une Kunoichi et en ayant reçu sa promotion en tant que Genin de Konohagakure. Paranoïa ou simple coïncidence? Ookami ne pouvait s'empêcher d'y voir là la réédition du shinobi qu'était Orochimaru. Prions pour qu'elle ne suive pas les mêmes traces que son paternel se surprit-il à penser.
Autre chose le tracassait, il se souvenait qu'à l'époque, Ookami était encore bien puéril et très émotif. Il était jeune me direz-vous, mais cela n'empêche rien. Il se souvint combien la simple existence de cette gamine le mettait dans une colère noire à l'époque. Orochimaru était celui qui avait en quelque sorte été le géniteur de Yamato précédent Hokage et meilleur ami du Juunidaime Hokage. Mais c'est aussi ses effroyables expériences qui avaient coûté la vie à son ami...
Maintenant, Ookami avait bien mûri et il désirait savoir ce qu'il ressentirait en la rencontrant. Elle devait par ailleurs avoir bien changé et grandie. Ses pouvoirs avaient par ailleurs dû faire un grand bond en avant. Son père n'était pas un des trois Sannins de Konoha pour rien et sans doute sa fille serait de la même trempe que lui en matière de Ninjutsu. Il désirait également connaitre ce qu'avait été sa vie jusqu'à ce jour. Lorsque la nouvelle fut répandue à l'époque, aux quatre coins du village, le Hokage se souvenait combien les citoyens avaient pu se montrer cruelle avec elle et toute sa famille. Sans doute n'avait-elle pas eu une enfance facile... Tout comme lui. Bien évidemment, les dirigeants du village des Feuilles avaient étouffé l'affaire avant qu'elle ne s'ébruite davantage. Plus personne au village ne devait par ailleurs connaitre quoi que ce soit sur elle ou sur ses origines. Une idée germa dans sa tête, il souhaitait la voir. Cela lui permettrait de savoir de quoi elle était capable, si elle pouvait constituer un danger potentiel ou encore s'il ne s'agissait là que d'une pauvre gosse tourmentée par la haine qu'on lui vouait...
"Bien, Tu vas faire passer le mot que je veux la voir ici même et seul à seul!"
"Mais maître... Je..." Répliqua-t-elle.
"Il n'y a rien à ajouter! Vas me la chercher un point c'est tout Yuna."
Et d'un geste particulièrement élégant elle salua le Hokage avant de disparaitre pour accomplir la tâche que le chef du village venait de lui donner. Il attendrait donc là qu'elle arrive, mais avant un petit ménage s'imposait!
***
Lorsqu'elle entra Ookami se trouvait à la fenêtre, un peu perdu dans ses pensées à vrai dire. La voyant enfin, il se dirige vers son bureau avant d'entendre au final, d'une voix timide provenant de la jeune Hebi:
"Vous avez demandé à me voir, Hokage-sama. Que puis-je faire pour vous ?"
Elle était fort jolie. Certes pâle, des yeux similaires à ceux de son père et qui étaient étrangement dérangeant... Mais une belle jeune femme quand même. Ookami s'efforçait de ne pas trop la fixer, il n'arrivait pas à retirer son regard des yeux de reptiles de la jeune fille. Il serra même les poings sans vraiment s'en rendre compte. Heureusement elle ne s'en rendit pas compte, Ookami avait devant lui une copie conforme d'Orochimaru et sachant la vermine qu'il était et qui plus est, était l'individu qui 'avait privé de son meilleur ami, la colère était sa seule réponse à l'heure actuelle. Néanmoins, le Hokage ravala bien vite sa haine et passa outre ces yeux monstrueux pour y distinguer une certaine inquiétude. Elle devait à coup sûr se demander si le Hokage aussi la rejetait et la traiter en paria comme l'avaient tant d'autres avant lui... Sa haine mua en une profonde tristesse... Une tristesse que ne peuvent connaitre que ceux qui ont cotoyé la solitude et dont le seul ami était ressentiment... Il finit par dire à l'attention de l'aspirant Genin:
"Oui c'est bien moi qui t'ai convoqué, mais je t'en pris prends un siège que nous puissions discuter sur un même ton d'égalité."
Il attendit que celle-ci s'exécute et soit enfin en place pour poursuivre:
"Tu as bien grandi... Tu es en train de suivre le même parcours qu'a eu ton père avant toi. Même s'il était un homme des plus méprisables, Orochimaru fut l'un des plus grands ninjas de notre histoire. Sans doute seras-tu amené à marcher sur les traces de sa légende et en devenir une toi-même."
Il s'approcha de la fenêtre avant de poursuivre d'une voix plus ferme ou disons plus déterminée:
"Mais le pouvoir pousse parfois à la folie... C'est le chemin qu'a suivi Orochimaru et comme lui, tu as dû vivre des choses que même des vétérans ont de la peine à imaginer. Je te le demande donc: Une fois que tu te seras hissée au niveau des plus grands que feras-tu? Feras-tu payer tous ces mécréants qui t'ont fait du mal ainsi qu'à toute ta famille ou bien mettras-tu ta force à la solde d'une autre cause?..."
Le dialogue était ainsi lancé. Ookami n'y allait pas de mains mortes, néanmoins c'était son style. Il pouvait paraître directe comme ça, mais mieux valait aller droit au but plutôt que de tourner autour du pot. Il serait ainsi fixé sur ce qu'il adviendrait de cette Kunoichi au talent certes intéressant, mais encore tellement inexploité. Avant de se hisser au niveau des plus grands, il lui faudrait progresser encore et toujours, mais à coup sûr elle deviendrait quelqu'un... Il y a des choses qui se sentent et le Hokage en ce moment-même le ressentait ardemment d'où la réponse cruciale de la Kunoichi et du choix en conséquence et à venir du chef du village de la Feuille...
Dernière édition par Ookami le Mar 20 Juil - 22:51, édité 2 fois |
|  | |  | Sujet: Re: Les yeux de la trahison [Pv Ookami] Mar 20 Juil - 20:33 | |
| Observation. Il plonge son regard dans mes pupilles reptiliennes. Je te vois, ton regard. Prude mais haineux. Tu es comme les autres, mais tu es assez malin pour ne pas me le montrer. Cruelle diplomatie, orpheline démence. Calme et détendue, se plonger dans les yeux froid de l'Hokage, en pleine observation de moi, de mon visage, mes yeux, mes cheveux, mon corps. A quoi t'attendais-tu ? Je suis sa fille, sa copie conforme. Je suis sa fille, son alter ego. Je suis sa fille, ce qu'il n'a jamais su, d'ailleurs. Je suis sa fille, de caractère doux et apaisant, mais une diablesse atroce, corps de déesse, esprit de mante religieuse. Qui que tu sois ça n'a aucune importance. Sans ciller, je t'observe, fine et immature, soutient ton regard de glace. Fixation terrible, angoisse montante, une sorte de bombe qui va te péter à la tronche si tu ne la vois pas venir. Enfant du massacre, victime des circonstance. Victime de ma condition. Tu dois savoir que je suis la fille du plus grand des inconnus. Tu devrais savoir que je suis la fille qui ne sait rien de son propre père. Un. Démence, abandon. Deux. Percée vers le ciel, litres de larmes. Trois. Course folle, descente aux Enfers, recherche de l'infini. Quatre. Course poursuite, haletante et épuisante, inutile et risible. Cinq. Toi. Hurricane, tourbillon mortel, sensible course vers le rien. Croisant les bras, j'attends la sentence. Il m'a suffit de te regarder dans les yeux. Il m'a suffit d'un regard pour comprendre la raison de ma venue. Et tes mots ne m'étonnent pas. Ne me surprennent pas. Ne m'effraient pas, non plus. A vrai dire je n'ai aucune raison de te craindre. Je n'ai aucune raison d'avoir peur. Tu ne peux rien me faire. Tu ne peux pas m'avoir.
Je m'asseois, même si je sais que le pied d'égalité n'existe pas. Je hais la compassion, je hais la haine. Il n'y a que Fushi qui ne m'ait jamais aimée. Et à présent j'en doute. J'en doute, maintenant qu'il m'a abandonnée. Précipice latent, j'attends que ton coeur soit suffisamment approfondi pour te dire réellement ce que je pense. Je ne crois pas à ton pied d'égalité. Et tu fais fausse route. Je déteste rester assise. Mais j'attends, silencieuse et patiente, le moment où je pourrais ouvrir la bouche et prendre la parole. Si tu me la laisses. Peut-être que cet homme veut tout simplement me virer du village. Je suis trop dangereuse après tout, n'est-ce pas ? Je suis la fille d'un renégat. Je suis l'enfant maudite, dont le géniteur est un monstre incompréhensible. Je dois faire quoi pour échapper à cette immonde image que les gens ont de moi ? Je pars à la recherche de celui qui comprendra ma démarche, qui verra les efforts que je tente. Toi qui es en face de moi, tes mots sont mon poison. Je hais Konoha, je te hais donc toi. Je hais mon village, c'est d'une tristesse à s'écorcher. Je voudrais que ça change, mais qui pourra me le prouver ? Partir à la recherche d'un être cher. Je voudrais faire revenir mon Fushi. Je voudrais que mon jumeau revienne. Mais murée dans le silence, je t'écoute, m'expliquer dans les grandes lignes ce que je sais déjà. Je suis tapie dans ce rideau de haine, dont je ne peux pas sortir pour le moment. Chercher à fuir serait ridicule. Alors je regarde s'il y a une solution. Il y a toujours une solution à tout.
La question est presque offensante, tant sa complexité à répondre est élevée. Car en effet, de quoi suis-je capable ? Je ne peux pas tout lui dire. Ou je serais chassée. Sans doute faut-il choisir la voie de la simplicité. Ne tenant déjà plus en place, je me lève. Par la fenêtre, le mont Hokage nous domine de toute sa hauteur. Les figures de proue des héros d'antan. Sarutobi. Que je n'ai pas connu, trop petite pour l'avoir déjà vu. Minato. Héros parmi les imbéciles. Tsunade. Bombe artificielle, fervante et aimante, une sorte d'héroïne à sa façon. D'autres visages, celui qui maitrisa le bois. Une chose tellement drôle. L'expérience de mon père avait porté ses fruits, il fallait croire. L'observation est un amusement. Quelques feuilles volent dans les airs, se font transporter par la brise encore pâlie par le jour qui meurt. D'une main blanche, caresser la baie vitrée. Je ne m'étais pas encore rendue compte que j'étais aussi vulnérable. Mais il vient de me le faire comprendre, d'une manière bien cruelle pour moi à ses dépens. Ma bouche s'ouvre. Timbre presque éteint, éthéré. Voix posée, sans colère, ni agacement, rien du tout. Juste, l'accalmie prude. Avant la tempête, si tu ne contrôles pas tes mots. Qu'attends-tu de moi ? Un pardon, un sourire, une amabilité, un baiser volé, caché, ambigu ? Mais rien. Juste le silence, pesant. Attente de la réponse, au bout de mes lèvres. Un crachat, déformé.
"Konoha... Konoha est le village des feuilles, n'est-ce pas ? Mais ces feuilles tombent. Une, après l'autre. Une, deux... Trois... quatre..."
Pause. Reprise du souffle. Rien n'est hors sujet.
"C'est l'Automne. L'Automne, qui se rapproche, pas à pas de l'hiver. Il pourrit, lentement mais sûrement. Et je ne sais pas s'il survivra à la gelée. Moi, je suis une feuille, également. Mais voyez-vous, ici les gens ont une manière bien curieuse de raisonner... Disons que je serais la feuille de houx au milieu des feuilles de chêne..."
Le regard inexpressif, perdu dans le vague. Un instant, seulement. J'attends que tu comprennes ce que je viens de dire. Ce village est en train de crever. Et moi j'en suis la spectatrice. Lorsqu'il sera mort, ma vengeance aura vraiment sonné. Comprends-tu ce que je veux dire ? Mon regard passe de la fenêtre à ton visage. Regarde moi. Est-ce que tu vois l'ambition, ou la résignation ? A toi de voir. Parce que pour l'heure, tu n'es pas mon seul ennemi.
"Mon frère a rejoint les rangs de mon père il y a deux ans. Je vis seule, ne fréquente personne. Et vous savez pourquoi. Parce que je suis la fille d'un monstre. Naruto a vécu la même chose que moi. Il sait ce que c'est d'être traité comme la pire des sous-merdes, et mes mots sont pesés. Pour lui comme pour moi, les gens ont peur. Nous craignent. Ils ont appris à lui faire confiance. J'ai encore bien du chemin à faire. Mais pour continuer cette comparaison, lui et moi sommes diamétralement opposés."
Je fixe l'homme qui me fait face avec une dureté âpre. Je veux me venger. Si je pouvais, je détruirais Konoha, et tuerais de ma main tous ceux qui un jour m'ont montré du doigts, ou m'ont observé en chuchottant. Mais je garderais ça sous silence. Pour l'instant. Pour l'instant je me contente de fixer le jeune homme, le visage empli d'un ressentiment violent, acerbe. Je te hais, parce que je hais le village. Je n'au aucune autre raison de te détester.
"J'éprouve une haine incommensurable envers le village, et ses habitants. Je hais le village, je hais tout ceux qui m'ont collé une étiquette sur le front avant même que je puisse faire mes preuves. Mais il n'y aura jamais rien de plus. Je deviendrai forte. Je deviendrais puissante, comme mon père peut-être, je n'en sais rien. Mais même si je hait Konoha, je le servirai jusqu'à ma mort."
Dureté. Mes yeux reptiliens ne le lâchent pas. Je pourrais être bannie ou tuée. Mais cela confirmera ce que je pensais. Pour l'heure, j'attends une réponse. Peut-être sera-t-elle bonne à prendre.
Ou pas. |
|  | |  | Sujet: Re: Les yeux de la trahison [Pv Ookami] Ven 23 Juil - 18:26 | |
| Drôle de première rencontre n'est-il pas? La plupart des gens en voyant cette scène en auraient été convaincus. Qu'est-ce qui avait poussé le Hokage du village de Konoha a demander à rencontrer une Genin de vingt-trois ans à peine et qui semblait d'après son regard de glace, tout connaitre de la vie? Pourtant des Genins il y en avait des centaines et des centaines au village, alors pourquoi elle? Elle avec cet air médusé, ce regard avise et incroyablement haineux? La réponse était simple, elle n'était pas n'importe qui... Malheureusement, ce secret était pour elle, le pire des fardeaux que l'on puisse jamais porter dans une vie humaine. Néanmoins, elle vivait depuis toujours avec cette horreur sur la conscience et une indescriptible rage le concernant. Cette pauvre et pourtant ravissante jeune femme était en fait la seule et unique fille de ce traite et misérable monstre du serpent, le légendaire Orochimaru...
Pas un ninja dans ce bas monde ne pouvait avoir été informé des sombres agissements de ce renégat qui restera à jamais considéré comme étant une des pires créatures de notre ère. Il n'y en a pas un non plus qui ait eu vent de ses exploits à travers le monde. Son talent de shinobi était une réalité et son destin grandiose! Du moins c'est ce qui aurait dû se passer, mais tout le monde sait que lorsque la force est employée à des fins malhonnête, celle-ci ne devient plus qu'abomination. Voici ce que fut la vie du tristement célèbre Orochimaru, une suite de tragiques évènements qui en firent le pire monstre de tous les temps, une longue et douloureuse agonie dans les méandres des ténèbres les plus sombres et les plus froids qui soient...
Son plus grand crime ou sinon sa plus grosse erreur fut de mettre au monde une enfant. Comment pouvait-il envisager une vie prospère à sa progéniture quand on sait les méfaits dont il se rendit lui-même coupable? C'était leur réserver une vie plus qu'amère et douloureuse, mais sans doute cela était-il voulu de la part d'un tel montre. Après tout il avait gâché sa vie et celle de bien d'autres avant la sienne, en gâcher encore d'autre ne serait rien de plus qu'un jeu à ses yeux, de quoi lui procurer bien du plaisir. Tel était le sort et le destin qui s'offrait à présent à sa bien triste fille qu'il ne devait sans doute pas connaitre et pour laquelle il n'éprouvait aucune espère d'affection... Un sort des plus épouvantables vous l'aurez compris, et pour la simple raison d'être d'avoir vu le jour d'un parent qu'elle ne désirait pas plus que personne, elle fut souillée constamment et sans doute les blessures infligées à son coeur ne se refermeraient jamais de son vivant et continueraient de la tourmenter dans la mort...
Aujourd'hui elle se dressait avec audace devant le Hokage à sa demande exclusive. Aucune once de peur dans son regard, une froideur inouïe et un talent presque palpable. C'est sûr elle marquerait son temps de ses exploits tout comme le fit son misérable père... N'en avait-elle pas assez après tout qu'on traine ainsi son paternel dans la boue ou alors voulait-elle simplement vivre une vie tranquille et qu'on ne lui reproche plus d'être la fille de ce shinobi au coeur si noir et si mauvais? La réponse devait résider entre ces quelques interrogations, Ookami ne pouvait s'y tromper pour avoir vécu une enfance horrible et en tout point similaire à celle de la jeune fille...
Se levant bientôt pour répondre à la question soulevée par le Hokage, cette dernière se dirigea vers les fenêtres du bureau et de ses yeux de serpents, elle dévisagea ardemment les visages de pierre des précédents Hokage. Tapis dans l'ombre, le Hokage contemplait la scène avec une étrange impression... Une telle haine dans le regard... Etait-ce possible? Il ne mit pas longtemps à se rendre compte que c'était bel et bien le cas. Une telle noirceur ne pouvait être dûe qu'à cause de la douleur ressentie toutes ces années. Le Hokage avait certes vécu la même chose, mais lui avait fini par se faire des amis. De plus, il vécut une enfance heureuse, car il baignait dans le quotidien familial. Ce n'est qu'en voulant se confronter au monde laid et insignifiant dans toute sa splendeur que la douleur surgit alors de son coeur! C'est à l'âge de treize ans qu'il comprit ce qu'était la haine et il pensait alors qu'elle ne le quitterait sans doute jamais! Les villageois le haissait tellement... Tous souhaitaient le voir mort et vous savez pourquoi? Le simple d'être né dans un clan réputé pour son talent et ses pouvoirs considérés comme "dangereux"... Comment une chose pareille avait-elle pu se produire? Qui avait pu laisser faire? Traiter un gamin comme un paria, n'avaient-ils point hontes? Jusqu'à ses dix-huits ans il vécut dans la haine et le mépris d'autrui se refermant sur lui-même et ne parlant presque jamais. Evitant de sortir se cachant derrière une armure que son maître, la seule personne qui comptait pour lui, lui avait offert! Il se jura du haut de ses dix-sept ans qu'un jour viendrait où il prendrait enfin sa revanche sur ses mécréants! Il leur fera payer tout ce qu'ils avaient osé lui faire. Ce jour était proche selon lui et il n'aspirait devenir plus fort que dans ce but, mais finalement ce jour ne vint jamais...
Qu'est-ce qui a fait qu'aujourd'hui, Ookami étant encore un gamin rempli de haine et de ressentiment à changer du tout au tout et se dresse aujourd'hui au sommet de la galaxie Shinobi au poste de Hokage? La réponse est simple, ce dernier s'est fait des amis... Yuki Nikko, Yamato et bien d'autres! Tous ont à moment donné permis à Ookami de le redresser et lui apprendre des valeurs simples comme la détermination ou encore la volonté de protéger. Il leur doit tout et il le sait, néanmoins il ne pourra plus les remercier pour la plupart... Tous sont morts ou alors disparus... Mais leurs convictions n'ont jamais quitté le coeur de ce dernier! Ils continuent aujourd'hui de vivre à travers lui et ça c'est une source de joie bien plus intense que n'importe quel autre!
Ce fut à présent l'heure des révélations, quelle allait être sa réponse? Le moment était venu. D'une voix tremblante, comme affaiblie par la haine, elle dit d'un petit timbre de voix dans lequel se retanscrivait toute sa rancoeur les quelques mots que voici:
"Konoha... Konoha est le village des feuilles, n'est-ce pas ? Mais ces feuilles tombent. Une, après l'autre. Une, deux... Trois... quatre... C'est l'Automne. L'Automne, qui se rapproche, pas à pas de l'hiver. Il pourrit, lentement mais sûrement. Et je ne sais pas s'il survivra à la gelée. Moi, je suis une feuille, également. Mais voyez-vous, ici les gens ont une manière bien curieuse de raisonner... Disons que je serais la feuille de houx au milieu des feuilles de chêne... Mon frère a rejoint les rangs de mon père il y a deux ans. Je vis seule, ne fréquente personne. Et vous savez pourquoi. Parce que je suis la fille d'un monstre. Naruto a vécu la même chose que moi. Il sait ce que c'est d'être traité comme la pire des sous-merdes, et mes mots sont pesés. Pour lui comme pour moi, les gens ont peur. Nous craignent. Ils ont appris à lui faire confiance. J'ai encore bien du chemin à faire. Mais pour continuer cette comparaison, lui et moi sommes diamétralement opposés. J'éprouve une haine incommensurable envers le village, et ses habitants. Je hais le village, je hais tout ceux qui m'ont collé une étiquette sur le front avant même que je puisse faire mes preuves. Mais il n'y aura jamais rien de plus. Je deviendrai forte. Je deviendrais puissante, comme mon père peut-être, je n'en sais rien. Mais même si je hait Konoha, je le servirai jusqu'à ma mort."
Son discours dure longtemps, ses paroles ont du mal à sortir de sa bouche. Les mots qui en sortent sont comme des couteaux qui lui tranchent la gorge de lintérieur. Elle s'étouffe, suffoque sous ces tristes paroles, son malheur est palpable et sa tristesse visible. Son regard est de nouveau très froid à l'égard du Hokage, il le sait, elle le hait pour la simple et bonne raison qu'il incarne tout ce dont elle déteste: le village de Konoha...
Ookami la contemple, la regarde un instant droit dans les yeux, puis il tend ses bras devant lui, il baisse la tête et finit par mettre sa tête entre ses mains. Il réfléchit, il se demande quoi faire pour l'aider. Il se sent désabusé et inutile sur le coup, que faire? Voilà une situation à laquelle il n'aurait jamais pensé, pourtant lui venir en aide lui tient à coeur, comme par réflexe et sans doute sans vraiment s'en rendre compte il se lève de son fauteuil. Il s'approche de la jeune Kunoichi, elle lui fait face. D'un air bienveillant il l'enveloppe de sa cape rouge et blanche, la serrant dans ses bras comme un père le ferait, il ajoute dans un murmure:
"C'est fini... Tu n'auras plus jamais rien à craindre, tu n'auras plus non plus à te cacher. Je sais ce que tu as vécu... Être traité comme un monstre alors qu'on est qu'un gosse, vouloir leur rendre leur haine au centuple!... Vivre comme un paria, dans l'ombre et la tristesse. Se dire que notre naissance est inutile qu'on devrait être mort plutôt que de vivre une telle vie faite de misères. Crois-moi petite, j'ai connu cette situation à en crever tout comme toi et Naruto... Mais c'est fini je peux te le promettre." Il la lâche alors, sentant l'avoir apaisé, il lui fait de nouveau face et la regarde, elle semble surprise et ne semble savoir quelle expression adopter, puis il reprend: "Vie ta vie sans te poser des questions! Fonce ne t'arrête pas! Contente toi d'être qui tu es et ne fais pas attention à l'image que les autres donnent de toi et tu verras tu auras devant toi la source de ton bonheur... Des amis et de la reconnaissance." Il lui sourit. "Car la reconnaissance et les remerciements sont tout ce qui importe à nos petits coeurs meurtris. Oublie ta haine et ton ressentiment, car sans cela tu ne pourras pas aller de l'avant. Je sais que je t'en demande beaucoup, je sais que c'est difficile je suis passé par là moi aussi, mais crois-moi tu n'en seras que plus forte. Tout ce que tu as vécu doit te permettre de te forger un nouveau "toi"! Je suis prêt à t'aider, à combattre cette haine qui t'habite et t'aider à changer ta façon de voir notre monde jusqu'à présent chaotique à tes yeux, pour se faire je vais faire de toi ma disciple officielle... Tu recevras en héritage non seulement du Ninjutsu, mais également des valeurs qui te seront chères dans peu de temps, tu feras tout pour les défendre et ce à n'importe quel prix."
Elle reste figée, elle ne semble pas comprendre ce qu'il vient de dire, ou peut-être les a-t-elle entendu, seulement comment pourrait-elle les accepter? Comment tirer du jour au lendemain, un trait sur ce passé douloureux et scandaleux? Sans doute n'est-elle pas prête à comprendre, du moins pas pour le moment. Peut-être un jour comprendra-t-elle, mais pour cela le seul chemin à prendre est celui qui lui dicte le Hokage. Un chemin qui ne sera point entaché de sang... Et qui la guidera vers la lumière qui un jour le sauva à lui aussi...
Retrouvant son bureau et sa chaise, il attend à présent la réponse de la jeune Genin semblait-il médusée et en proie à un combat interne des plus violents. La réponse pour autant s'imposait d'elle seule. Si elle avait retenu les propos de son Hokage, elle se souviendrait alors "qu'une vie misérable ne vaut pas la peine d'être vécue". Autre chose encore qui aurait dû demeurer dans son esprit: "La plus noble des Vengeances, c'est de pardonner..." |
|  | |  | Sujet: Re: Les yeux de la trahison [Pv Ookami] Dim 1 Aoû - 0:52 | |
| Ce... Ce que... Ce que tu... Ce que tu me... Ce que tu me demandes... Ce que tu me demandes c'est...
Trop.
Tête tournée vers l'assombrissement, course poursuite vers l'infini. Nos regards se croisent, longtemps, très longtemps. Enfin, pas tant que ça. Mais pour moi cela semble durer une éternité. Je le sens le poids de ce regard, qui me fixe, sans sourciller. C'est une sorte de défi, mais il me semble que je sais assez bien tirer mon épingle du jeu. Hésitation. Maintenance. Sa tête entre ses mains, la position si classique et si définitive de l'impuissance, de l'inconstance. De l'inquiétude, l'abnégation. Comme une pitié qui n'en finit pas. Une pitié qui ne s'enfuira jamais. Qui restera, latente et inébranlable, dans cet esprit rongé par le remords et le besoin d'aider autrui. Pour moi, c'est à bannir. La pitié, ou quoi que ce soit d'autre. La contemplation maladive, peut-être. Je lui rendrais tout de même un certain hommage. Il a su dès le premier coup d'oeil ce qui clochait dans mon esprit. Trouble. Chagrin. Haine. Beaucoup de haine. Il aurait pu se mettre en colère. Me demander de partir de ce village, de le déserter, de se tirer d'ici et de rejoindre mon monstre de père et son renégat de fils. Il aurait pu me demander cela. Mais que fait-il ? Il se tient la tête entre les mains, comme si on lui arrachait l'esprit avec une tenaille. Et qu'on la maintenait fermement d'une main en la brûlant d'une autre. Pitoyable et délicieux. Un roi sans divertissement. Ouh. C'était profond ça. Je le garde dans un coin de ma mémoire. On sait jamais. Au cas où. Allons, marcher, plus loin encore, plus profondément. Et puis, d'une démarche souple et candide, il se lève. Je ne peux pas faire le moindre mouvement. Tout est à la fois rapide et long. Il faut tout savoir et rien payer. La beurre, l'argent du beurre, tout ça quoi. Pourquoi toutes ces dérivations ? Parce que dès l'instant où je sens la pression ferme mais tendre de son corps entourant le mien de ses bras puissants, mon esprit entier, s'égare. Dans quelque méandres. Quelque part.
Bye bye beautiful...
D'un seul coup l'esprit entier s'égare. Je le sens, tout autour de moi. Cette homme que je n'ai jamais approché de ma vie. A peine plus âgé que moi, moins peut-être ? Aucune idée. Un sursaut brutal lorsque je vois cette cape m'envelopper comme une prison. Tu veux me faire du mal ? Tu veux me faire du mal, vraiment ? Tu veux me blesser, m'envelopper dans cette couverture, respirant la mort ? Mais non. Des bras presque paternels. Paternel. Un mot auquel je n'aurais jamais cru penser un jour. Il est pourtant là. Il semble désirer s'occuper de moi comme un père le ferait. Mais mon esprit se rebiffe, dur comme l'acier, le titane, tout ce qu'on veut. Je ne veux pas de père. Pas de père, autre que celui qui est et restera à vie mon géniteur. Pas de père par procuration. Juste... une présence réconfortante. Que j'arrive à trouver, là. Entre des bras d'une chaleur physique et morale. Étreinte débordante. Énergie mise à l'oeuvre. La tête, le nez dans le cou, plongé dans une douce mélancolie. Perméabilité. Pas d'autre mot. Les yeux clos, malgré moi. Les yeux clos, pour profiter un instant de cette voix chaude murmurer à mon oreille les mots me procurant un frisson de réconfort plus qu'agréable. Et soudain, perdue dans les méandres de tissus et de chaleur corporelle, égarée entre rêve éveillé et réalité, je me souviens. Je me souviens que Fushi faisait aussi cela, lorsque les larmes franchissaient la barrière de mes paupières. D'un geste, il me prenait dans ses bras, une étreinte douce et chaude. Une étreinte saine, jusqu'à ce que les lèvres de mon jumeau touchent les miennes. Une fois, puis deux, puis trois. Avant qu'il parte. Non sans en laisser une dernière fois la marque d'un baiser, comme une possession. Jeu ou véritable besoin ? Dans tout les cas, c'était terriblement malsain. Mais on s'en fichait. Ce contact doux nous rendait heureux. Il fut le seul qui m'offrit l'amour à la fois d'un frère et d'un amant, lorsque Maman partit rejoindre le pays des Ombres. Incestueuse relation. Mais je ne regrette rien. Et à présent, dans les bras de cet inconnu, je retrouve cette sensation. Jusqu'à ce qu'il se détache, comme s'il s'était brûlé. Il hésite. Et moi aussi. Pas de permission. Un acte parfaitement détaché. Pas de permission. Je ne montre rien. Je ne montre pas que je suis émue à en pleurer. Et que j'aurais aimé sentir ce cou chaud encore un petit moment. Pleurer peut-être. Mais restons un peu réalistes. C'était rien ça. Juste un truc d'Hokage pour rassurer les petits nélèves pas très obéissants. Et j'en ai fait des conneries...
Je dois pas perdre de vue une chose. Je te hais. Là. Je te hais. Mais non je ne peux pas. Pas à l'entende de ces mots là. Ces mots, qui je l'ignore encore, mais qui me choqueront pendant des jours entiers, et hanteront mes nuits. Qui me blesseront ou pas, on ne sait pas. Pas de réflexion en cet instant. Juste une certaine peur, d'être trahie par ses mouvements. Un peu de calme je vous prie. SILENCE !
"Je suis prêt à t'aider, à combattre cette haine qui t'habite et t'aider à changer ta façon de voir notre monde jusqu'à présent chaotique à tes yeux, pour se faire je vais faire de toi ma disciple officielle... Tu recevras en héritage non seulement du Ninjutsu, mais également des valeurs qui te seront chères dans peu de temps, tu feras tout pour les défendre et ce à n'importe quel prix."
La phrase se termine, comme si elle venait d'être hachée menue. Presque détruite. Je suis morte de peur. Toute enivrement s'est envolée. Je veux me barrer d'ici. Je veux pas, je peux pas, peur, terreur. Non, non, je peux me débrouiller toute seule ! Mon corps, qui n'est à présent plus sous mon contrôle. Mes yeux de reptile écarquillés d'une surprise violente et d'une terreur. Il s'est rassis, calme. Mais dans ma tête ça fait des étincelles. Une vague de révolte. Je peux pas. Je peux pas bon sang ! Je peux pas ! Mes jambes esquissent un mouvement de recul, jusqu'à ce que mon corps soit entièrement collé au mur en face d'Ookami, le hokage, mon maître présumé. Il avait dit cela comme s'il me servait une tranche de pain. Sans y réfléchir vraiment. La peur s'empare de mon esprit, une peur suffocante et violente. Et les larmes jaillissent, sans le moindre contrôle, un hoquet de peur s'échappe de ma gorge à présent brûlante. Je peux pas. Je peux pas faire ça. Comment puis-je accepter ? Toute trace d'impassibilité disparue de mon esprit. Maintenant c'est ainsi et seulement ainsi qu'il peut me voir. J'ai toujours été comme ça. Une gamine terrifiée et sanglotante. Cachée sous un masque de haine et d'indifférence. Ce masque que tu viens de faire exploser. Les mains plaquées contre le mur froid, comme si j'allais mourir d'un instant à l'autre, complètement piégée. Piégée par une proposition à proportions monstrueuses. Et ma bouche s'ouvre, délivrant un sanglot retenu, tandis que seulement quelques mots peuvent s'échapper de ma bouche. Si peu. Si peu de mots. Par rapport à tout ce que tu m'as dit. Mes yeux te fixent encore. Mes yeux emplis d'une épouvante insoutenable.
"Pourquoi moi ? Pourquoi vous me laissez pas détester tous ces gens, vous y compris ? J'ai rien d'exceptionnel... je suis pas mon père !!"
Talent rébarbatif. Mes genoux fléchissent et pétrifiée me voilà, là, bloquée sur le sol de cette si grande pièce, recroquevillée au sol, tentant de me protéger de cette agression extérieure. Que quelqu'un vienne m'aider ! Ma vie, solitaire. Sur le sol, position foetale à la verticale, la tête enfouie entre les mains, les larmes coulant entre les doigts. Et un murmure s'échappe de ma bouche, un murmure entrecoupé de larmes brillantes.
"Je n'ai jamais mérité un honneur aussi grand. Je dois rester toute seule. J'ai jamais mérité un honneur aussi grand. Tout le monde, ceux du village. Mais pas moi. Pas moi !"
Déchirement. Entailles profondes dans mon esprit. Que quelqu'un fasse quelque chose. Un geste. Fais un geste. Viens me chercher ou congédie moi. Viens me chercher, insiste, et je viendrais. Congédie moi. Et l'espoir disparaîtra de mon esprit. Mais j'ai peur.
J'ai si peur. |
|  | |  | Sujet: Re: Les yeux de la trahison [Pv Ookami] Mar 3 Aoû - 22:18 | |
| « La plus noble des vengeances, c'est de pardonner...»
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Voir combien le mal ronge le coeur de cette pauvre Kunoichi est déjà affligeant en soi-même, mais la voir lutter contre l'aide qu'on lui propose serait encore pire. Cela ne permet que de démontrer davantage combien la solitude et la discrimination à son égard ont dû peser sur ses frêles épaules. Un enfant ne devrait jamais avoir à endurer cela, et c'est justement contre ce genre d'injustice que le Hokage se battait depuis le début de son mandat. Tout comme le Sandaime l'avait fait avant lui, la voie de la compréhension des autres et de la diplomatie était le seul chemin possible pour un monde encore rongé par la haine et le ressentiment. Chaque shinobi devait lutter contre ce fléau, néanmoins agir était radicalement différent de vouloir... Durant ses combats, pas une seule fois Ookami n'eut pas ressenti à un moment ou un autre de la rage provenant de ses nombreux adversaires et sans doute que lui-même avait réagi ainsi par simple rancune ou simplement sans s'en rendre compte. Mais ce n'est pas ainsi que la prospérité s'épanouira de nouveau...
C'est le système shinobi tout entier qui était à plaindre dans toutes ces histoires de vengeances! La haine et le ressentiment naissent en même temps que le pouvoir et le fait d'être en mesure de ne l'utiliser à ses fins n'était pas la bonne chose, cela devait changer et vite. Lorsqu'on tue, d'autres éprouvent de la souffrance... La haine germe ainsi dans les esprits. Lorsqu'on le pouvoir est votre et qu'on est en mesure de se venger, on s'exécute aussitôt en camouflant ses actes sous le nom de la "Justice", mais tout cela n'est qu'illusion une fois de plus. Le véritable motif de tout cela c'est une fois encore la vengeance attisée par la haine et rien de plus! Néanmoins, il reste difficile d'accepter de s'asseoir sur ce sentiment de vide que vous procure la haine et le besoin de détruire ceux qui vous ont plongé dans le malheur et les ténèbres les plus horribles... Pourtant et en continuant ainsi, les brasiers de la guerre ne peuvent que perdurer encore et toujours, cela dure depuis la nuit de temps, faire ainsi changer la façon de procéder de l'humanité ne sera pas chose facile! Mais même à son niveau, il y a toujours quelque chose que l'on peut faire, Ookami en avait conscience et c'est ce qu'il était sur le point d'accomplir.
Le Sankaku organisation composée de trois des plus puissants villages shinobis du monde dont Konoha, oeuvrait pour une paix durable et non pas éphémère comme on en avait vu jusqu'à présent. Ils espéraient tous voir un jour les conflits s'arrêter, et tous caressaient le doux rêve qu'un jour, les actions militaires ne seront plus indispensables et cesseront d'elles mêmes. Ookami partageait cette vision des choses, il en était même persuadé! Mais tout cela était encore bien loin et dans l'immédiat, il y avait déjà quelque chose qu'il pouvait accomplir et seul cette fois sans recourir à l'aide de personne. Et bien évidemment cela débutait avec Hebi Metsugo, cette jeune Genin et fille d'Orochimaru qu'il se devait de remettre dans le droit chemin avant qu'il ne soit trop tard pour sa pauvre âme de damnée...
Ookami avait vu tant de shinobis dans son genre... Oh oui! Trop même! C'est pourquoi il ne pouvait se résoudre à l'abandonner à son triste sort. Hebi Metsugo avait vécu dans la haine et le ressentiment pour la seule et bonne raison que les villageois de son propre village à savoir Konoha, lui vouaient une haine sans nom et tout bonnement parce qu'elle était l'enfant d'une immonde crapule... Pourquoi agir ainsi? Etait-elle vraiment responsable de quelque chose dans cette histoire? À vrai dire non, le seul responsable était ce serpent d'Orochimaru d'avoir consciemment mis au monde une enfant qui serait traitée en monstre pour les actes d'un père qu'elle n'aurait désiré pour rien au monde! Au lieu de la féliciter du fardeau qu'elle porte que d'être la fille de cette monstruosité, les villageois préfèrent s'en prendre à elle enfonçant un peu plus le clou rouillé dans la plaie béante de son pauvre coeur. Néanmoins, cette fille restait un gros atout si une fois sa douleur surmontée, elle parvenait à se dresser fièrement, voulant protéger Konoha de tout son être.
Yuki Nikko, Ookami, Choukou, tant de shinobis à qui elle ressemblait sans le savoir... Et pourtant et à coup sûr, elle était de la même trempe que ces ninjas. Ayant connu un destin malheureux, il ne pouvait en être autrement et Ookami pour en avoir lui-même fait l'amère expérience, savait combien la haine vous pousse loin dans vos efforts, elle vous berce et vous rend plus fort indéniablement! Aujourd'hui et pour preuve, ces shinobis se dressent maintenant au sommet du monde! Néanmoins, il n'est pas de plus bel accomplissement que celui de surmonter sa propre douleur et d'en faire sa force première et ce en pardonnant tout simplement. Ookami avait transformé la haine qui le consumait en espoir et force! Désormais toute cette haine amassée avait disparu si bien que sa colère envers son meilleur ami et déserteur Yuki Nikko était maintenant de l'histoire ancienne. Plus que tout au monde, il souhaitait désormais purifier ces personnes tel que son ami, du mal qui les rongeait.
Hebi Metsugo commença à réagir bizarrement à la proposition du digne Hokage. Tout d'abord, elle resta choquée de l'attention particulière que lui vouait le maître du village de la Feuille, puis son silence se mua en des larmes profondes et douloureuses... Comme épouvantée, elle regardait à présent Ookami de ses yeux de serpents avant de lâcher presque inconsciemment:
"Pourquoi moi ? Pourquoi vous me laissez pas détester tous ces gens, vous y compris ? J'ai rien d'exceptionnel... je suis pas mon père !!"
Ses paroles trahissaient sa façon de penser, malgré ce qu'elle venait de dire en fait elle savait pourquoi le Hokage se montrait si généreux et compréhensif à son égard. La solitude avait tellement pesé sur ses épaules qu'elle se demandait à présent si vivre dans la lumière ne serait pas une erreur. Mais comment pouvait-on vouloir passer sa vie dans l'ombre et la tristesse? Le village de la Feuille avait changé à présent et tous seraient prêts à la reconnaitre du moment qu'elle y mettait du sien ce dont le Hokage ne doutait pas. Elle qui avait dû vivre si longtemps dans un véritable enfer allait maintenant changer de vie et pour de bon. Néanmoins, la suite de ces propos furent tout autant incohérents, la peine parlait à sa place et son coeur ne s'en trouvait que plus meurtri:
"Je n'ai jamais mérité un honneur aussi grand. Je dois rester toute seule. J'ai jamais mérité un honneur aussi grand. Tout le monde, ceux du village. Mais pas moi. Pas moi !"
Elle s'écroula ensuite, les mains sur la tête, la terreur comme seule alliée... Le Hokage n'en pouvant plus de ce triste spectacle, il se leva de nouveau de son fauteuil et s'en alla auprès d'elle. La surplombant de sa hauteur il ne prit pas la peine de s'abaisser à sa taille pour lui parler:
"Pourquoi refuser de l'aide lorsqu'on t'en propose? Tu n'es pas toute seule tu sais, Naruto pourra te le dire aussi bien que moi, malgré les chagrins que la vie nous inflige, nous ne sommes jamais seuls. Ta mère a toujours été auprès de toi que je sache, pour te soutenir, te chérir et ce peu importe que tu sois l'enfant d'un monstre... C'est du regard des autres dont tu as peur? Tu ne dois aucunement en être terrifié, change donc cette haine au fond de tes pupilles en détermination afin de t'affirmer et tu verras que rien n'y personne ne pourra te résister, tous reconnaîtront ta valeur!" Commença-t-il. Reprenant son souffle et baissant d'un petit ton, il ajouta ensuite: "Si tu suis mon conseil, un avenir radieux s'offre à toi... Tu ne comprends peut-être pas ce que je te dis pour le moment, mais un jour viendra où tu saisiras le sens de mes paroles. Retiens donc ceci, notre plus grand et noble héritage à Konoha c'est notre volonté, cette volonté de protéger des êtres chers, de protéger son village... Fais de cette doctrine ton mode de vie et immanquablement tu te feras des amis comme Naruto s'en est fait lui aussi. Et quand bien même ça ne serait pas le cas..." Il lui tend la main pour l'aider à se relever et souriant il lui dit: "Je ne te laisserai jamais tombé pour autant, car tu es de ma famille comme chacun d'entre eux, un membre de Konoha..."
Il la serre alors dans ses bras et la laisse pleurer afin d'évacuer les dernières larmes de haine qu'elle pouvait vouer à l'humanité tout entière... Le serpent était sur le point de muer, certes son éducation devrait être reprise et les préceptes du Feu pouvaient encore paraître flous pour cette jeune Kunoichi, mais viendrait un temps où elle illuminerait les autres shinobis de sa détermination...
La laissant se remettre de ses émotions, le Hokage la lâcha enfin et se dirigea vers son bureau où il s'assit sans tarder. Lui laissant le temps de respirer et gribouillant quelque chose sur un morceau de parchemin il finit par dire à l'attention d'Hebi:
"Voici le paragraphe t'officialisant comme étant mon élève attitré, il te suffit de me clamer ton refus pour que j'embrase ce morceau de parchemin... Néanmoins je suis persuadé que tu en as assez vu comme ça et que tu as conscience qu'une nouvelle vie s'offre à toi." Il finit par un: "Que décides-tu?"
La haine allait finalement muer en espoir et l'espoir en force, mais le véritable choix dont parlait Ookami s'offrait désormais à elle. Cette Kunoichi en proie à la terreur oserait-elle désister la proposition du Hokage? Quoi qu'il en soit, Ookami n'avait pas l'ombre d'un doute quant à sa réponse, il l'attendait donc impatiemment... |
|  | |  | Sujet: Re: Les yeux de la trahison [Pv Ookami] Ven 6 Aoû - 23:20 | |
| Il est simple de se laisser aller aux pleurs. Tellement simple. Je n'en avais jamais réellement tenu compte, mais à présent je le vois. C'est simple de pleurer. Nourrie de haine, c'était la seule chose qui me raccrochait à Konoha. Ma haine. Puissante, obscure. Je déteste les habitants, et je déteste ce Hokage. C'était une certitude, ma seule certitude. J'étais toute puissante, à mes yeux c'était ce que je ressentais. De la toute puissance. Et puis mes illusions se sont détruites. En l'espace de quarante, ou cinquante secondes, peut-être. J'ai entendu ces mots, je l'ai observé, lorsqu'il m'a dominé, moi, de toute sa hauteur. Je comprends pourquoi cet homme est Hokage. Je comprends pourquoi c'est lui qui a été choisi. C'est un homme grand et puissant. Je l'admire, c'est un fait indéniable. Je le hais simplement.. parce qu'il est la partie émergée de la haine. Et je crois que je ne peux pas le supporter. Mais pour l'heure, je sens qu'il veut réellement prendre soin de moi. Me ressaisir est la seule carte à jouer pour le moment. Mais le puis-je au moins ? Alors, à nouveau, il m'offre le contact de ses bras, encore une fois. Une chaleur qui m'est bénéfique, sans que je le lui dise pour autant. Bonheur diffus, presque disparu. Je me suis rarement sentie consolée et appréciée, voire aimée. Ce moment en est un des rares. Approcher, sentir, toucher. Le tout dans une chaleur incommensurable. Aveugle, n'a pas vu que mes yeux se sont fermés un instant, mes bras raffermissant la prise, légèrement. Bonheur fugace, presque inusable. Mais c'est un bonheur dont on ne jouit que très peu, dans une vie. Puis il se détache, lentement, retourne à son bureau, avec un calme des plus posés. Je sens la compassion et la volonté. Je sens ce besoin certain, cette envie de venir à mon aide. Tu m'as haïe comme tous les autres. Mais tu as raison cependant. Les choses changent. Les points de vue peuvent changer.
Ainsi donc, un besoin latent de conquête. Il est sincère, ne plaisante pas. Il veut de moi comme sa disciple. Je ne sens dans son regard aucune hésitation, seulement une détermination exacerbée. Heureuse. Je suis heureuse. J'ai réussi à trouver quelqu'un qui prendra soin de moi, et qui saura m'apprécier à ma juste valeur. J'ignore si c'est ce qu'il voulait lorsqu'il a demandé à me rencontrer, mais en toute franchise cela m'étonnerait. Je m'imagine mal l'Hokage du village faisant preuve d'autant de bonté. Pas envers la fille d'un monstre. Et d'un monstre encore vivant, de surcroît. J'ai toujours été une enfant en proie à des critiques, des horreur, proférées contre moi. Enfant, on nous jetais des pierres. Plus tard, adolescente, mes co-équipiers m'ont tourné le dos au moment de l'examen Chuunin, le premier et dernier que je tentais de passer. Et depuis j'ai refusé toute intégrité dans une équipe. Mes missions, je les menais seule, je bossais au black. Je progressais cependant, sans l'aide d'un maître pour m'aiguiller. J'ai appris des techniques dans des rouleaux dérobés puis rendus à la hâte dans une bibliothèque. Et le plus exquis fut le jour où je parvins à terroriser un enfant en lui jetant un regard plein d'une haine incommensurable. Ce jour-là, mon frère venait de s'enfuir, rejoindre les lignes de mon père, bien que personne ne sache où il se trouvait. Ce jour là j'ai eu l'impression de perdre mon âme. Et cet enfant s'est approché un peu trop près, ce jour-là. Trop près de moi, et de ma colère. M'a jeté des mots offensants à la figure. Lesquels, je n'en ai plus le souvenir. Mais je me rappellerai longtemps de ce pot de peinture qu'il avait à la main, ce pot de peinture rouge. A l'intérieur, ce pinceau dont il s'était servi pour dessiner une caricature de mon visage, sur la façade de ma propre maison. Ma caricature. Pendue. Pendue, la langue tirée, les yeux reptiliens exorbités. Mes larmes avaient jailli de mes yeux en même temps que ma fureur. Et le gamin avait été empli d'un effroi tel que ses cheveux s'étaient dressés sur son crâne. Et il était parti. En courant. Pour toujours et à jamais. Il ne s'est plus jamais approché de ma maison, il n'a plus peint de graffitis sur mes murs, ne m'a plus jamais insulté. Mon règne par la terreur était-il en train de commencer ? En tout cas il avait reçu la leçon de sa vie. Cet enfant avait vu sa propre mort.
Je me lève avec lenteur, et m'avance vers l'homme qui m'observe, silencieux. Pas un mot, rien n'est nécessaire. Essuyer ses larmes du coin de la main. Tout va bien à présent. J'ai trouvé ce qu'il me faut, celui qu'il me faut pour savoir qui je pourrais devenir véritablement. Qui je pourrais être, avec l'aide d'une personne aussi sensée que lui. Dès l'instant où je croise son regard, les coins de ma bouche s'élèvent, laissant voir un sourire éclatant. Un des rares. J'ai cessé de sourire lorsque Fushi est parti. J'ai cessé beaucoup de choses, d'ailleurs. Je me suis dévouée à l'entraînement, en puissance, forte. J'ai tout fait pour apprendre des techniques nouvelles, et j'ai découvert mon affinité pour l'eau. Et pour les grands félins. A présent j'offre à cet homme qui m'a rendu le courage, le plus beau de mes sourires. Peu importe si mes canines sont un peu trop longues et trop pointues. Pour l'heure ce n'est pas ce qui compte. J'atteins le bureau, m'approche du jeune homme. Et d'une main douce lui attrape le bras. Une douce pression. Minuscule. Mais qui veut tout dire à mes yeux. L'oblige à croiser mon regard de reptile débordant d'une reconnaissance sans faille. Si tu veux de mon affection, je n'en ai que trop. Sans doute seras-tu celui que je chérirai comme un membre de ma famille. Encore faudra-t-il y mettre du tien, ne crois-tu pas ? Un regard. Dernière pression sur le bras, ma main fraîche. Un murmure.
"Merci Hokage-sama. Merci, vraiment..."
Relâcher son bras, peut être à contrecoeur. Attraper le papier, et y apposer une signature longiligne et élégante. Contentement faste. Bonheur déchu. Et tenter de rattraper la chose au vol. Rangée dans le tiroir. Se redresser, et retourner auprès de la fenêtre. La bruine est partie. Le soleil, radieux, éclaire les maisons du village et donne aux enfants des ombres de géants. Le vent souffle, mais les feuilles ne tombent plus. Et mon regard empli de cette joie nouvelle se tourne vers celui qui m'a offert la possibilité de tout recommencer. Et à nouveau je lui attrape la main. Comme libérée de toute peine. Et l'entraîne en direction de la porte, ce sourire, encore ce sourire, sur mes lèvres, dessiné et peu disposé à partir.
"Puisque vous dites que les gens changent... venez avec moi, et prouvez le."
Ton moqueur, un peu provocateur. J'ai l'impression d'être en présence de Fushi. Non. C'est bien mieux que si j'avais été avec Fushi... Suite ici |
|  | |  | Sujet: Re: Les yeux de la trahison [Pv Ookami] Sam 11 Déc - 11:27 | |
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