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| <| Message | Auteur | Sujet: {Background de Chocho.} Jeu 21 Jan - 23:01 | |
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Dernière édition par Chōchō Namida le Mer 14 Sep - 22:02, édité 9 fois (Raison : AH AH AH !) |
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 Nombre de messages: 467 Age: 18 Localisation: A côté de la plaque ! /o/ Nindô: Si un jour quelqu’un te fait du mal, ne cherche pas à te venger, assieds toi au bord de la rivière, et bientôt tu verras son cadavre passer. Date d'inscription: 09/11/2009
| |  | Sujet: Re: {Background de Chocho.} Dim 28 Mar - 16:05 | |
|  Premiers souvenirs.
« Le souvenir commence avec la cicatrice. »
Je suis allongée dans l'herbe sous les étoiles. Je fixe lascivement le ciel et les points lumineux qui le peuplent. Il ne fait pas spécialement froid, le vent joue avec les branches des arbres et quelques unes de mes mèches. Mon sabre est étendu à mes côtés, pour peu je pourrais presque l'entendre respirer parmi ce silence pesant. Et ce silence, et cette noirceur, et cette ambiance ou je me noie font remonter des monstres qui me hantent. Un en particulier que je croyais avoir assez enseveli, pour qu'il ne puisse plus ressurgir. Mais non, ce n'est qu'un échec de plus à ajouter à la liste.
Il fait noir, il faisait noir, totalement noir. Depuis que tu étais parti, la nuit ne s'était plus levée. Un voile sombre m'avait peu à peu enveloppé et j'étais devenue aveugle. Pas aveugle de maladie, bien sur, mais je vivais passivement. J'attendais. Quoi ? Même moi je ne le sais pas. Je voyais tout défiler autour de moi et étrangement tout passait au ralenti. Je percevais les couleurs, les cris, les odeurs mais j'étais déconnectée du reste du monde. Les souvenirs, tes paroles, des dizaines et des dizaines d'images défilaient sans arrêt dans ma tête, résonnaient et m'étouffaient. J'avais construit ma propre prison, ma propre cage, de moi même avec ma seule volonté. Le problème c'est qu'au bout d'un moment lorsque j'ai voulu remonter je n'ai pas pu. Je suis restée emprisonnée entre mes barreaux et dieu sait ce que j'avais pu y mettre de la force, de la colère et de la haine. Je m'étais nourrie de mépris et de rage pendant des semaines. Un régime particulier, certes, mais qui vous laisse d'acier.
Jusqu'au jour ou quelque chose m'a sauté au yeux. Une chrysalide. Je l'ai longuement observé cette petite chose qui avait attiré mon regard. Des lambris transparents. Le papillon avait lutté pour s'échapper de cette entrave qu'il avait lui même créé auparavant. L'idée s'est peu à peu insinuée en moi. Pourquoi pas moi ? Et si moi aussi je m'envolai à mon tour. Je ne m'appelais pas Chocho pour rien. Je pouvais très bien briser les lanières qui me tenaient attachée. J'en avais la force. En cage on accumule un quota d'irritation et d'énergie. Et lorsque tout se libère c'est une fabuleuse boucherie.
Je me suis relevée en serrant les poings et les barreaux ont disparu. Je me suis avancée vers l'entité qui me torturait, je l'ai acculée dans un recoin, je la surplombait enfin. J'ai étranglé ce sentiment qui me lacerait le cœur depuis des mois. Depuis trop longtemps. Je l'ai réduit, je l'ai ratatiné jusqu'à ce qu'il en devienne ridicule. Je l'ai regardé de haut, je me suis moqué, je me suis défoulée, je l'ai piétiné, réduit à néant, à rien. Enfin presque rien. Et ensuite j'ai pris mes précautions parce que ces ardeurs sont increvables, on en vient jamais totalement à bout, juste comme les parasites. On peut toujours jeter de l'eau sur le feu, les flammes s'éteignent certes mais les braises restent rouges, prêtes à bruler de nouveau. Alors une fois mis en miette j'ai prit soin de le sceller dans une toute petite boite dont j'ai vérifié au préalable l'étanchéité, que j'ai fermée à clef, plusieurs doubles tours sans doute, et je l'ai balancé au fond de mon cœur. Dans un vieux recoins sombres, là ou j'étais sure de ne pas le retrouver.
Ensuite je me suis réveillée, j'ai entrouvert les yeux, d'abord éblouie par le nouveau jour. Mon cœur s'est remit soudainement à battre. Comme jamais, et après quelques soubresauts j'ai assisté à ma deuxième naissance. Un certain nombre de choses avaient changées en moi et j'avais tout le temps pour le découvrir. J'ai écarté les bras en esquissant un minable sourire. Il faut un début à tout. J'ai pleuré pour la dernière fois. J'avais bel et bien tourné le dos à mon passé pour un moment du moins. Je l'avais soigneusement mis de côté. Je déployais mes ailes.
Le vent souffle toujours mais la lune s'est un peu déplacée dans le ciel. Je sais bien que la petite boite est toujours dans son coin, de plus en plus poussiéreuse. Il se peut même qu'un jour je décide de faire un grand ménage et que je la ressorte de ses abîmes. Mais pour le moment je préfère la laisser moisir, pourrir et se décomposer. Qui sait peut être qu'elle serait un bon engrais. Je prend mon sabre et me relève en titubant, puis d'un pas rapide m'engage sur le chemin. Je dois rentrer maintenant, tout le monde m'attend surement. Mais je suis sure d'une chose : la nuit va être longue.
Dernière édition par Chōchō Namida le Dim 21 Nov - 12:42, édité 1 fois |
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 Nombre de messages: 467 Age: 18 Localisation: A côté de la plaque ! /o/ Nindô: Si un jour quelqu’un te fait du mal, ne cherche pas à te venger, assieds toi au bord de la rivière, et bientôt tu verras son cadavre passer. Date d'inscription: 09/11/2009
| |  | Sujet: Re: {Background de Chocho.} Mer 23 Juin - 17:29 | |
|  Un rêve de retour plus que de départ.
« Une femme de décision ne peut être arrêtée, une indécise ne peut pas partir. C'est l'heure, faites votre choix. »
Le front appuyé sur le carreau froid de sa chambre, Chocho fixait d'un regard vide le paysage extérieur. Sa respiration faisait régulièrement apparaître puis disparaître une fine couche de buée sur la vitre au niveau de sa bouche. Le ciel pour ne pas changer tirait au gris, de lourds nuages se déplaçaient hâtivement dans le ciel, menaçant à tout instant de se déchirer pour abattre une pluie diluvienne sur Kiri no kuni. Étrangement c'était une soirée sans brume épaisse, on pouvait facilement distinguer les cimes des arbres, les branches, et surtout les feuilles, éclairées par la pleine lune, qui se balançaient sous la mesure imposée par le vent. Ce vent calme mais puissant, qui étouffait également tout bruit, maintenait un silence d'or.
Dans la petite chambre de l'auberge on n'entendait rien si ce n'était le tapotement rythmé des ongles de la jeune femme sur la glace. Ses doigts battaient la mesure d'une comptine qui lui plaisait beaucoup à l'époque ou elle était encore petite. Une comptine qui parlait d'amour et d'amitié dont il ne lui restait que l'air et quelques bribes de paroles. Mais depuis de l'eau était passée sous les ponts, le temps s'était égrainé, fini l'insouciance, terminés les jeux innocents et la candeur. Maintenant on était à la veille de la guerre, naissance d'une nouvelle haine.
Même si elle avait gardé une partie de la gamine qu'elle était en elle, elle avait beaucoup changé. Elle avait appris à tirer quelque chose de ses erreurs, elle ne regrettait jamais un choix qu'elle avait fait même si ce n'était pas le bon. Aujourd'hui il fallait qu'elle prenne une décision.
La nouvelle Mizukage avait déclaré la guerre à la nation du feu, c'était officiel. L'heure ne permettait plus d'attendre et de réfléchir un peu plus, elle avait déjà eu le temps, elle avait son idée maintenant. Être mêlée aux conflits, elle ne voulait pas en entendre parler. La situation était bien trop suspecte pour qu'elle n'y prenne part. Les évènements s'étaient enchainés bien trop vite et elle ne pouvait pas piffer cette nouvelle dirigeante. Elle cachait quelque chose, c'était flagrant. Mais quoi ? Il fallait qu'elle prenne du recul, qu'elle s'informe pour trouver une réponse, si toutefois il y en avait une. Et pour ça il fallait qu'elle quitte Kiri, provisoirement. Il lui suffisait de répondre à l'invitation de désertion d'Akuma.
Elle avait rencontré, peu avant les examens Chuunins, un jeune homme, bras droit du Tsuchikage. Kaneko, un ninja plus vieux qu'elle, qu'elle avait apprécié malgré la brièveté de leur rencontre. Elle l'avait un peu aidé dans sa quête pour retrouver ses parents disparus. Elle allait donc se rendre à Iwa et à son tour lui demander hospitalité et service. Même si ce n'étaient pas les mêmes enjeux, sauver son village était important pour elle comme retrouver ses parents l'avait été pour lui.
La jeune femme sortit de son état léthargique, alors que la pluie s'abattait sur le village, et attrapa la besace qui trainait au pied de son armoire. Elle y fourra quelques vêtements de rechange, elle n'avait pas grand chose à emmener et préférait voyager léger. Elle noua le bandeau de Kiri un peu plus haut sur sa cuisse, pour qu'il soit caché par sa tunique cette fois. Elle y coinça son poignard et passa autour de ses hanches la sacoche contenant sa maigre réserve de kunais et de shurikens avant d'attacher soigneusement son sabre dans son dos. Elle attrapa son chaperon bleu marine et le revêtit. Yume l'observait silencieusement sur le lit, son regard donnait l'impression qu'il comprenait la situation et qu'il approuvait sa conduite. Elle se pencha pour l'embrasser et le caresser une dernière fois avant son départ.
Chocho descendit silencieusement l'escalier, fouilla rapidement la réserve à la recherche de provisions qu'elle plaça dans son minable bagage et sortit par la porte de derrière pour que ses parents ne la voient pas tout de suite. Un vrai départ est un départ sans paroles. Les adieux déchirants, très peu pour elle, elle avait déjà donné. Surtout qu'elle ne comptait pas les quitter pour toujours, elle.
Une fois dehors, elle remonta sa capuche sur ses cheveux et s'éloigna un peu de l'auberge en courant. Elle se retourna et coinça ses doigts entre ses lèvres pour siffler. Comme elle s'y attendait ses parents, en plein rangement, se pressèrent à la fenêtre pour voir de quoi il s'agissait. L'eau de la pluie ruisselait sur son visage et se mêlait à ses larmes alors qu'elle leur adressait un signe de la main et qu'elle leur envoyait un baiser du bout des doigts. Lorsqu'elle se retourna elle ne pleurait déjà plus.
La jeune femme reprit sa course en direction du village d'Iwa. Un bateau de marchandises qui les avait ravitaillés dans la journée devait reprendre le large en fin de soirée et quitter Kiri. Désormais il fallait qu'elle avance.
A peine partie, elle pensait déjà au retour. |
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 Nombre de messages: 467 Age: 18 Localisation: A côté de la plaque ! /o/ Nindô: Si un jour quelqu’un te fait du mal, ne cherche pas à te venger, assieds toi au bord de la rivière, et bientôt tu verras son cadavre passer. Date d'inscription: 09/11/2009
| |  | Sujet: Re: {Background de Chocho.} Dim 21 Nov - 18:41 | |
|  Si t'es pas jolie tâche au moins d'être polie. Partie 1. « Méfiez vous fillette, il n'est jamais trottoir pour bien faire. » « Non mais qu'elle empotée cette gamine ! Chocho ! Combien de fois devrais-je vous dire qu'un arrangement floral se fait avec soin ! Regardez ça, vos tiges ne sont pas toutes de la même taille ! » Chocho leva les yeux au ciel. « Mais ça ne se verra pas ! Puisqu'une fois qu'elles seront dans un vase on les verra plus les tiges ! » Hanataba Sensei, laissa tomber son visage entre ses mains en soupirant bruyamment. « Vous me désolez mademoiselle. Vous ne serez jamais une plaisante femme au foyer, oh ça non je peux vous le dire, votre mère en sera grandement déçue. » Le vieux dragon commençait sérieusement à importuner la fillette, à être toujours sur son dos et guetter ses moindres faits et gestes. « Mais j'en ai rien à faire de vos trucs de bonnes femmes ! Moi je suis pas une fille d'abord ! Et vos fleurs elles puent, et elles sont moches et flétries comme vous ! Alors c'est normal que vos bouquets soient laids ! Et ne venez pas me dire que je ne suis pas bonne à marier alors que tout le monde sait que vous êtes vielle fille ! » Chocho afficha une mine renfrognée comme celle d'un animal à qui on aurait marché sur la queue. Les lèvres de la professeur de composition florale se crispèrent, ses yeux devinrent tous petits et le silence fut rapidement brisé par un hurlement strident sans précédent, devant les yeux ébahis de toutes les élèves. « Vous n'êtes qu'une gamine insolente ! Petite sotte ! PRENEZ LA PORTE ! » S'écria la vieille femme en tendant le bras vers cette dernière. Chocho ne se fit pas prier et se dirigea vers la sortie en attrapant la poignée de la porte en question. « C'est pas la peine de hurler ! MOI, je suis pas sourde ! Et puis non ! Je la prends pas votre porte ! Parce qu'elle est trop lourde et que je saurai pas quoi en faire ! » Sur ce, la petite fille claqua la porte et s'en retourna furibonde, en frappant des pieds par terre. Elle descendit dans les ruelles de Kirigakure et décida de marcher un peu pour se calmer. Elle fourra ses mains, abimées et salies par les épines des fleurs, dans les poches de l'affreux kimono noir que sa mère l'avait obligée à enfiler pour se rendre à son cours. Cela faisait maintenant trois semaines qu'elle assistait à la classe de composition florale de Mlle Hanataba, une vieille femme aigrie par le temps. C'était une vieille peau ridée comme un pruneau, grosse comme un haricot, aux yeux de belette et au nez en trompette. Elle passait son temps à faire des remarques à Chocho sur son travail, sur sa manière de se tenir et sur sa manière de s'habiller. « Vous n'êtes pas assez gracieuse, vous n'êtes pas charmante, vous n'êtes pas assez mignonne, vous n'êtes pas jolie, vous n'êtes pas assez ceci, vous n'êtes pas cela ! » Si bien que la fillette de 13 ans n'avait pas tardé à prendre la mouche et à détester cette mégère qui passait son temps à la houspiller. Chocho décida de s'assoir sur un trottoir, sans prendre garde à l' Okiya qui se dressait derrière celui ci. Elle encercla ses genoux avec ses bras et entreprit de bouder jusqu'à ce qu'un homme d'âge moyen vienne la déranger. « Eh petite ! Tu ne sais pas à quel prix sont les filles de ta maison ? » La petite brune ouvrit de grands yeux, se retourna et découvrit l'enseigne de la maison close. Elle se redressa sur ses deux pieds en serrant les poings. « Mais qu'est ce que j'en sais, espèce de pervers ! J'suis une gamine ! »L'homme grimaça et ne perdit pas de temps pour déguerpir à la vue des regards que les cris avaient attirés. Un vieil homme qui avait assisté à la scène ricana et s'approcha de Chocho. « Méfiez vous fillette, il n'est jamais trottoir pour bien faire. » La jeune fille reprit la mouche et se rassit. Il était qui ce vieux crouton pour lui dire ce qu'elle avait à faire ? Décidément, le troisième âge avait l'air de lui en vouloir. Le vieillard prenant la permission sans demander s'assit à côté d'elle. « Alors qui êtes-vous charmante demoiselle ? » Demanda t-il en souriant. « Je ne suis pas charmante. Et je suis une kunoichi. » Elle avait les yeux dans le vide et prenait un ton un peu sec, ce qui semblait plaire à l'inconnu. « Vous n'avez pas de prénom ? » Chocho se retourna pour le regarder droit dans les yeux. Le vielle homme lui sourit. « On m'a toujours dit de ne pas parler aux inconnus. Donc si vous voulez savoir mon prénom vous n'avez qu'à vous présenter d'abord. » « Je m'appelle Tsuru 1. » « Je m'appelle Chocho. » « Oh ! Un papillon 2, enchanté ! En tant que confrères ninjas nous allons pouvoir discuter un peu. Qu'est ce qui vous plait dans nos arts ? » Chocho s'était détendu, finalement le vieux crouton avait l'air tout à fait sympathique. « Les lames ! » « Déjà ? A votre âge ? Mais n'est-ce pas un peu dangereux ? » Demanda t-il en prenant un air étonné, heureux lui aussi de faire la connaissance d'une petite au caractère bien trempé. « Non, il faut juste savoir leur parler. Et ne me vouvoyez pas, je n'ai que 13 ans. » « Et à quelle lame tu parles toi ? » « Pour l'instant je n'ai eu l'occasion de côtoyer que ce poignard. » Dit Chocho en le sortant de sa manche et en le tendant au vieillard qui le fit jouer entre ses doigts. « Il est un peu vieux, mais il répond bien. » « Oh l'âge n'a rien à voir dans tout ça … Et tu n'as pas eu l'occasion de t'essayer à un plus gros engin ? » « Non. Je n'en ai pas. » « Ah d'accord ... » Le vieil homme sourit en voyant une jeune femme arriver. Elle avait une vingtaine d'années et un air très sérieux. « … Si tu veux on fait un marché. Je te donne mon sabre … » Dit-il en détachant le fourreau de sa hanche. « … Si tu te bats contre mon amie Hasunohana3, au bâton, et que tu remportes le duel ! A mon âge un tel objet n'a plus grande valeur. » 1 : Cf Tsuru. 2 : "Chocho" signifie "papillon". 3 : Cf Hasunohana. |
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| |  | Sujet: Re: {Background de Chocho.} Dim 5 Déc - 18:03 | |
|  Si t'es pas jolie tâche au moins d'être polie. Partie 2. « Si ton bâton est trop court, allonge-le d'un pas. » C'est ainsi que Chocho se retrouva quelques dizaines de minutes plus tard, sur les quais de Kiri, face à une grande femme blonde. Les bras pendants le long de son corps, les lèvres entrouvertes, la tête légèrement penchée sur le côté et les yeux grands ouverts d'un air hagard, la petite fille observait celle contre qui elle allait devoir se battre. Deux bonnes têtes de plus qu'elle à vue de nez, élancée, adroite, souple ... La petite kunoichi espérait fort que ses premières impressions ne soient pas les bonnes. La prénommée Hasunohana prit place face à son adversaire. Chacun de ses gestes semblait être guidé par une grâce inhumaine si bien que la blonde avait un air majestueux sans égal. Elle semblait également ne pas être là mentalement, même si elle n'exécutait aucun mouvement maladroit. Chocho aurait dit que même les yeux fermés elle devait savoir se mouvoir sans aucun handicap, ce qui s'ajoutait à son côté mystérieux et fantasque. « Mesdemoiselles ! » Tsuru frappa plusieurs fois dans ses mains pour attirer leur attention. « Je vous demanderai de combattre exclusivement à l'épée et de ne pas vous servir de vos autres ressources personnelles. » Il leur lança à chacune un grand bâton, droit et arrondi à chaque bout. « Après vous. » Le vieil homme s'assit en tailleur au bout du quai, près de la terre ferme. Le regard de Chocho se reporta vers sa rivale qui déjà se mettait en garde. Elle brandit son bâton en avant d'un air peu convaincant et avala sa salive. Elle savait que le vieillard la regardait et un frisson d'adrénaline traversa son corps lorsqu'elle se demanda combien de fois elle éviterait le bâton avant que la jeune femme ne la réduise en charpies. La blonde n'annonça pas son entrée dans la danse avant d'entamer le duel. Elle fit quelques pas en avant pivota sur son pied en tournant sur elle même donnant ainsi plus de puissance à son bâton. Chocho eut juste le temps de redresser le sien devant elle et de le bloquer pour parer le coup. La blonde ne lui laissa pas le temps d'esquisser le moindre geste, elle retira son pieu en arrière pour le faire revenir à l'horizontal sous la garde de la petite brune qui esquiva sur le côté en tentant elle aussi de lui faire tâter de sa verge 1. La combattante lévita et se retrouva en sens arrière de la marche. Chocho profita de la situation pour gagner de la distance et fouetta l'air devant la blonde cherchant à la toucher ou elle ne se protégeait pas. Malgré tous les efforts qu'elle pouvait faire, son arme ne rencontrait que le vide, son adversaire ayant toujours un pas d'avance et semblant éviter les coups avec une facilité déconcertante. Chocho se mordit la lèvre alors qu'une idée lui traversa l'esprit. La petite kunoichi empoigna son bâton un peu plus loin sur le manche en prenant soin d'accélérer un peu plus la cadence des coups qu'elle portait pour que son opposante n'y voit que du feu. Cette dernière reculait de plus en plus sur les planches du quai et s'approchait ainsi de l'eau. La brune prenait peu à peu confiance en elle, la blonde n'avait pas tant d'expérience qu'elle le croyait. Lorsque Hasunohana arriva au bout du quai elle pivota gracieusement, prête à repartir dans l'autre sens comme l'avait prédit Chocho. Elle crut pouvoir éviter de nouveau le bâton de la morveuse qui se tenait devant elle. Mais c'était sans compter le fait que celle ci lui assène un coup en laissant glisser son pieu entre ses doigts gagnant ainsi en longueur, dépassant celle qu'elle attendait. Le bâton frappa contre le ventre de la blonde et Chocho le retint à son bout pour appuyer un peu plus celui-ci et la déséquilibrer. La jeune femme basculait en arrière dans les eaux du port et Chocho affichait un sourire triomphant. Jusqu'à ce qu'elle sente le bâton de la blonde se passer dans la sangle de sa ceinture pour l'entrainer dans sa chute. Les deux jeunes femmes tombèrent du quai et disparurent sous l'eau. La blonde ne tarda pas à remonter recrachant de l'eau qu'elle avait avalé et battant des pieds ayant peur que l'eau ne soit trop profonde pour qu'elle puisse remonter. Chocho ne réapparut que quelques secondes plus tard, passant son bâton sous son menton le relevant. Elle savait que l'eau n'était pas profonde et s'était agrippé à un rocher pour ne pas remonter. « C'est chez moi ici. » La petite fille signa ainsi la fin du duel. Les deux jeunes femmes sortirent de l'eau puis se séchèrent sur la berge en épongeant leurs vêtements. Chocho arborait un petit sourire en coin, fière d'elle, alors que la blonde elle n'avait pas changé d'expression et semblait toujours déconnectée du monde. Le vieil homme quant à lui souriait, content d'avoir assister à ce petit spectacle. Il s'approcha de Chocho en lui tendant son sabre. « Chose promise, chose due. » Il passa ensuite sa main dans les mèches folles et mouillées de la petite fille pour les ébouriffer. « Merci jeune demoiselle de nous avoir offert ce combat. Souviens toi qu'une défaite n'est jamais humiliante mais instructive, elle t'en apprendra toujours plus sur tes faiblesses qu'une victoire. Hasunohana ne fera plus cette erreur et si un jour elle à l'honneur de recroiser le fer avec toi, il faudra que tu trouves une autre stratégie. » Le vieil homme sortit de sa manche un petit bracelet, auquel était attaché un petit cylindre métallique, qu'il lui passa autour du poignet. « Nous devons maintenant partir, le devoir nous appelle elle et moi. Mais je sais que nos chemins seront amenés à se croiser à nouveau. Si tu as besoin de nous joindre, attache un petit papier à la patte d'un oiseau et souffle dans le petit sifflet de ton bracelet. L'oiseau saura immédiatement qu'il doit nous trouver. » Chocho hocha la tête en souriant. Elle regarda les deux individus disparaître dans la brume au sortir des quais puis elle rentra à l'auberge sabre en main, pensant qu'ils étaient vraiment spéciaux dans leur genre. Cette idée laissa bientôt place à un questionnement tout autre. Qu'allait-elle faire de ce sabre, et comment allait-elle expliquer à ses parents qu'une arme blanche de ce gabarie soit maintenant en sa possession ? 1 : Petite dédicace aux adeptes de la CB du Samedi soir. o/ |
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