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[FB] Toute une éducation à refaire... !

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MessageSujet: Re: [FB] Toute une éducation à refaire... ! Lun 1 Nov - 15:36

|| ! || UN RP EN PARALLÈLE A ÉTÉ FAIT ICI
(vous n'êtes pourtant pas obligé de le lire pour comprendre les aventures qui vont suivre... mais si vous le faites, c'est mieux .)

Sommet du Mont Seisujinken.



Aux alentours du cinquante-septième jour de coma profond, le chakra bleu1 qui se déversait sempiternellement au dessus du mont et qui trouvait en ce lieu un équilibre parfait, autant atomique que mécanique, arrêta soudainement son avancée.

Le flot resta comme suspendu dans l'air, à l'instar d'une brume colorée, et sembla douter. On aurait dit que le chakra réfléchissait, comme si quelque chose se passait à l'intérieur du corps de son possesseur et remettait en question sa danse nébuleuse dans le monde extérieur.

Cela ne dura pas plus de quelques secondes la première fois avant que le flux énergétique ne reprenne sa route. On aurait dit qu'il était maintenant sur le qui-vive, qu'il craignait que le corps se réveille d'un moment à l'autre et le surprenne dans son échappée belle.


« Ça », à qui nous ne tarderons plus à trouver un vrai nom, spectatrice de ce drôle de ballet de plus en plus ânonnant, se serait retrouvée littéralement submergée par la vague d'énergie si cette dernière ne s'était pas obstinée à la contourner. D'ailleurs, sur tout l'immense sommet du Mont Seisujinken, il n'y avait pas un seul centimètre qui n'ait pas été maculé de chakra, à l'exception de la petite place centrale qu'occupait l'ombre.

Personne, à part peut-être les Kami, l'ombre elle-même et voire quelques savants fous, personne sinon n'aurait pu dire pourquoi le chakra filait au travers de sa souche inerte, pourquoi il semblait mû d'une volonté propre, pourquoi il évitait le « ça » ou pourquoi il changeait soudainement de couleur ; car la couleur du chakra se mit à changer.


Cela se produisit quelques semaines après l'étrange stop de la nappe énergétique et, bien que les effets furent longs à se faire voir et n'étaient d'abord que très légers, toute la nature du chakra changea en même temps que sa couleur. Du vert2 se mélangea doucement au bleu, d'abord en petites tâches subtiles puis en grands jets d'encre. Le tout prit une couleur bleue-verte de plus en plus intense avant de se décliner en un ocre étrange au fur et à mesure que les coucher de soleil venaient ajouter leur touche temporelle et érubescente.

L'ombre, les Kami, le ciel et la terre furent les seuls êtres à assister à cette évolution inexplicable. L'onde cabalistique avait assimilé la puissance spirituelle du sommet du Mont Seisujinken et exerçait même sur elle une magie occulte, un pouvoir presque divin, une force aussi étrange que réelle. « Ça », qui était encore plus maigre que ce que lui permettait son ossature monstrueuse, s'était levée pour approcher l'humain en souffrance qui libérait cette énergie inconcevable ; elle avait voulu s'en approcher pour en croquer un bout mais, aussitôt qu'elle avait bougé, le nuage ocré s'était comme refermé sur elle et le sol s'était alors dérobé sous ses pieds avant de céder sa place au ciel3.

La tête à l'envers et en totale chute libre, elle crut qu'elle allait s'écraser sur la pierre du Mont comme une vulgaire fiente ; elle essaya de hurler de terreur malgré l'atrophie de ses cordes vocales et ferma ses paupières en guise de bouclier.




1Ici, le "bleu" symbolise le chakra ayant pour affinité le vent (futon). Celui que j'appelle un peu plus haut le "chakra du vent", tout connement.
2Ici, le "vert" symbolise le chakra ayant pour affinité la terre (doton).
3Littéralement. La terre et le ciel ont fait une rotation.
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MessageSujet: Re: [FB] Toute une éducation à refaire... ! Mar 2 Nov - 13:22

Sommet du Mont Seisujinken.




Etsu ouvrit les yeux d'un coup. Il sentit l'air frais du sommet du Mont Seisujinken s'immiscer dans ses narines pour la première fois depuis trois mois d'inconscience et manqua alors de s'étouffer. Il se redressa d'un bond et haleta un long moment, les yeux exorbités et la main sur la poitrine ; tous les maux de son corps fatigué, affamé et vivant se jetèrent sur lui comme d'un seul sans lui laisser le temps de réaliser ce qu'il venait de lui arriver.

Autour de lui, le nuage de chakra ocré avait disparu, ravalé en même temps que l'air à petit coup de respirations saccadées. Ses sens et ses douleurs s'étaient réintroduits en lui en même temps que son flux énergétique, lui brûlant toutes les entrailles d'une faim, d'une soif et d'une lacération viscérale insondables.

Le ciel et la terre s'étaient de nouveau renversés pour retrouver leur position initiale, laissant seulement un haut-le-cœur à Etsu qui ne s'aperçut de rien. Son esprit était encore dans l'ailleurs, plein d'images subliminales qui l'empêchaient de voir qu'il était revenu parmi les vivants. « Ça » aussi était vivante, elle avait récupérée sa place sur terre sans s'y écraser sitôt que l'onde ocrée s'était précipitée dans la bouche et les narines de Etsu et avait relâché son emprise sur le monde.

Ils étaient tout deux au bord de la crise cardiaque, l'un comme l'autre choqués par les expériences qu'ils venaient de vivre ; Etsu retomba même plusieurs fois dans le coma avant de se réveiller et de rechuter aussi brutalement que les premières fois, avec à chaque fois les mêmes supplices. Son corps était décidément trop faible, trop maigre, trop fatigué, trop abîmé pour reprendre le rythme de la vie.

« Ça », de son côté, arrivait tant bien que mal à calmer son petit cœur fragile. Elle ne quittait pas des yeux l'humain qui venait de l'attaquer et se préparait à lui bondir dessus ; ce qu'elle ne manqua pas de faire une fois sa respiration retrouvée.

Elle galopa à quatre pattes en direction de Etsu, plus aucun handicap pour ralentir sa course. Ses longs membres rachitiques avalèrent les quelques mètres qui la séparaient de sa proie sans aucun mal et elle se jeta sur lui, tout doigt dehors, prête à lui arracher la jugulaire avec les crocs.

Dans un très court instant de conscience, Etsu put voir la tête de l'être fou qui était en train d'arracher ses guenilles et de l'étrangler sauvagement. Il lui sembla alors précisément être en plein rêve, en lutte contre le visage au long nez apparu tant de fois pour le châtier ; celui-là même qui contrôlait le ciel et la terre et qui lui volait sans cesse sa lumière dorée.
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MessageSujet: Re: [FB] Toute une éducation à refaire... ! Mer 3 Nov - 14:50

Sommet du Mont Seisujinken




Etsu ne lutta pas ; il était totalement impuissant, comme toutes les fois où il s'était retrouvé face à ce visage au long nez. Il savait ce qu'il allait se passer ; il savait qu'il allait se faire lourdement écraser sur la roche jusqu'à y encrer sa silhouette, qu'il se retrouverait plein de douleurs et de souffrances d'autant plus fortes qu'elles s'ajouteraient à toutes les autres déjà présentes ; il savait qu'il serait humilié et abandonné, que son âme serait violée et éventrée ; il savait qu'il mourrait et qu'il ne pourrait rien y faire1 .

Il imaginait déjà le pire ; lui qui venait à peine de recouvrer la vie se voyait déjà la perdre et retourner dans la pampa infernale, à la merci des forces et des volontés transcendantes2. Il sentait les doigts de l'être onirique lacérer sa chair comme mille aiguilles, son long nez pointu piquer sa peau tandis qu'en-dessous sa bouche à l'haleine fumante s'ouvrait sur son cou...


Etsu attendait que la tragédie se termine, que le pire survienne enfin et pensait déjà à ce qu'il dirait à Panda2 lorsqu'il la reverrait ; il lui dirait qu'il ne l'abandonnerait plus jamais maintenant, qu'elle ne serait plus seule, qu'il ne poserait plus de questions ; il lui dirait qu'il était mort3 .

Il sentait les lèvres chaudes et gercées s'appuyer maintenant sur sa carotide et les membres démoniaques trembler de rage autour de son cou ; il se rappela alors la paix et la douceur des premières nuits dans le campement léthargique2.

Les yeux fermés, il s'impatientait presque de revoir le voile noir que portaient ses paupières sur ses yeux se lever et laisser découvrir le désert aride de son inconscient, comme la première fois.


Il sentit enfin une langue chatouiller sa peau et prévenir l'arrivée tant attendue des crocs qui ouvriraient bientôt une porte ensanglantée et certainement mortelle sous sa tête et s'abreuveraient de son jus d'honni.

Mais il ne se passa rien de tout ça. Au lieu des terribles crocs, Etsu sentit les gencives édentées de l'ombre pincer nerveusement sa chair. Pour toute giclée de sang, il n'y avait qu'un dégouli de bave que « ça » n'arrivait plus à avaler ; les griffes acérées n'étaient que doigts sclérosés et gelés et, pour tout dire, le poids de l'ombre était très loin d'écraser Etsu au sol. Un coup de vent aurait suffit à la faire s'envoler.

Par ailleurs, ses membres squelettiques ne tremblaient non pas de rage mais de fatigue ; la demi-douzaine de mètres qu'ils avaient goulument avalé plus tôt les avait liquéfié aussi vite et les muscles se voulaient rappeler maintenant que la jeunesse et la forme olympique de l'ombre étaient depuis longtemps mortes et enterrées.

De fait, le tas d'os et de chair qu'était le « ça » s'effondra littéralement sur Etsu et s'endormit aussitôt, laissant pour dernière arme de sa vengeance un filet de bave qui faisait la jointure entre le cou du garçon et ses gencives roses.




1 Rapport aux sévices que lui a fait subir le visage dans ses rêves, et notamment celui-ci.
2 Rapport au RP fait en parallèle ; il s'agit des différents éléments qui composaient le monde d'inconscience dans lequel était plongé Etsu durant son coma profond.
3 Etsu est en train de faire le lien entre le monde duquel il sort (celui de l'inconscience) et la mort. Pourtant, il ne sait toujours pas qu'il était dans le coma la première fois.
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MessageSujet: Re: [FB] Toute une éducation à refaire... ! Sam 6 Nov - 17:09

Sommet du Mont Seisujinken.




Etsu avait réouvert les yeux depuis un moment déjà et il ne dé-fixait pas le ciel. Son cœur, et plus généralement tout son organisme s'était stabilisé et avait adopté un rythme convenable.

Malgré ça, Etsu ne bougeait pas un cil. Il ne voulait pas bouger. Sur son visage, bien que rien d'autre que la fatigue et la douleur ne s'y était imprimé, on pouvait lire un peu de déception. Tout à l'heure, il avait été presque content de pouvoir retrouver Panda et cela tenait certainement du fait qu'il avait été terriblement choqué par les derniers mots de l'enfant subliminal. Il avait ressenti toute sa peine, sa rancœur et sa peur de l'abandon au travers de toutes ses fibres spirituelles, comme il avait put ressentir toute la déception de sa mère au travers de son regard quand il lui avait appris qu'il rejoignait le côté de l'occupation1. Et là, même si l'émotion qu'il avait eu était au moins autant irréelle que surpuissante, ce que cette Panda lui avait fait ressentir était bien au-dessus, bien pire que le reniement maternel, c'était plus comme...


- … comme si mon Kami m'avait puni... souffla Etsu en réprimant une montée de larmes.

Son retour parmi les vivants, que la petite fille avait voulu et qu'une force transcendantale avait réalisé, il le vivait finalement comme une punition en réponse à ses trop nombreuses questions. Si la vie ne servait qu'à tracer un chemin vers son Kami, la mort en était bien l'aboutissement, alors. Donc Etsu était mort, mais on l'avait renvoyé à la vie ; on avait peut-être jugé qu'il avait encore du chemin à faire, des choses à apprendre avant de pouvoir atteindre l'univers de son Kami.

Et Panda alors... était-elle l'une de ses sœurs spirituelles à avoir suffisamment bien tracée sa route pour avoir obtenu le droit de séjourner au côté de son dieu ? Apparemment pas. Elle n'avait pas l'air d'accepter sa condition, sinon elle n'aurait pas fait passer un message au goût aussi amer que celui d'un condamné innocent.
Avait-elle succombé à la paresse devant l'éventail de vœux que réalisait le Kami et qui l'empêchait de se poser les questions qui auraient pu ramener sa conscience et par-là même la ramener à la vie ? N'était-elle pas tout simplement prisonnière d'un séjour que ses rêves avaient reflété et desquels le Kami avait profité pour capturé son enfant ?

Tout au long de son petit séjour de trois mois, Etsu avait bien ressenti qu'un être, qu'une force, qu'un esprit se jouait des sens de ses prisonniers pour leur attacher une dépendance qui leur ôtait toute envie de le quitter. S'il avait cru que Panda était à la base des rotations spectaculaires du jour et de la nuit et des apparitions d'objets, il n'avait pas su trouver d'explication à l'annihilation de sa volonté et de sa mémoire. Aujourd'hui, en réfléchissant à tout ça, les yeux perdus dans les étoiles, il commençait à comprendre.

Panda n'avait pas plus de volonté ou de mémoire que lui ; elle avait juste passé plus de temps dans le désert subconscient et, vu l'age2 de l'esprit incarné dans cet univers, elle n'avait apparemment pas assez de maturité pour résister à la pression spirituelle de l'esprit supérieur qui contrôlait ce monde et encore moins pour approfondir les questions qui auraient pu l'en libérer. Il suffisait qu'elle ait de quoi jouer pour que son attention soit retenue, comme l'attention de Etsu avait été retenue quand il réalisait les tâches que l'enfant lui avait demandé, ce qui suffisait également à effacer toute interrogation. Il suffisait qu'une pensée la traverse pour que l'esprit souverain la matérialise et occupe, satisfasse sa fille pour palier à un éventuel ennui et par la même occasion aux réflexions. Il suffisait que Panda se sente seule pour qu'il appelle un de ses frères pour lui tenir compagnie, le temps d'un jeu intemporel, pour retenir la conscience de l'enfant ; ça lui permettait peut-être aussi de juger la loyauté de l'un d'eux, comme ça avait peut-être été le cas avec Etsu.

Mais alors qu'il finissait d'assembler les morceaux, Etsu ne savait plus différencier ce qui était « mal » de ce qui était « bien ». Ses notions shintoïstes avaient cessé de l'aider depuis un moment déjà et maintenant il trouvait la véritable question de tout ce merdier : le séjour auprès du Kami était-il une récompense marquant la fin d'une vie pure de dévotion éclatante ou bien était-ce une punition visant à enfermer les fils et les filles indignes dans un coin ? La mort était-elle bénédiction ou châtiment divin ? La vie était-elle poison ou cadeau ?


Quoi qu'il en fût vraiment, Etsu comprit et partagea la peine de la petite Panda, prisonnière d'un monde dans lequel elle n'avait jamais demandé à atterrir. Elle avait sûrement rencontré bien d'autres personnes durant les années passées enfermée dans le désert, lesquelles avait-elle vu repartir et l'abandonner là, seule avec les bourdonnements infernaux. Elle avait dû trouver ça injuste de voir les autres s'évaporer après quelques questions et détruire au passage le peu de cohérence et de pensées qu'elle réussissait à construire.

Etsu imagina sans aucun mal l'enfer que devait vivre l'enfant à chaque prise de conscience, lui-même s'était senti mal chaque fois que des questions apparaissaient et lui montraient une chose qu'une force imperceptible mais pesante s'obstinait à cacher. Lui aussi avait souffert des trous dans sa mémoire, mais ce n'était en rien comparable au vécu de Panda. Elle, elle n'avait visiblement personne pour lui faire comprendre toute l'étrangeté de cet univers inconscient ; les années passées enfermées là-bas avaient fait d'elle exemple et juge de la dévotion ; elle était comme un baromètre spirituel, ce qui lui octroyait le droit de voir tous ses vœux se réaliser et la condamnait en même temps à rester là.
Son dernier cri de rage et de désespoir avait montré toute la contrainte de sa condition ainsi que sa fatigue mentale et seul le Kami savait ce qu'il adviendrait de cette enfant, prodige malgré elle, dans les prochaines rotations éternelles.



1 Rapport à ce rp.
2 L'esprit de Panda a 7-8 ans
.


***



Pays de l'herbe.




A plusieurs centaines de milliers de kilomètres de là, quelqu'un d'autre regardait les étoiles sans ciller. Il s'agissait d'une femme au visage tout aussi marqué par la fatigue et la souffrance et sur lequel on pouvait deviner des regrets.

Elle avait une trentaine d'années et se demandait pourquoi le sort s'acharnait autant sur sa famille.

Elle tenait l'herboristerie en ruine de sa mère morte depuis des années déjà et essayait en même temps d'offrir la meilleure des vies à ses enfants. Mais depuis la destruction de Kusa, la mort de son compagnon et la mort de sa mère, le marché économique n'était plus vraiment fiable et la vie dans le pays plus vraiment facile.

Depuis, elle hésitait souvent à vendre son seul héritage et consultait son père qui se minait dans un silence de mort avant de lui rappeler que, de toute façon, ici, personne n'avait les moyens de lui racheter quoi que ce soit. « T'as qu'à ouvrir un salon de thé ! », marmonnait-il. Il était vrai qu'il y avait pas mal de vieillards et de vieillardes friands de thé et de tisanes et qui venaient souvent lui en demander ; un salon de thé aurait pu arranger les choses, mais décidément... Il lui manquait un petit quelque chose pour la pousser à investir.

Il ne s'agissait pas tellement de problème d'argent ou de matériel, il lui aurait suffit d'envoyer ses fils couper du bois dans la forêt et demander à l'artisan du coin de lui fabriquer quelques chaises et tables, chose qu'il aurait accepté sans mal si elle ne s'obstinait pas à refuser ses avances.

Ce n'était pas non plus parce que le menuisier ne lui plaisait pas, au contraire, il avait ce charme qu'ont les artistes mêlé à la force que donnent des années d'artisanats, et puis, un autre homme que papy-Chii dans la famille lui aurait permis de dresser un peu ses enfants.

Non, ce qui la dérangeait et la bloquait avant tout dans ses investissements, c'était sa fille. Son avant-dernière fille dont les soins coûtaient non seulement un bras mais aussi l'œil du repos. Cela faisait déjà quatre ans et trois mois qu'un médecin spécialisé faisait le voyage tous les mois exprès pour vérifier l'état de son enfant et, malgré qu'il repartait en laissant toujours les mêmes consignes et en faisant toujours les mêmes remarques, il n'empêchait jamais la mère de s'inquiéter pour la vie de sa fille et d'avoir peur de l'avenir.


- Ena-san ? fit une voix derrière elle, la sortant de ses pensées. C'était le médecin. J'ai fini mon examen.

- Hmm, se contenta de répliquer la rêveuse.

- Son état est stable. Et... Oui ! Tout à l'heure elle s'est mise à pleurer, mais attention, ça ne veut pas dire qu'elle s'est réveillée, vous comprenez ?

- Je sais, répondit-elle sans le regarder, Panda pleure beaucoup depuis ce matin.

Et elle se mura de nouveau dans le silence.
Les yeux toujours perdus dans les étoiles de la nuit, elle chercha là-haut un être, une force, un esprit divin à qui adresser sa requête, à qui demander de veiller sur sa fille et de faire en sorte que, là où le coma profond avait emmené son esprit, elle ne manque de rien.


Dernière édition par Daiki Etsu le Jeu 11 Nov - 2:55, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [FB] Toute une éducation à refaire... ! Lun 8 Nov - 20:36

Sommet du Mont Seisujinken.




C'était bientôt au tour de l'ombre, à qui l'on ne va vraiment plus tarder à trouver un vrai nom d'ici quelques RP, et à qui donc c'était bientôt le tour de revenir sur terre et de rouvrir les yeux.

Les courbatures et la vieillesse s'emparèrent d'elle avec une poigne aussi forte que la gravité la tenait écrasée sur la roche du Mont Seisujinken, et avec elles un petit grain de bave séchée qui lui grattait le coin des lèvres, signature d'un sommeil bien profond et réparateur.

D'ailleurs, cela faisait bien longtemps qu'elle n'avait pas aussi bien dormi et, si elle était soulagée de se savoir bien allongée sur un sol dur et ferme, en un seul morceau, et non pas en pleine chute libre, téléportée dans le ciel par on ne sait quelle magie, elle regretta bien vite de s'être réveillée dès lors qu'elle sentit une pique glaciale venir appuyer sur sa zygomatique gauche, la forçant à reposer sa tête par terre.

Par reflex naturel et inconscient, elle voulut bouger pour se dégager mais un petit claquement de langue et une pression sur sa joue la dissuadèrent rapidement, ne lui laissant que les yeux pour voir.

Pour voir que derrière ce qui ressemblait à une stalactite anté-millénaire directement arrachée des entrailles du monde braquée sur elle se tenaient un bras, une épaule et une silhouette nocturne entourée d'un halo brunâtre qui se dressait au milieu des étoiles de la nuit et dans laquelle elle devinait un visage à l'expression peu attrayante.


- Si tu bouges, Oni1, souffla une voix caverneuse en libérant une vapeur ocrée, je te prends le cœur2.

L'ombre ne comprit pas vraiment ce que l'être disait mais elle acquiesça avant de se recroqueviller. Quand on vous tient en joue, il est très rarement bienvenu de jouer les fortes têtes, même les monstres des montagnes savaient ça.

- Qu'as-tu fais à Kazeken-chan, bakemono3 !? Pourquoi est-ce qu'elle est comme ça ?!

L'ombre acquiesça de nouveau, plus par peur que parce qu'elle comprenait vraiment ce qu'on lui racontait.


- Où est passée Kazeken-chan !?! lui hurla Etsu en la menaçant de son épée des vents figée dans la pierre. Qu'est-ce que tu nous as fait ?! Répond !!

« C'est pas moi ! C'est pas moi ! C'est pas moi ! C'est pas moi ! C'est pas moi ! C'est pas moi ! » pleurnicha une petite voix apeurée dans la tête du fou.

Les yeux du « ça » roulaient en direction de l'épée et de l'humain, de l'humain et de l'épée en répétant des « C'est pas moi ! » sans bouger les lèvres ; le tout essayait de se faire le plus petit possible, espérant peut-être disparaître ou attendrir son persécuteur.

Mais Etsu était en plein délire ; il se sentait différent mais il n'aurait pu dire comment ou pourquoi ; quelque chose avait changé en lui, quelque chose de réel. C'était plus concret que du spirituel, c'était plus proche de lui aussi ; ça traînait sous sa peau et rôdait au détour de sa chair, il le sentait ; c'était là, tout autour de lui et même en lui. C'était quelque chose de vivant, c'était quelque chose d'essentiel4 mais il était incapable de trouver de quoi il s'agissait exactement et ça, ça, ça l'énervait.

Mais ce qui le mettait dans un état plus que dément c'était surtout la disparition de sa Kazeken adorée, sa précieuse arme maudite.
Lorsqu'il avait voulu l'invoquer pour abattre cette bestiole immonde qui l'avait attaqué quelques heures auparavant et par-là même la balayer de la surface de la terre, il s'était retrouvé avec une épée de facture primaire, une épée de fortune, une coquille vide et muette, froide et inerte, tout le contraire de sa belle épée sauvage et sifflante et, pour lui, le seul coupable était ce visage au long nez5 ramassé sur lui-même, devant lui, à sa merci.




1 Oni = démon, dans le sens "diable", c'est assez respectueux.
2 Rapport à ce rêve.
3 Bakemono = démon, dans le sens "monstre", vachement plus insultant.
4 Ici, "essentiel" est à prendre aux deux sens du terme ("qui constitue la nature de qqch." et "qui est important").
5 Rapport à ce rêve et au RP qui le suit.
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MessageSujet: Re: [FB] Toute une éducation à refaire... ! Mer 10 Nov - 21:17

Sommet du Mont Seisujinken.



-Si ! Si !! Si !!! C'est toi ! Il n'y a que toi qui aies pris possession de mon corps et tu y as volé ma Kazeken !! Rend-la moi ! DE SUITE !!!

Etsu ne hurlait plus, il rugissait sur cette pauvre « ça », roulée en boule, les yeux fous. La panique et la rage avaient fait de sa voix un aboiement bestial et, plus les « C'est pas moi ! » raisonnaient dans sa tête, plus le chien fou qu'il était devenait loup enragé. Qu'elle continue à se répéter et bientôt l'ombre aurait affaire à un ours qui n'abattrait pas sur elle quatre-vingt-dix kilos de griffes mais une bonne grosse épée de pierre qui ferait tout aussi bien la bouillie.

« C'est pas moi ! C'est pas mo-a ! Au seecours ! », innova la pauvre ombre, pleurnichant et bougeant les pieds pour essayer de se sortir de la ligne de mire de l'épée. « Jee suiis humaiinee, pas Onii ! C'est pas moi ! »


- Je t'ai dis de ne pas BOU-GER !!!

Et il éclata son arme sur le crâne de l'ascète. On entendit un petit gémissement pathétique au moment de l'impacte et puis plus rien. Plus de « C'est pas moi ! ». Plus de pleurnichements. Plus de gesticulations. Plus rien.

Etsu, qui avait posé un pied sur sa victime pour la maintenir au sol, sentit la vie filer au travers du corps. On put voir la fissuration du crâne tout autour de l'arme de pierre et une légère marre commencer à se former sous la tête. « Ça » était bien morte.

- T'as cru que tu pouvais te jouer de moi, bakemono...'Y a que dans tes rêves que ça marche ! Cracha-t-il sur le cadavre.

Les deux mains sur le manche froid de sa Kazeken de pierre, et sans descendre de son piédestal inerte, il savoura sa victoire avec un petit sourire, attendant que son épée reprenne sa forme originelle. Car il était évident pour lui que, maintenant que le démon était mort, sa Kazeken sifflante s'arracherait à sa prison de pierre ; ce n'était qu'une question de secondes.

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MessageSujet: Re: [FB] Toute une éducation à refaire... ! Jeu 11 Nov - 21:25

Sommet du Mont Seisujinken



Autour de lui, l'atmosphère de la nuit s'était alourdie d'une nébulosité ocreuse, tout droit sortie de ses orifices. Etsu ne s'en rendait pas vraiment compte pour l'instant parce que toute son attention était retenue par la réapparition de sa Kazeken, mais ce qui avait changé en son être était en train de danser tout autour de lui ; un chakra qu'il ne savait pas encore être le sien se déversait dans l'air au même rythme que les tournoiements de l'essence dorée visible au fond de ses yeux. Le tout fixait avec une attention toute retenue cette épée de pierre aux reflets tannés.


Finalement, ce qui ne devait être qu'une question de secondes se changea en question de minutes puis en question qui mettait beaucoup trop de temps à se régler. La marre avait bien grandi sous la tête de l'ombre et en même temps qu'elle les doutes dans la tête de Etsu. Les derniers mots de sa victime résonnaient dans son esprit et avec eux l'idée que peut-être il avait commis l'irréparable ; il n'avait peut-être pas tué un monstre mais un humain.


- Impossible... essaya-t-il, se disant qu'un être humain n'aurait jamais pu parler directement dans sa tête.

Sauf si l'humain en question était un prêtre1.

A ce moment précis, le cœur de Etsu s'arrêta de battre une micro-seconde, comme pour retenir sa respiration avant d'être sûr de devoir céder à la panique. Tuer un être humain était déjà grave ; tuer un prêtre sur son mont sacré, c'était sordide, malsain, immoral, morbide, inhumain.


- Merde... souffla-t-il dans une traînée ocrée avant de lâcher son épée et de s'éloigner du cadavre.

Non, ça ne pouvait pas être un prêtre ; pas avec une tête pareille. Pas avec un nez aussi difforme, pas avec cette expression bloquée dans la stupeur, pas avec cette énorme fracture en plein entre les deux yeux...

Pouvait-ce être une hallucination ? Etsu avait-il pu coller le visage du monstre de ses rêves sur ce pauvre humain ? Et il lui avait fracassé la gueule ? Il lui avait pulvérisé la cervelle alors qu'à la base, il était précisément venu ici, sur le Mont Seisujinken, pour effacer son ardoise de meurtrier ; lui, Daiki Etsu, venait d'écrabouiller la tronche d'un pauvre innocent ? Ici ? Maintenant ? Il avait vraiment fait ça ?

Certainement. Une marre visqueuse était là pour en attestée, après tout. Et puis ce n'était pas la première fois que la folie l'emmenait à faire ce genre de chose2. Il aurait beau rester là à regarder le cadavre et son épée encore plantée dedans, rien ne changerait l'histoire. Il ne se passerait plus rien maintenant. Sa Kazeken ne reviendrait probablement pas parce que tout ceci sortait de son imagination ; il avait halluciné malgré qu'il croyait en avoir depuis longtemps fini avec ces aliénations. La mort avait été invoquée et la question n'en restait pas moins la même : bénédiction ou châtiment ? Etsu avait libéré ou condamné un innocent ?


Malgré le drame, il ne put s'empêcher de penser à Panda. Panda. Elle envahissait sa tête ; venait-il de lui envoyer quelqu'un pour lui tenir compagnie ou bien venait-il de franchir un pas qui l'éloignait définitivement d'elle et de son Kami ?
Pouvait-il seulement espérer la revoir un jour ? Panda était-elle le fruit d'une imagination maladive ? N'était-il pas précisément encore en train de rêver ?
Non, s'il y avait bien une chose dont il était sûr, c'était que Panda existait vraiment ; son cœur, son esprit, son corps tout entier hurlait qu'elle était réelle et qu'elle demandait son aide.
Le reste, il n'en savait strictement rien.

Regardant les étoiles de la nuit, Etsu se sentit désespérément seul ; il se sut désespérément seul. Sa Kazeken n'existait même plus dans son imagination et Panda... Panda était fatalement inaccessible. « Quel plaisir prend le monde à jouer des tours aussi perfides ? » se demanda-t-il, désemparé, avant de s'approcher du berceau de la cataracte. Là, il se pencha pour voir de quoi avait l'air un homme qui se savait seul et sans excuses, mais au moment de constater son reflet dans l'eau, il vit tout autre chose...




1 Etsu croit que certains prêtres shintoïstes sont capables de lire dans les pensées des gens (et donc peut-être aussi communiquer par la pensée)
2 Rapport à tous les meurtres qu'il a commis et durant lesquels il n'était jamais vraiment lui.
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MessageSujet: Re: [FB] Toute une éducation à refaire... ! Ven 12 Nov - 15:19

Sommet du Mont Seisujinken.




- Je savais bien que tu pouvais pas être humaine, sale merde ! Fit Etsu, rassuré malgré l'horrifiante tournure que venaient de prendre les évènements.

L'ombre, à qui il avait pourtant bien séparé les deux pôles crâniens, s'était relevée, l'épée toujours plantée au plus profond de son cervelet, et le toisait avec une constance des plus perverses. Etsu s'était immédiatement retourné quand il avait vu son reflet se dessiner derrière le sien et avait de peu arrêté l'attaque sournoise de ce qu'il était sûr de maintenant pouvoir appeler un « démon ». Il tenait de ses deux mains le manche de son épée de pierre bien enfoncée dans l'os et par-là même maintenait toute la tête du monstre. Celui-là avait passé ses doigts durs et biscornus autour du cou du ronin et essayait, non sans mal, de resserrer sa prise tandis que Etsu lui tordait la tête sur le côté.

C'est donc accrochés l'un à l'autre et dans des contorsions des plus bizarres que l'action s'arrêta aussi net qu'elle avait repris, dans le froid d'une nuit insolite.

Le Mont Seisujinken pouvait se vanter d'avoir des particularités sans noms que toute autre montagne lui enviait, mais en ce qui concernait les conséquences qu'aurait la rencontre de ces deux êtres sur son sommet, il retenait carrément sa respiration et préférait refermer son anneau de nuage, l'alourdir d'un peu de pluie et le gonfler d'altrostratus grisâtres pour masquer la terrible scène qui allait se jouer. Il n'avait déjà pas trop apprécié que le nouvel arrivant absorbe son énergie biotique1 et bombarde une autre forme d'essence bizarroïde2 au milieu de ses nuages ; il ne pouvait pas accepter qu'il lui mette la honte auprès de ses sœurs orogéniques.


- Alors, t'es disposé à me dire ce que tu nous as fait, maintenant ? Reprit-il non sans fierté dans la voix, et tenant le défi oculaire que lui lançait son ennemi. Il ne cessait pas d'appuyer sur le manche de l'épée, dans l'espoir peut-être de briser quelques cervicales, à défaut de faire desserrer quelques doigts.

Pour toute réponse, il n'eut droit qu'à un grognement étranglé et à un rendu de sang, signes d'une trachée engorgée et d'une douleur pesante. A croire qu'en un coup bien placé, Etsu avait déglingué toute l'anatomie de cette pauvre chose démoniaque ni vraiment morte, ni vraiment vivante.


- Apparemment pas... sourit-il malicieusement avant de donner un a-coup violent dans le manche, de tirer son épée vers lui et de repousser le reste du corps du monstre avec un coup de pied.

Le bas du corps de l'ombre glissa en arrière tandis que sa tête était emportée dans l'autre sens par l'épée ; la surprise et sa faiblesse générale lui firent lâcher sa prise sur Etsu et « ça » se ramassa sur la roche, tout le dessus de sa tête arraché, emporté par l'épée de pierre.

Et alors que la pluie se mettait doucement à tomber, le corps de l'ombre s'enbauma de nouveau dans l'inertie, comme mort.


- Ça t'apprendra, conclut Etsu en plantant son arme libérée dans le sol.

En lâchant l'épée, il remarqua enfin qu'un petit éclair ocré à l'odeur de chakra le reliait à elle ; avant d'y prêter toute son attention, il préféra d'abord se mordre la main gauche, comme pour finir de se rassurer. La douleur lui fit directement comprendre qu'il n'était pas en train de rêver ; il n'hallucinait pas non plus : le souffle putride et chaud de ce démon qu'il avait ressenti lorsqu'il lui bloquait la tête sur le côté était le genre de détail que l'aliénation ne prenait pas en compte3. La question d'un possible genjutsu ninjesque s'était résolue avant même de se poser, quand il s'était mordu.


S'essuyant la main sur les quelques haillons qui lui restaient, il remarqua maintenant toute l'ampleur de l'auréole de chakra qui l'entourait et qui tournoyait autour de lui. Il comprit que ça lui appartenait quand, respirant par la bouche, une fumée jaunâtre sortit à la place de la buée que l'ordinaire aurait voulu et alla se fondre dans le reste du halo.

Cette découverte planta un rictus sur son visage, d'autant plus grand que Etsu pouvait enfin mettre un nom sur ce qui avait changé en lui. Tout à l'heure, son reflet lui avait laissé entrapercevoir deux pupilles qu'il ne croyait pas être les siennes et aussi brillantes que ce chakra qui dansait autour de lui ; il n'avait pas eu le temps de bien l'observer mais maintenant, il comprenait.


- Mon Makoto4, souffla-t-il, ajoutant de la contenance à l'onde ocrée. Ses iris à la couleur en constante pronation se posèrent immédiatement sur l'Oni de ses rêves dont les membres commençaient doucement à reprendre vie. T'es là pour me le voler, hein...

Et, finissant d'assembler tous les éléments, il repartit sur sa première idée, soit, celle d'une rencontre et d'une lutte réelles contre le démon de ses rêves, celui qui en voulait à sa lumière.

Empoignant de nouveau le manche de sa nouvelle Kazeken bénite5, il lui injecta une dose de chakra qui enflamma les stries ocrées déjà présentes et qui arracha du sol des pans entiers de pierre qui vinrent s'encastrer et grossir le sillage de la lame.


- A nous deux, Kami6.




1 C'est en assimilant cette énergie que le chakra de Etsu a changé, CF les rp précédents.
2 Il s'agit de chakra, CF les rp précédents.
3 Tout simplement parce que Etsu n'a lui-même pas assez d'imagination pour les imaginer.
4 Le Makoto est la "lumière" intérieure, la pureté de la conscience d'un individu (pour le shintô). Une explication a été faite dans ce rp.
5 Etsu croit que sa Kazeken s'est changée en pierre parce qu'il a trouvé son Makoto. Le Makoto symbolisant le lien avec le Kami, il croit que son épée est maintenant bénite. (Etsu qualifiait son épée des vents de "maudite").
En réalité, il s'agit juste des effets de sa nouvelle capacité (Kaiten no Naikai) *sbaff*.
6 Etsu s'adresse à son Kami. Il interprète ce combat contre le "ça" comme une nouvelle épreuve sur le chemin du Makoto et s'apprête donc à relever le défi.
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MessageSujet: Re: [FB] Toute une éducation à refaire... ! Sam 13 Nov - 17:54

Grotte du Mont Seisujinken.




Un éclair frappa le sol du sommet, promenant son grondement dans le ciel noir de la nuit.

Si d'ordinaire après la pluie venait le beau temps, sur le Mont Seisujinken, décidément bien original, ce proverbe était une connerie monumentale. Tout se faisait à l'envers sur cette montagne, à commencer par les changements climatiques : après le beau temps venait la pluie et après elle l'orage. Et après l'orage ? La fin d'un combat épique.


- Relâche-moi, sale bakemono ! Viens-là ! Viens par-là que je finisse de t'arranger le portrait !

« Non~ »

- Non !? Quoi non ?! Je vais te démonter la gueule, oui ! Ramènes-toi, faiblard !

« Iil yy a un oragee deehors~ » fit remarquer l'ombre, en utilisant la psychokinésie.

Elle et Etsu s'étaient réfugiés tout au fond de la grotte cachée par la cascade quand les premiers grondements s'étaient faits entendre.


- J'ai pas peur de ton orage, moi ! Je te démolis la façade qu'il pleuve, qu'il vente ou qu'il neige ! Je peux même le faire ici si tu préfères ! Rétorqua un Etsu aussi électrique que l'atmosphère à l'extérieur.

En fait, Etsu n'avait pas vraiment choisi de venir s'abriter dans la grotte. Au moment crucial où il fonçait sur son adversaire, épée en tête, le sol s'était ouvert sous ses pieds et avait fait tomber les deux êtres ici, dans une poche d'air au fin fond des entrailles du mont avant de se refermer derrière eux, ne laissant qu'un trou par lequel les rayons de la lune seuls pouvaient passer. Maintenant, Etsu était maintenu contre la paroi chaude par un cocon de pierre qui s'était fermé sur lui, ne lui laissant que tête et jambes libres.

« Tu deevrais tee déteendree un peeuu~, jee nee comptee pas mee battree avec toi~ » conseilla l'ombre, assise en face de lui, dans la sérénité la plus totale.


- Je suis pas tendu, OK !? Cracha Etsu, en agitant les pieds pour essayer de se libérer.

« Cee n'est pas cee quee diiseent les batteements dee ton cœur, pourtant~ » répondit le monstre en désignant le cocon.

- Ksss... Qu'est-ce que t'en sais...

Le silence suivit cette dernière réponse, lâchée par pur esprit de contradiction. Etsu fixait son vis-à-vis ; le rayon lunaire qui perçait le trou de la grotte n'éclairait que la moitié de son visage démoniaque, son long nez pointu faisant écran sur le reste. On ne voyait qu'un morceau de la partie manquante que Etsu avait arrachée de la tête ; l'obscurité laissait du reste deviner les aspérités osseuses et décharnées.

- Tu devrais être mort... souffla le ronin en détachant ses yeux de ce spectacle invraisemblable.

« Non~, répondit l'ombre après un instant, jee nee peeuux pas mouriir~ »

- Qu-...

« Jee suiis le Mont Seisujiinken~. Ou plutôt~ : lee Mont Seisujiinken est moi~ »


Dernière édition par Daiki Etsu le Jeu 17 Fév - 17:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [FB] Toute une éducation à refaire... ! Dim 14 Nov - 19:26

Grotte du Mont Seisujinken.




« (…) J'ai conclu un pactee avec cee Mont~ ; Iil m'offrait la viie éternellee en échangee dee mon corps~. J'ai gagné la pérenniité dee la piierree et~, parfois~, Iil regardee lee mondee à travers moi~, m'expliiquee et mee parlee au travers dee la cascadee, dee la pluiie, des oragees et dee la rochee~. Jee suiis son humain et Iil est mon uniiquee raison d'êtree~. Iil m'a offert unee placee sur ce mondee qui nee voulait pas dee moi~. »

Le silence succéda à la triste histoire de Bonten, l'ombre, ou plutôt l'humaine du Mont Seisujinken. Seuls les « ploc », « ploc » des quelques gouttes de pluies qui réussissaient à entrer par le trou lunaire brisaient l'intenable malaise qui régnait dans la poche d'air.

Bonten n'était pas un monstre, juste une incomprise chassée hors de son village il y a de ça de nombreuses années.
Elle n'était pas humaine non plus, puisqu'elle avait pactisé avec un amas de roches pour échapper à la terrible et effroyable mort. La peur de disparaître et de découvrir ce qu'était que mourir avait eu raison de son humanité et l'avait transformé en... « ça », car il n'y avait finalement pas d'autres mots pour décrire ce qu'elle était aujourd'hui et depuis longtemps déjà.


Etsu avait respecté le temps de parole de la Chose, qu'il ne pouvait décidément pas se résoudre à appeler par son nom. Il avait écouté, entendu même tout ce qu'elle avait dit ; il avait assimilé et additionné les éléments, pesé le poids de ses mots mais très vite il avait mentalement réduit ce mauvais scénario mélo-tragédien en boule et l'avait balancé hors de sa tête, se disant que les Oni étaient prêts à inventer n'importe quoi pour avoir ce qu'ils voulaient, à l'instar de n'importe quel humain.


- Je dois avoir une vraie tête de con pour que tu penses pouvoir me faire gober des conneries pareilles ! T'auras jamais mon Makoto, sale suppôt de Oni ! Cracha-t-il finalement en essayant de ravaler les fumerolles ocrées qui s'échappaient de sa bouche.

Bonten ne répondit pas tout de suite, sûrement parce que le moment était propice à un soupir d'exaspération, et n'ayant plus le matériel organique approprié pour le faire, elle se contentait du silence pour protester contre l'esprit obstinément borné qu'était celui de Etsu.

« C'est ça~, là~, cee quee tu appellees ton Makoto~ ? Fit la voix mentale en faisant pivoter ses petites billes oculaires en direction du chakra brun. Tu tee trompees~. Le Makoto n'est qu'un concept, unee iidée~. C'est la pureeté, la consciiencee, cee n'est pas « ça »~... « Ça », c'est~... autree chosee~. », poursuivit-elle non sans laisser penser que son savoir divin s'arrêtait là où le mot « ça » apparaissait.

Etsu dégonfla ses joues plus pleines d'air que de chakra, avant de laisser siffler un nouvea
u « Ksss... qu'est-ce que t'en sais... », toujours envoyé par pur esprit de contradiction.

« C'est un mont sacré quii tee lee diis~ », répliqua Bonten avant d'essuyer une rafale d'insultes qu'un Etsu totalement rétif et excédé par ce qu'il considérait être de purs mensonges déchargea sur elle dans un nuage de poussière tannée.

« C'est autree chosee~ », se répéta l'immortelle en voyant l'onde grossir, pour elle-même cette fois.

Elle était littéralement absorbée par cette aura visuelle qu'elle sentait être d'une puissance inouïe ; la couleur ocrée faisait miroiter dans son sillage rotatif un autre monde, un ailleurs, une toute nouvelle dimension, peut-être. Bonten l'avait vu ; elle y était même allée. Elle avait vu cette énergie libre se former et jamais, jamais, – jamais ! - elle n'aurait pu se douter, elle qui vivait avec le Mont depuis des siècles déjà, jamais elle n'aurait pu se douter qu'un humain aussi bête aurait pu s'approprier ainsi l'énergie biotique de la montagne ; celle-là même pour laquelle elle-même avait vendu son corps à un caillou géant. Et cet humain n'avait absolument pas conscience de cette force prodigieuse ; il n'avait pas vu le ciel et la terre se retourner, lui. Il se murait dans cette stupidité magistrale qu'était le shintoïsme ; il croyait seulement, il lui fallait vivre à présent.


Dernière édition par Daiki Etsu le Jeu 17 Fév - 17:51, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [FB] Toute une éducation à refaire... ! Lun 15 Nov - 23:18

Grotte du Mont Seisujinken.



- Si t'es pas un Oni... Pourquoi est-ce que tu parles dans ma tête1 ? Je devrais pas plutôt t'entendre au travers des pierres et sentir le sol trembler, hm ? Ou un truc dans le genre ? J'aimerai bien savoir ce que tu vas trouver comme excuses pitoyablement humaines2 pour répondre à ça !

Bonten ouvrit sa bouche en grand, non pas pour bâiller parce que le ronin l'ennuyait depuis un quart-d'heure déjà avec un test de crédibilité des plus rudimentaires, mais pour montrer qu'elle n'avait plus de langue, ce qui ne se vit absolument pas puisqu'il faisait carrément nuit dans la grotte.
De fait, l'immortelle expliqua comment elle s'était vue obligée de manger sa propre langue lors de ses premiers mois sur le Mont et comment elle avait acquis cette capacité de télépathe. Elle raconta que c'était grâce à une histoire d'énergie que Etsu avait assimilé et qu'elle avait aussi et qui faisait le lien entre leurs deux esprits par l'intermédiaire de l'essence du Mont, ce qui lui permettait de s'exprimer directement dans sa tête.

Bien évidemment, il était à prévoir que Etsu se mettrait à rire aux éclats après cette explication des plus stupides et invraisemblables ; « Même un enfant n'y croirait pas ! », aurait-il pu dire. Mais il se tut et bloqua ses yeux dans ce qu'il croyait être ceux de Bonten ; son questionnaire machiavélique semblait s'arrêter là.
Chacune de ses questions avait toujours été plus pointilleuse et se rendait a fortiori plus futile que la précédente ; Etsu était tellement sûr de l'incertitude des choses, tellement convaincu que tout pouvait être contesté, que tout était irrémédiablement faux – et surtout la parole des gens, des monstres et voire même des montagnes maintenant - que ç'en était devenu une vraie maladie, d'où toutes ces inepties. Et là, depuis que ses théories abracadabrantes sur un complot universel avaient trouvés des faits pour les soutenir, Daiki Etsu, l'incroyable tourmenté aux deux-cent-mille questions-minute et à l'esprit aussi imperméable que la peau d'un hydrophobe se retrouvait pour la première fois sans rien à dire pour relever cette réponse des plus grotesques.


Bonten et le Mont savourèrent donc ce précieux silence comme on savoure un fruit après une longue et difficile victoire. Le fruit défendu d'une bien courte victoire d'ailleurs, puisqu'ils rencontrèrent vite dans leur dégustation empressée un pépin des plus amers :


- Je sais pas trop si je dois rire ou pleurer devant autant de conneries, pour le coup. Je crois qu'on m'a jamais sorti un truc aussi... hum... aussi recherché... et aussi... Aussi profondément con ! Même un enfant n'y croirait pas ! Franchement ! T'as vu ta gueule !!? Arrête de te prendre pour un humain, sale monstre, ça sert à rien ! Ils sont aussi répugnant et intéressés que n'importe laquelle des bestioles de ta catégorie ! (…) Explosa Etsu en gesticulant dans son concon de pierre avant d'enchaîner avec tout un tas de bêtises et d'insultes aussi profondes que cette grotte.


« Cee doit êtree dur dee viivree sans fairee confiiancee à personnee~ », le coupa finalement Bonten au bout d'un long moment, brisant le fil des pensées dans la tête du ronin.


- Non, répondit-il simplement, défiant d'un regard sombrement flamboyant l'obscurité dans laquelle se trouvait son vis-à-vis.

Bonten attendit la suite, car elle sentait bien que dans ce simple mot résonnaient tous les maux d'une vie qui ne demandaient qu'à être proférés. Les pupilles brunes qui la fixaient se mirent alors à tourner comme pour l'enclenchement d'un rouage, avant que Etsu ne reprenne, d'une voix plus funèbre que jamais :


- Le plus dur, c'est de s'en rendre compte. Après, tout devient simple, sourit-il.



1 Les Oni relevant d'une conception spirituelle, il semble évident qu'ils puissent avoir accès aux esprits de ceux qu'ils maltraitent. Si Bonten est le Mont Seisujinken comme elle le dit... Il semble logique qu'elle parle au travers de la pierre et pas de lui °w°
2 Etsu pense que Bonten est un Oni qui veut se faire passer pour un humain, dans le but de le mettre en confiance... Loupéééé~ !



Dernière édition par Daiki Etsu le Sam 4 Juin - 16:00, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: [FB] Toute une éducation à refaire... ! Jeu 23 Déc - 3:39

Grotte du Mont Seisujinken.




Etsu s'était lancé dans le pénible mais court récit de sa vie et expliquait comment lui, un jeune homme plein de bonne volonté, de hargne et d'allégresse, s'était fait lapider, lyncher et maltraiter jusqu'à devenir un maniaque misanthropique et paranoïaque. Il montrait ainsi comment l'incertitude et le soupçon étaient devenus ses plus fidèles compagnons et comment il s'en satisfaisait pleinement dans ce monde concupiscent fait de complots et d'artifices.


C'était bien la première fois qu'il racontait son histoire et, comme d'ordinaire il évitait de parler de lui aux autres, on pouvait facilement croire qu'il en aurait été de même avec Bonten, qu'elle fût Oni ou immortelle à moitié décapitée. Pourtant il parlait, et ce sans s'inquiéter de savoir si les maigres lignes de son passé aideraient le démon en face de lui à accomplir ses devoirs de démon ; il profitait simplement de la situation pour attirer toute l'attention de Bonten sur son récit et non plus sur le nuage ocré qui s'épaississait tout autour de lui à mesure que son chakra s'amassait dans ses mains retenues prisonnières.

Si Etsu avait décidé de raconter sa vie c'était surtout et avant-tout pour pouvoir se libérer de son cocon de pierre sans que l'ombre ne s'aperçoive de rien. Hélas, cette dernière, n'étant pas assez prise par l'intensité de l'histoire - mais surtout parce qu'elle ressentait les choses au travers de la roche -, remarqua rapidement le manège intestinal et lui demanda immédiatement ce qu'il était en train de faire
.

- Puisque tu ne veux pas me libérer, sale bakemono, je vais le faire moi-même ! S'exclama Etsu avec une détermination sombre, sans plus cacher qu'à l'intérieur du cocon exigu il s'apprêtait à balancer une lame de vent1 susceptible de briser la roche en même temps que ses propres os dans un retour de souffle.

Bonten comprit immédiatement les risques de la manœuvre que cet abruti d'humain était malgré tout prêt à prendre pour pouvoir se libérer de son entrave. Décidément, ce type était hautement perché au-dessus de toute réalité ; il se complaisait dans son délire et était carrément prêt à s'infliger toutes les souffrances pour parvenir à ses fins : pour ne plus être à la merci du démon qu'il croyait fermement qu'elle était.

« Tu nee deevrai pas fai- »


- LA FERME ! Je vais me libérer et puis finir de te tuer, d'accord ? C'est comme ça que les choses doivent se passer et c'est comme ça qu'elles vont se p-...

Etsu n'eut malheureusement pas le temps de finir sa phrase. Au moment où il finissait de composer ses mudras et qu'il s'apprêtait à sentir un Kazekiri entre ses doigts, l'instable et léger souffle de vent fut remplacé par un pan entier de pierre, lourd, froid et affûté à souhait et qui, au lieu de briser la roche qui le retenait prisonnier, vint réduire encore plus son cloaque, comprimant son buste jusqu'à totalement l'empêcher de respirer.




1 Il s'agit du Futon : Kazekiri no jutsu. Etsu ne fait pas de lien entre le changement de nature (vent > pierre) de son épée des vents (Futon : Kaze no Yaiba) et cette technique.
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MessageSujet: Re: [FB] Toute une éducation à refaire... ! Jeu 17 Fév - 18:19

Grotte du Mont Seisujinken.




Daiki Etsu s'était peut-être une fois de plus trompé. Il ne devait peut-être pas tuer Bonten et ces « choses » dont il parlait et qui devaient se passer n'allaient peut-être finalement pas avoir lieu, en partie parce qu'il avait les os broyés et qu'il bavait du sang.

Bonten n'était pas réellement surprise par son entêtement à la croire Oni et à vouloir la tuer. Elle n'en voulait pas à Etsu d'avoir, à tort, placé l'Ordre des choses dans les mains des Kami et de vouloir réaliser leurs prophéties ; elle-même, avant de venir sur le sommet du Mont Seisujinken, avait cru en un semblant de religion auto-didactique qui se targuait d'avoir découvert les véritables forces régissant le monde et qui poussait toutes les âmes en peine à se perdre dans une quête mystique impossible, comme le faisait le shintoïsme avec Etsu.

Mais tout ça, c'était avant. Aujourd'hui elle ne croyait plus en rien ; elle vivait, certes sur une montagne avec laquelle elle conversait souvent, mais elle vivait vraiment et ce au rythme des nuits et des jours, du temps et du vent, des étoiles et de la pluie, au rythme du Ciel. Car il n'y avait que sur le sommet du Mont Seisujinken que l'on pouvait vraiment saisir toute la grandeur du ciel, ce que Bonten avait évidemment fait.

Pour elle, il n'existait plus de nature, plus d'atmosphère, plus d'oxygène ; les nuits étoilées n'étaient plus simplement un espace rempli d'astres lointains et perdus, elles étaient devenues une toile dans laquelle étaient inscrites toutes les destinées de tous les êtres présents sur terre ; l'Ordre des choses était gravé là-haut et il n'y avait pour elle aucun doute : cette nuit, il était écrit quelque part que Daiki Etsu se briserait les cotes dans un acte désespéré avant de s'évanouir.

Comme pour confirmer ses pensées, la montagne en personne, faisant trembler chacune des pierres calcaires qui la composait, entreprit d'ouvrir en grand l'orifice par lequel seule la lune perçait et l'étendit sur l'horizon stellaire pour en montrer toute la complexité astrale, laissant Bonten y perdre ses yeux un instant avant de se lever péniblement et d'enlacer le cocon de pierre, dans lequel Etsu s'était écroulé, inconscient.
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MessageSujet: Re: [FB] Toute une éducation à refaire... ! Dim 20 Mar - 6:39

Dans sa tête.




Cette nuit-là, recroquevillé en position fœtale dans le cocon de pierre, la tête lourde et le souffle absent, l'esprit de Etsu choisit une nouvelle fois de quitter son corps pour se perdre dans les bourdonnements de la plaine des rêves.

Cette fois-ci, ses songes s'étaient parés de souvenirs et ne l'avaient ni déposé dans le Ciel ni dans la Terre, mais devant chez lui1, debout, sous l'arche de pierre où saillait parfaitement le nom de la résidence, en face des trois maisons et du petit jardin où trônaient encore fièrement fleurs et camphrier sereins2.

La lumière était douce, agréable et donnait à l'habitation cette impression chaleureuse que seul un début de printemps anime, offrant en même temps à Etsu l'heureuse surprise de voir la chaise de son Général3 sous le porche, vide, mais comme préparée à accueillir d'un moment à l'autre les fesses flemmardes du bonhomme pour sa sieste rituelle sous la brise de l'après-midi.

Avant qu'il ne puisse finir de constater les détails, Etsu fut pris d'une douleur à la fois lancinante et fugace dans le torse et les cotes, lui faisant perdre son souffle deux secondes durant lesquelles il ferma les yeux.

Lorsqu'il les réouvrit, la chaise était occupée et la saison avait changé. La lumière était devenue plus forte, l'herbe moins verte et la chaleur s'était faite harassante ; l'été était arrivé et avec lui la curiosité de Etsu qui, de là où il se tenait, n'arrivait pas à voir qui se trouvait dans la chaise, à l'ombre du porche.

Il s'avança alors, fit le tour du jardin en passant devant le dortoir et, protégeant ses yeux de la lumière, ralentit le pas quand il vit des épluchures tomber d'entre les mains de la silhouette qui lui tournait le dos.

Un seul nom lui vint alors à l'esprit, comme indéniable, et il ne put s'empêcher de le prononcer : « Saida4 ».

La réprimande qu'il eut pour réponse servit de confirmation et il se retrouva d'un coup face à son premier sensei, qui, comme à son habitude, mettait non seulement un point d'honneur à se faire appeler « sama » mais avait toujours un bout de bois à moitié sculpté à la main.

Et, comme si le temps n'avait pas filé, Etsu lui demanda ce qu'il était en train de faire, et Saida lui répondit, montrant alors la statuette d'une fillette déguisée en panda.

Etsu n'eut que le temps de froncer les sourcils avant que l'homme poursuive, regardant sa représentation avec lassitude et dédain, et se mette à faire une chose improbable de sa part : il admit ce que Etsu lui avait toujours dis, soit, qu'il était inutile de perdre son temps avec ces babioles puisqu'elles finissaient et finiraient toutes enfermées dans une armoire poussiéreuse chez lui.

A ce moment-là, c'est l'automne qui s'abattit sur la résidence du Seito Kuzina, avec un vent glacial et un ciel menaçant. Il se mit à pleuvoir brusquement et Etsu resta paralysé, après un nouveau souffle à la poitrine, alors qu'il disait à son maître qu'il ne fallait pas abandonner « Panda ».

Mais Saida n'y prêta pas attention et se leva pour se diriger à l'intérieur de la maison principale, de laquelle il ouvrit les portes en grand, laissant voir une commode gigantesque et brune, avec la forme d'un visage au long nez, lequel souriait avec malveillance.

Et puis comme si de rien n'était, Saida demanda si, avec le temps, Etsu avait parfait son contrôle de l'affinité Futon, s'il était toujours aussi doué avec le Doton, si son bras gauche n'était pas trop abîmé, s'il était toujours ninja... Autant de questions auxquelles Etsu répondit d'une traite, sentant bizarrement son maître s'éloigner avec la figurine.

Il voulut s'approcher de lui pour le retenir et l'empêcher d'avancer vers l'armoire au long nez, qui ouvrait grand sa bouche, pressée de happer la figurine, mais une ombre aux doigts crochus aussi froids que l'hiver l'attrapa, l'obligeant à détourner son attention.

Etsu se débattit toutefois, hurla pour que Saida revienne vers lui, mais l'Oni qui le tenait plongea ses griffes dans sa bouche et tenta de lui arracher la langue, répétant en grognant : « Voilà cee qu'il doit see passer~ », « Voilà cee qu'il doit see passer~ », « Voilà cee qu'il doit see passer~ » ...




1 Il s'agit d'une ancienne résidence du Quartier Fleuri d'Iwa, voir > Ce RP ;
2 La maison a été détruite, voir > Ce RP ;
3 Il s'agit du Général Rosarigaï, supérieur de Etsu lors de l'occupation, voir > ce RP ;
4 Il s'agit du maître de Etsu, voir > Ce RP
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MessageSujet: Re: [FB] Toute une éducation à refaire... ! Jeu 31 Mar - 4:47

Sommet du Mont Seisujinken.




Quelques jours plus tard, Etsu réouvrit les yeux, accueilli par la lumière du soleil encore occultée par l'anneau de nuage.

Bonten avait alors déplacé son corps jusque dans le berceau de la cataracte, après l'avoir libéré de l'étreinte de la pierre, comptant sur les pouvoirs de l'eau du Seisujinken1 pour le guérir.

Évidemment, Etsu crut autant en ces vertus curatives qu'en la bienveillance du monstre scalpé, bien qu'il avouait secrètement que ce bain engourdissait réellement ses maux2 et était de fait plutôt agréable.

Mais les os de Etsu ne se ressoudèrent pas aussi miraculeusement qu'il reprit conscience de sa condition. Son rêve lui fit se rappeler de ses capacités de shinobi et, par la même occasion, qu'il existait des choses bien plus réelles que le Makoto ou que les Kami dans la vie.

Il passa ainsi plusieurs mois dans l'eau glaciale sans souffrir d'aucun besoin2, sous l'égide du ciel, à tenter de retrouver les traces de son chakra entre les débris de ses os et les veinures de sa chair. Craignant les ravages d'une telle introspection, il se ressaisit pourtant avec une habileté exemplaire de son affinité Doton, et parvint même à faire naître un clone dans la pierre de la rive à laquelle il était accoudé. Cela devait bien faire presque un an qu'il n'avait pas exécuté cette technique et il fut tout aussi étonné par la parfaite ressemblance que lors de la première fois.

Etsu prit alors l'habitude de discuter avec son faux-lui et s'en servit même pour surveiller Bonten, qui ne faisait rien d'autre que rester à sa place habituelle, le nez dans les étoiles.

Il mit en revanche bien plus de temps à rattraper son affinité Futon, en partie parce qu'il redoutait réellement l'avoir perdu, et puis parce qu'il appréhendait l'idée d'aggraver ses blessures en reproduisant la même erreur que celle qui lui avait fracassé le buste.

Il poussa donc son introspective plus loin, chercha et ressentit ses liens avec la nature et même plus encore : il réussit à retrouver cette sensation bizarre, cette chose essentielle et nouvelle qui traînait en lui, en même temps que son chakra, et qui avait changé sa merveilleuse Kazeken en fossile ; il goûta à l'énergie biotique du Mont et tenta d'en comprendre le sens, le but, l'utilité et surtout la puissance.

Et ce n'est qu'au bout de longues et fastidieuses méditations que Etsu parvint à en apprivoiser la force et à en capter l'idée, laquelle se trouva finalement être bien différente de celle d'une quelconque conscience ou acceptation divine ; il s'agissait là de l'énergie qui contenait parfaitement la tempétuosité du vent tout en lui permettant de s'exprimer, et qui parvenait même à l'équilibrer avec le Doton de telle sorte qu'ils puissent exister simultanément et échanger jusqu'à leurs places au sein du corps de Etsu.

Il passa dès lors ses journées à expérimenter ses facultés dans l'eau du berceau de la cataracte, sans plus se soucier de rien d'autre que de la couleur et de la grosseur des nuages qui passaient au-dessus de sa tête, ainsi que des mouvements de Bonten.

Jusqu'au jour où, en-dessous de l'anneau de nuage, des bruits desquels Etsu n'avait plus l'habitude se firent entendre et brisèrent cette plénitude dans laquelle il avait retrouvé sérénité et paix...




1 "Seisujinken" : "eau pure rayonnante" ;
2 Le corps de Etsu est en hypothermie régulée dans l'eau (comme en hibernation, quoi).
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[FB] Toute une éducation à refaire... !

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