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| | [Mission A] Exiler, c'est tuer un peu (FB) | |
| <| Message | Auteur | Sujet: [Mission A] Exiler, c'est tuer un peu (FB) Ven 12 Mar - 19:39 | |
| | Citation: | Mission A : Exiler, c'est tuer un peu a écrit: Rang : A Statut : En cours, en FB pour rester cohérent avec la trame d’Iwa.
| Spoiler: | | |
Descriptif : Les débordements successifs de Satoburo l'ont menés à sa perte. Le conseil s'est mis d'accord pour congédier leur confrère. Les Sages ne peuvent se risquer à garder une particule instable à la tête du pays, leur sentence est unanime : l'exile ! Satoburo doit quitter les terres de Tsuchi d'ici dix jours... . Mais Otoko-sama n'est pas de cet avis, Satoburo reviendra tôt ou tard provoquer de nouveaux problèmes et Iwa n'en a vraiment pas besoin. Il vous charge d'accompagner Satoburo jusqu'à la Mer du Nord (j'connais pas son nom :/), officiellement c'est pour vérifier qu'il quitte bien le pays, officieusement c'est pour l'éliminer. Les temps où Tsuchi pouvait prétendre à vivre sans l'aide de personne sont révolus, et Satoburo avec eux... . Une fois tué, jeter le dans la mer, le temps fera le reste.
Points importants : - Vous ne recevez pas la missive des mains du Kage mais de celle de Kiyoshi. Seule sa signature en bas de document peut prouver qu’elle vient de lui. - Accompagnez Satoburo tout le long du voyage, et ne laissez rien transparaître de votre réel but. - Tuez ce vieillard sénile et jetez le dans l'eau (ça vous fera un escargot tout chaud... *se pend*) - Faites votre besogne seule, sans que personne ne s'en rende compte. - Les Sages ne devront rien savoir de cet assassinat. - N’en parlez à personne, même pas au Kage. Oubliez votre acte après l’avoir réalisé.
Lieu : Les montagnes de Tsuchi (seul topic hors du village -_-)
Nombre de participants : Daiki Etsu (ou l'homme qui changeait souvent d'avatar /o/). |
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|  | |  | Sujet: Re: [Mission A] Exiler, c'est tuer un peu (FB) Ven 12 Mar - 20:15 | |
| Il ne faisait pas bien froid ce jour là. Le soleil était au rendez-vous, et le vent, bien que léger et frais, n'empêchait pas les baladeurs de se balader. Daiki Etsu était l'un de ces baladeurs matinaux, même si son excursion n'avait rien d'une promenade de santé. En effet, le matin même on était encore une fois venu le déranger dans ses conspirations. A croire que depuis qu'il avait soulevé l'existence des possibles manigances de l'état, les gouvernants ne pouvaient plus se passer de lui.. A moins qu'ils ne cherchaient, justement, à se débarrasser de lui. Quelles qu'aient été les véritables raisons de l'inaccoutumé attroupement devant chez lui, Etsu était allé à la rencontre de l'inconnu, aussi incrédule que les autres fois.
Le type qui était venu n'avait pas paru moins fourbe que les autres, et même s'il semblait intelligent et sûr de lui, il n'avait pas marqué Etsu plus que ça. Ce dernier était resté sur ses gardes, attentif à ce que disait l'autre, sans trop boire ses paroles non plus, ne s'informant jamais de la véracité de ses propos ni même seulement de son identité. Après tout, tout n'était que machination autour de lui. Il l'avait longtemps dévisagé, et encore plus quand il lui avait tendu un parchemin scellé. Au début, Etsu n'avait pas pris le papier, le dénigrant absolument, ne se sentant pas le moins du monde concerné par ses histoires, qu'elles aient été authentiques ou non.
Sans jamais trop insister ni s'appesantir, l'inconnu lui avait parlé d'une mission d'ordre plus ou moins confidentiel à laquelle il avait été tout spécialement assigné, un truc que Etsu prit pour de la flatterie gratuite, et qui, en sommes, outre son aspect officiel décrit dans le parchemin, s'accompagnait d'une mention officieuse et occulte dont il devait jurer de garder le secret, ce qui l'avait une fois de plus conforté dans son délire paranoïaque.
D'après l'autre, il s'était passé des choses dans le village, politiquement parlant. Non pas que le jeune homme en eut douté une seule seconde ; mais dernièrement il était un peu fâché avec les politiques et la société tout entière et il se contre-fichait éperdument des attentas et des jalousies de pouvoir. Ce qu'il advenait – et adviendrait - du Kage, du Conseil et des divers organismes en périphérie, il ne s'en souciait pas. Il pensait – jusqu'à ce que cet homme arrive - s'être suffisamment marginalisé depuis son retour de Konoha pour qu'on ne le considère plus comme un « ninja iwajin lambda » à qui on continuerait de demander ses bons et loyaux services. C'est pour ça qu'il n'avait été que plus déconcerté quand on lui avait tendu le parchemin d'assignation à la mission. Le côté insidieux de cette dernière le rassura cependant très vite quant au véritable sens de sa désignation.
Sommes toutes, Etsu avait compris qu'on allait se servir de ses dernières frasques pour éliminer proprement un fâcheux. Au plus profond de lui, avant de se saisir du parchemin, il avait franchement pensé que le rédacteur de la mission comptait faire d'une pierre deux coups en se débarrassant également de lui. Il continuait encore de le penser mais après tout, ce n'était que du détail et bien qu'il n'appréciait pas trop de se voir mêlé à des histoires de manipulation et de complot, il ne se sentait plus dans l'obligation d'obéir aux ordres et aux impératifs de mission, d'autant plus si ceux-là étaient officieux. Il ne se considérait plus comme ninja d'iwa, et ce depuis un petit moment déjà.
C'est pour cela qu'il n'avait pas mis son bandeau pour cette mission qui conclurait très certainement son activité de shinobi au sein du village. Il l'avait néanmoins fourré dans la poche de sa veste, à l'instar d'un vulgaire mouchoir, sans lui accorder toute la valeur symbolique qu'il méritait. Le conseiller Satoburo qu'il devait liquider sans trop de bruit et qu'il accompagnait officiellement jusqu'au port de Shoukou n'avait pas semblé plus étonné que ça de le voir arriver lui, celui qu'il avait qualifié de "nihiliste" lors de leur première rencontre, pour s'occuper de ses histoires. Et bien qu'il ne laissa pas transparaître une seule bribe de l'animosité dont il avait pu faire preuve à son égard à l'époque de la réinsertion des partisans de l'occupation, Etsu comprit que cet homme n'avait plus rien à perdre et qu'il n'hésiterait pas, lui non plus, à se jouer de lui. Ça ne le contraria pas plus que ça, Etsu non plus n'avait plus rien à perdre et il avait déjà l'habitude des faux-semblants.
Au début de leur allée simple pour Shoukou, les deux hommes ne se regardèrent ni ne s'adressèrent la parole. Ils se contentèrent de marcher l'un derrière l'autre à une allure plus ou moins lente et régulière, sans se retourner vers le village qu'ils quittaient tout deux pour toujours. Aucune peine ni regret sur leurs visages. Le conseiller, bien qu'il n'acceptait certainement pas sa sentence, paraissait être fier de l'exil et de l'attention dont il faisait l'objet . D'ailleurs, la première chose qu'il dit, histoire de briser la glace, fut à ce sujet.
Il se moqua ouvertement de la politique du Kage et de la décision qui avait été prise à son égard. Il avoua qu'il voyait en elle toute la crainte que pouvait avoir le gouvernement en son encontre et que le faire passer pour « fou » était l'unique excuse qu'ils avaient trouvé pour faire prévaloir leur décision auprès de tous. Sans doute le vieillard connaissait-il les sentiments de Etsu à ce sujet et il essayait déjà d'attirer sa sympathie. Bien que le jeune homme se sentait indirectement concerné par cette petite histoire, parce qu'il y avait quelques similitudes à son avis peu fortuites avec son histoire à lui, il n'écouta que partiellement son anecdote, parfaitement insensible.
Petite à petit, Etsu, qui ne réfléchissait guère plus à l'issue qu'il choisirait de donner à la mission qu'à la nouvelle vie qu'il s'inventerait à la fin de celle-ci, sentait l'air marin parvenir jusqu'à eux et, comme pour gagner du temps, vit le conseiller lui demander une halte, pour « reposer ses vieilles articulations trop peu sollicitées depuis des années ». Sans réellement prêter attention au jeu minable du politicien, le jeune homme, après avoir jeté un œil sur la position du soleil, acquiesça, soulignant cependant que cette « balade » n'avait pas pour intérêt de dégourdir simplement des vieilles jambes pleines d'arthrose.
Tandis que le vieil homme s'agenouillait dans l'herbe, racontant au passage qu'il risquait d'avoir du mal à se relever après mais que cela importait peu puisque, de toute façon, il était bien trop épuisé pour se tenir plus longtemps debout, Etsu, à la fleur de l'âge du haut de ses 22 ans, le restait en revanche et s'inspirait sans trop de passion du paysage. Il ne pensait strictement à rien. Son regard tout animé se posait indifféremment sur l'herbe, le ciel et les arbres comme sur le chemin et Satoburo. Il fallut que ce dernier prononce son prénom d'un ton solennel pour que Daiki lui accorde plus d'attention qu'au reste.
- Nous sommes partis sur de bien mauvaises bases tous les deux, commença l'ancien conseiller. J'espère que tu n'as pas pris notre dernière rencontre en mal, je faisais mon boulot de conseiller. Mais maintenant...
- Maintenant vous êtes dans la merde, coupa le jeune homme sans plus d'émotion qu'auparavant. Et plus rien ne vous oblige à rigoureusement respecter vos valeurs comme avant. Ne vous inquiétez pas, vous n'aurez plus à supporter votre condition encore longtemps. Ne gaspillez pas votre salive.
Un certain malaise sembla s'installer suite à la réplique du jeune homme, mais ce n'était sans aucun doute que d'apparence, le temps que le vieillard ne trouve comment le mettre dans sa poche.
Ils se fixèrent un petit moment, essayant chacun de voir dans l'autre ce qu'il allait advenir de la suite du voyage. Satoburo n'était pas idiot. Il savait qu'il n'était pas juste question de se faire raccompagner jusqu'à la frontière pour le laisser de bonne grâce s'en aller. On n'aurait pas collé le plus cynique des ninjas à cette tâche sinon. Un simplet aurait suffit. Mais non, on avait choisi Daiki Etsu, que le régime autoritaire avait déjà pas mal amoché et que les convenances militaires avaient fini de désabuser. Il était un peu l'électron libre du système, du moins, Satoburo était certain que Etsu se considérait en tant que tel, et le système signait son dernier artifice en lui offrant cette mission. D'après lui, le jeune homme avait toutes les raisons du monde d'en vouloir à sa vie, bien qu'en le tuant il s'obligeait à aller dans le sens de ses supérieurs, ce qui n'était pas forcément dans ses habitudes. Après tout, il avait été le seul conseiller à s'opposer fermement à sa réhabilitation, et son idéologie qu'il n'avait jamais caché ne concordait pas réellement avec les causes qu'aurait pu défendre le jeune garçon. Aussi, l'ancien conseiller espérait que l'esprit de contradiction dont faisait preuve le ninja le pousserait une fois de plus à désobéir.
De son côté, Etsu ne se posait pas de question quant aux véritables intentions du rédacteur de la mission et de celles de Satoburo. Les deux étaient des manipulateurs sans foi ni loi. Aussi, s'il ne savait toujours pas s'il allait gentiment réaliser cette mission, c'est parce qu'il ne savait pas exactement où était son intérêt. L'inconnu qui lui avait apporté le parchemin avait clairement laissé entendre que désobéir, une fois de plus, n'était vraiment pas une bonne idée. Il lui avait d'ailleurs demandé de rapporter – via un colis – une preuve de la disparition définitive du conseiller, sans quoi il en résulterait des « complications » bien plus importantes que les précédentes. En sommes, on l'avait menacé. Mais Etsu n'en était pas à ses premières menaces, et vivre dans la crainte d'être traqué n'était pas vraiment un problème pour lui. Il vivait comme ça depuis quelques années déjà ; c'était devenu une habitude. Tuer n'était pas non plus le véritable problème. Il avait commencé sa vie de ninja en tuant et il la finirait ainsi. Il s'imaginait que c'était là la meilleure façon d'en terminer avec l'histoire shinobi. Et puis maintenant, il faisait confiance à son bras. C'était son arme la plus précieuse, d'ailleurs il n'en avait pas d'autre et comptait uniquement sur elle. Et puis, descendre des crapules faisait un peu partie de ses nouvelles aspirations. Finalement, il avait tout à gagner à tuer Satoburo. Sauf que participer aux manigances des hauts placés n'étaient vraiment pas dans ses nouveaux plans. C'est ce qui le rendait incertain. S'il laissait Satoburo vivre, c'était par esprit de contradiction, pour emmerder les gouvernants d'iwa - et la soi-disant « alliance » par la même occasion -, et il imaginait facilement que l'ancien conseiller avait conscience de ce dilemme et en jouerait aisément.
- Il est vrai que ma situation n'est pas des plus brillantes, tout comme la vôtre, mais elle a le mérite d'être claire. Si nos idéologies divergent sur certain point, Etsu, je suis certain qu'elles convergent dans un seul et même sens. Celui qui va à l'encontre d'Otokonohito. Nous pourrions faire de grandes choses ensemble. J'en suis certain.
L'assurance que prenait Satoburo faisait marrer Etsu. Ce vieillard était vraiment pitoyable et le jeune homme commençait à croire qu'il présentait des débuts de sénilité ou qu'il devait être franchement désespéré pour continuer à essayer de le berner malgré tout. Enfin, Etsu, à présent attentif, préféra lui demander de préciser ses fins, feignant la curiosité. La seule curiosité dont il faisait réellement preuve était de voir jusqu'où irait ce vieillard pour sauver sa misérable peau. Et puis qui sait... il y trouverait peut-être son compte !
A suivre... |
|  | |  | Sujet: Re: [Mission A] Exiler, c'est tuer un peu (FB) Sam 13 Mar - 5:56 | |
| Ils avaient repris la route une demie-heure plus tard après s'être « confié » l'un à l'autre. Satoburo avait précisé ses projets sans aucune réserve apparente et Etsu se plaisait à croire que son intrigue était franche. Après tout, il en allait de sa vie : le vieillard avait tout intérêt à être honnête. Ce dernier espérait bien qu'avoir joué la carte de la franchise n'ait pas été vain ; il aurait été dommage que son utilisation ait été la première et aussi la dernière de sa vie. Etsu ne lui avait pas paru totalement désintéressé par ses projets, il lui avait même semblé heureux de rencontrer quelqu'un avec qui partager son dégoût pour le pouvoir en place à iwa..
Etsu sentait bien que le vieillard se montait tout un plan pour récupérer la mainmise sur le village Bien qu'exilé depuis peu, et même pas encore parti, Satoburo persistait à croire qu'il pouvait encore retourner la situation en sa faveur. Une telle naïveté, surtout venant d'un petit vieux non dénué d'expérience tel que l'était cet ancien conseiller, provoquait chez lui un certain amusement. Satoburo déraillait réellement. Il lui racontait sa vie, son enfance, ses heures de gloire et ce qui le poussait à croire qu'il avait raison de s'opposer systématiquement aux autres conseillers. Il était presque touchant.
- Tu vois Etsu, il aura fallu que je me fasse exiler pour me rendre compte que je ne suis pas totalement seul dans ma lutte contre le pouvoir. Pour me rendre compte qu'il y a des jeunes comme toi qui suivent la voie que j'ai durement tracé (…)
A défaut de le prendre au sérieux, Etsu sourit de cette nouvelle idiotie. C'était clair que Satoburo délirait. Il faudrait peut-être l'achever dans les plus brefs délais avant qu'il ne soit pris d'une crise d'hystérie.
Etsu dût supporter les âneries du vieillard jusqu'en début de soirée. Lorsqu'ils arrivèrent au port de Shoukou, il espérait simplement ne pas avoir raté la dernière embarcation pour « très loin ». Enfin, il s'étonna de s'en inquiéter puisque de toute façon, Satoburo n'était pas censé la prendre.
Arrivé au centre ville, l'exilé sur le départ demanda de nouveau à s'arrêter ne serait-ce que quelques minutes, histoire de se remettre de ses émotions et de se conditionner au départ.
- Vous avez eu toute l'allée pour vous conditionner. Vous aurez tout le temps de vous remettre de vos émotions sur le bateau. Nous sommes déjà en retard.
La notion de « retard » était très incongrue: il n'y avait pas d'heure pour tuer. Encore moins pour être tué. Etsu sentit l'angoisse du vieillard monter suite à ce refus d'attendre. Visiblement, il cherchait encore à se rassurer quant aux futures intentions du jeune homme. Et il insista alors, prétextant qu'il avait d'autres secrets à avouer, d'autres choses à partager avec lui et uniquement lui, parce qu'il était sommes toutes l'homme avec qui il avait, s'il regardait l'ensemble de sa vie, partagé le plus de chose, et bien qu'il trouvait ça absurde, il ne voulait pas que cela se termine déjà. Etsu l'avait longtemps dévisagé, mimant la perplexité alors qu'il n'entendait rien de ses dires, en se triturant les poils du menton qui le vieillissaient de peu.
Voyant qu'il avait – enfin – réussi à troubler le garçon, Satoburo, qui sentait que se jouait là toute sa vie, sortit son plus beau discours de politicien en herbe pour tout grand final:
- Etsu, dit-il d'un ton solennel et paternel en posant sa main sur son épaule, je ne sais que trop bien tout ce que tu as enduré. Tu commences à peine à ouvrir les yeux sur le monde. Ne laisse pas les assoiffés de pouvoir te les refermer avec leurs lois et leurs sentences. Ne les écoute pas. Tu portes en toi l'avenir du monde ! (...)
Etsu ne sut que trop quoi penser de « ça ». C'était tellement absurde. Absurdissime même. Il dût se retenir pour ne pas rire, mais s'en était trop. Il estima avoir atteint le summum du ridicule, le plus haut degré d'idiotie auquel pouvait prétendre s'élever un homme terrifié par l'idée de mourir. Le petit jeu avait assez duré. Mais le vieillard continuait de déblatérer ses immondices de non-sens. Etsu le somma de se taire, sans quoi il l'ouvrirait de toute part pour voir si lui aussi n'abritait pas en lui l'avenir du monde.
Satoburo fut légèrement troublé par cette menace et il se dit qu'il en avait peut-être trop fait...Ce qui n'était pas faux. Qu'importe, il allait se rattraper ! Seulement Etsu ne lui en laissa pas le temps. Il empoigna violemment son petit bras grassouillet et l'embarqua avec lui dans l'avancée de la rue. Il le pressa au travers des gens interpelés par les hurlements du vieillard qui criait aux sévices. Évidemment, un courageux villageois se ramena au secours du bonhomme, s'imposant d'abord d'une voix forte ; comme si cela avait eu une utilité primordiale. Etsu l'avait gentiment gratifié d'un « Tire-toi de mon chemin ou tu vas me sentir passer », que le type ne prit pas au sérieux. Il était vrai que le jeune homme n'était pas bien imposant. Toute la méfiance qu'il évoquait émanait de son bandeau, et encore, il ne suffisait pas toujours qu'il le porte pour s'affubler d'un minimum de crédibilité.
- Casse-toi je te dis ! Tu vas le regretter ! Conseilla Etsu, prêt à obliger le villageois.
Jamais il ne lui vint à l'esprit de dire qu'il s'agissait d'une mission ou qu'il était ninja d'iwa ; de montrer son bandeau ou seulement le parchemin pour se justifier. Non. Ça ne le concernait décidément plus. Satoburo se débattait comme il pouvait, mais il s'essoufflait plus qu'autre chose, d'autant plus qu'il hurlait à la mort, à l'horreur, à la vie, au secours.
- Lâchez-le et tout se passera bien pour vous ! Ne compliquez pas les choses !
Les quelques curieux s'étaient arrêtés dans leur cheminement, les autres étaient sortis aux fenêtres, effarés, visiblement pas habitués à une telle scène. Des « Mais qu'est-ce qu'il lui veut à ce vieillard enfin ? » ; « C'est qui ceux-là ? » ; « Qu'est-ce qui leur prend ? » ; « Il va y avoir une bagarre ! » commençaient à s'échapper des bouches des moins sensibles, ce qui sembla enchanter Etsu qui ne pu se retenir plus longtemps de sourire. Il estima qu'il avait fait assez de grabuge pour prouver que Satoburo était arrivé plus sain que sauf à destination, tel le lui avait-on demandé dans sa mission.
- Bon, allez ! D'accord ! Je le lâche ! Mais c'est bien parce que j'ai pas envie de compliquer les choses hein ! Ironisa-t-il avant de balancer le bras de Satoburo comme s'il n'avait été qu'un objet.
Aussitôt libre, l'ancien conseiller couru en lieu sauf derrière le dos de son puissant protecteur inconnu, tenant son pauvre bras. Dans un premier temps, il n'osa pas regarder Etsu, un peu sous le choc. Il avait vu toute sa vie défiler devant ses yeux et s'était rendu compte de sa nullité affolante. Il ne se fit pas prier pour remercier le villageois. Après quoi, une fois qu'on s'assura qu'il allait bien , il osa voir son ravisseur qu'il ne jugea plus alors comme son parfait descendant légitime mais plus comme un dangereux psychopathe terroriste de la plus mauvaise souche: un sale nihiliste, comme il l'avait toujours pensé !
Etsu s'amusa du regard envieux que lui jeta Satoburo. C'était un phénomène celui-là, capable de passer du coq à l'âne en deux temps trois mouvements. On put voir là tout l'opportunisme dont il faisait preuve. Etsu lui sourit pourtant, lui faisant même un clin d'œil complice que le vieillard était à même de comprendre: tout ça, c'était du cinéma. Voilà qui le rassura et qui lui fit reprendre un peu de confiance. Cette scène n'avait été qu'un horrible subterfuge. Il était malin, le nihiliste, finalement.
Quelques badauds étaient restés observer encore un peu, histoire de s'assurer que tout était bien fini, un peu déçus cependant de voir qu'il ne s'était rien passé d'extra sinon qu'une petite canaille avait manqué de kidnapper un vieillard sénile, mais qu'un brave homme l'avait sauvé. Sommes toutes, un magnifique fait-divers.
Etsu avait remonté la rue et avait disparu à la première intersection, en attendant que le calme revienne prendre les habitants et que Satoburo le rejoigne. Sa petite scène le faisait encore marrer, même tout seul. Cela faisait une éternité qu'il ne s'était plus permis une telle connerie. Ça lui fit un grand bien.
De son côté, Satoburo ne tarda pas trop dans les bras de son sauveur, les mercis n'étaient pas vraiment sa tasse de thé et puis, ce pauvre type ne l'avait sauvé de rien, finalement, puisque tout n'avait été que tromperie. Une formidable tromperie d'ailleurs ! Il n'en connaissait pas la raison, et allait s'empresser de s'en informer dès à présent.
Il rejoignit Etsu, dont il avait noté la position entre deux remerciements, et, à peine arrivé, le gratifia d'un sourire fier et d'un « Bien joué, mon garçon ! » hypocrite. Etsu ne nota pas ce nouvel égarement, ce n'était plus nécessaire puisqu'il emmenait le vieillard vers le port, jouant son jeu de fourbe avec des sourires et des compliments sans profondeur aucune.
Arrivé sur le quai, alors que le soleil finissait de décliner et que les derniers dockers traînaient encore leur cargaison, le jeune homme fit mine de vouloir vérifier s'il n'avait pas trop abimé le pauvre bras de son désormais « acolyte » qui s'en plaignait depuis peu. Tout plein d'attention, l'examen du bras se transforma en palpation de cou, puis en examen du crâne pour finir par un arrachage de langue. Etsu profita de la fatigue du vieillard, de sa confiance et de l'obscurité pour se jeter sur lui, une main retenant sa mâchoire et l'autre enfoncée dans sa bouche. Malgré qu'il essaya de l'étrangler, Etsu n'eut aucune difficulté à cueillir l'organe en enrobant ses doigts d'un peu de chakra fuuton.
Laissant tomber le corps du vieillard qui souffrait bien trop pour crier, Etsu, qui avait sa langue à la main, fixa ce déchet de la politique quelques secondes, s'inspirant avec beaucoup plus d'intérêt de cette scène que de celle du matin même. Son ère dans le cycle shinobi venait de s'achever.
- J'ai jamais fermé les yeux, lâcha-t-il après un temps de silence. C'est juste que j'ai jamais pu vous blairer.
Sur ces mots, il ne s'attarda pas sur ce corps vomissant. Normalement, Satoburo avait toutes les chances de s'en sortir du moment que des soins lui étaient prodigués à temps, ce n'était qu'une « petite » excision . Mais après tout... ce bonhomme n'était plus vraiment tout jeune, il n'était absolument pas dit qu'il tienne ne serait-ce qu'une heure dans son état.
Etsu ne savait pas si on l'avait vu, et il s'en contre-fichait. Il venait d'expédier sa dernière mission pour ces charlatans d'iwa et comptait dès à présent profiter de sa liberté d'action. Il se sentait léger. Léger ! Léger !! Il aurait pu s'envoler tout de suite si en enfonçant ses mains dans ses poches il n'avait pas touché son bandeau et le parchemin de la mission. Ces derniers le firent se retourner sur Satoburo qui essayait d'empêcher son sang de se répandre. Il eut un petit sourire de sympathie pour lui et lui fit, en revenant vers lui pour lui donner le parchemin :
- J'espère que tu ne prendras pas tout ceci en mal. Je faisais juste mon boulot.
Il lui tapota gentiment la tête tandis que le vieillard bavait son sang. Etsu passa l'ordre de mission sous la ceinture en lin qu'avait revêtu Satoburo et resta accroupis devant lui, pensif. Bien que ce dernier tenta une nouvelle fois de l'attraper avec ses bras tremblants et faibles, le jeune homme lui sourit, tout simplement, et repartit de nouveau.
Etsu longea quelques minutes le rivage, mains dans les poches, impassible, puis s'arrêta soudainement pour lui faire face. Il écouta le ressac de la mer un instant, triturant son bandeau dans sa poche, puis reprit sa route ; il avait un colis à envoyer.
Le lendemain, il glissait une langue pâlotte sublimée d'un petit ruban rouge et d'un nœud papillon dans une enveloppe sur laquelle il scarifia ces quelques mots, non sens sourire : | Citation: | | Spoiler: | | | Je n'ai plus ma langue dans ma poche.
Satoburo.
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Après quoi il finit son oden et demanda à ce qu'on envoie son enveloppe dans les plus brefs délais à un certain Kiyoshi, à Iwa, et qu'on le tienne informé de l'évolution de l'état du vieillard inconnu retrouvé au petit matin, inconscient sur les docks.
PS: Si la fin ne convient pas, dis le moi de suite Otoko', je modifie direct.
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|  | |  | Sujet: Re: [Mission A] Exiler, c'est tuer un peu (FB) Sam 13 Mar - 14:30 | |
| Ah mais, la fin convient parfaitement même ! Mission terminée et chakra demandé avec un p'tit plus parce que c'était franchement agréable à lire (comme toujours ^^). |
|  
Nombre de messages: 1781 Nindô: Le temps des assertions est révolu, me voici dans l'ère où l'on impose.
 | |  | Sujet: Re: [Mission A] Exiler, c'est tuer un peu (FB) Lun 24 Mai - 20:42 | |
| Locké et archivé le 24/05/2010. |
|  
Nombre de messages: 1781 Nindô: Le temps des assertions est révolu, me voici dans l'ère où l'on impose.
 | |  | | | [Mission A] Exiler, c'est tuer un peu (FB) | |
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