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| | La maison qui puait le camphre... [FB Dai-kun & Kane-ji] | |
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<| Message | Auteur | Sujet: La maison qui puait le camphre... [FB Dai-kun & Kane-ji] Dim 17 Jan - 5:16 | |
| Un gazouillis. Un mignon gazouillis de moineau. Au réveil, c'est sympa. Kaneko ouvrit les yeux et constata qu'il se trouvait sur le toit de son appartement. Ah oui, c'est vrai... Il était sorti de sa crise d'insomnie pour prendre l'air en s'en grillant un petit. Impossible de dormir à force de trop penser, de toute façon, alors autant se faire une bonne séance de réflexion pépère en profitant de la beauté du ciel d'Iwa, d'herbe à chat et d'une charmante bouteille de saké. Il avait fini par s'endormir là, avec uniquement la voute étoilée au-dessus de sa tête, libre mais prisonnier du tracas qui lui squattait la cervelle. Au pire, avait-il espéré, la nuit lui aurait porté conseil comme dans le proverbe et au réveil la réponse lui serait apparue par illumination... Que dalle. Nada, il ne savait toujours pas quoi faire pour sauver Daiki. Mais le sauver de quoi, au juste ? Cette question aussi, surtout celle-là, restait sans réponse. La mauvaise humeur engendrée par cette absence n'arrangeait rien à la gueule de bois du nekonin. Il avança tapi vers la gouttière et y trempa les mains dans l'eau croupie pour se laver la figure. On était le sixième jour de la semaine* alors autant aller jusqu'au bout dans la crasse attitude. Ce jour-là, Kaneko avait pour habitude de libérer ses instincts absurdes de chat, aussi il partit pour une promenade dans la fraîcheur de la rosée du matin. Mais ce matin la ballade s'avéra moins sujette à la détente. Les questionnements de la nuit avaient décuvé plus rapidement que l'esprit de Kaneko, qui se perdit dans les rues d'Iwa comme dans l'enchevêtrement de ses pensées enroulées comme une pelotte de laine. Sauf que les chats adorent jouer avec le fil qui dépasse jusqu'à avoir évidé la chose. Kaneko s'arrêta devant une source et plongea sa tête dans l'eau fraîche et pure de la montagne au pied de laquelle Iwagakure trônait fièrement. Ça lui fit un bien fou. Reprenant sa marche, il ne chercha pas par où aller et se dirigea vers là où ses pieds nus le mèneraient. Qui es-tu donc, Daiki Etsu ? Je ne te connais même pas. Je ne sais même pas pourquoi je me turlupine autant à ton sujet. Il revit le jeune Etsu adossé au mur la première fois qu'ils s'étaient vus. Ce jour-là Daiki était inquiet et concentré sur sa tâche, pendant que lui-même cuvait son vin et avançait sans filet dans un double-jeu qui risquait de finir mal... Sans comprendre comment, sûrement les bienfaits de l'oxygène vivifiant sur son organisme, lequel avait dû prendre le contrôle de ses pieds pour le mener jusqu'ici, ou alors son inconscient ou son subconscient, il ne savait jamais lequel des deux, il se retrouvait sur le plateau qui surplombait Iwa. Celui où Daiki Etsu et lui s'étaient affrontés. Une autre image s'apposa alors : celle du ninja mélancolique au milieu d'une tempête de chakra fuuton, le bras écorché vif donnant naissance à une épée de vent dévastatrice. Ce jour-là, Kaneko Hige avait eu peur. Les sillons creusés par le kazeken étaient encore béants, tels des plaies infligées à la terre par un tortionnaire sadique. Au moins les brûlures causés par les katon de Kaneko n'étaient que superficielles... Il resta là un moment, s'allongeant dans l'herbe pour faire une sieste. Ce furent une fois de plus les oiseaux qui le réveillèrent. Il redescendit le plateau par où il était arrivé, à savoir le chemin escarpé qui était le seul accès piéton à l'endroit. Il prit à gauche une fois dans le village et se laissa de nouveau porter. Un besoin de tranquilité se faisait sentir et instinctivement il empruntait les directions les moins empruntées, celles où il y avait le moins de monde. Cette méthode eut pour conséquence fatale qu'il finit par aller systématiquement là où il n'y avait personne, et il échoua tôt ou tard dans le quartier déserté. Personne ou presque n'y avait mis les pieds depuis la fin de la guerre, hormis les résidents maudits. C'était l'ancien quartier des riches mais il avait été dévasté et les Akajins y avaient installé leur résidence pendant l'occupation. La plupart des maisons étaient vides et délabrées. Les quelques familles d'Akakaminari qui n'avaient pas été chassées du village et qui avaient enduré les pires représailles de la part de la populace pouvaient désormais profiter de l'arrêté du Tsuchikage qui leur garantissait la paix. Le fait qu'Otokonohito Makkuro soit un leader de la résistance avait beaucoup aidé et les Iwajins respectaient cette loi, se contentant désormais de les ignorer, instaurant tacitement une ségrégation pas forcément moins cruelle que les représailles : au lieu d'être des ennesmis, à présent ils n'étaient plus rien. On ne parlait pas aux Akajins, on ne commerçait pas avec les Akajins, on ne s'arrêtait pas pour un Akajin. Qu'ils restent dans leur cimetière et qu'ils crèvent en silence, et on leur foutra la paix ! De quoi avoir honte, quelque part. Le passé était le passé, et le présent rempli de mères et d'enfants innocents qu'une guerre stupide avait dépossédé de leurs mari et de leurs parents. La guerre n'était pas vraiment terminée... Il pénétra plus avant dans le quartier et s'arrêta soudain, choqué par trois choses. D'abord, ça puait le camphre et Kaneko détestait cette odeur qui l'énervait. Ensuite parce qu'il tomba sur Otoko' qui s'adressait à haute voix à quelqu'un en ces termes : "Vendre ? Complot ? Ton ignorance t’aveugle littéralement Etsu. Une alliance n’est pas synonyme d’unicité, loin de là... ... Tu souhaites quitter le village n’est ce pas !? Très bien, si tu penses pouvoir enrailler ce cercle vicieux, fais-le. Le scélérat que je suis ne compte pas te retenir plus longtemps avec des sermons ou des questions supplémentaires."** Même avec la tête dans le pâté, Kaneko entendait et comprenait parfaitement les propos du Tsuchikage. Dernière raison, et c'était celle qui l'inquiétait plus que tout, son sixième sens lui hérissait le poil : il avait la désagréable impression d'avoir débarqué en territoire ennemi... * Le samedi (doyôbi en japonais, litt. le jour de la terre) était sacré, et même consacré au repos. Autrement dit l'équivalent Iwajin d'un dimanche passé à loquer après une beuverie étudiante la veille.
** Pour mieux comprendre, lire La douce odeur du camphre...
Dernière édition par Kaneko Hige le Dim 14 Mar - 18:35, édité 2 fois (Raison : edit du lien) |
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Nombre de messages: 1713 Nindô: Le cerveau fonctionne vite quand il se dit qu'il risque d'un moment à l'autre d'être tranché en deux.
 | |  | Sujet: Re: La maison qui puait le camphre... [FB Dai-kun & Kane-ji] Dim 17 Jan - 13:37 | |
| Tournant le dos à la résidence, Otoko’ aperçu le Nekonin qui observait la scène -depuis combien de temps ?- Il s’approcha de lui et lui glissa ces quelques mots : - « Garde tes sens de chat en alertes, il ne sait même plus reconnaitre ses amis de ses ennemis… » À condition qu’Etsu les ait considérés comme des amis un jour. Le Kage quitta d’un pas boitillant la résidence Seito Kizuna -il avait encore du mal à retrouver une démarche naturelle-, sans se soucier d’avantage de ce problème. Daiki Etsu, bien que perturbé, ne représentait pas une menace… pour l’instant. Et puis Kaneko et lui avaient effectué plusieurs missions, le Nekonin était le plus à même pour le raisonner.
Sur le retour, Kiyoshi apparut aux côtés d’Otoko’, l’air perplexe. - « Avec ce nouveau problème, tu es toujours certain de ton plan ? » - «Oui, on ne change rien de ce qui était prévu. Et puis… il hésita un peu avant de le proposer à son ami … il pourra s’occuper de lui. Tu lui donneras le papier. » Kiyoshi acquiesça et disparut dans un petit nuage de fumée, comme il le faisait de temps à autres. Habitude qui agaçait légèrement le Kage, probablement parce que lui-même ne pouvait pas le faire ?
hrp : tu voulais une petite intervention, la voilou /o/. |
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Nombre de messages: 1781 Nindô: Le temps des assertions est révolu, me voici dans l'ère où l'on impose.
 | |  | Sujet: Re: La maison qui puait le camphre... [FB Dai-kun & Kane-ji] Lun 15 Fév - 22:57 | |
| Etsu ne fit pas grand cas de la réponse d'Otokonohito. De toute évidence, il importait peu au jeune ninja qu'on le retienne ou qu'on l'incite à réaliser son souhait ; il était certain d'avoir compris que le mensonge et la manipulation étaient ce qui régissait le monde d'aujourd'hui et ça, personne ne pourrait l'en faire démordre. Personne n'obtiendrait sa confiance. Et même: tous ceux qui essaieraient de le persuader ne feraient que le conforter dans son idée ; il voyait déjà des preuves partout. Le fait même qu'on soit venu dans le quartier abandonné, alors qu'on y vient jamais, pour vite s'informer des derniers ragots de mission justifiait déjà qu'il avait fait son petit effet dans le haut monde de la politique. Que lui, le petit Etsu inutile et inexistant, faible et minable, avait fait réagir le grand kage. Et ce qui faisait réagir le grand kage n'était pas à négliger. Tant mieux, car Etsu était bien décidé à ne plus rien négliger.
Il se redressa et s'étira le bras gauche comme on peut tendre une épée devant soit, très attentif aux craquements d'os et à la mobilité de ses articulations, un sourire satisfait au visage. Ce n'est que lorsque sa main se retrouva face à une drôle de silhouette qu'il redescendit de son petit nuage de rebelle, littéralement coupé dans son envol par un objet qui apparaissait comme la consécration de l'exactitude de sa thèse – qui n'en était plus une alors.
Toutes dents dehors, il prit un air fier, un de ceux qu'il n'avait jamais revêtu jusque là et s'accouda au rebord de sa fenêtre avant de lâcher d'une voix mielleuse :
- Kanekooo-o~ ! Quelle « bonne » surprise ! |
|  | |  | Sujet: Re: La maison qui puait le camphre... [FB Dai-kun & Kane-ji] Mar 16 Fév - 14:44 | |
| Garde tes sens de chat en alertes, il ne sait même plus reconnaitre ses amis de ses ennemis… Telles avaient été les paroles du Tsuchikage à propos de son interlocuteur, comme si Kaneko le connaissait. Une petite ampoule s'alluma dans un recoin de sa tête ; il devinait de qui Otoko' voulait parler...
Ignorant le petit manège d'Otoko' et de son mystérieux acolyte, il s'avança vers la maison devant laquelle le ninja noir s'était tenu, et fut à peine surpris d'y trouver Daiki Etsu. Ce qui était plus surprenant, c'était la posture qu'il arborait : le torse bombé, accoudé à sa fenêtre, il affichait une assurance inhabituelle pour ce que Kaneko connaissait de lui. Jusque-là, il ne l'avait jamais vu autrement que prostré, en retrait, essayant d'être là sans être là.
-"Kanekooo-o~ ! Quelle "bonne" surprise !"
On percevait distinctement les guillemets dans sa phrase de "bienvenue". Kaneko s'arrêta un moment, tâchant de déceler ce qui ne collait pas dans l'attitude de son coéquipier, mais finalement ça sautait aux yeux. Daiki Etsu avait tout simplement l'air bien dans sa peau, ça relevait de l'inédit.
-"Content de te voir de si bonne forme, Daiki. C'est donc ici chez toi ? C'est sympa malgré l'odeur de camphre... Je plaisante, c'est moche et complètement délabré, mais j'imagine que tu as tes raisons de vivre ici, dans l'ancien quartier résidentiel des Akajins," railla le nekonin, incapable de résister à la provocation lancée par son ami. Mais il n'y avait aucune mauvaise intention de sa part, c'était tout simplement de bonne guerre.
En général il ne recevait pas d'autre réponse de la part de Daiki qu'un blanc énorme, l'homme aux cheveux longs n'étant pas très porté sur les conversations. Mais cette fois il était persuadé que l'autre répondrait quelque chose, et cela lui laissait le temps de rouler une cigarette. |
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 | |  | Sujet: Re: La maison qui puait le camphre... [FB Dai-kun & Kane-ji] Mer 17 Fév - 16:12 | |
| -"Content de te voir de si bonne forme, Daiki. C'est donc ici chez toi ? C'est sympa malgré l'odeur de camphre... Je plaisante, c'est moche et complètement délabré, mais j'imagine que tu as tes raisons de vivre ici, dans l'ancien quartier résidentiel des Akajins,"
Etsu n'attendait rien d'autre de la part de Kaneko. C'est vrai que c'était moche et complètement délabré mais c'était à la hauteur de l'altruisme de la communauté toute entière. Aussi, il ricana un peu avant de répliquer, comme s'il en avait toujours été ainsi :
- Ha ha ! Je vois que tous les clowns sont de sortis aujourd'hui, ça fait plaisir, plai-sir !
Il marqua une pause, le temps de laisser son coéquipier rouler sa cigarette.
- Eh ! Dis-moi, qu'est-ce qui amène ce formidable bout-en-train de Kaneko dans les plus sombres recoins d'iwa ? J'espère que l'odeur ne t'irrite pas trop au moins, ce serait vraiment dommage ! Dom-mage !
L'iwajin dépravé fixait intensément son interlocuteur, aussi piquant dans le regard quand dans le ton sarcastique de ses mots, attentif à la moindre réaction de son « camarade ».
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|  | |  | Sujet: Re: La maison qui puait le camphre... [FB Dai-kun & Kane-ji] Mer 24 Fév - 16:14 | |
| Kaneko sourcilla suite à l'allusion à des clowns qui seraient de sortie, mais quand on portait la même veste ridicule depuis des années, on ne se formalisait plus de ce genre de remarque. Il alluma sa cigarette et en aspira une grande bouffée.
-"Eh ! Dis-moi, qu'est-ce qui amène ce formidable bout-en-train de Kaneko dans les plus sombres recoins d'iwa ? J'espère que l'odeur ne t'irrite pas trop au moins, ce serait vraiment dommage ! Dom-mage !" demanda Daiki. -"Je serai capable de supporter l'odeur, rassure-toi. Après tout c'est pas comme si je comptais emménager ici... Disons que j'ai laissé mes pieds vaquer à leurs occupations et qu'ils m'ont amené à cet endroit."
Le nekonin était de moins en moins à l'aise. Le ton sarcastique de son équipier dépassait largement le cadre du simple humour bon enfant. Il repensa aux propos d'Otokonohito quelques minutes auparavant, et il voyait maintenant où il avait voulu en venir en le mettant en garde.
-"Je viens de croiser le Tsuchikage, et il m'a dit que tu ne savais plus reconnaitre tes amis de tes ennemis. J'ai trouvé ça bizarre..." Nouvelle taffe sur sa cigarette. "... parce que tu vois, je ne savais pas que tu avais des amis."
C'était une pique apparemment innocente, mais Kaneko soupçonnait que ce fût vrai. Oh bien sûr, Daiki devait avoir des proches, comme tout le monde, mais à part ça ? Les autres étaient-ils des ennemis pour lui ? Il était évident qu'il n'avait jamais supporté de devoir faire équipe avec Kaneko, lequel s'était toujours demandé pour quelles raisons. Cette discussion était peut-être l'occasion d'en connaitre la raison... |
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 | |  | Sujet: Re: La maison qui puait le camphre... [FB Dai-kun & Kane-ji] Dim 7 Mar - 16:23 | |
| -"Je serai capable de supporter l'odeur, rassure-toi. Après tout c'est pas comme si je comptais emménager ici... Disons que j'ai laissé mes pieds vaquer à leurs occupations et qu'ils m'ont amené à cet endroit."
L'emploi du mot « occupation » choqua grandement Etsu. Au début le jeune homme n'en fit rien et se contenta de froncer les sourcils, perplexe quant au bien-fondé du sens du mot. Après tout, Etsu était en droit de voir des allusions provocantes derrière toute paroles – et surtout celles de Kaneko - ; c'était bien là l'unique droit qu'avaient les paranoïaques sur le reste de la normalité humaine.
-"Je viens de croiser le Tsuchikage, et il m'a dit que tu ne savais plus reconnaitre tes amis de tes ennemis. J'ai trouvé ça bizarre... parce que tu vois, je ne savais pas que tu avais des amis."
Un sourire déconfit, qui sommes toutes ressemblait plus à une grimace qu'à un sourire, prit alors la place de la perplexité. Etsu n'en revenait pas que celui qu'il considérait comme un abruti de première classe se permette de dire de telles choses. Que lui, le poivrot, le sous-homme sans candeur aucune vienne jusque chez lui et l'insulte de la sorte ! Voilà qui aurait facilement mis Etsu hors de lui s'il n'avait eu rien qu'un semblant de considération pour Kaneko. Mais il ne se passa rien. Son visage se dérida au lieu de se crisper et sa grimace devint ricanements. Il n'avait plus rien pour cet homme à chat(te), même pas un soupçon de l'aversion qu'il avait pu avoir d'antan à son égard: Etsu avait tout compris des manigances du monde et s'amusait de tout ça ; ça ne l'atteignait plus. Ça ne l'atteindrait plus ; il était loin au dessus de ces imbéciles et de leurs clowneries. Lui, il était prêt à saisir le vrai sens de l'existence sans s'embêter des détails. Le Tsuchikage, les amis, les ennemis, Kaneko faisaient partie des détails.
- Il en raconte des conneries ce Tsuchikage dis-donc... commença t-il dans un sourire amusé. Dis moi, clown numéro deux, qu'est-ce qu'un ami, si j'ose encore croire que tu le saches. Qu'est-ce qui le différencie d'un ennemi ? Un ami n'est-ce pas un ennemi rangé de son côté ? N'est-il pas en ce sens plus dangereux qu'un ennemi ? Moi je crois que si... c'est pourquoi je les liquide tous, pour plus de commodité, disons. Enfin... je les « désintègre » serait plus juste.
Ce n'était pas tout à fait vrai. Etsu n'avait tué – de lui même et physiquement parlant – qu'un seul de ses amis, les autres étaient morts d'eux-mêmes ou tout simplement partis. D'autres étaient encore là, comme Sueri, mais Etsu avait soit coupé les ponts soit laissé mourir la chose en ne donnant aucune nouvelle. En sommes, il ne lui restait aucune attache, si ce n'est celle avec les ninja d'iwa avec qui il travaillait, ceux-là même à qui il n'accordait aucune importance, et plus particulièrement avec Kaneko, avec qui il était censé faire « équipe ». Cela faisait un petit moment déjà qu'il se caressait langoureusement le menton avec son index gauche, la tête inclinée, les yeux pointés sur Kaneko. Si ce dernier n'avait en rien fait d'allusion sur le mot « occupation », Etsu en faisait une grosse et importante. Dans sa tête, une alternative sifflait en boucle, à savoir, s'il devait désintégrer la fausse barrière que représentait Kaneko ou pas. Qu'elle qu'en serait l'issue, cela lui importait peu, c'était du détail.
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|  | |  | Sujet: Re: La maison qui puait le camphre... [FB Dai-kun & Kane-ji] Lun 15 Mar - 17:51 | |
| -"Il en raconte des conneries ce Tsuchikage dis-donc... Dis moi, clown numéro deux, qu'est-ce qu'un ami, si j'ose encore croire que tu le saches. Qu'est-ce qui le différencie d'un ennemi ? Un ami n'est-ce pas un ennemi rangé de son côté ? N'est-il pas en ce sens plus dangereux qu'un ennemi ? Moi je crois que si... c'est pourquoi je les liquide tous, pour plus de commodité, disons. Enfin... je les "désintègre" serait plus juste."
Sa cigarette tomba par terre tellement Kaneko en restait bouche-bée. L'avertissement d'Otoko' s'avérait judicieux, car en effet les propos de Daiki Etsu pouvaient passer pour du charabia insensé. N'importe qui l'aurait pris pour un fou, mais s'il avait été vraiment fou, Kaneko aurait pu continuer de développer les arguments de son équipier et le mettre en face de leur absurdité - c'était un de ses sports favoris qu'il avait pratiqué depuis qu'il fréquentait des tavernes remplies d'ivrognes dissertant sur la vie, l'univers et le reste. Mais le raisonnement de Daiki était cohérent, ça se tenait. C'était le raisonnement que lui-même avait suivi pendant de longues années passées à picoler pour oublier l'effroyable pertinence des questions qu'il se posait. Le commun des mortels jugeait ce type de questionnement déplacé, et il fallait une sacrée dose de courage et d'intelligence pour oser l'approfondir : les réponses risquaient de plonger l'individu dans l'angoisse et la déprime, et on pouvait y perdre son âme. Si on ne faisait pas attention, on pouvait devenir ce que le nekonin avait devant les yeux, à savoir un homme imprévisible, devenu porte-parole du cynisme. Un homme prêt à tout remettre en question, y compris ce qui le rattachait à la réalité.
Et voilà qu'il parlait d'amitié...
-"Tu as raison, Daiki. Puisqu'ils sont les plus proches de nous, nos amis voient nos faiblesses mieux que quiconque. Comme dit le proverbe, "on n'est trahi que par ses amis", n'est-ce pas ?"
Daiki le regardait d'une manière étrange, et Kaneko se mit sur ses gardes : son camarade semblait en train d'envisager plusieurs options ; le doigt qui caressait nonchalamment son menton trahissait sa perplexité. Au cas où, il valait mieux prendre les devants dans cette conversation, tenter de ramener Daiki Etsu à la raison, sous peine de devoir le suivre dans les méandres de ses tourments.
-"Au fait, en parlant de clown, tu trouves pas qu'on a l'air débile à discuter comme ça, moi dans la rue et toi à ta fenêtre ? La politesse voudrait que tu m'invites à entrer pour m'offrir un thé, ou n'importe... non ?" Par précaution, il crut bon d'ajouter : "Bien sûr ne crois pas que je vienne en ami, je ne voudrais pas risquer de te trahir. Non, ce serait juste histoire qu'on papote un peu, en vieux frères d'armes qui se méfient l'un de l'autre..."
Puisqu'il voulait du cynisme, il allait être servi ! Kaneko savait à présent de quoi il devait sauver son équipier : si personne n'écoutait Daiki Etsu, si on le laissait livré à lui-même et à ses questions, il allait à coup sûr sombrer dans la folie. |
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 | |  | Sujet: Re: La maison qui puait le camphre... [FB Dai-kun & Kane-ji] Jeu 18 Mar - 19:12 | |
| Etsu sourit. Cela ne faisait pas dix minutes qu'il parlait avec son futur ex-coéquipier et il marquait déjà des points... et des bons en plus ! Voir l'autre perdre sa cigarette tant il était effaré ne le laissa pas insensible : il avait tapé dans le mille. Il aurait parié que Kaneko comprenait tout spécialement bien ce qu'il avançait. Ça, c'était fait ! Il fallait juste que la discussion continue dans ce sens , histoire de rattraper la longue avance qu'avait pris Kaneko depuis leur rencontre.
-Au fait, en parlant de clown, tu trouves pas qu'on a l'air débile à discuter comme ça, moi dans la rue et toi à ta fenêtre ? La politesse voudrait que tu m'invites à entrer pour m'offrir un thé, ou n'importe... non ? Bien sûr ne crois pas que je vienne en ami, je ne voudrais pas risquer de te trahir. Non, ce serait juste histoire qu'on papote un peu, en vieux frères d'armes qui se méfient l'un de l'autre...
Il entrait dans son jeu. Voilà qui étira le sourire de Etsu. A ce moment là, rien que parce qu'ils étaient dans le même délire de cynisme et de provocation, le jeune homme à sa fenêtre se disait que, si les choses en avaient été autrement, Kaneko et lui auraient formé une formidable équipe de goujats. Mais sans doute, si les choses avaient été différentes, jamais n'auraient-ils prêté attention l'un à l'autre comme à cet instant, et jamais n'auraient-ils eu cette conversation.
- La politesse... la politesse... C'est la forme la plus acceptable de l'hypocrisie... Je suis un peu fâché avec les faux-semblants en ce moment, tu m'excuseras si je manque à tous mes devoirs. Et puis... Il agrippait de ses deux mains les coins extérieurs de sa fenêtre et se hissait en l'air, pour passer ses jambes au travers de l'ouverture... Et puis tu penses bien que dans une maison à l'apparence aussi délabrée, il n'y a rien de bon, pas vrai ? Après tout... c'est l'ancien quartier des Akajins... rien n'est plus trop sûr dans le coin.
Etsu avait fait son choix. Du moins, le semblait-il car sa balance mentale hésitait encore un peu à « trancher ». Enfin, si elle hésitait trop longtemps, Kaneko serait en mesure de la faire pencher, et vite, le jeune homme en était persuadé. Aussi, une fois l'ouverture de sa fenêtre passée – d'une façon peu ordinaire, avouons-le -, il s'étira de tout son long, bras tendus vers le ciel, les vertèbres craquantes. A la lumière du soleil, il arborait un teint plutôt blafard, des petits yeux cernés, un air raplapla. En sommes, il paraissait sortir d'une longue hibernation. Et c'était le cas.
Il mit un petit instant avant de rejoindre son camarade, à moitié chancelant sur ses appuis. En fait, au début, il manqua de tomber tant cela faisait longtemps qu'il n'avait pas traîné sa carcasse en dehors de son lit.
- Il fait bon ici, en fait, s'étonna t-il, comme s'il s'agissait d'un autre monde. De l'autre côté de la baraque, 'y a une terrasse. Si mon vieux frère d'arme veut bien se donner la peine...
Il n'y avait pas de « terrasse » à proprement parler derrière son habitation, seulement une petite cour, une vieille palissade éventrée, un petit chemin qui disparaissait sous la mauvaise herbe et les restes des tatamis roussis pour seuls vestiges d'une ancienne salle d'entraînement.
Etsu passa sa main gauche dans sa tignasse emmêlée et, resserrant sa queue de cheval, alla dans la direction qu'il avait indiqué de la tête, ne laissant pas le choix à son homologue. S'il voulait continuer de « papoter », ça se passerait derrière.
Une fois de l'autre côté de l'habitation, Etsu s'appuya à la palissade vermoulue, contempla le coin quelque minute et, absolument désintéressé par le paysage, recommença à se caresser le menton. |
|  | |  | Sujet: Re: La maison qui puait le camphre... [FB Dai-kun & Kane-ji] Sam 20 Mar - 16:32 | |
| Assis en tailleur sur un assemblage bancal de planches de bois qui ne méritait aucunement le titre de terrasse, Kaneko se roula une autre cigarette, et y ajouta un peu d'herbe magique car la discussion allait peut-être s'avérer tendue. Déjà il ne savait pas par quoi commencer... Daiki, qu'est-ce qui t'arrive ? Mouais bon, ils étaient pas en couple, non plus... Daiki, tu es en train de devenir fou, on dirait. Si ça se trouvait, il le savait déjà.
Le nekonin releva la tête tout en tirant une première bouffée. Daiki Etsu se tenait adossé contre une palissade, il se grattait le menton nonchalamment, l'air de dire "je vais t'écouter vaguement, mais n'espère pas que je m'intéresse à ce que tu vas dire". Kaneko le fixa et lui sourit. Ce n'était pas hypocrite, son sourire était parfaitement sincère, pour la bonne raison qu'il n'était aucunement amical. Kaneko se sentait plutôt content de la tension qu'il y avait entre eux...
Quand deux chats mâles se rencontrent, ils se jaugent. Si l'un des deux se sent moins fort que l'autre, le plus faible s'écrase et continue sa route la tête basse. Mais si les deux chats sont de la même force... Kaneko avait trouvé en Daiki un rival incroyable, un type capable de le tuer. Déjà il en avait les moyens physiques pour le faire - le nekonin frissonna en repensant à la kazeken - mais ce n'était pas la question. Le ninja mélancolique n'était pas prêt à tuer, mais pourtant le jour où ils s'étaient battus au sommet du plateau, Kaneko avait ressenti toute la pression meurtrière de Daiki, c'était en tout cas ce qu'il avait ressenti, il avait eu peur. Si le barrage qui retenait les pulsions de Daiki venait à céder, alors ce jour-là Daiki Etsu serait vraiment prêt à tuer Kaneko Hige. C'était précisément ce qui fascinait le nekonin : un jour ça péterait, et peu lui importait de savoir quand ni même pourquoi. Mais peut-être aussi qu'ils ne se battraient plus jamais l'un contre l'autre. Avoir son cerveau partagé entre un esprit humain et un instinct de chat, ça amenait à envisager les deux possibilités.
Daiki avait dit être fâché avec les faux-semblants. Autant aller directement au fait.
-"Puisqu'on est chez toi, je vais tâcher de respecter ton dégoût pour la politesse. Pourquoi tu t'es barré de chez le Hokage, l'autre jour ?" |
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Nombre de messages: 1713 Nindô: Le cerveau fonctionne vite quand il se dit qu'il risque d'un moment à l'autre d'être tranché en deux.
 | |  | Sujet: Re: La maison qui puait le camphre... [FB Dai-kun & Kane-ji] Sam 20 Mar - 18:58 | |
| - Quand j'ai vu comment tu lui cirais les pompes, mon repas de la veille m'est remonté à la gorge. Je n'pouvais décemment pas vomir sur son magnifique revêtement... blagua Etsu en s'appuyant de gestes très gracieux de la main.
Il reposa sa main sur son menton et ses yeux sur Kaneko, un air tout à fait sérieux au visage. C'était pas tout à fait faux. Etsu revoyait parfaitement la scène : le nekonin à genoux, totalement soumis à l'autre idiot et son blabla de politique... Non, il n'aurait pas hésité une seule seconde à vomir sur son sol si la réalité ne l'avait pas pris à la gorge.
- Le nombre de connerie que nous sortait l'autre cloche de Konoha était tellement exorbitant qu'il m'a totalement détraqué le ciboulot... reprit-il en s'enfonçant l'index dans la tempe, repensant à son départ totalement ridicule. Iwa n'a vraiment pas besoin de ce genre de clown. 'Y a assez de bonnes perles dans le coin comme ça.
Etsu se décolla de la palissade et s'étira à nouveau le dos. Comme pour s'échauffer, il fit de grands gestes avec les bras, marcha un peu, passa ses coudes tour à tour devant son cou, fit craquer ses épaules... Le tout avec une grimace de douleur.
- Pwah ! C'est dur de pas sortir de chez soi pendant plus de... de... son ventre gargouilla quand il se redressa... trois jours, ouais. Ça doit bien faire trois jours que je suis resté coincé au lit.
Il réfléchissait à haute voix, oubliant à moitié la présence de Kaneko. De toute façon, il n'en avait plus rien à faire de ce type. Il n'avait plus rien à faire de personne. Les hypocrites, ça ne l'intéressait pas et, dans la mesure où pour lui la société toute entière était faite de faux-culs, il se foutait de tout le monde. Et c'était très bien comme ça. Etsu se retrouvait lui-même, tel qu'il était avant de tuer. Qui sait combien de temps il resterait ainsi... ?
- Enfin bref... ce con m'a blasé. La mission coïncidait pas avec mes aspirations, je l'ai pas faite, c'est tout. Ça m'intéresse plus d'œuvrer pour les rêves fous d'un mec que je connais pas, surtout si je dois être le messager de la bêtise. Peut-être que toi ça te plais.. Je sais pas. Je m'en fous.
Il arrêta enfin ses gesticulations inutiles après s'être gratté le ventre, posant son pied sur la palissade. Il regardait Kaneko d'un œil brillant, sûr de lui à tel point que son regard en était presque troublant. Bien qu'il disait s'en foutre, le jeune homme avait l'air d'être ouvert à l'échange pour la première fois depuis leur rencontre.
Après deux minutes silencieuses, les yeux dans les yeux, Etsu baissait les siens et tournait les talons pour se dégourdir les pattes. Il s'étirait maintenant les doigts de la main gauche. |
|  | |  | Sujet: Re: La maison qui puait le camphre... [FB Dai-kun & Kane-ji] Mer 24 Mar - 17:54 | |
| Assis en tailleur, pétard au bec, Kaneko écoutait. Il ne faisait que ça, il ne voulait pas couper Daiki dans ses propos, ni même prendre la parole lorsque celui-ci marquait des pauses.
Un profond dégoût ressortait des paroles de son camarade, un dégoût envers le Hokage, mais surtout envers la mascarade qu'avait constitué toute l'entrevue, de l'agenouillement jusqu'au "Hokage-sama". Il avait envie d'expliquer que pour lui ce n'était pas une marque de respect, que lui aussi se contrefichait du Hokage, ce type aurait pu être le premier gugusse venu qu'il aurait fait des courbettes tout pareil. Ce n'était pas ça qui comptait. Kaneko avait baissé la tête parce qu'il ne savait pas quoi faire d'autre, parce qu'il n'était pas chez lui et parce que quelque chose en lui lui disait que c'était comme ça que fonctionnait le protocole. Mais c'était l'essence même du rôle du ninja qui avait motivé ses actes : il avait baissé la tête car le Hokage n'avait pas besoin de voir son visage. Il n'était pas humain mais réduit au rôle d'outil, en l'occurence un simple porteur de message, son identité importait donc peu ; à dire vrai, Otoko' aurait aussi bien pu envoyer un pigeon, c'était aussi vite fait, et même plus rapide. Car au fond sa propre existence ne valait pas mieux que celle d'un pigeon, et elle n'était reconnue que par les gens qui lui étaient proches. Iwa était leur territoire et en dehors, ils n'étaient rien. Certes il avait donné leur nom au Hokage, mais il ne comptait pas sur le fait que celui-ci s'en rappelle. Le respect qu'il avait témoigné n'était que celui d'Iwa envers Konoha, pas celui de Kaneko Hige envers le Hokage.
Evidemment ce n'était pas encore aussi clair que cela dans tête, aussi il se taisait en attendant que Daiki finisse de parler, ce qu'il faisait avec force gestes des mains et mimiques expressives.
-"...surtout si je dois être le messager de la bêtise. Peut-être que toi ça te plais.. Je sais pas. Je m'en fous."
Seul le silence répondit à ses paroles, et il restèrent tous les deux à se regarder dans les yeux. Kaneko soutenait sans faillir le regard de Daiki Etsu, il avait l'impression qu'ils se lançaient dans une véritable conversation oculaire. Une discussion passionnante, un débat houleux qui passionna le nekonin. Pour tout dire, le regard de Daiki en disait plus que tous ses discours. Le ninja reclus tourna finalement les talons et commença à s'étirer les doigts de la main gauche, un geste loin d'être anodin pour Kaneko. On sait très bien ce que renferme ta main, n'est-ce pas ?
Il finit par rompre le silence en prenant enfin la parole.
-"Maintenant je comprends mieux pourquoi tu t'es enfui de Konoha... du moins je crois comprendre, mais on est jamais sûr de rien. On ne peut que croire," dit-il dans un nuage de fumée grasse avant de marquer une pause... Il finit par reprendre : "Tout ça est absurde, je te l'accorde. Personnellement je me fiche des rêves de paix universelle d'Otokonohito, seulement si le monde est en paix, alors Iwa l'est également, c'est mathématique. Alors s'il faut porter des messages débiles à un couillon avec un grand chapeau pour assurer la paix d'Iwa, pas de souci, je veux bien le faire."
Il aurait pu expliquer d'avantage son attachement à Iwa, qui au final n'en était pas vraiment un : il aurait pu vivre à peu près n'importe où du moment qu'il y avait de la musique, de l'alcool et des femmes. Protéger Iwa n'était même pas son rêve à lui, il ne faisait qu'accomplir la volonté de celle qui avait été la plus chère à ses yeux. Lui-même ne croyait en rien, si ce n'est au fait que la vie n'était qu'un intervalle de temps stérile, qu'il convenait de remplir le plus agréablement possible. Il tira l'ultime taffe sur son joint et lança le mégot au loin en se remettant debout.
-"D'autant qu'en faisant ce boulot on est amené à rencontrer des types plutôt balèzes, des salauds finis par-dessus le marché. Alors de temps en temps, on peut les tuer, et on est même payé et félicité pour ça !" C'était l'instinct meurtrier qui parlait, à présent. Kaneko s'enflammait et ne cherchait pas à le cacher. Il aimait affronter des adversaires puissants et risquer sa vie contre eux, pour finalement savourer la chance qu'il avait eu de s'en sortir vivant. "Mais pas toi, Daiki, pas toi... J'aurais préféré que tu restes dans le droit chemin comme tout bon ninja, et j'aurais pu me servir de toi pour m'aider à protéger Iwa. Mais visiblement, nos chemins ne vont pas tarder à se séparer, je me trompe ?"
Il s'était roulée une cigarette, une épaisse, un vrai fagot, au moment où Daiki avait étiré sa main gauche. Leur entrevue pouvait partir en vrille à tout moment, et contre Daiki Etsu il valait mieux pour le nekonin qu'il ait une bonne grosse clope au bec... |
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 | |  | Sujet: Re: La maison qui puait le camphre... [FB Dai-kun & Kane-ji] Mer 31 Mar - 21:58 | |
| La dernière réplique de Kaneko laissa Etsu silencieux. Un bien lourd silence d'ailleurs car de dos on ne pouvait pas deviner quels sentiments germaient de sa tête sur son visage.
Il avait fini par laisser mourir sa démarche de conquérant pour s'arrêter, droit, muet. Pianotant encore timidement dans l'air avec ses articulations gauches, il sembla touché par les confidences du nekonin, bien qu'il était en réalité en train de sourire à pleine dent tant ces dernières lui paraissaient usuelles et surfaites. L'histoire du droit chemin et du bon ninja, tout le monde connaissait. Protéger son village chéri, pareil. C'était chiant. C'était d'autant plus chiant, ridicule et abusif que l'interprète avait employé des termes – inconsciemment ou pas, qu'importe ! - qui vérifiaient la thèse de l'exploitation de la plèbe par la plèbe ; thèse qui n'était plus à démontrer depuis longtemps. « J'aurai pu me servir de toi pour... ». Que c'était répétitif tout ça ! Que c'était lourd ! Que c'était chiant ! Il était vraiment temps d'en finir.
- Ouais, il porta son bras devant lui pour l'examiner une dernière fois. On n'aura pas besoin de me payer pour que je débarrasse ce monde de ses salauds.
Et, sans prévenir, il fit volte-face, lançant dans son demi-tour une légère bourrasque vers Kaneko, totalement et absolument inoffensive. Elle restait dans le domaine de la provocation, bien qu'un peu plus... « corsée ».
Aussitôt, Etsu se remit droit sur ses appuis, bras aligné et face au nekonin qui avait une véritable botte de foin dans la bouche. Il le regardait droit dans les yeux. Si c'était ça, un « bon » ninja, lui, Daiki Etsu, était fier de ne pas en être.
- J'ai tué pour moins d'un ryo.
Et dans ses yeux, dans son bras et dans l'air ambiant on put voir, lire et sentir que cette fois-ci ce qu'il affirmait été vrai. L'argent, la mort, le meurtre, la félicité n'étaient plus ses problèmes. |
|  | |  | Sujet: Re: La maison qui puait le camphre... [FB Dai-kun & Kane-ji] Mar 13 Avr - 15:09 | |
| -"J'ai tué pour moins d'un ryo."
Autant admettre ouvertement que son existence n'avait plus aucun sens, si jamais elle en avait eu un jour. Kaneko avait bien envie de lui dire qu'il le comprenait, mais il n'en avait pas la force. Expliquer pourquoi il continuait de servir Iwa, ça l'aurait obligé à réouvrir une blessure encore trop profonde, évoquer une défaillance qu'il n'aurait peut-être jamais le courage d'assumer au grand jour. Avoir laissé courir la femme qu'on aimait vers une mort certaine, c'était un fardeau qu'il préférait porter seul. Daiki Etsu avait tué pour rien, mais Kaneko avait laissé mourir sa chère et tendre, ainsi que des tas d'autres gens. Au final, cela revenait un peu au même. Non, après réflexion c'était même pire.
La bourrasque que son désormais ancien camarade avait lancé l'avait quelque peu déstabilisé, et il ne s'agissait pas que de ses appuis. Le vent avait charrié toute l'assurance de Daiki à cet instant. "Je sais ce que je suis, et je l'assume", voilà ce que ça voulait dire. Quelque part, le nekonin l'admirait, lui qui s'était laissé aller à sa vraie nature - un type insouciant et glandeur né - pendant trop longtemps, et qui la refusait catégoriquement, désormais.
Reculant d'un pas pour ne pas être déséquilibré, Kaneko resta debout et renvoya son regard à Daiki Etsu. Il alluma sa cigarette, fixant toujours son vis-à-vis, refusant de baisser les yeux en premier. Il s'avança vers Daiki et cracha une grande bouffée de fumée de tabac à la figure, répondant ainsi à sa provocation.
-"Tu sais que ton avenir dans ce village est sérieusement compromis, avec de telles idées." Ce n'était pas une question, Kaneko ne sous-estimant pas la lucidité de son coéquipier. "Je ne vois pas de raison de te faire revenir sur ta décision, de toute façon ce serait trop compliqué et je n'ai aucune notion de psychanalyse. Fais comme tu veux."
Il passa à côté du probable futur déserteur - la seule option envisageable si on prenait ses propos au sérieux - et s'arrêta, le dos tourné pour repartir d'où il était venu.
-"Juste une chose : j'espère ne jamais être obligé de te tuer. Si tu reviens un jour à Iwa, que ce soit pour te rappeler le bon vieux temps, pas pour autre chose."
Sur ces mots, il commença à s'éloigner en disant au revoir d'un revers de la main à son ami. Ex-ami, rectifia-t-il intérieurement. Il ne comptait pas se retourner, à moins que Daiki ne l'en empêche... |
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 | |  | Sujet: Re: La maison qui puait le camphre... [FB Dai-kun & Kane-ji] Lun 19 Avr - 17:20 | |
| - Si tu reviens un jour à Iwa, que ce soit pour te rappeler le bon vieux temps, pas pour autre chose.
Etsu était resté dubitatif. Ayant pris une position propice à la réflexion, il fit volte face pour regarder les nekonin partir, un peu trop fièrement à son goût. Tout en tapotant son index sur son menton, les lèvres pincées, il cherchait une dernière pique à jeter, histoire de clore leur collaboration à sa manière.
Il fit mine de penser à haute voix, et, tel le mauvais acteur qu'il était, laissa totalement transparaître son envie excessive de défi, et lâcha, un peu comme les gosses :
- Ah ! Oui ! Oui-oui ! Le bon vieux temps... Magnifique, magnifique ! Il pivota sur lui-même et fit face à son habitation tout en désignant le quartier de ses bras : Oh ! Oui ! L'occupation, c'était vraiment merveilleux ! Tous ces pauvres gens enfermés chez eux ! Tous ces prisonniers ! Tous ces ninjas en patrouille ! C'était génial ! Surtout avec le nekonin...
Il pivota de nouveau dans la direction de Kaneko et, utilisant ses mains pour amplifier sa voix, articula un « ...qui-a-par-ti-ci-pé-aux-di-vers-a-ssa-ssi-nats-un-cer-tain-jour-dans-un-cer-tain-en-tre-pot » puis tourna encore les talons pour bondir sur la toiture et hurler à qui pouvait entendre que Kaneko Hige avait participé à l'occupation et qu'il traînait en totale liberté dans le village et sous la protection du merveilleux Tsuchikage.
- Ahn... soupira-t-il, c'est vraiment trop dommage qu'il n'y ait personne pour m'écouter ici. Les gens ne savent pas ce qu'ils manquent. Toutes ces précieuses informations... Ils sont tellement tous occupés à gérer leurs propres mutineries qu'ils oublient celles des forces qui les « protègent ».
Il prit un ton un peu plus mélodramatique, comme tout incompris de ce monde et poursuivit, gardant un œil sur Kaneko :
- On me traite de fou parce que la vérité que je révèle dérange. C'est vraiment trop triste. C'est trop injuste... Il fit mine de pleurnicher en silence et reprit, de la même voix sûre que plus tôt : Bon, tant pis ! Viens, Kazeken-chan, allons massacrer quelques comploteurs ! Après tout, c'est pas de nôtre faute si on tue si facilement, hm ? Nous sommes fous !
La seconde d'après, le mugissement du vent se faisait entendre et un écroulement le suivit. Il venait d'éventrer le toit sur lequel il était. Etsu attrapa une tuile fracassée au vol et ajouta un « Et puis bon, nôtre avenir est tellement compromis ici que nous n'avons plus rien à perdre ! Autant se venger de tous ces salopards avant de partir. Tu n'es pas d'accord, tuile-akakaminarijin ? Bien sûr que si, tu as tant souffert des caillasses brûlantes qu'on t'a envoyé ! Par qui allons nous donc commencer ? Hm ? » et se tournant vers la silhouette de Kaneko, répondit un « Ah ! Je sais... » avant de balancer la tuile dans sa direction. HRP: Tu me diras si ça te convient... hein ? |
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